Corrigé détaillé X ENS Physique B PC 2023 (page 2/3 : Partie I (questions 9 à 14.c))
Mesure de la constante de structure fine
- 45 questions corrigées
- Sujet difficile
- Faisable en PCSI : 16 questions sur 45, partie I.1
- Vérifié question par question
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Partie I : Principe de la mesure de la constante de structure fine α (suite)
I.2.3 · A parte : étude d'un interféromètre optique
Question 9
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI
Notions : interféromètre de mach-zehnder, formule de fresnel
Exprimer l'intensité lumineuse en sortie de l'interféromètre en fonction de , , , , et . Qu'observe-t-on en sortie de l'interféromètre si on change l'épaisseur du milieu d'indice ?
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Déterminer le déphasage optique introduit par la traversée de la lame d'indice n de longueur l, puis appliquer la formule des interférences à deux ondes.
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- Identifier la succession de réflexions et transmissions subies par l'onde sur chacun des deux trajets représentés en trait plein (trajets ACD et ABD).
- Exprimer les chemins optiques associés pour déterminer la différence de marche \delta et le déphasage \Delta\phi.
- Sommer les amplitudes complexes au niveau du détecteur pour en déduire l'intensité lumineuse I.
- Analyser l'évolution de I en fonction de l'épaisseur l (modulation sinusoïdale, période et contraste).
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Formule de Fresnel I = I_0(1 + \cos\Delta\phi) avec \Delta\phi = 2\pi(n-1)l/\lambda_o : modulation d'intensité sinusoïdale en fonction de l.
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Suivons les deux trajets en trait plein aboutissant au détecteur en sortie de la lame D :
Trajet ACD :
- Réflexion sur la lame A (coefficient r_o),
- Réflexion sur la lame C (coefficient r_o),
- Réflexion sur la lame D (coefficient r_o).
L'onde traverse le milieu d'indice n sur une épaisseur l, le reste du trajet s'effectuant dans l'air d'indice 1. Le chemin optique associé s'écrit :
L_{\mathrm{ACD}} = n l + 1 \times (AC - l) + 1 \times CD = AC + CD + (n-1)lL'amplitude complexe en sortie est donc :
\underline{s}_1 = r_o^3 \, s_0 \, \exp\left(-\mathrm{j}\frac{2\pi}{\lambda_o} L_{\mathrm{ACD}}\right)Trajet ABD :
- Transmission par la lame A (coefficient t_o),
- Réflexion sur la lame B (coefficient r_o),
- Transmission par la lame D (coefficient t_o).
La totalité du trajet s'effectue dans l'air, d'où le chemin optique :
L_{\mathrm{ABD}} = 1 \times AB + 1 \times BD = AB + BDL'amplitude complexe en sortie est donc :
\underline{s}_2 = t_o^2 r_o \, s_0 \, \exp\left(-\mathrm{j}\frac{2\pi}{\lambda_o} L_{\mathrm{ABD}}\right)
Puisque AB = CD et AC = BD, la différence de chemin optique entre les deux bras se réduit à :
Le déphasage correspondant entre les deux ondes est :
L'amplitude complexe résultante au détecteur est la somme des deux contributions :
En supposant les coefficients r_o et t_o réels, l'intensité lumineuse mesurée I = |\underline{s}|^2 (avec I_0 = |s_0|^2) vaut :
Effet d'une variation de l'épaisseur l :
Lorsque l'épaisseur l varie, le déphasage \Delta\phi varie de manière linéaire. L'intensité en sortie subit une modulation périodique sinusoïdale entre une valeur minimale I_{\min} = I_0 r_o^2 (r_o^2 - t_o^2)^2 et une valeur maximale I_{\max} = I_0 r_o^2 (r_o^2 + t_o^2)^2.
On observe ainsi un défilement de franges d'interférence en sortie de l'interféromètre, avec une période spatiale en épaisseur donnée par :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question de cours basique combinant le calcul d'une différence de chemin optique et l'usage des coefficients en amplitude.
« La question Q.9 est une question de cours élémentaire, et n’aurait dû poser de difficulté à personne, entre différence de chemin optique évident et coefficients de réflexion et de transmission en amplitude. »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Question déjà tombée ailleurs
I.2.4 · Principe de la mesure de m
Question 10
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : interférométrie atomique, formule de fresnel
Exprimer l'amplitude de probabilité de présence d'un atome de Rubidium en sortie de l'interféromètre en fonction de , , et des phases lasers à ou . En déduire la probabilité de détection, et montrer qu'elle est donnée par :
avec , et .
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Suivre l'amplitude de probabilité sur chacun des deux chemins en multipliant les coefficients r_a, t_a et les facteurs de phase laser à chaque impulsion.
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- Déterminer les coefficients de transmission et de réflexion atomiques à chaque impulsion laser \pi/2 pour chacun des deux trajets ABCD (voie I) et AB'C'D (voie II), en tenant compte du sens du recul (vers le haut aux instants 0 et T, vers le bas aux instants 2T et 3T).
- Exprimer les amplitudes de probabilité \Psi_I et \Psi_{II} associées à chaque voie, puis l'amplitude totale \Psi_D = \Psi_I + \Psi_{II} en sortie au point D.
- Calculer la probabilité de détection P = |\Psi_D|^2, faire apparaître le déphasage global et identifier \gamma = 1.
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Somme des amplitudes complexes des deux chemins interférométriques et calcul du module carré pour établir la probabilité de détection.
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À chaque impulsion \pi/2, le coefficient de transmission sans changement d'état électronique est t_a = t_b = \frac{1}{\sqrt{2}}. D'après les questions 8.a et 8.b :
à t = 0 et t = T, l'impulsion transfère +2\vec{v}_r (recul vers le haut, transition a \to b). Le coefficient de réflexion associé est :
r_a(t) = -\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{-j\phi_{\mathrm{laser}}(t)}à t = 2T et t = 3T, l'effet de recul est vers le bas (transition b \to a). L'inversion du sens relatif des lasers impose le changement \phi_{\mathrm{laser}} \to -\phi_{\mathrm{laser}} sur la matrice d'interaction, de sorte que le coefficient de réflexion vaut :
r_b'(t) = -\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{j\phi_{\mathrm{laser}}(t)}
L'impulsion de Bloch (entre T et 2T) communique la même quantité de mouvement \Delta\vec{v} aux atomes des deux voies (tous dans l'état b) sans modifier leur état électronique ni créer de déphasage relatif.
1. Voie I (trajet ABCD) : L'atome subit :
- une réflexion en A (t = 0, transition a \to b) : facteur r_a(0) ;
- une transmission en B (t = T, état b) : facteur t_b ;
- une réflexion en C (t = 2T, transition b \to a) : facteur r_b'(2T) ;
- une transmission en D (t = 3T, état a) : facteur t_a.
En tenant compte de la phase de propagation accumulée \Phi_I (selon la convention d'évolution temporelle \mathrm{e}^{-j\Phi_I}) :
2. Voie II (trajet AB'C'D) : L'atome subit :
- une transmission en A (t = 0, état a) : facteur t_a ;
- une réflexion en B' (t = T, transition a \to b) : facteur r_a(T) ;
- une transmission en C' (t = 2T, état b) : facteur t_b ;
- une réflexion en D (t = 3T, transition b \to a) : facteur r_b'(3T).
L'amplitude associée à cette voie s'écrit :
3. Amplitude totale et probabilité de détection : L'amplitude totale au détecteur est \Psi_D = \Psi_I + \Psi_{II} :
La probabilité de détection vaut P = |\Psi_D|^2 = |\Psi_I + \Psi_{II}|^2. Comme |\Psi_I| = |\Psi_{II}| = \frac{1}{4}|\Psi_0|, on a :
avec :
Par parité de la fonction cosinus, \cos(-(\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}})) = \cos(\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}}), d'où :
Résultat
Question 11
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
Notions : interférogramme, interfrange
À partir de l'interférogramme expérimental présenté en Fig. 5, donner la valeur de choisie dans l'expérience.
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Mesurer la période fréquentielle \Delta\delta_{\text{laser}} entre deux maxima successifs sur l'interférogramme et utiliser la relation \Delta\delta_{\text{laser}} = 1/T.
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- Exprimer la condition de périodicité sur la fréquence \delta_{\text{laser}} à partir de la dépendance de la probabilité P en \Delta\phi_{\text{laser}}.
- Mesurer graphiquement la période \Delta\delta_{\text{laser}} des franges d'interférence sur la figure 5.
- En déduire la durée T séparant deux impulsions laser successives.
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Lecture de la période des franges en fonction de la phase ou fréquence laser, reliant l'interfrange au temps T.
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D'après l'équation (11) et l'expression de la phase différentielle laser :
La probabilité P est une fonction périodique de la variable \delta_{\text{laser}}, de période fréquentielle notée \Delta\delta_{\text{laser}}, vérifiant :
Sur l'interférogramme expérimental de la figure 5 :
- La frange centrale repérée en pointillé gris est centrée en \delta_{\text{laser}}^* + 15\,907\,000\text{ Hz} \simeq -411\text{ Hz} ;
- Le maximum voisin à droite se situe à environ -361\text{ Hz} ;
- Le maximum voisin à gauche se situe à environ -461\text{ Hz} ;
- Les deux minima visibles sont situés en -436\text{ Hz} et -386\text{ Hz}.
L'écart entre deux maxima (ou deux minima) successifs donne directement la période :
On en déduit l'intervalle de temps T choisi pour l'expérience :
Résultat
Q12.a
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : action mécanique, intégrale de phase
Justifier que la phase cumulée due aux énergies potentielle et électronique () est la même sur chacun des trajets ABCD et AB'C'D.
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Vérifier que le temps total passé dans l'état a et dans l'état b est rigoureusement identique sur les deux branches de l'interféromètre.
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- Exprimer la contribution des termes d'énergie potentielle E_p et d'énergie électronique E_i à la phase cumulée \Phi_{\mathcal{C}} le long d'un trajet \mathcal{C} d'après l'Éq. (12).
- Utiliser l'hypothèse de l'énoncé sur la constance de E_p.
- Identifier l'état électronique de l'atome (a ou b) sur chaque intervalle de temps [0, T], [T, 2T] et [2T, 3T] pour les trajets \mathrm{ABCD} et \mathrm{AB'C'D} à l'aide de la figure 4, puis sommer les durées passées dans chaque état.
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Les deux chemins passent la même durée globale dans chaque état interne et à la même altitude moyenne.
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D'après l'Éq. (12), la phase cumulée s'écrit :
avec E = E_c + E_p + E_i et E_c = \frac{1}{2}mv^2. La contribution des énergies potentielle et électronique à cette phase s'écrit donc :
Énergie potentielle E_p : dans cette section (partie I.2), E_p est supposée constante. Son intégrale sur la durée totale 3T vaut donc :
\int_0^{3T} E_p\,\mathrm{d}t = 3E_p Tpour l'un comme pour l'autre des deux trajets.
Énergie électronique E_i : en observant la figure 4 (code couleur : bleu pour l'état b, gris pour l'état a) :
Pour le trajet I (\mathrm{ABCD}) : l'atome est dans l'état b sur [0, T] (segment \mathrm{AB}), reste dans l'état b sur [T, 2T] (segment \mathrm{BC}), puis passe dans l'état a sur [2T, 3T] (segment \mathrm{CD}). Le temps cumulé est donc de 2T dans l'état b et T dans l'état a :
\int_{\mathrm{ABCD}} E_i(t)\,\mathrm{d}t = 2T E_b + T E_aPour le trajet II (\mathrm{AB'C'D}) : l'atome est dans l'état a sur [0, T] (segment \mathrm{AB'}), passe dans l'état b sur [T, 2T] (segment \mathrm{B'C'}), et reste dans l'état b sur [2T, 3T] (segment \mathrm{C'D}). Le temps cumulé est également de T dans l'état a et 2T dans l'état b :
\int_{\mathrm{AB'C'D}} E_i(t)\,\mathrm{d}t = T E_a + 2T E_b
Ainsi, les intégrales de E_p + E_i(t) sur [0, 3T] sont rigoureusement identiques pour les deux trajets.
La phase cumulée due aux énergies potentielle et électronique est donc identique sur les deux trajets.
Résultat
Q12.b
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : déphasage quantique, intégrale de phase
En déduire que :
où et sont les vitesses instantanées respectives des atomes sur les trajets ABCD et AB'C'D.
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Utiliser l'expression intégrale de la phase d'action (12) et factoriser la différence des carrés des vitesses v_{II}^2 - v_I^2.
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- Décomposer l'énergie totale E(t) de l'atome en ses contributions cinétique, potentielle et électronique dans l'expression de l'intégrale d'action (Éq. (12)).
- Exploiter le résultat de la question 12.a pour éliminer les contributions des énergies potentielle et électronique.
- Utiliser l'identité algébrique sur les normes au carré de vecteurs pour mettre la différence sous la forme demandée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Différence des termes cinétiques mv^2/2 le long des deux bras et factorisation sous la forme demandée.
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L'énergie totale de l'atome le long de sa trajectoire se décompose selon :
où i \in \{a, b\}. L'intégrande de la phase cumulée (Éq. (12)) s'écrit donc :
D'après la question 12.a, la contribution des termes E_p + E_i(t) intégrée entre t = 0 et t = 3T est identique sur les deux trajets ABCD (noté I) et AB'C'D (noté II) :
La différence de phase \Delta\Phi = \Phi_{II} - \Phi_I se réduit ainsi à la seule contribution cinétique :
En introduisant le produit scalaire et l'identité remarquable v_{II}^2 - v_I^2 = (\vec{v}_{II} - \vec{v}_I) \cdot (\vec{v}_{II} + \vec{v}_I), on a :
On en déduit directement l'expression de l'Éq. (13) :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'établissement de la différence de phase nécessitait de comprendre le sens de l'intégrale temporelle de la phase cumulée.
« Très peu de candidats ont réellement réalisé ce que signifiait l’intégrale temporelle qui apparaît dans l’expression de la phase cumulée le long d’une trajectoire, et invoqué en conséquence les arguments corrects permettant d’établir l’expression de la différence de phase (Q.12.b). »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Q12.c
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : interférométrie atomique, déphasage
En exprimant dans un premier temps et sur les intervalles , , , montrer que :
On se souviendra à cet effet de la relation entre et (question 4), et on rappelle que . L'interféromètre est donc sensible à la variation de vitesse selon la direction de propagation des lasers (axe (Oz) sur le schéma).
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Découper l'intégrale sur les trois intervalles de durée T en utilisant les vitesses constantes par morceaux de la figure 4 pour faire apparaître le produit scalaire.
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- Relever, à partir de la figure 4 et du texte, les vitesses \vec{v}_I(t) et \vec{v}_{II}(t) de l'atome sur chacun des trois intervalles de temps [0, T], [T, 2T] et [2T, 3T].
- En déduire les expressions de \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) et de [\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)]/2 sur chaque intervalle.
- Calculer l'intégrale définissant \Delta\Phi par sommation sur les trois intervalles et utiliser la relation de recul m\vec{v}_r = \hbar\vec{k} établie à la question 4.b pour conclure.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration par morceaux des vitesses constantes sur les trois intervalles de durée T, menant au déphasage 2T\vec{k}\cdot\Delta\vec{v}.
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D'après la figure 4 et la description du dispositif :
Sur l'intervalle [0, T] : L'atome suivant le trajet I (ABCD) est défléchi par la première impulsion \pi/2 et acquiert la vitesse de recul +2\vec{v}_r, tandis que sur le trajet II (AB'C'D) l'atome est transmis sans modification d'impulsion :
\vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0On en déduit :
\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = -2\vec{v}_r \quad \text{et} \quad \frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2} = \vec{v}_0 + \vec{v}_rSur l'intervalle [T, 2T] : À l'instant t = T, l'atome sur le trajet I est transmis (sa vitesse reste inchangée), tandis que sur le trajet II, il subit l'impulsion de recul +2\vec{v}_r. Tous deux se retrouvent dans l'état b avec la même vitesse \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r. À l'instant t', l'impulsion Bloch communique la même variation de vitesse \Delta\vec{v} aux deux paquets d'ondes. Ainsi, à chaque instant t \in [T, 2T], les deux trajets ont exactement la même vitesse : \vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II}(t). D'où :
\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = \vec{0}Sur l'intervalle [2T, 3T] : À l'instant t = 2T, l'impulsion laser transfère un recul vers le bas (-2\vec{v}_r) à la branche supérieure (trajet I), tandis que la branche inférieure (trajet II) est transmise sans déviation :
\vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + \Delta\vec{v} \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \Delta\vec{v}On en déduit :
\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = +2\vec{v}_r \quad \text{et} \quad \frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2} = \vec{v}_0 + \Delta\vec{v} + \vec{v}_r
En injectant ces grandeurs par morceaux dans l'expression de \Delta\Phi donnée par l'équation (13) :
D'après la question 4.b (étendue à la transition Raman à la question 5), la vitesse de recul vérifie m\vec{v}_r = \hbar\vec{k}, ce qui donne :
On obtient finalement :
Résultat
Q13.a
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : frange centrale, recul photonique
En déduire , la valeur de associée la frange centrale. L'exprimer en fonction de , et , et d'autres constantes fondamentales éventuelles.
Voir l'indiceIndice
Poser la condition d'annulation de la phase totale à la frange centrale \Delta\Phi + 2\pi\delta_{\text{laser}}^* T = 0 avec \Delta\vec{v} = 2N\vec{v}_r.
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- Rappeler la condition définissant la frange centrale donnée par le texte : \Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}} = 0.
- Exprimer \Delta\phi_{\mathrm{laser}} pour \delta_{\mathrm{laser}} = \delta_{\mathrm{laser}}^*, ainsi que le déphasage atomique \Delta\Phi obtenu à la question 12.c en fonction de k, m, N et \hbar (ou h).
- En déduire l'expression analytique de \delta_{\mathrm{laser}}^*.
Voir la réponse courteRéponse courte
Annulation de la phase totale à la frange centrale pour exprimer la pulsation ou le saut de fréquence \delta^*_{\mathrm{laser}}.
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D'après l'énoncé, la position de la frange centrale correspond à la condition d'annulation du déphasage total :
avec \Delta\phi_{\mathrm{laser}} = 2\pi\delta_{\mathrm{laser}}^* T.
D'après le résultat de la question 12.c, le déphasage atomique s'écrit :
L'impulsion Bloch communique à l'atome un accroissement de vitesse \Delta\vec{v} = 2N\vec{v}_r (texte de la section I.2.4). Avec \vec{v}_r = \frac{\hbar\vec{k}}{m} et \vec{k} = k\vec{e}_z, on a :
Le produit scalaire vaut alors :
ce qui conduit à :
en utilisant \hbar = \frac{h}{2\pi}.
En injectant cette expression dans la condition de la frange centrale :
En simplifiant par 2\pi T \neq 0, on obtient :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Q13.b
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
Notions : interférogramme, décalage de franges
Déduire, à partir de la valeur de associée à l'interférogramme de la Fig. 5, la valeur de choisie lors de la mesure.
Voir l'indiceIndice
Isoler l'entier N à partir de la valeur numérique mesurée de \delta_{\text{laser}}^* et des grandeurs physiques connues (k et m).
Voir la stratégieStratégie
- Isoler l'entier N à partir de l'expression de \delta_{\mathrm{laser}}^* établie à la question 13.a.
- Effectuer l'application numérique avec les constantes et ordres de grandeur fournis par l'énoncé (m, \hbar, k).
- Discuter la valeur obtenue et faire le lien avec l'indication \Delta v = 600 v_r donnée à la question 14.b.
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Identification numérique de la position de la frange centrale sur la figure pour en déduire l'entier N.
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D'après la question 13.a, la fréquence laser associée à la frange centrale s'écrit :
Puisque N est un entier positif, on en déduit l'expression de N :
D'après le texte et la figure 5, on a |\delta_{\mathrm{laser}}^*| \simeq 1{,}59 \times 10^7\text{ Hz}. Avec les données numériques fournies par l'énoncé :
- m \simeq 1{,}5 \times 10^{-25}\text{ kg}
- \hbar \simeq 1 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}
- k \simeq 1{,}0 \times 10^7\text{ m}^{-1} (retenu à la question 5)
- \pi \simeq 3{,}14
Le calcul donne :
Si l'on utilise alternativement h \simeq 7 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} et \pi^2 \simeq 10 :
Compte tenu des arrondis sur les constantes fondamentales imposés par l'énoncé sans calculatrice, on trouve un ordre de grandeur compris entre 300 et 400.
Ce résultat est en parfait accord avec la valeur \Delta v = 600 v_r = 2N v_r introduite explicitement à la question 14.b, qui correspond précisément à :
Résultat
Q13.c
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : propagation des incertitudes, métrologie
La fréquence est mesurée avec une incertitude de . Justifier que la mesure de permet de mesurer , et que l'incertitude relative sur est environ égale à l'incertitude relative sur , soit .
Voir l'indiceIndice
Différencier l'expression de \delta_{\text{laser}}^* par rapport à m et comparer la précision relative sur la fréquence laser optique à celle de la mesure.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer m en fonction de \delta_{\mathrm{laser}}^* à partir du résultat de la question 13.a, en rappelant les grandeurs connues avec exactitude (h, c) et le caractère entier de N.
- Établir la formule de propagation des incertitudes sur m en fonction des incertitudes sur \delta_{\mathrm{laser}}^* et sur le vecteur d'onde k = 2\pi\nu/c.
- Comparer numériquement les incertitudes relatives sur k et sur \delta_{\mathrm{laser}}^* pour conclure.
Voir la réponse courteRéponse courte
L'incertitude sur la fréquence du laser est négligeable devant celle sur \delta^*_{\mathrm{laser}}, d'où u(m)/m \simeq u(\delta^*)/\delta^*.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 13.a, la fréquence associée à la frange centrale s'écrit :
On en déduit l'expression de la masse m de l'atome de rubidium 87 :
où \nu = \omega/(2\pi) = kc/(2\pi) désigne la fréquence optique des faisceaux laser. Le nombre entier N de transitions est connu sans incertitude, et les constantes h et c sont fixées exactement dans le Système international d'unités. La mesure de la fréquence centrale \delta_{\mathrm{laser}}^* permet donc bien de déterminer la masse m.
En considérant des sources d'erreurs indépendantes, la loi de propagation des incertitudes relatives s'écrit :
Évaluons les deux termes :
L'incertitude relative sur \delta_{\mathrm{laser}}^* vaut :
\frac{u(\delta_{\mathrm{laser}}^*)}{|\delta_{\mathrm{laser}}^*|} = \frac{0{,}047\text{ Hz}}{15\,907\,410{,}770\text{ Hz}} \simeq 3{,}0 \times 10^{-9}La fréquence optique \nu = \frac{kc}{2\pi} \simeq \frac{1{,}0 \times 10^7 \times 3 \times 10^8}{2\pi} \simeq 4{,}8 \times 10^{14}\text{ Hz} (domaine optique/proche infrarouge, \lambda \approx 780\text{ nm}). Avec u(\nu) = 1\text{ kHz} = 10^3\text{ Hz}, l'incertitude relative sur la fréquence laser est :
\frac{u(\nu)}{\nu} \simeq \frac{10^3}{4{,}8 \times 10^{14}} \simeq 2 \times 10^{-12}
On constate que :
L'incertitude sur la fréquence optique est donc totalement négligeable devant celle sur \delta_{\mathrm{laser}}^*, ce qui justifie l'approximation :
Résultat
Q13.d
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : incertitude-type, moyenne empirique
Un interférogramme expérimental comme celui de la Fig. 5 est typiquement obtenu en une minute. Il est possible de faire des mesures les unes à la suite des autres. Pendant combien de temps doit-on répéter l'expérience pour atteindre la sensibilité requise sur la mesure de (donnée en Éq. (6)) ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer la loi d'amélioration statistique en 1/\sqrt{M} où M est le nombre de mesures indépendantes de durée 1 minute.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la loi de décroissance de l'incertitude statistique pour la moyenne de M mesures indépendantes : l'incertitude-type décroît comme 1/\sqrt{M}.
- Déterminer le nombre de mesures M nécessaire pour passer de la précision d'un interférogramme unique (déterminée en question 13.c) à la précision requise par l'équation (6).
- En déduire la durée totale d'acquisition sachant que chaque interférogramme requiert une durée t_1 = 1\text{ min}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Décroissance de l'incertitude en 1/\sqrt{M} par accumulation de M mesures indépendantes d'une minute.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lors de la répétition de M mesures indépendantes et de même incertitude-type, les erreurs aléatoires se moyennent, et l'incertitude-type sur la valeur moyenne vérifie la loi statistique en 1/\sqrt{M} :
où (u(m)/m)_1 \simeq 3{,}0 \times 10^{-9} représente l'incertitude relative obtenue à l'issue d'une mesure élémentaire de durée t_1 = 1\text{ min} (d'après la question 13.c).
Pour atteindre l'incertitude relative requise \left(u(m)/m\right)_{\text{cible}} \simeq 1{,}5 \times 10^{-10} (Éq. (6)), le nombre de réalisations indépendantes doit vérifier :
soit un nombre total de mesures :
Puisque l'acquisition d'un interférogramme dure t_1 = 1\text{ min}, la durée totale nécessaire t_{\text{tot}} est :
Résultat
I.2.5 · Effet systématique dû à la gravité
Q14.a
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : champ de pesanteur, intégrale d'action
L'énergie potentielle d'un atome n'est pas constante au cours de la trajectoire. Montrer néanmoins que l'Éq. (14) reste valable lorsque le champ de pesanteur est uniforme.
Voir l'indiceIndice
Montrer que pour un potentiel linéaire V(z) = mgz, la différence de potentiel intégrée s'exprime uniquement par la différence des positions moyennes qui s'annule par symétrie.
Voir la stratégieStratégie
- Relever l'incohérence textuelle de l'énoncé : la question 14.b démontre explicitement l'apparition d'un terme gravitationnel \Delta\Phi_g \neq 0 dans le déphasage total \Delta\Phi', ce qui prouve que l'Éq. (14) n'est plus valable telle quelle. L'énoncé vise en réalité l'**Éq. (13)**.
- Repartir de l'expression générale de la phase (Éq. (12)) en isolant la contribution de l'énergie potentielle E_p(\vec{r}).
- Utiliser le caractère uniforme du champ de pesanteur \vec{g} pour montrer que l'effet de la gravité sur la position se compense dans la différence de potentiel entre les deux bras.
Voir la réponse courteRéponse courte
La compensation géométrique des altitudes le long des deux chemins symétriques annule la contribution directe de E_p = mgz.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Remarque sur le texte du sujet :
L'énoncé demande d'établir que l'Éq. (14) reste valable. Or, la question suivante 14.b montre précisément que la prise en compte de la pesanteur modifie le déphasage total selon \Delta\Phi' = \Delta\Phi + \Delta\Phi_g, où \Delta\Phi_g \neq 0 est calculé en injectant les vitesses modifiées dans l'intégrale. L'Éq. (14) n'est donc pas invariante sous l'effet de la gravité : il s'agit d'une coquille de l'énoncé qui fait en réalité référence à l'**Éq. (13)**.
D'après l'Éq. (12), la phase cumulée par la fonction d'onde le long d'une trajectoire \mathcal{C} s'écrit :
L'énergie totale s'écrit E = E_c + E_p + E_i = \frac{1}{2}m v^2 + E_p(\vec{r}) + E_i, où E_i \in \{E_a, E_b\} est l'énergie interne électronique. On a donc :
Le déphasage \Delta\Phi = \Phi_{II} - \Phi_I entre les deux trajets s'exprime ainsi sous la forme :
Comme établi à la question 12.a, la contribution de l'énergie électronique s'annule car les atomes passent la même durée globale dans l'état a et dans l'état b sur les deux chemins :
Examinons à présent le terme d'énergie potentielle. Le champ de pesanteur \vec{g} = -g\vec{e}_z étant uniforme, le principe fondamental de la dynamique implique que chaque atome subit exactement la même accélération \vec{g}, indépendamment de sa voie. La trajectoire sur chaque bras j \in \{I, II\} s'écrit :
où \vec{r}_{j,0}(t) désigne la position qu'aurait eue l'atome en l'absence de pesanteur.
L'énergie potentielle de pesanteur s'écrit E_p(\vec{r}) = -m\vec{g}\cdot\vec{r}. La différence d'énergie potentielle entre les deux voies à l'instant t vaut :
Le déplacement de chute libre \frac{1}{2}\vec{g}t^2, étant rigoureusement identique sur les deux voies, n'introduit aucune différence d'énergie potentielle. L'intégrale de cette différence ne dépend donc pas du champ de pesanteur et s'annule sur le cycle complet de l'interféromètre fermé (les deux voies décrivant des géométries symétriques dans le plan (z, t)) :
En factorisant v_{II}^2 - v_I^2 = 2(\vec{v}_{II} - \vec{v}_I)\cdot\left(\frac{\vec{v}_I + \vec{v}_{II}}{2}\right), on en déduit que l'expression de \Delta\Phi reste régie par les seules vitesses instantanées :
L'**Éq. (13)** reste donc pleinement valable dans un champ de pesanteur uniforme.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait étudier l'évolution temporelle de la phase de la fonction d'onde au lieu d'invoquer le caractère conservatif du poids.
« rarissimes ont été les candidats qui ont abordé avec bonheur les questions Q.14.a,b,c) pour lesquelles il fallait à nouveau avoir compris que c’est l’évolution temporelle de la phase d’une fonction d’onde qui doit être discutée et non pas le caractère conservatif du travail du poids »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Q14.b
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : champ de pesanteur, déphasage
Exprimer les vitesses et le long des trajets ABCD et AB'C'D en prenant cette fois en compte l'effet de la pesanteur. En déduire le déphasage , et l'exprimer sous la forme
où et où est un terme à expliciter. On prend . Calculer , l'effet relatif du décalage des franges dû uniquement à la pesanteur et dû uniquement à la variation de vitesse . L'effet de la pesanteur est-il négligeable au vu de la sensibilité requise sur la mesure ?
Voir l'indiceIndice
Ajouter le terme -gt\vec{e}_z aux vitesses sur chaque branche, calculer l'intégrale du produit scalaire et expliciter le terme résiduel \Delta\Phi_g.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les vitesses instantanées \vec{v}_I(t) et \vec{v}_{II}(t) en ajoutant l'effet de l'accélération constante de la pesanteur \vec{g} aux vitesses établies sans pesanteur.
- Injecter ces expressions dans la formule du déphasage (Éq. 13) pour identifier \Delta\Phi_g.
- Effectuer le calcul du rapport \Delta\Phi_g/\Delta\Phi et le confronter à la précision relative visée sur la masse (1{,}5 \times 10^{-10}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du terme \Delta\Phi_g = -2kgT^2 et comparaison numérique : effet bien supérieur à la sensibilité recherchée, non négligeable.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans un champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\vec{e}_z, le principe fondamental de la dynamique implique que chaque atome subit une accélération constante \vec{g}, de sorte que la vitesse acquiert un terme additif \vec{g}t :
où \vec{v}_{I,0}(t) et \vec{v}_{II,0}(t) désignent les vitesses en l'absence de pesanteur. Par intervalle de temps, avec t' \in ]T, 2T[ l'instant de l'impulsion Bloch :
Sur [0, T] :
\vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \vec{g}t \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + \vec{g}tSur [T, t'] :
\vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \vec{g}tSur [t', 2T] :
\vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \Delta\vec{v} + \vec{g}tSur [2T, 3T] :
\vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + \Delta\vec{v} + \vec{g}t \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \Delta\vec{v} + \vec{g}t
L'écart de vitesse \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II,0}(t) - \vec{v}_{I,0}(t) est donc rigoureusement inchangé par la gravité. En revanche, la vitesse moyenne devient :
D'après l'Éq. (13), le nouveau déphasage s'écrit \Delta\Phi' = \Delta\Phi + \Delta\Phi_g avec :
En décomposant l'intégrale sur les trois intervalles :
En sommant et en utilisant la relation \frac{m}{\hbar}\vec{v}_r = \vec{k} (question 4.c) :
Comme \vec{k} = k\vec{e}_z et \vec{g} = -g\vec{e}_z, on a \vec{k}\cdot\vec{g} = -kg, soit :
Calculons le rapport \Delta\Phi_g/\Delta\Phi avec \Delta\vec{v} = \Delta v\vec{e}_z et \Delta\Phi = 2Tk\Delta v :
Avec g \simeq 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, T = 20\text{ ms} = 2{,}0 \times 10^{-2}\text{ s} (question 11) et v_r \simeq 6{,}7 \times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (question 4.c) :
L'effet relatif de la pesanteur est de l'ordre de 10^{-1} : il dépasse de neuf ordres de grandeur l'incertitude relative recherchée sur la masse \frac{u(m)}{m} \simeq 1{,}5 \times 10^{-10} (Éq. (6)). L'effet de la pesanteur n'est donc absolument pas négligeable et constitue un biais systématique majeur qu'il est indispensable de compenser.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Il fallait étudier l'évolution temporelle de la phase de la fonction d'onde au lieu d'invoquer le caractère conservatif du poids.
« rarissimes ont été les candidats qui ont abordé avec bonheur les questions Q.14.a,b,c) pour lesquelles il fallait à nouveau avoir compris que c’est l’évolution temporelle de la phase d’une fonction d’onde qui doit être discutée et non pas le caractère conservatif du travail du poids »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
Q14.c
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : erreur systématique, méthode différentielle
On effectue une mesure en accélérant les atomes vers le haut (), puis une autre en les accélérant vers le bas (). Expliquer comment ces deux mesures permettent de compenser le décalage des franges dû à la gravité.
Voir l'indiceIndice
Former la demi-différence des décalages obtenus pour les deux orientations opposées de \Delta\vec{v} afin d'éliminer le terme gravitationnel invariant par inversion de \Delta\vec{v}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le déphasage total \Delta\Phi' pour chacune des deux configurations d'accélération Bloch (+\Delta\vec{v} et -\Delta\vec{v}).
- Exploiter la parité des contributions : le déphasage atomique \Delta\Phi est impair en \Delta\vec{v}, tandis que le terme de gravité \Delta\Phi_g en est totalement indépendant.
- En déduire que la combinaison différentielle des deux mesures élimine rigoureusement le terme systématique dû à la pesanteur.
Voir la réponse courteRéponse courte
La demi-différence des déphasages obtenus pour +\Delta\vec{v} et -\Delta\vec{v} élimine le terme gravitationnel invariant par inversion.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation (15) établie à la question 14.b, le déphasage total dans l'interféromètre s'écrit :
où \vec{k} = k\vec{e}_z et \Delta\Phi_g = -4kgT^2 ne dépend pas de l'impulsion Bloch \Delta\vec{v}.
Notons \Delta\Phi'_{(+)} et \Delta\Phi'_{(-)} les déphasages totaux mesurés respectivement pour une accélération vers le haut (+\Delta\vec{v} = \Delta v\vec{e}_z) et vers le bas (-\Delta\vec{v} = -\Delta v\vec{e}_z) :
En formant la demi-différence de ces deux mesures, la contribution systématique de la pesanteur se compense exactement :
Expérimentalement, la frange centrale correspond à la condition d'annulation de la phase globale : \Delta\Phi' + 2\pi\delta_{\text{laser}}^* T = 0. Les fréquences mesurées pour chaque configuration vérifient ainsi :
La demi-différence des fréquences de résonance mesurées :
est totalement affranchie de l'effet de la gravité \Delta\Phi_g.
Résultat
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Il fallait étudier l'évolution temporelle de la phase de la fonction d'onde au lieu d'invoquer le caractère conservatif du poids.
« rarissimes ont été les candidats qui ont abordé avec bonheur les questions Q.14.a,b,c) pour lesquelles il fallait à nouveau avoir compris que c’est l’évolution temporelle de la phase d’une fonction d’onde qui doit être discutée et non pas le caractère conservatif du travail du poids »
Source : rapport du jury X-ENS 2023
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