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Centrale Physique MP 2002Sujet et rapport du jury

Pas encore noté
  • Mécanique du point et systèmes de points
  • Conservation de la quantité de mouvement
  • Mécanique du vol spatial et champ newtonien
  • Chocs élastiques et quantité de mouvement d'un photon

Téléchargements

  • Corrigé : pas encore disponible

Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Quelques aspects de l'astronautique : propulsion par réaction, fusées, moteur ionique, voile solaire et mécanique orbitale
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Le sujet de physique de la filière MP au concours Centrale 2002 explore plusieurs moyens de propulsion spatiale (réaction, fusée chimique, moteur ionique, voile solaire) avant d'étudier le mouvement d'un vaisseau spatial dans un champ newtonien, la vitesse de libération et la rentrée dans l'atmosphère. Il comporte de nombreuses parties largement indépendantes.

  1. 1Partie I : Principe de la propulsion par réactionÉtude d'un chariot lançant des sacs de sable pour illustrer la conservation de la quantité de mouvement.
  2. 2Partie II : Propulsion par moteur fuséeBilan de quantité de mouvement sur une fusée, efficacité propulsive, vitesse et altitude atteintes, application à la fusée Saturn V.
  3. 3Partie III : Le moteur ioniqueÉtude d'un moteur à éjection de particules chargées accélérées par un champ électrique, avec application numérique sur la sonde Deep Space One.
  4. 4Partie IV : La voile solaireTransfert de quantité de mouvement des photons solaires à une voile réfléchissante, en incidence normale puis oblique.
  5. 5Parties V et VI : Vaisseau spatial dans un champ newtonien et vitesse de libérationÉtude des trajectoires (circulaire, elliptique) d'un vaisseau, énergie mécanique, moment cinétique et stratégies de changement d'orbite.
  6. 6Partie VII : Rentrée dans l'atmosphèreModélisation simplifiée du freinage atmosphérique d'un vaisseau et calcul de la décélération maximale, application à Apollo 13 et à la navette spatiale.

Difficulté moyenne. Le rapport indique que la partie I, la plus accessible, a été globalement bien traitée, tandis que les parties suivantes (fusée, moteur ionique, orbite elliptique) ont posé beaucoup plus de difficultés ; le barème adapté a néanmoins limité le nombre de très mauvaises notes.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Système mal défini dans l'étude du chariot · Étourderies dans les calculs de vitesse et d'altitude de la fusée · Fausse impossibilité d'échapper au champ de gravitation terrestre
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Le jury note que l'épreuve, composée de nombreuses parties indépendantes, permettait à chaque candidat de trouver matière à réflexion. Si la partie I a été globalement bien traitée, les parties suivantes ont révélé davantage de difficultés, notamment sur la définition rigoureuse des systèmes étudiés et sur l'exploitation des propriétés de la trajectoire elliptique. Le barème, adapté à la longueur du sujet, a permis d'éviter les très mauvaises notes tout en distinguant quelques excellentes copies.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Système mal défini dans l'étude du chariot

    En partie I, le système étudié n'est pas toujours clairement défini par les candidats, qui le décrivent souvent comme isolé alors qu'il ne l'est pas, avec des confusions d'indices entre vitesses relatives au chariot et au sol.

    « il est bien souvent décrit comme étant isolé »
  2. 2
    Étourderies dans les calculs de vitesse et d'altitude de la fusée

    En partie II, les calculs de la vitesse et de l'altitude de la fusée ont été émaillés d'erreurs de signes, d'oublis de constantes d'intégration et d'expressions non homogènes.

    « les calculs de la vitesse et de l’altitude de la fusée ont été émaillés d’étourderies (erreurs de signes, oubli des constantes d’intégration) »
  3. 3
    Fausse impossibilité d'échapper au champ de gravitation terrestre

    Plusieurs candidats se trompent dans l'expression de l'énergie potentielle de gravitation et en concluent à tort que la fusée ne peut pas s'échapper du champ terrestre, même quand cette énergie est par ailleurs correctement exprimée.

    « n’hésitent pas à écrire que la fusée ne peut pas s’échapper du champ de gravitation terrestre (même s’ils ont bien exprimé l’énergie potentielle). »
  4. 4
    Théorème de l'énergie cinétique délaisséQ8

    En partie III, pour établir la vitesse des particules accélérées, beaucoup de candidats n'utilisent pas le théorème de l'énergie cinétique et passent par la relation fondamentale de la dynamique, ce qui fait parfois disparaître un signe attendu dans le résultat.

    « ne pensent pas à utiliser le théorème de l’énergie cinéti- que mais la relation fondamentale de la dynamique. »
  5. 5
    Variation de quantité de mouvement mal définie pour le photon

    En partie IV, les candidats définissent de façon confuse la variation de quantité de mouvement lors du choc d'un photon sur la voile, sans préciser s'il s'agit de celle du photon ou de celle de la voile.

    « c’est le correcteur qui doit deviner si elle correspond à celle des photons ou à celle de la voile. »
  6. 6
    Propriétés de l'apogée et du périgée sous-exploitées

    Dans les parties V et VI, le cas général de l'orbite elliptique n'a été abordé que dans quelques copies : les candidats n'ont pas su utiliser toutes les propriétés de l'apogée et du périgée pour exprimer énergie mécanique et moment cinétique.

    « Les candidats n’ont pas su utiliser toutes les propriétés de l’apogée ou du périgée pour exprimer l’énergie mécanique et le moment cinétique du vaisseau. »

Ce qui a été bien réussi

  • La plupart des candidats ont trouvé les bons résultats de la partie I, consacrée au principe de la propulsion par réaction, même si peu ont obtenu la note maximale.
  • Quelques candidats ont grappillé des points en répondant correctement à certaines questions relativement faciles de la partie VII, sur la rentrée dans l'atmosphère.
  • Toutes les questions du sujet se sont vues attribuer le maximum de points dans au moins une copie.

Conseils du jury

  • Toujours définir clairement le système étudié et vérifier s'il est réellement isolé avant d'appliquer une loi de conservation.
  • Privilégier le théorème de l'énergie cinétique quand il permet d'éviter des erreurs de signe dans un calcul de dynamique.
  • Préciser explicitement à quel objet (photon, voile, fusée...) se rapporte chaque grandeur calculée, en particulier une variation de quantité de mouvement.
  • Exploiter systématiquement les propriétés remarquables de l'apogée et du périgée pour les questions portant sur une orbite elliptique.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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PHYSIQUE

Quelques aspects de l'astronautique

Les vecteurs seront notés en caractères gras : par exemple le vecteur V⃗ est noté V et sa norme V.

Partie I - Principe de la «propulsion par réaction»

Dans cette partie, on étudie le principe de la propulsion. Pour ce faire, on considère une planche à roulettes ou un chariot sur lequel se trouvent un opérateur et n sacs de sable de masse m chacun. On néglige l'effet des actions dissipatives. Pour simplifier les expressions demandées on négligera la masse du chariot et

de l'opérateur devant la masse d'un sac. Le référentiel ℛ, attaché à l'axe Ox est galiléen.
I.A - À l'instant t_1 = 0, l'opérateur lance le premier sac de masse m à la vitesse u = − ue_x évaluée par rapport au chariot. Montrer que, dans le référentiel ℛ lié au sol (à l'axe Ox ), la quantité de mouvement d'un système clairement défini se conserve. En déduire la vitesse

V_1 (évaluée dans ℛ ), du chariot et de tout ce qu'il contient après ce premier lancer.
I.B - À l'instant t_2 = t_1 + T, l'opérateur lance un deuxième sac à la vitesse u = − ue_x évaluée par rapport au chariot. Évaluer la vitesse V_2 par rapport à ℛ, du chariot et tout ce qu'il contient après ce deuxième lancer. Montrer que cette vitesse peut se mettre sous la forme :
V_2 = − (1/(n − 1) + 1/(n − 2))u
On précisera le système étudié.

Filière MP

I.C - Établir l'expression de la vitesse V_k du chariot, toujours évaluée par rapport au référentiel ℛ, après le k^(ième) jet effectué à l'instant t_1 + (k − 1)T, en fonction de n, k et u. On précisera le système étudié.
I.D - Établir l'expression a_k de l'accélération moyenne du chariot sur une durée T incluant le k^(ieme) jet (par exemple entre T_1 + (k − 3/2)T et T_1 + (k − 1/2)T ) en fonction de n, k, T et u (par rapport à ℛ ).
I.E - On appelle D_m le «débit de masse», c'est-à-dire la masse propulsée hors du chariot par unité de temps. Exprimer a_k en fonction de n, k, D_m, m et u.
I.F - Montrer que le système {chariot et son contenu après le k^(ième) jet} semble soumis, sur une durée T incluant le k^(ième) jet, à une force de poussée Π moyenne que l'on exprimera en fonction de D_m et u.

Partie II - Propulsion par moteur fusée

On étudie une fusée de masse totale (à l'instant t ) m(t) et de vitesse V(t) dans un référentiel galiléen ℛ; soit D_m le débit massique (constant) de gaz éjectés, et u leur vitesse d'éjection dans le référentiel ℛ^′ lié à la fusée. La résultante des forces extérieures exercées sur la fusée est notée R.
II.A - En effectuant un bilan de quantité de mouvement entre les instants t et t + dt sur un système fermé, montrer que,
m(t)(dV(t))/(dt) = R + T
où T est une «force de poussée» dont on donnera l'expression en fonction de u et de D_m.
II.B - On considère une fusée se déplaçant dans le vide, en l'absence de pesanteur ; les masses initiale et finale de cette fusée sont m_i et m_f; u et V(t) ont la même direction fixe. Exprimer l'accroissement de vitesse ΔV = V_f − V_i en fonction de m_i, m_f et u où u est la norme de u supposée constante.
II.C - On définit l'efficacité propulsive comme le rapport Q entre l'énergie cinétique communiquée à la «masse utile» m_f à partir d'une fusée au repos et l'énergie totale dépensée, définie comme m_e(u^2/2), où m_e est la masse éjectée entre l'instant initial et l'instant final. Exprimer Q en fonction de x = V_f/u.
Tracer l'allure de Q en fonction de x. Comment interpréter qualitativement l'existence d'un maximum?
II.D - La masse totale au décollage d'une fusée Saturn V était de 2 ⋅ 10^6 kg; la vitesse d'éjection des gaz était de l'ordre de 4 km ⋅ s^(− 1). L'accélération au décollage était d'environ 1 g(g ≈ 10 m ⋅ s^(− 2)). Évaluer le débit massique et commenter.
Dans les questions suivantes, le référentiel ℛ (muni du repère Oxyz ) est lié au sol.
II.E - À t = 0, une fusée initialement immobile située à l'altitude z = 0 est mise à feu. Supposons dans un premier temps que la fusée s'élève verticalement, dans un champ de pesanteur g supposé constant, avec un débit massique D_m constant. La planète est supposée sans atmosphère. Établir les expressions de la vitesse V(t) et de l'altitude z(t) en fonction du temps, de m(0), g, u et D_m. On rappelle que
∫lnxdx = xln(x) − x
II.F - Le rayon de la Terre est R_T = 6400 km. L'intensité de la pesanteur au niveau de la surface de la Terre est g_0(g_0 ≈ 10 m ⋅ s^(− 2)). Évaluer l'énergie potentielle d'une masse de 1 kg au repos à la surface de la Terre en prenant son énergie potentielle nulle à l'infini.
II.G - L'énergie libérée par la combustion d'un kilogramme de mélange de dioxygène et de dihydrogène ne dépasse pas 2 ⋅ 10^7 J. Dans ces conditions, est-il possible de s'échapper du champ gravitationnel terrestre ? On demande une étude qualitative.
II.H - On considère maintenant un modèle très simplifié de vol non vertical. La fusée est censée s'élever au-dessus d'un plan horizontal (on néglige donc la courbure de la surface...). L'intensité de la pesanteur est supposée constante. On néglige toujours la résistance de l'air. Soit ψ(t) l'angle
entre la verticale et le vecteur vitesse de la fusée.
On note T la «force de poussée» associée à l'éjection de gaz vers l'arrière, m(t) la masse instantanée.
II.H.1) Exprimer, en fonction de ψ, V et de leurs dérivées premières temporelles, l'accélération du vaisseau par rapport au référentiel ℛ (Oxyz); on calculera ses composantes a_w et a_(w^′) sur la base {w, w^′}, où w et w^′ sont les vecteurs tangents et normaux à la trajectoire, et on montrera que
a_(w^′) = V(t)(dψ)/(dt).
II.H.2) En projetant le principe fondamental de la dynamique, sur w et w^′, écrire les deux équations différentielles scalaires du mouvement. Les paramètres intervenant seront V, T, m, ψ et g.

II.I -

II.I.1) On suppose dans la suite que le rapport T/m est constant dans le temps. Cette approximation vous paraît-elle réaliste, sachant que le premier étage de la fusée Saturn V représente la plus grande partie de la masse initiale?
II.I.2) On posera
q = T/(mg)
Établir dans ce cas l'équation différentielle liant q, V et ψ.
II.J - Résoudre l'équation précédente, en imposant que V soit égal à V_0 quand ψ est égal à π/2. On donne :
∫1/(sinψ)dψ = ln|tan(ψ/2)|
II.K - Déduire de cette étude une stratégie pour envoyer un vaisseau spatial sur une orbite circulaire (encore une fois, l'étude proposée est très simplifiée). Quelle autre méthode proposeriez-vous pour obtenir la même orbite ? Quel est, à votre avis, l'intérêt de la méthode proposée ?

Partie III - Le moteur ionique

L'éjection de matière peut être obtenue par un moyen électrique, et non plus chimique.
III.A - À l'intérieur d'un véhicule spatial, des particules chargées de masse μ et de charge q positive sont accélérées par une différence de potentiel U_t puis éjectées hors du véhicule. Soit D_m le débit massique de matière éjectée. Exprimer la «force de poussée» T exercée sur le vaisseau spatial en fonction de D_m, q, U_t et μ.
III.B - Dans le cas où on néglige la force de pesanteur et la résistance de l'air, évaluer la puissance électrique minimale P_(e min) que doit fournir le générateur,
pour que l'accélération du vaisseau soit γ ⋅ P_(e min) sera exprimée en fonction de γ, q, U_t, μ et de la masse totale m du vaisseau à l'instant considéré.
III.C - Analyse plus détaillée :
Considérons un flux de particules entre deux électrodes planes de section S, distantes de L; x est l'abscisse mesurée sur l'axe joignant les électrodes. Ces particules sont de masse μ et de

charge q positive. La ddp entre les deux électrodes est U_t; le potentiel en x = 0 est pris nul : U(x = 0) = 0 et U(x = L) = − U_t. Les particules sont émises avec une vitesse négligeable, puis sont accélérées au cours du trajet de la première électrode à la seconde. Soit n(x) le nombre de particules par unité de volume, en un point donné.
III.C.1) Exprimer la vitesse des particules v(x) en fonction du potentiel U(x) mesuré à l'abscisse x (on supposera v(x) < c, vitesse de la lumière dans le vide).
III.C.2) Exprimer le flux massique de matière D_m à travers une surface S, à l'abscisse x, en fonction de n(x), v(x), μ et S.
III.C.3) Déduire de l'une des équations de Maxwell une relation entre ΔU (laplacien de U(x) ), n(x), q et ε_0 (permittivité du vide). Dans la suite, afin de déterminer des ordres de grandeur des caractéristiques du moteur, on utilisera un modèle simplifié supposant que
(d^2 U)/(dx^2) ≈ (− U_t)/(L^2).
III.C.4) En raisonnant au point d'abscisse x = L, exprimer D_m en fonction de ε_0, μ, q, U_t, v, S, L et vérifier la relation :
D_m = (ε_0 S)/(L^2)U_t^(3/2)√((2μ)/q).
III.C.5) En déduire la poussée maximale de ce moteur T_(max), en fonction de ε_0, U_t, S et L.
III.C.6) Donner une relation simple entre la puissance électrique minimale P_(emin), D_m et u vitesse d'éjection des gaz puis en déduire l'expression de P_(emin), en fonction de ε_0, U_t, S, μ, q et L.
III.C.7) Les paramètres U_t, S et L étant fixés, quels ions a-t-on intérêt à choisir?
III.C.8) Application numérique : la sonde Deep Space One, lancée le 24 octobre 1998, a atteint l'astéroïde Braille le 28 juillet 1999, puis est passée à 2000 kilomètres de la comète Borelly le 23 septembre 2001. Le moteur NSTAR équipant
la sonde, possède les caractéristiques suivantes (fournies par le constructeur Hughes Electron Dynamics) :
  • Tension accélératrice : U_t = 1090 V,
  • Puissance électrique consommée par le moteur ionique : 2, 3 kW,
  • Particules éjectées : ions Xénon, de charge + e,
  • Masse de Xénon embarquée : 81 kg ,
  • Force de poussée : 93 mN ,
  • Masse totale initiale de la sonde : 486 kg .
On donne le nombre d'Avogadro: N_A = 6, 02 ⋅ 10^(23) mol^(− 1), la masse molaire du Xénon : 131, 3 g ⋅ mol^(− 1), la charge élémentaire vaut e = 1, 6 ⋅ 10^(− 19)C.
Les données fournies sont-elles cohérentes? (une réponse limitée à «oui» ou «non» sera considérée comme insuffisante). Évaluer la durée de fonctionnement (en heures). Soit ΔV l'accroissement de vitesse du vaisseau, en 24 heures de fonctionnement en continu du moteur. Évaluer l'ordre de grandeur de ΔV. Commenter le résultat.
III.C.9) À la sortie du moteur, le faisceau d'ions positifs éjectés est soumis à un faisceau d'électrons : pour quelle raison, à votre avis?
III.C.10) Les poussées engendrées par ce type de moteur sont bien plus faibles que celles d'un propulseur chimique. On considère pourtant que le moteur ionique est promis à un grand avenir pour stabiliser l'altitude d'un satellite. Quels intérêts présente-t-il pour cette application, à votre avis?

Partie IV - La voile solaire

Principe.

Une feuille de tissu réfléchissant solidaire d'un vaisseau spatial va dévier les photons issus du soleil, d'où un transfert de quantité de mouvement. L'orientation de cette «voile» permet de dévier la trajectoire des photons. On rappelle que la quantité de mouvement d'un photon de fréquence v est hv/c où c est la vitesse de la lumière dans le vide, et que son énergie est hv. On considérera un faisceau de lumière parallèle se propageant dans le vide ; on notera n le nombre de photons par unité de volume. Les chocs entre les photons et la voile sont élastiques.
IV.A - Donner les propriétés principales d'un choc élastique.
IV.B - Exprimer, en fonction de h, c, v et d'un vecteur unitaire que l'on précisera, la variation de quantité de mouvement de la voile Δp lors d'un choc avec un photon, si le photon arrive perpendiculairement à la voile.
IV.C - Exprimer le flux d'énergie lumineuse Φ_e frappant une surface S, perpendiculaire aux rayons lumineux en fonction de n, h, v, c et S.
IV.D - En déduire la force T_0 exercée par les photons sur cette surface S en fonction de n, h, v, S et d'un vecteur unitaire que l'on précisera.
IV.E - Application numérique : la densité de flux d'énergie solaire Φ_e est de 1 kW ⋅ m^(− 2), au voisinage de l'orbite terrestre. La vitesse de la lumière dans le vide c est prise égale à 3 ⋅ 10^8 m ⋅ s^(− 1). En déduire l'ordre de grandeur de la force T_0 qu'on peut obtenir pour une surface S de 1 m^2. Commenter.
IV.F - Supposons que la voile ne soit plus perpendiculaire au faisceau lumineux. Soit θ l'angle entre le faisceau et la normale à la voile ; exprimer, en fonction de h, c, v, θ et d'un vecteur unitaire à préciser, la variation de quantité de mouvement de la voile Δp lors d'un choc avec un photon. Exprimer la force de poussée T exercée sur la même surface S en fonction de n, h, v, θ, S et d'un vecteur unitaire à préciser. Exprimer la force de poussée T en fonction de θ et de la force de poussée T_0 pour θ = 0.
IV.G - Ce type de «propulseur», permet-il de se rapprocher du soleil ?
IV.H - Comparer ce type de «propulseur» avec les précédents.

Partie V - Vaisseau spatial dans un champ newtonien

On considère un vaisseau supposé ponctuel de masse m, mobile par rapport à un astre de masse M de centre O et de rayon R. Le champ de gravitation de cet astre est à symétrie sphérique. La constante de gravitation est notée G. La distance entre le vaisseau et le centre de l'astre est r, r > R. On se placera dans le référentiel (supposé galiléen) lié à l'astre. Sauf mention contraire, le moteur fusée est éteint, c'est-à-dire que le vaisseau est en vol balistique.
V.A - Montrer que le moment cinétique L_0 (calculé en O ) du vaisseau est une constante du mouvement.
V.B - Cette constance de L_0 a deux conséquences sur la trajectoire du vaisseau : lesquelles?
V.C - Déterminer le champ gravitationnel g(P) créé par l'astre en un point P extérieur à l'astre à la distance r de O en fonction de G, M, r et du vecteur OP.
V.D - En déduire l'énergie potentielle E_p du vaisseau en fonction de G, M, m et r en la choisissant nulle à l'infini.
V.E - Dans le cas d'une orbite circulaire de rayon r_0, exprimer l'énergie mécanique E_m du vaisseau et sa période de révolution T_(rev) en fonction de G, M, r_0 et, si nécessaire, m. Commenter le signe de E_m.
V.F - Dans le cas où l'astre est notre Terre, on considère une masse de 1 kg , initialement au repos à la surface de la Terre (rayon R_T = 6400 km ), puis placée sur une orbite circulaire de rayon r_0 = 7000 km. En prenant g_0 l'intensité du champ gravitationnel terrestre, au niveau du sol, égale à 10 m ⋅ s^(− 2), évaluer numériquement la différence d'énergie mécanique ΔE_m entre ces deux états.
V.G - 1 «kilowatt-heure» électrique revient environ à 0, 15€; en déduire numériquement le coût théorique de la satellisation d'un kg de charge utile. Le coût réel est de l'ordre de 1000 € par kg. Commenter ces valeurs.
On peut montrer que la trajectoire d'un vaisseau (moteur coupé) dans le champ gravitationnel de l'astre est une conique, d'équation polaire 1/r = (1 + ecosθ)/p, où e est l'excentricité de la conique et p le paramètre. On se limitera ici au cas où la trajectoire est fermée, donc elliptique.
V.H - Dessiner l'allure de la trajectoire du satellite en plaçant l'astre attracteur, l'apogée et le périgée. Exprimer le demi-grand axe a de l'ellipse en fonction de e et p.
V.I - Donner la relation entre la période orbitale T_(orb), le demi-grand axe a, G et M (troisième loi de Kepler).
V.J - Supposons qu'à la distance r_0 du centre de l'astre, la norme V de la vitesse d'un vaisseau soit la même que pour une orbite circulaire mais que l'angle α entre le support du vecteur vitesse et la tangente au cercle de centre O et de rayon r_0 appartienne à ]0, π/2[. Déterminer en fonction de r_0 et α les caractéristiques de la trajectoire de ce vaisseau : sa nature, le demi-grand axe a, les distances r_A du centre O à l'apogée et r_P du centre O au périgée, l'excentricité e, le paramètre p.

Partie VI - Vitesse de libération

VI.A - Le vaisseau est initialement sur une orbite circulaire de rayon r_0 décrite à la vitesse V_0. On allume le moteur pendant un temps court, de sorte que la vitesse varie mais pas la distance au centre de l'astre. Évaluer la vitesse V_1 qu'il faut communiquer au vaisseau pour qu'il échappe au champ gravitationnel de l'astre en fonction de G, M et r_0.
VI.B - Le commandant de bord dispose en fait d'un «budget de vitesse» ΔV égal à 4V_0; cela signifie que la quantité de carburant disponible lui permet de faire
varier la vitesse du vaisseau, en une ou plusieurs fois, pourvu que la somme des valeurs absolues des variations de vitesses n'excède pas 4V_0.
VI.B.1) option 1 : le commandant utilise tout son budget d'un seul coup en amenant sa vitesse initiale à 5V_0. Évaluer sa vitesse finale («à l'infini»), en fonction de V_0.
VI.B.2) option 2 : on utilise un huitième du budget pour ralentir le vaisseau de Vo à V_0/2 en un temps très court devant la période, le vecteur vitesse gardant la même direction. Décrire la nouvelle trajectoire: le demi-grand axe a, les distances r_A du centre O à l'apogée et r_P du centre O au périgée, les normes des vitesses V_A et V_P à l'apogée et au périgée en fonction de r_0. Quelle condition doit vérifier r_P ?
VI.B.3) On utilise ensuite le reste du «budget vitesse» au passage au périgée pour augmenter au maximum la vitesse du vaisseau. Justifier la nature de la nouvelle trajectoire et déterminer la nouvelle vitesse finale («à l'infini»), en fonction de V_0.
VI.B.4) Comparer les deux options, et commenter.

Partie VII - Rentrée dans l'atmosphère

Il s'agit ici d'étudier le freinage du vaisseau par les hautes couches de l'atmosphère.
VII.A - Un modèle très simplifié conduit à l'équation différentielle suivante :
m(dV)/(dt) ≈ − τSV^2 ρ_0 exp(− z/H)

τ dépend de la forme du vaisseau, S est la section (ou maître couple), ρ_0 la masse volumique de l'air au niveau du sol, V la norme de la vitesse et H une hauteur caractéristique. Pouvez-vous interpréter qualitativement cette équation différentielle?
VII.B - Exprimer dz/dt en fonction de V et de ψ. Déduire des deux équations précédentes l'expression de dV/dz.
VII.C - Dans la suite, on considère la masse m du vaisseau et l'angle ψ constants. Si la vitesse initiale à l'altitude z_i est V_i, exprimer V/V_i en fonction de τ, ρ_0, ψ, S, H, m et des altitudes z_i et z.
VII.D - Simplifier l'expression précédente si exp(− z/H)»exp(− z_i/H).
VII.E - On montre que l'accélération du vaisseau peut s'écrire :
(dV)/(dt) ≈ − αρ_0 V_i^2 exp{ − z/H − (2αρ_0 H)/(cosψ)exp(− z/H)}
où α = (τS)/m ne dépend que du vaisseau.
Déterminer la décélération maximale γ_(max), en fonction de V_i, cosψ et H.
VII.F - Application numérique :
VII.F.1) On s'intéresse à la rentrée dans l'atmosphère du vaisseau Apollo 13.
H = 8 km, α = 4 ⋅ 10^(− 3)SI, V_i = 8 km ⋅ s^(− 1).
La décélération ne doit pas excéder 10 g où g ≈ 10 m ⋅ s^(− 2). Quelle est la valeur minimale de l'angle ψ ? Commenter.
VII.F.2) La navette spatiale ne peut pas subir de freinage supérieur à 3g; en déduire l'angle ψ minimal. Commenter.
VII.F.3) Que se passe-t-il si ψ est trop proche de π/2 ?
VII.F.4) Si vous étiez responsable de la sélection des astronautes, quelle qualité privilégieriez-vous?
VII.F.5) Le freinage très violent que subit le vaisseau au cours de sa rentrée dans l'atmosphère nécessite une protection thermique très efficace ; connaissezvous une ou plusieurs des technologies mises en œuvre?

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de physique MP Centrale 2002 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de physique MP Centrale 2002 ?

Le sujet, sur l'astronautique, couvre la propulsion par réaction, la fusée chimique, le moteur ionique, la voile solaire, la mécanique orbitale dans un champ newtonien et la rentrée atmosphérique.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées à ce sujet de physique MP 2002 ?

Le jury relève des systèmes mal définis en partie I, des erreurs de signe et d'homogénéité dans les calculs sur la fusée, une confusion sur l'énergie potentielle de gravitation, et une sous-exploitation des propriétés de l'apogée et du périgée pour l'orbite elliptique.

Ce sujet de physique MP 2002 est-il difficile ?

Le niveau est hétérogène selon le rapport : la partie I, sur le principe de la propulsion, a été globalement bien traitée, mais les parties suivantes, notamment sur la fusée et l'orbite elliptique, ont posé davantage de difficultés.

Le sujet de physique MP Centrale 2002 est-il accessible en première année ?

Le rapport ne précise pas le niveau de programme requis pour chaque partie ; le sujet mobilise surtout la mécanique du point et les lois de conservation, avec des applications numériques progressivement plus poussées.

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