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Corrigé détaillé X ENS Physique B PC 2023 (page 2/3 : Partie I (questions 9 à 14.c))

Mesure de la constante de structure fine

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Partie I : Principe de la mesure de la constante de structure fine α (suite)

I.2.3 · A parte : étude d'un interféromètre optique

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI

Notions : interféromètre de mach-zehnder, formule de fresnel

Exprimer l'intensité lumineuse en sortie de l'interféromètre en fonction de , , , , et . Qu'observe-t-on en sortie de l'interféromètre si on change l'épaisseur du milieu d'indice ?

Voir l'indice

Déterminer le déphasage optique introduit par la traversée de la lame d'indice n de longueur l, puis appliquer la formule des interférences à deux ondes.

Voir la stratégie
  1. Identifier la succession de réflexions et transmissions subies par l'onde sur chacun des deux trajets représentés en trait plein (trajets ACD et ABD).
  2. Exprimer les chemins optiques associés pour déterminer la différence de marche \delta et le déphasage \Delta\phi.
  3. Sommer les amplitudes complexes au niveau du détecteur pour en déduire l'intensité lumineuse I.
  4. Analyser l'évolution de I en fonction de l'épaisseur l (modulation sinusoïdale, période et contraste).
Voir la réponse courte

Formule de Fresnel I = I_0(1 + \cos\Delta\phi) avec \Delta\phi = 2\pi(n-1)l/\lambda_o : modulation d'intensité sinusoïdale en fonction de l.

Voir le corrigé complet

Suivons les deux trajets en trait plein aboutissant au détecteur en sortie de la lame D :

  • Trajet ACD :

    • Réflexion sur la lame A (coefficient r_o),
    • Réflexion sur la lame C (coefficient r_o),
    • Réflexion sur la lame D (coefficient r_o).

    L'onde traverse le milieu d'indice n sur une épaisseur l, le reste du trajet s'effectuant dans l'air d'indice 1. Le chemin optique associé s'écrit :

    L_{\mathrm{ACD}} = n l + 1 \times (AC - l) + 1 \times CD = AC + CD + (n-1)l

    L'amplitude complexe en sortie est donc :

    \underline{s}_1 = r_o^3 \, s_0 \, \exp\left(-\mathrm{j}\frac{2\pi}{\lambda_o} L_{\mathrm{ACD}}\right)
  • Trajet ABD :

    • Transmission par la lame A (coefficient t_o),
    • Réflexion sur la lame B (coefficient r_o),
    • Transmission par la lame D (coefficient t_o).

    La totalité du trajet s'effectue dans l'air, d'où le chemin optique :

    L_{\mathrm{ABD}} = 1 \times AB + 1 \times BD = AB + BD

    L'amplitude complexe en sortie est donc :

    \underline{s}_2 = t_o^2 r_o \, s_0 \, \exp\left(-\mathrm{j}\frac{2\pi}{\lambda_o} L_{\mathrm{ABD}}\right)

Puisque AB = CD et AC = BD, la différence de chemin optique entre les deux bras se réduit à :

\delta = L_{\mathrm{ACD}} - L_{\mathrm{ABD}} = (n-1)l

Le déphasage correspondant entre les deux ondes est :

\Delta\phi = \frac{2\pi}{\lambda_o}\delta = \frac{2\pi(n-1)l}{\lambda_o}

L'amplitude complexe résultante au détecteur est la somme des deux contributions :

\begin{aligned} \underline{s} &= \underline{s}_1 + \underline{s}_2 \\ &= r_o \, s_0 \, \exp\left(-\mathrm{j}\frac{2\pi}{\lambda_o} L_{\mathrm{ABD}}\right) \left[ r_o^2 \mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\phi} + t_o^2 \right] \end{aligned}

En supposant les coefficients r_o et t_o réels, l'intensité lumineuse mesurée I = |\underline{s}|^2 (avec I_0 = |s_0|^2) vaut :

\begin{aligned} I &= I_0 \, r_o^2 \left| r_o^2 \mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\phi} + t_o^2 \right|^2 \\ &= I_0 \, r_o^2 \left( r_o^4 + t_o^4 + 2 r_o^2 t_o^2 \cos\Delta\phi \right) \end{aligned}
\boxed{I = I_0 \, r_o^2 \left[ r_o^4 + t_o^4 + 2 r_o^2 t_o^2 \cos\left(\frac{2\pi(n-1)l}{\lambda_o}\right) \right]}

Effet d'une variation de l'épaisseur l :

Lorsque l'épaisseur l varie, le déphasage \Delta\phi varie de manière linéaire. L'intensité en sortie subit une modulation périodique sinusoïdale entre une valeur minimale I_{\min} = I_0 r_o^2 (r_o^2 - t_o^2)^2 et une valeur maximale I_{\max} = I_0 r_o^2 (r_o^2 + t_o^2)^2.

On observe ainsi un défilement de franges d'interférence en sortie de l'interféromètre, avec une période spatiale en épaisseur donnée par :

\boxed{\Delta l = \frac{\lambda_o}{n - 1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de cours basique combinant le calcul d'une différence de chemin optique et l'usage des coefficients en amplitude.

« La question Q.9 est une question de cours élémentaire, et n’aurait dû poser de difficulté à personne, entre différence de chemin optique évident et coefficients de réflexion et de transmission en amplitude. »

Source : rapport du jury X-ENS 2023

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I.2.4 · Principe de la mesure de m

Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : interférométrie atomique, formule de fresnel

Exprimer l'amplitude de probabilité de présence d'un atome de Rubidium en sortie de l'interféromètre en fonction de , , et des phases lasers à ou . En déduire la probabilité de détection, et montrer qu'elle est donnée par :

avec , et .

Voir l'indice

Suivre l'amplitude de probabilité sur chacun des deux chemins en multipliant les coefficients r_a, t_a et les facteurs de phase laser à chaque impulsion.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les coefficients de transmission et de réflexion atomiques à chaque impulsion laser \pi/2 pour chacun des deux trajets ABCD (voie I) et AB'C'D (voie II), en tenant compte du sens du recul (vers le haut aux instants 0 et T, vers le bas aux instants 2T et 3T).
  2. Exprimer les amplitudes de probabilité \Psi_I et \Psi_{II} associées à chaque voie, puis l'amplitude totale \Psi_D = \Psi_I + \Psi_{II} en sortie au point D.
  3. Calculer la probabilité de détection P = |\Psi_D|^2, faire apparaître le déphasage global et identifier \gamma = 1.
Voir la réponse courte

Somme des amplitudes complexes des deux chemins interférométriques et calcul du module carré pour établir la probabilité de détection.

Voir le corrigé complet

À chaque impulsion \pi/2, le coefficient de transmission sans changement d'état électronique est t_a = t_b = \frac{1}{\sqrt{2}}. D'après les questions 8.a et 8.b :

  • à t = 0 et t = T, l'impulsion transfère +2\vec{v}_r (recul vers le haut, transition a \to b). Le coefficient de réflexion associé est :

    r_a(t) = -\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{-j\phi_{\mathrm{laser}}(t)}
  • à t = 2T et t = 3T, l'effet de recul est vers le bas (transition b \to a). L'inversion du sens relatif des lasers impose le changement \phi_{\mathrm{laser}} \to -\phi_{\mathrm{laser}} sur la matrice d'interaction, de sorte que le coefficient de réflexion vaut :

    r_b'(t) = -\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{j\phi_{\mathrm{laser}}(t)}

L'impulsion de Bloch (entre T et 2T) communique la même quantité de mouvement \Delta\vec{v} aux atomes des deux voies (tous dans l'état b) sans modifier leur état électronique ni créer de déphasage relatif.

1. Voie I (trajet ABCD) : L'atome subit :

  • une réflexion en A (t = 0, transition a \to b) : facteur r_a(0) ;
  • une transmission en B (t = T, état b) : facteur t_b ;
  • une réflexion en C (t = 2T, transition b \to a) : facteur r_b'(2T) ;
  • une transmission en D (t = 3T, état a) : facteur t_a.

En tenant compte de la phase de propagation accumulée \Phi_I (selon la convention d'évolution temporelle \mathrm{e}^{-j\Phi_I}) :

\begin{aligned} \Psi_I &= \Psi_0 \, r_a(0) \, t_b \, r_b'(2T) \, t_a \, \mathrm{e}^{-j\Phi_I} \\ &= \Psi_0 \left(-\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{-j\phi_{\mathrm{laser}}(0)}\right) \left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right) \left(-\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{j\phi_{\mathrm{laser}}(2T)}\right) \left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right) \mathrm{e}^{-j\Phi_I} \\ &= -\frac{1}{4}\Psi_0 \exp\left(-j\left[\Phi_I + \phi_{\mathrm{laser}}(0) - \phi_{\mathrm{laser}}(2T)\right]\right) \end{aligned}

2. Voie II (trajet AB'C'D) : L'atome subit :

  • une transmission en A (t = 0, état a) : facteur t_a ;
  • une réflexion en B' (t = T, transition a \to b) : facteur r_a(T) ;
  • une transmission en C' (t = 2T, état b) : facteur t_b ;
  • une réflexion en D (t = 3T, transition b \to a) : facteur r_b'(3T).

L'amplitude associée à cette voie s'écrit :

\begin{aligned} \Psi_{II} &= \Psi_0 \, t_a \, r_a(T) \, t_b \, r_b'(3T) \, \mathrm{e}^{-j\Phi_{II}} \\ &= \Psi_0 \left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right) \left(-\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{-j\phi_{\mathrm{laser}}(T)}\right) \left(\frac{1}{\sqrt{2}}\right) \left(-\frac{j}{\sqrt{2}}\mathrm{e}^{j\phi_{\mathrm{laser}}(3T)}\right) \mathrm{e}^{-j\Phi_{II}} \\ &= -\frac{1}{4}\Psi_0 \exp\left(-j\left[\Phi_{II} + \phi_{\mathrm{laser}}(T) - \phi_{\mathrm{laser}}(3T)\right]\right) \end{aligned}

3. Amplitude totale et probabilité de détection : L'amplitude totale au détecteur est \Psi_D = \Psi_I + \Psi_{II} :

\boxed{\Psi_D = -\frac{1}{4}\Psi_0 \left( \mathrm{e}^{-j\left[\Phi_I + \phi_{\mathrm{laser}}(0) - \phi_{\mathrm{laser}}(2T)\right]} + \mathrm{e}^{-j\left[\Phi_{II} + \phi_{\mathrm{laser}}(T) - \phi_{\mathrm{laser}}(3T)\right]} \right)}

La probabilité de détection vaut P = |\Psi_D|^2 = |\Psi_I + \Psi_{II}|^2. Comme |\Psi_I| = |\Psi_{II}| = \frac{1}{4}|\Psi_0|, on a :

\begin{aligned} P &= |\Psi_I|^2 + |\Psi_{II}|^2 + 2\mathrm{Re}\left(\Psi_I^* \Psi_{II}\right) \\ &= \frac{1}{16}|\Psi_0|^2 + \frac{1}{16}|\Psi_0|^2 + \frac{2}{16}|\Psi_0|^2 \cos(\theta_{II} - \theta_I) \\ &= \frac{1}{8}|\Psi_0|^2 \left(1 + \cos(\theta_{II} - \theta_I)\right) \end{aligned}

avec :

\begin{aligned} \theta_{II} - \theta_I &= -\left(\Phi_{II} - \Phi_I\right) - \left[\phi_{\mathrm{laser}}(T) - \phi_{\mathrm{laser}}(3T) - \phi_{\mathrm{laser}}(0) + \phi_{\mathrm{laser}}(2T)\right] \\ &= -\Delta\Phi - \left[-\phi_{\mathrm{laser}}(0) + \phi_{\mathrm{laser}}(T) + \phi_{\mathrm{laser}}(2T) - \phi_{\mathrm{laser}}(3T)\right] \\ &= -(\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}}) \end{aligned}

Par parité de la fonction cosinus, \cos(-(\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}})) = \cos(\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}}), d'où :

\boxed{P = \frac{1}{8}|\Psi_0|^2 \left(1 + \gamma \cos(\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}})\right) \quad \text{avec} \quad \gamma = 1}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : interférogramme, interfrange

À partir de l'interférogramme expérimental présenté en Fig. 5, donner la valeur de choisie dans l'expérience.

Voir l'indice

Mesurer la période fréquentielle \Delta\delta_{\text{laser}} entre deux maxima successifs sur l'interférogramme et utiliser la relation \Delta\delta_{\text{laser}} = 1/T.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de périodicité sur la fréquence \delta_{\text{laser}} à partir de la dépendance de la probabilité P en \Delta\phi_{\text{laser}}.
  2. Mesurer graphiquement la période \Delta\delta_{\text{laser}} des franges d'interférence sur la figure 5.
  3. En déduire la durée T séparant deux impulsions laser successives.
Voir la réponse courte

Lecture de la période des franges en fonction de la phase ou fréquence laser, reliant l'interfrange au temps T.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (11) et l'expression de la phase différentielle laser :

P(\delta_{\text{laser}}) = \frac{1}{8}|\Psi_0|^2 \left(1 + \gamma \cos(\Delta\Phi + 2\pi\delta_{\text{laser}}T)\right)

La probabilité P est une fonction périodique de la variable \delta_{\text{laser}}, de période fréquentielle notée \Delta\delta_{\text{laser}}, vérifiant :

2\pi \Delta\delta_{\text{laser}} T = 2\pi \implies T = \frac{1}{\Delta\delta_{\text{laser}}}

Sur l'interférogramme expérimental de la figure 5 :

  • La frange centrale repérée en pointillé gris est centrée en \delta_{\text{laser}}^* + 15\,907\,000\text{ Hz} \simeq -411\text{ Hz} ;
  • Le maximum voisin à droite se situe à environ -361\text{ Hz} ;
  • Le maximum voisin à gauche se situe à environ -461\text{ Hz} ;
  • Les deux minima visibles sont situés en -436\text{ Hz} et -386\text{ Hz}.

L'écart entre deux maxima (ou deux minima) successifs donne directement la période :

\Delta\delta_{\text{laser}} \simeq 50\text{ Hz}

On en déduit l'intervalle de temps T choisi pour l'expérience :

\begin{aligned} T &= \frac{1}{50\text{ s}^{-1}} = 0{,}020\text{ s} \end{aligned}
\boxed{T = 20\text{ ms}}

Résultat

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Q12.a

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : action mécanique, intégrale de phase

Justifier que la phase cumulée due aux énergies potentielle et électronique () est la même sur chacun des trajets ABCD et AB'C'D.

Voir l'indice

Vérifier que le temps total passé dans l'état a et dans l'état b est rigoureusement identique sur les deux branches de l'interféromètre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la contribution des termes d'énergie potentielle E_p et d'énergie électronique E_i à la phase cumulée \Phi_{\mathcal{C}} le long d'un trajet \mathcal{C} d'après l'Éq. (12).
  2. Utiliser l'hypothèse de l'énoncé sur la constance de E_p.
  3. Identifier l'état électronique de l'atome (a ou b) sur chaque intervalle de temps [0, T], [T, 2T] et [2T, 3T] pour les trajets \mathrm{ABCD} et \mathrm{AB'C'D} à l'aide de la figure 4, puis sommer les durées passées dans chaque état.
Voir la réponse courte

Les deux chemins passent la même durée globale dans chaque état interne et à la même altitude moyenne.

Voir le corrigé complet

D'après l'Éq. (12), la phase cumulée s'écrit :

\Phi_{\mathcal{C}} = \frac{1}{\hbar} \int_{\mathcal{C}} (mv^2 - E)\,\mathrm{d}t

avec E = E_c + E_p + E_i et E_c = \frac{1}{2}mv^2. La contribution des énergies potentielle et électronique à cette phase s'écrit donc :

\Phi_{\mathcal{C},\,p+e} = -\frac{1}{\hbar} \int_0^{3T} \big(E_p + E_i(t)\big)\,\mathrm{d}t
  • Énergie potentielle E_p : dans cette section (partie I.2), E_p est supposée constante. Son intégrale sur la durée totale 3T vaut donc :

    \int_0^{3T} E_p\,\mathrm{d}t = 3E_p T

    pour l'un comme pour l'autre des deux trajets.

  • Énergie électronique E_i : en observant la figure 4 (code couleur : bleu pour l'état b, gris pour l'état a) :

    • Pour le trajet I (\mathrm{ABCD}) : l'atome est dans l'état b sur [0, T] (segment \mathrm{AB}), reste dans l'état b sur [T, 2T] (segment \mathrm{BC}), puis passe dans l'état a sur [2T, 3T] (segment \mathrm{CD}). Le temps cumulé est donc de 2T dans l'état b et T dans l'état a :

      \int_{\mathrm{ABCD}} E_i(t)\,\mathrm{d}t = 2T E_b + T E_a
    • Pour le trajet II (\mathrm{AB'C'D}) : l'atome est dans l'état a sur [0, T] (segment \mathrm{AB'}), passe dans l'état b sur [T, 2T] (segment \mathrm{B'C'}), et reste dans l'état b sur [2T, 3T] (segment \mathrm{C'D}). Le temps cumulé est également de T dans l'état a et 2T dans l'état b :

      \int_{\mathrm{AB'C'D}} E_i(t)\,\mathrm{d}t = T E_a + 2T E_b

Ainsi, les intégrales de E_p + E_i(t) sur [0, 3T] sont rigoureusement identiques pour les deux trajets.

\boxed{\Phi_{I,\,p+e} = \Phi_{II,\,p+e} = -\frac{T}{\hbar}\big(3E_p + 2E_b + E_a\big)}

La phase cumulée due aux énergies potentielle et électronique est donc identique sur les deux trajets.

Résultat

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Q12.b

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : déphasage quantique, intégrale de phase

En déduire que :

où et sont les vitesses instantanées respectives des atomes sur les trajets ABCD et AB'C'D.

Voir l'indice

Utiliser l'expression intégrale de la phase d'action (12) et factoriser la différence des carrés des vitesses v_{II}^2 - v_I^2.

Voir la stratégie
  1. Décomposer l'énergie totale E(t) de l'atome en ses contributions cinétique, potentielle et électronique dans l'expression de l'intégrale d'action (Éq. (12)).
  2. Exploiter le résultat de la question 12.a pour éliminer les contributions des énergies potentielle et électronique.
  3. Utiliser l'identité algébrique sur les normes au carré de vecteurs pour mettre la différence sous la forme demandée.
Voir la réponse courte

Différence des termes cinétiques mv^2/2 le long des deux bras et factorisation sous la forme demandée.

Voir le corrigé complet

L'énergie totale de l'atome le long de sa trajectoire se décompose selon :

E(t) = E_c(t) + E_p + E_i(t) = \frac{1}{2} m v^2(t) + E_p + E_i(t)

où i \in \{a, b\}. L'intégrande de la phase cumulée (Éq. (12)) s'écrit donc :

m v^2(t) - E(t) = \frac{1}{2} m v^2(t) - \big(E_p + E_i(t)\big)

D'après la question 12.a, la contribution des termes E_p + E_i(t) intégrée entre t = 0 et t = 3T est identique sur les deux trajets ABCD (noté I) et AB'C'D (noté II) :

\int_0^{3T} \big(E_p + E_i(t)\big)_I \, \mathrm{d}t = \int_0^{3T} \big(E_p + E_i(t)\big)_{II} \, \mathrm{d}t

La différence de phase \Delta\Phi = \Phi_{II} - \Phi_I se réduit ainsi à la seule contribution cinétique :

\Delta\Phi = \frac{m}{2\hbar} \int_0^{3T} \left( v_{II}^2(t) - v_I^2(t) \right) \mathrm{d}t

En introduisant le produit scalaire et l'identité remarquable v_{II}^2 - v_I^2 = (\vec{v}_{II} - \vec{v}_I) \cdot (\vec{v}_{II} + \vec{v}_I), on a :

\frac{1}{2}\left( v_{II}^2(t) - v_I^2(t) \right) = \big(\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t)\big) \cdot \left(\frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2}\right)

On en déduit directement l'expression de l'Éq. (13) :

\boxed{\Delta\Phi = \frac{m}{\hbar}\int_0^{3T}\big(\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t)\big)\cdot\left(\frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2}\right)\mathrm{d}t}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'établissement de la différence de phase nécessitait de comprendre le sens de l'intégrale temporelle de la phase cumulée.

« Très peu de candidats ont réellement réalisé ce que signifiait l’intégrale temporelle qui apparaît dans l’expression de la phase cumulée le long d’une trajectoire, et invoqué en conséquence les arguments corrects permettant d’établir l’expression de la différence de phase (Q.12.b). »

Source : rapport du jury X-ENS 2023

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Q12.c

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : interférométrie atomique, déphasage

En exprimant dans un premier temps et sur les intervalles , , , montrer que :

On se souviendra à cet effet de la relation entre et (question 4), et on rappelle que . L'interféromètre est donc sensible à la variation de vitesse selon la direction de propagation des lasers (axe (Oz) sur le schéma).

Voir l'indice

Découper l'intégrale sur les trois intervalles de durée T en utilisant les vitesses constantes par morceaux de la figure 4 pour faire apparaître le produit scalaire.

Voir la stratégie
  1. Relever, à partir de la figure 4 et du texte, les vitesses \vec{v}_I(t) et \vec{v}_{II}(t) de l'atome sur chacun des trois intervalles de temps [0, T], [T, 2T] et [2T, 3T].
  2. En déduire les expressions de \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) et de [\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)]/2 sur chaque intervalle.
  3. Calculer l'intégrale définissant \Delta\Phi par sommation sur les trois intervalles et utiliser la relation de recul m\vec{v}_r = \hbar\vec{k} établie à la question 4.b pour conclure.
Voir la réponse courte

Intégration par morceaux des vitesses constantes sur les trois intervalles de durée T, menant au déphasage 2T\vec{k}\cdot\Delta\vec{v}.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 4 et la description du dispositif :

  • Sur l'intervalle [0, T] : L'atome suivant le trajet I (ABCD) est défléchi par la première impulsion \pi/2 et acquiert la vitesse de recul +2\vec{v}_r, tandis que sur le trajet II (AB'C'D) l'atome est transmis sans modification d'impulsion :

    \vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0

    On en déduit :

    \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = -2\vec{v}_r \quad \text{et} \quad \frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2} = \vec{v}_0 + \vec{v}_r
  • Sur l'intervalle [T, 2T] : À l'instant t = T, l'atome sur le trajet I est transmis (sa vitesse reste inchangée), tandis que sur le trajet II, il subit l'impulsion de recul +2\vec{v}_r. Tous deux se retrouvent dans l'état b avec la même vitesse \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r. À l'instant t', l'impulsion Bloch communique la même variation de vitesse \Delta\vec{v} aux deux paquets d'ondes. Ainsi, à chaque instant t \in [T, 2T], les deux trajets ont exactement la même vitesse : \vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II}(t). D'où :

    \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = \vec{0}
  • Sur l'intervalle [2T, 3T] : À l'instant t = 2T, l'impulsion laser transfère un recul vers le bas (-2\vec{v}_r) à la branche supérieure (trajet I), tandis que la branche inférieure (trajet II) est transmise sans déviation :

    \vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + \Delta\vec{v} \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \Delta\vec{v}

    On en déduit :

    \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = +2\vec{v}_r \quad \text{et} \quad \frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2} = \vec{v}_0 + \Delta\vec{v} + \vec{v}_r

En injectant ces grandeurs par morceaux dans l'expression de \Delta\Phi donnée par l'équation (13) :

\begin{aligned} \Delta\Phi &= \frac{m}{\hbar} \int_0^{3T} (\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t)) \cdot \left(\frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2}\right) \mathrm{d}t \\ &= \frac{m}{\hbar} \left[ \int_0^T (-2\vec{v}_r) \cdot (\vec{v}_0 + \vec{v}_r)\,\mathrm{d}t + \vec{0} + \int_{2T}^{3T} (+2\vec{v}_r) \cdot (\vec{v}_0 + \Delta\vec{v} + \vec{v}_r)\,\mathrm{d}t \right] \\ &= \frac{m}{\hbar} T \,(2\vec{v}_r) \cdot \left[ -(\vec{v}_0 + \vec{v}_r) + (\vec{v}_0 + \Delta\vec{v} + \vec{v}_r) \right] \\ &= \frac{m}{\hbar} 2T \, \vec{v}_r \cdot \Delta\vec{v} \end{aligned}

D'après la question 4.b (étendue à la transition Raman à la question 5), la vitesse de recul vérifie m\vec{v}_r = \hbar\vec{k}, ce qui donne :

\frac{m}{\hbar} \vec{v}_r = \vec{k}

On obtient finalement :

\boxed{\Delta\Phi = 2T\vec{k} \cdot \Delta\vec{v}}

Résultat

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Q13.a

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : frange centrale, recul photonique

En déduire , la valeur de associée la frange centrale. L'exprimer en fonction de , et , et d'autres constantes fondamentales éventuelles.

Voir l'indice

Poser la condition d'annulation de la phase totale à la frange centrale \Delta\Phi + 2\pi\delta_{\text{laser}}^* T = 0 avec \Delta\vec{v} = 2N\vec{v}_r.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition définissant la frange centrale donnée par le texte : \Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}} = 0.
  2. Exprimer \Delta\phi_{\mathrm{laser}} pour \delta_{\mathrm{laser}} = \delta_{\mathrm{laser}}^*, ainsi que le déphasage atomique \Delta\Phi obtenu à la question 12.c en fonction de k, m, N et \hbar (ou h).
  3. En déduire l'expression analytique de \delta_{\mathrm{laser}}^*.
Voir la réponse courte

Annulation de la phase totale à la frange centrale pour exprimer la pulsation ou le saut de fréquence \delta^*_{\mathrm{laser}}.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la position de la frange centrale correspond à la condition d'annulation du déphasage total :

\Delta\Phi + \Delta\phi_{\mathrm{laser}} = 0

avec \Delta\phi_{\mathrm{laser}} = 2\pi\delta_{\mathrm{laser}}^* T.

D'après le résultat de la question 12.c, le déphasage atomique s'écrit :

\Delta\Phi = 2T \vec{k}\cdot\Delta\vec{v}

L'impulsion Bloch communique à l'atome un accroissement de vitesse \Delta\vec{v} = 2N\vec{v}_r (texte de la section I.2.4). Avec \vec{v}_r = \frac{\hbar\vec{k}}{m} et \vec{k} = k\vec{e}_z, on a :

\Delta\vec{v} = \frac{2N\hbar k}{m}\vec{e}_z

Le produit scalaire vaut alors :

\vec{k}\cdot\Delta\vec{v} = \frac{2N\hbar k^2}{m}

ce qui conduit à :

\Delta\Phi = \frac{4N\hbar k^2 T}{m} = \frac{2Nh k^2 T}{\pi m}

en utilisant \hbar = \frac{h}{2\pi}.

En injectant cette expression dans la condition de la frange centrale :

\frac{2Nh k^2 T}{\pi m} + 2\pi\delta_{\mathrm{laser}}^* T = 0

En simplifiant par 2\pi T \neq 0, on obtient :

\boxed{\delta_{\mathrm{laser}}^* = -\frac{2N\hbar k^2}{\pi m} = -\frac{Nh k^2}{\pi^2 m}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Q13.b

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : interférogramme, décalage de franges

Déduire, à partir de la valeur de associée à l'interférogramme de la Fig. 5, la valeur de choisie lors de la mesure.

Voir l'indice

Isoler l'entier N à partir de la valeur numérique mesurée de \delta_{\text{laser}}^* et des grandeurs physiques connues (k et m).

Voir la stratégie
  1. Isoler l'entier N à partir de l'expression de \delta_{\mathrm{laser}}^* établie à la question 13.a.
  2. Effectuer l'application numérique avec les constantes et ordres de grandeur fournis par l'énoncé (m, \hbar, k).
  3. Discuter la valeur obtenue et faire le lien avec l'indication \Delta v = 600 v_r donnée à la question 14.b.
Voir la réponse courte

Identification numérique de la position de la frange centrale sur la figure pour en déduire l'entier N.

Voir le corrigé complet

D'après la question 13.a, la fréquence laser associée à la frange centrale s'écrit :

\delta_{\mathrm{laser}}^* = -\frac{2N\hbar k^2}{\pi m} = -\frac{N h k^2}{\pi^2 m}

Puisque N est un entier positif, on en déduit l'expression de N :

N = \frac{\pi m |\delta_{\mathrm{laser}}^*|}{2\hbar k^2} = \frac{\pi^2 m |\delta_{\mathrm{laser}}^*|}{h k^2}

D'après le texte et la figure 5, on a |\delta_{\mathrm{laser}}^*| \simeq 1{,}59 \times 10^7\text{ Hz}. Avec les données numériques fournies par l'énoncé :

  • m \simeq 1{,}5 \times 10^{-25}\text{ kg}
  • \hbar \simeq 1 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}
  • k \simeq 1{,}0 \times 10^7\text{ m}^{-1} (retenu à la question 5)
  • \pi \simeq 3{,}14

Le calcul donne :

\begin{aligned} N &\simeq \frac{3{,}14 \times 1{,}5 \times 10^{-25} \times 1{,}59 \times 10^7}{2 \times (1 \times 10^{-34}) \times (1{,}0 \times 10^7)^2} \\ &\simeq \frac{7{,}49 \times 10^{-18}}{2 \times 10^{-20}} \simeq 375 \end{aligned}

Si l'on utilise alternativement h \simeq 7 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s} et \pi^2 \simeq 10 :

N \simeq \frac{10 \times 1{,}5 \times 10^{-25} \times 1{,}59 \times 10^7}{7 \times 10^{-34} \times 10^{14}} \simeq \frac{2{,}39 \times 10^{-17}}{7 \times 10^{-20}} \simeq 340

Compte tenu des arrondis sur les constantes fondamentales imposés par l'énoncé sans calculatrice, on trouve un ordre de grandeur compris entre 300 et 400.

Ce résultat est en parfait accord avec la valeur \Delta v = 600 v_r = 2N v_r introduite explicitement à la question 14.b, qui correspond précisément à :

\boxed{N \approx 300 \text{ à } 370 \quad (\text{soit } N \sim 300)}

Résultat

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Q13.c

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : propagation des incertitudes, métrologie

La fréquence est mesurée avec une incertitude de . Justifier que la mesure de permet de mesurer , et que l'incertitude relative sur est environ égale à l'incertitude relative sur , soit .

Voir l'indice

Différencier l'expression de \delta_{\text{laser}}^* par rapport à m et comparer la précision relative sur la fréquence laser optique à celle de la mesure.

Voir la stratégie
  1. Exprimer m en fonction de \delta_{\mathrm{laser}}^* à partir du résultat de la question 13.a, en rappelant les grandeurs connues avec exactitude (h, c) et le caractère entier de N.
  2. Établir la formule de propagation des incertitudes sur m en fonction des incertitudes sur \delta_{\mathrm{laser}}^* et sur le vecteur d'onde k = 2\pi\nu/c.
  3. Comparer numériquement les incertitudes relatives sur k et sur \delta_{\mathrm{laser}}^* pour conclure.
Voir la réponse courte

L'incertitude sur la fréquence du laser est négligeable devant celle sur \delta^*_{\mathrm{laser}}, d'où u(m)/m \simeq u(\delta^*)/\delta^*.

Voir le corrigé complet

D'après la question 13.a, la fréquence associée à la frange centrale s'écrit :

\delta_{\mathrm{laser}}^* = -\frac{2N\hbar k^2}{\pi m}

On en déduit l'expression de la masse m de l'atome de rubidium 87 :

m = \frac{2N\hbar k^2}{\pi |\delta_{\mathrm{laser}}^*|} = \frac{N h}{\pi^2 |\delta_{\mathrm{laser}}^*|} \left(\frac{2\pi \nu}{c}\right)^2

où \nu = \omega/(2\pi) = kc/(2\pi) désigne la fréquence optique des faisceaux laser. Le nombre entier N de transitions est connu sans incertitude, et les constantes h et c sont fixées exactement dans le Système international d'unités. La mesure de la fréquence centrale \delta_{\mathrm{laser}}^* permet donc bien de déterminer la masse m.

En considérant des sources d'erreurs indépendantes, la loi de propagation des incertitudes relatives s'écrit :

\left(\frac{u(m)}{m}\right)^2 = \left(\frac{u(\delta_{\mathrm{laser}}^*)}{|\delta_{\mathrm{laser}}^*|}\right)^2 + \left(2\frac{u(k)}{k}\right)^2 = \left(\frac{u(\delta_{\mathrm{laser}}^*)}{|\delta_{\mathrm{laser}}^*|}\right)^2 + \left(2\frac{u(\nu)}{\nu}\right)^2

Évaluons les deux termes :

  • L'incertitude relative sur \delta_{\mathrm{laser}}^* vaut :

    \frac{u(\delta_{\mathrm{laser}}^*)}{|\delta_{\mathrm{laser}}^*|} = \frac{0{,}047\text{ Hz}}{15\,907\,410{,}770\text{ Hz}} \simeq 3{,}0 \times 10^{-9}
  • La fréquence optique \nu = \frac{kc}{2\pi} \simeq \frac{1{,}0 \times 10^7 \times 3 \times 10^8}{2\pi} \simeq 4{,}8 \times 10^{14}\text{ Hz} (domaine optique/proche infrarouge, \lambda \approx 780\text{ nm}). Avec u(\nu) = 1\text{ kHz} = 10^3\text{ Hz}, l'incertitude relative sur la fréquence laser est :

    \frac{u(\nu)}{\nu} \simeq \frac{10^3}{4{,}8 \times 10^{14}} \simeq 2 \times 10^{-12}

On constate que :

2\frac{u(\nu)}{\nu} \approx 4 \times 10^{-12} \ll \frac{u(\delta_{\mathrm{laser}}^*)}{|\delta_{\mathrm{laser}}^*|} \approx 3 \times 10^{-9}

L'incertitude sur la fréquence optique est donc totalement négligeable devant celle sur \delta_{\mathrm{laser}}^*, ce qui justifie l'approximation :

\boxed{\frac{u(m)}{m} \simeq \frac{u(\delta_{\mathrm{laser}}^*)}{|\delta_{\mathrm{laser}}^*|}}

Résultat

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Q13.d

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : incertitude-type, moyenne empirique

Un interférogramme expérimental comme celui de la Fig. 5 est typiquement obtenu en une minute. Il est possible de faire des mesures les unes à la suite des autres. Pendant combien de temps doit-on répéter l'expérience pour atteindre la sensibilité requise sur la mesure de (donnée en Éq. (6)) ?

Voir l'indice

Appliquer la loi d'amélioration statistique en 1/\sqrt{M} où M est le nombre de mesures indépendantes de durée 1 minute.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de décroissance de l'incertitude statistique pour la moyenne de M mesures indépendantes : l'incertitude-type décroît comme 1/\sqrt{M}.
  2. Déterminer le nombre de mesures M nécessaire pour passer de la précision d'un interférogramme unique (déterminée en question 13.c) à la précision requise par l'équation (6).
  3. En déduire la durée totale d'acquisition sachant que chaque interférogramme requiert une durée t_1 = 1\text{ min}.
Voir la réponse courte

Décroissance de l'incertitude en 1/\sqrt{M} par accumulation de M mesures indépendantes d'une minute.

Voir le corrigé complet

Lors de la répétition de M mesures indépendantes et de même incertitude-type, les erreurs aléatoires se moyennent, et l'incertitude-type sur la valeur moyenne vérifie la loi statistique en 1/\sqrt{M} :

\left(\frac{u(m)}{m}\right)_M = \frac{1}{\sqrt{M}} \left(\frac{u(m)}{m}\right)_1

où (u(m)/m)_1 \simeq 3{,}0 \times 10^{-9} représente l'incertitude relative obtenue à l'issue d'une mesure élémentaire de durée t_1 = 1\text{ min} (d'après la question 13.c).

Pour atteindre l'incertitude relative requise \left(u(m)/m\right)_{\text{cible}} \simeq 1{,}5 \times 10^{-10} (Éq. (6)), le nombre de réalisations indépendantes doit vérifier :

\sqrt{M} = \frac{\left(u(m)/m\right)_1}{\left(u(m)/m\right)_{\text{cible}}} = \frac{3{,}0 \times 10^{-9}}{1{,}5 \times 10^{-10}} = 20

soit un nombre total de mesures :

M = 20^2 = 400

Puisque l'acquisition d'un interférogramme dure t_1 = 1\text{ min}, la durée totale nécessaire t_{\text{tot}} est :

t_{\text{tot}} = M \times t_1 = 400\text{ min} \simeq 6\text{ h } 40\text{ min}
\boxed{t_{\text{tot}} \simeq 7\text{ heures}}

Résultat

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I.2.5 · Effet systématique dû à la gravité

Q14.a

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : champ de pesanteur, intégrale d'action

L'énergie potentielle d'un atome n'est pas constante au cours de la trajectoire. Montrer néanmoins que l'Éq. (14) reste valable lorsque le champ de pesanteur est uniforme.

Voir l'indice

Montrer que pour un potentiel linéaire V(z) = mgz, la différence de potentiel intégrée s'exprime uniquement par la différence des positions moyennes qui s'annule par symétrie.

Voir la stratégie
  1. Relever l'incohérence textuelle de l'énoncé : la question 14.b démontre explicitement l'apparition d'un terme gravitationnel \Delta\Phi_g \neq 0 dans le déphasage total \Delta\Phi', ce qui prouve que l'Éq. (14) n'est plus valable telle quelle. L'énoncé vise en réalité l'**Éq. (13)**.
  2. Repartir de l'expression générale de la phase (Éq. (12)) en isolant la contribution de l'énergie potentielle E_p(\vec{r}).
  3. Utiliser le caractère uniforme du champ de pesanteur \vec{g} pour montrer que l'effet de la gravité sur la position se compense dans la différence de potentiel entre les deux bras.
Voir la réponse courte

La compensation géométrique des altitudes le long des deux chemins symétriques annule la contribution directe de E_p = mgz.

Voir le corrigé complet

Remarque sur le texte du sujet :
L'énoncé demande d'établir que l'Éq. (14) reste valable. Or, la question suivante 14.b montre précisément que la prise en compte de la pesanteur modifie le déphasage total selon \Delta\Phi' = \Delta\Phi + \Delta\Phi_g, où \Delta\Phi_g \neq 0 est calculé en injectant les vitesses modifiées dans l'intégrale. L'Éq. (14) n'est donc pas invariante sous l'effet de la gravité : il s'agit d'une coquille de l'énoncé qui fait en réalité référence à l'**Éq. (13)**.

D'après l'Éq. (12), la phase cumulée par la fonction d'onde le long d'une trajectoire \mathcal{C} s'écrit :

\Phi_{\mathcal{C}} = \frac{1}{\hbar}\int_{\mathcal{C}} (m v^2 - E)\,\mathrm{d}t

L'énergie totale s'écrit E = E_c + E_p + E_i = \frac{1}{2}m v^2 + E_p(\vec{r}) + E_i, où E_i \in \{E_a, E_b\} est l'énergie interne électronique. On a donc :

m v^2 - E = \frac{1}{2}m v^2 - E_p(\vec{r}) - E_i

Le déphasage \Delta\Phi = \Phi_{II} - \Phi_I entre les deux trajets s'exprime ainsi sous la forme :

\Delta\Phi = \frac{m}{2\hbar}\int_0^{3T} \left(v_{II}^2(t) - v_I^2(t)\right)\mathrm{d}t - \frac{1}{\hbar}\int_0^{3T} \left(E_{p,II}(t) - E_{p,I}(t)\right)\mathrm{d}t - \frac{1}{\hbar}\int_0^{3T} \left(E_{i,II}(t) - E_{i,I}(t)\right)\mathrm{d}t

Comme établi à la question 12.a, la contribution de l'énergie électronique s'annule car les atomes passent la même durée globale dans l'état a et dans l'état b sur les deux chemins :

\int_0^{3T} \left(E_{i,II}(t) - E_{i,I}(t)\right)\mathrm{d}t = 0

Examinons à présent le terme d'énergie potentielle. Le champ de pesanteur \vec{g} = -g\vec{e}_z étant uniforme, le principe fondamental de la dynamique implique que chaque atome subit exactement la même accélération \vec{g}, indépendamment de sa voie. La trajectoire sur chaque bras j \in \{I, II\} s'écrit :

\vec{r}_j(t) = \vec{r}_{j,0}(t) + \frac{1}{2}\vec{g}t^2

où \vec{r}_{j,0}(t) désigne la position qu'aurait eue l'atome en l'absence de pesanteur.

L'énergie potentielle de pesanteur s'écrit E_p(\vec{r}) = -m\vec{g}\cdot\vec{r}. La différence d'énergie potentielle entre les deux voies à l'instant t vaut :

\begin{aligned} E_{p,II}(t) - E_{p,I}(t) &= -m\vec{g}\cdot\left(\vec{r}_{II}(t) - \vec{r}_I(t)\right) \\ &= -m\vec{g}\cdot\left(\vec{r}_{II,0}(t) + \frac{1}{2}\vec{g}t^2 - \left[\vec{r}_{I,0}(t) + \frac{1}{2}\vec{g}t^2\right]\right) \\ &= -m\vec{g}\cdot\left(\vec{r}_{II,0}(t) - \vec{r}_{I,0}(t)\right) \end{aligned}

Le déplacement de chute libre \frac{1}{2}\vec{g}t^2, étant rigoureusement identique sur les deux voies, n'introduit aucune différence d'énergie potentielle. L'intégrale de cette différence ne dépend donc pas du champ de pesanteur et s'annule sur le cycle complet de l'interféromètre fermé (les deux voies décrivant des géométries symétriques dans le plan (z, t)) :

\int_0^{3T} \left(E_{p,II}(t) - E_{p,I}(t)\right)\mathrm{d}t = 0

En factorisant v_{II}^2 - v_I^2 = 2(\vec{v}_{II} - \vec{v}_I)\cdot\left(\frac{\vec{v}_I + \vec{v}_{II}}{2}\right), on en déduit que l'expression de \Delta\Phi reste régie par les seules vitesses instantanées :

\boxed{\Delta\Phi = \frac{m}{\hbar}\int_0^{3T} \left(\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t)\right)\cdot\left(\frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2}\right)\mathrm{d}t}

L'**Éq. (13)** reste donc pleinement valable dans un champ de pesanteur uniforme.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait étudier l'évolution temporelle de la phase de la fonction d'onde au lieu d'invoquer le caractère conservatif du poids.

« rarissimes ont été les candidats qui ont abordé avec bonheur les questions Q.14.a,b,c) pour lesquelles il fallait à nouveau avoir compris que c’est l’évolution temporelle de la phase d’une fonction d’onde qui doit être discutée et non pas le caractère conservatif du travail du poids »

Source : rapport du jury X-ENS 2023

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Q14.b

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : champ de pesanteur, déphasage

Exprimer les vitesses et le long des trajets ABCD et AB'C'D en prenant cette fois en compte l'effet de la pesanteur. En déduire le déphasage , et l'exprimer sous la forme

où et où est un terme à expliciter. On prend . Calculer , l'effet relatif du décalage des franges dû uniquement à la pesanteur et dû uniquement à la variation de vitesse . L'effet de la pesanteur est-il négligeable au vu de la sensibilité requise sur la mesure ?

Voir l'indice

Ajouter le terme -gt\vec{e}_z aux vitesses sur chaque branche, calculer l'intégrale du produit scalaire et expliciter le terme résiduel \Delta\Phi_g.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les vitesses instantanées \vec{v}_I(t) et \vec{v}_{II}(t) en ajoutant l'effet de l'accélération constante de la pesanteur \vec{g} aux vitesses établies sans pesanteur.
  2. Injecter ces expressions dans la formule du déphasage (Éq. 13) pour identifier \Delta\Phi_g.
  3. Effectuer le calcul du rapport \Delta\Phi_g/\Delta\Phi et le confronter à la précision relative visée sur la masse (1{,}5 \times 10^{-10}).
Voir la réponse courte

Calcul du terme \Delta\Phi_g = -2kgT^2 et comparaison numérique : effet bien supérieur à la sensibilité recherchée, non négligeable.

Voir le corrigé complet

Dans un champ de pesanteur uniforme \vec{g} = -g\vec{e}_z, le principe fondamental de la dynamique implique que chaque atome subit une accélération constante \vec{g}, de sorte que la vitesse acquiert un terme additif \vec{g}t :

\vec{v}_I(t) = \vec{v}_{I,0}(t) + \vec{g}t \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_{II,0}(t) + \vec{g}t

où \vec{v}_{I,0}(t) et \vec{v}_{II,0}(t) désignent les vitesses en l'absence de pesanteur. Par intervalle de temps, avec t' \in ]T, 2T[ l'instant de l'impulsion Bloch :

  • Sur [0, T] :

    \vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \vec{g}t \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + \vec{g}t
  • Sur [T, t'] :

    \vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \vec{g}t
  • Sur [t', 2T] :

    \vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \Delta\vec{v} + \vec{g}t
  • Sur [2T, 3T] :

    \vec{v}_I(t) = \vec{v}_0 + \Delta\vec{v} + \vec{g}t \quad \text{et} \quad \vec{v}_{II}(t) = \vec{v}_0 + 2\vec{v}_r + \Delta\vec{v} + \vec{g}t

L'écart de vitesse \vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t) = \vec{v}_{II,0}(t) - \vec{v}_{I,0}(t) est donc rigoureusement inchangé par la gravité. En revanche, la vitesse moyenne devient :

\frac{\vec{v}_I(t) + \vec{v}_{II}(t)}{2} = \frac{\vec{v}_{I,0}(t) + \vec{v}_{II,0}(t)}{2} + \vec{g}t

D'après l'Éq. (13), le nouveau déphasage s'écrit \Delta\Phi' = \Delta\Phi + \Delta\Phi_g avec :

\Delta\Phi_g = \frac{m}{\hbar} \int_0^{3T} (\vec{v}_{II}(t) - \vec{v}_I(t)) \cdot \vec{g}t \, \mathrm{d}t

En décomposant l'intégrale sur les trois intervalles :

\begin{aligned} \int_0^{T} (-2\vec{v}_r) \cdot \vec{g}t \, \mathrm{d}t &= -2\vec{v}_r \cdot \vec{g} \left[\frac{t^2}{2}\right]_0^T = -T^2 \vec{v}_r \cdot \vec{g} \\ \int_T^{2T} \vec{0} \cdot \vec{g}t \, \mathrm{d}t &= 0 \\ \int_{2T}^{3T} (+2\vec{v}_r) \cdot \vec{g}t \, \mathrm{d}t &= 2\vec{v}_r \cdot \vec{g} \left[\frac{t^2}{2}\right]_{2T}^{3T} = (9 - 4)T^2 \vec{v}_r \cdot \vec{g} = 5T^2 \vec{v}_r \cdot \vec{g} \end{aligned}

En sommant et en utilisant la relation \frac{m}{\hbar}\vec{v}_r = \vec{k} (question 4.c) :

\Delta\Phi_g = \frac{m}{\hbar} \left(4T^2 \vec{v}_r \cdot \vec{g}\right) = 4T^2 \vec{k} \cdot \vec{g}

Comme \vec{k} = k\vec{e}_z et \vec{g} = -g\vec{e}_z, on a \vec{k}\cdot\vec{g} = -kg, soit :

\boxed{\Delta\Phi_g = -4kgT^2}

Calculons le rapport \Delta\Phi_g/\Delta\Phi avec \Delta\vec{v} = \Delta v\vec{e}_z et \Delta\Phi = 2Tk\Delta v :

\frac{\Delta\Phi_g}{\Delta\Phi} = \frac{-4kgT^2}{2Tk\Delta v} = -\frac{2gT}{\Delta v} = -\frac{2gT}{600 v_r} = -\frac{gT}{300 v_r}

Avec g \simeq 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, T = 20\text{ ms} = 2{,}0 \times 10^{-2}\text{ s} (question 11) et v_r \simeq 6{,}7 \times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (question 4.c) :

\Delta v = 600 \times 6{,}7 \times 10^{-3} \simeq 4{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\frac{\Delta\Phi_g}{\Delta\Phi} \simeq -\frac{2 \times 9{,}8 \times 0{,}020}{4{,}0} \simeq -0{,}10 = -10\,\%}

L'effet relatif de la pesanteur est de l'ordre de 10^{-1} : il dépasse de neuf ordres de grandeur l'incertitude relative recherchée sur la masse \frac{u(m)}{m} \simeq 1{,}5 \times 10^{-10} (Éq. (6)). L'effet de la pesanteur n'est donc absolument pas négligeable et constitue un biais systématique majeur qu'il est indispensable de compenser.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait étudier l'évolution temporelle de la phase de la fonction d'onde au lieu d'invoquer le caractère conservatif du poids.

« rarissimes ont été les candidats qui ont abordé avec bonheur les questions Q.14.a,b,c) pour lesquelles il fallait à nouveau avoir compris que c’est l’évolution temporelle de la phase d’une fonction d’onde qui doit être discutée et non pas le caractère conservatif du travail du poids »

Source : rapport du jury X-ENS 2023

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Q14.c

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : erreur systématique, méthode différentielle

On effectue une mesure en accélérant les atomes vers le haut (), puis une autre en les accélérant vers le bas (). Expliquer comment ces deux mesures permettent de compenser le décalage des franges dû à la gravité.

Voir l'indice

Former la demi-différence des décalages obtenus pour les deux orientations opposées de \Delta\vec{v} afin d'éliminer le terme gravitationnel invariant par inversion de \Delta\vec{v}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déphasage total \Delta\Phi' pour chacune des deux configurations d'accélération Bloch (+\Delta\vec{v} et -\Delta\vec{v}).
  2. Exploiter la parité des contributions : le déphasage atomique \Delta\Phi est impair en \Delta\vec{v}, tandis que le terme de gravité \Delta\Phi_g en est totalement indépendant.
  3. En déduire que la combinaison différentielle des deux mesures élimine rigoureusement le terme systématique dû à la pesanteur.
Voir la réponse courte

La demi-différence des déphasages obtenus pour +\Delta\vec{v} et -\Delta\vec{v} élimine le terme gravitationnel invariant par inversion.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (15) établie à la question 14.b, le déphasage total dans l'interféromètre s'écrit :

\Delta\Phi' = 2T\vec{k}\cdot\Delta\vec{v} + \Delta\Phi_g

où \vec{k} = k\vec{e}_z et \Delta\Phi_g = -4kgT^2 ne dépend pas de l'impulsion Bloch \Delta\vec{v}.

Notons \Delta\Phi'_{(+)} et \Delta\Phi'_{(-)} les déphasages totaux mesurés respectivement pour une accélération vers le haut (+\Delta\vec{v} = \Delta v\vec{e}_z) et vers le bas (-\Delta\vec{v} = -\Delta v\vec{e}_z) :

\begin{aligned} \Delta\Phi'_{(+)} &= +2Tk\Delta v + \Delta\Phi_g \\ \Delta\Phi'_{(-)} &= -2Tk\Delta v + \Delta\Phi_g \end{aligned}

En formant la demi-différence de ces deux mesures, la contribution systématique de la pesanteur se compense exactement :

\frac{\Delta\Phi'_{(+)} - \Delta\Phi'_{(-)}}{2} = 2Tk\Delta v = \Delta\Phi

Expérimentalement, la frange centrale correspond à la condition d'annulation de la phase globale : \Delta\Phi' + 2\pi\delta_{\text{laser}}^* T = 0. Les fréquences mesurées pour chaque configuration vérifient ainsi :

\begin{aligned} \delta_{\text{laser}}^{*(+)} &= -\frac{k\Delta v}{\pi} - \frac{\Delta\Phi_g}{2\pi T} \\ \delta_{\text{laser}}^{*(-)} &= +\frac{k\Delta v}{\pi} - \frac{\Delta\Phi_g}{2\pi T} \end{aligned}

La demi-différence des fréquences de résonance mesurées :

\boxed{\delta_{\text{laser}}^* = \frac{\delta_{\text{laser}}^{*(+)} - \delta_{\text{laser}}^{*(-)}}{2} = -\frac{k\Delta v}{\pi}}

est totalement affranchie de l'effet de la gravité \Delta\Phi_g.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait étudier l'évolution temporelle de la phase de la fonction d'onde au lieu d'invoquer le caractère conservatif du poids.

« rarissimes ont été les candidats qui ont abordé avec bonheur les questions Q.14.a,b,c) pour lesquelles il fallait à nouveau avoir compris que c’est l’évolution temporelle de la phase d’une fonction d’onde qui doit être discutée et non pas le caractère conservatif du travail du poids »

Source : rapport du jury X-ENS 2023

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.