Agrégation mathématiques externe 2025, épreuve 1Sujet et rapport du jury
Agrégation externe section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2025
- Algèbre linéaire : polynôme caractéristique, polynôme minimal, bases
- Extensions de corps, éléments algébriques et transcendants
- Anneaux quotients, morphismes de K-algèbres
- Corps différentiels, dérivation, corps des constantes
- Corps finis
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Présentation du sujet
DifficileComposition de mathématiques générales : corps différentiels et théorème de Liouville sur les primitives élémentairesAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe sujet part d’un exercice et d’une première partie d’algèbre linéaire et d’extensions de corps monogènes, qui préparent les parties suivantes consacrées aux dérivations et aux primitives élémentaires. Il construit le cadre des corps différentiels puis démontre, en suivant la démonstration algébrique de Rosenlicht, le théorème de Liouville-Ostrowski-Ritt sur l’existence d’une primitive élémentaire, avant d’en déduire un critère dû à Liouville lui-même appliqué à des primitives non élémentaires classiques.
- 1ExerciceOn démontre l’irréductibilité d’un polynôme de degré 3, qu’une famille est une base d’un espace vectoriel, puis on calcule le polynôme caractéristique et le polynôme minimal d’une matrice.
- 2Partie I : extensions de corps et polynôme minimalOn étudie les éléments algébriques et transcendants d’une extension de corps L/K, la caractérisation du polynôme minimal et la dimension des extensions monogènes associées.
- 3Partie II : corps différentielsOn introduit la dérivation dans un cadre algébrique, ses propriétés de base, les corps de constantes, puis les extensions monogènes, isomorphismes et anneaux quotients qui en découlent.
- 4Partie III : logarithmes, exponentielles et théorème de LiouvilleOn définit logarithme et exponentielle d’un élément dans une extension différentielle, puis on démontre le théorème de Liouville-Ostrowski-Ritt et le critère de Liouville, appliqués à des primitives non élémentaires classiques.
Difficile. Le jury signale que la difficulté de la dernière partie, ainsi que de quelques questions des parties précédentes, est avérée ; très peu de compositions ont abordé non superficiellement la partie III au-delà des questions 29 à 31, et aucune n’a dépassé la question 43.
L'épreuve en chiffres
Moyenne 8,64 / 20 · écart-type 3,32 · où vous situez-vous ?Afficher ou masquer la section
L'épreuve en chiffres
- Moyenne
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Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesIrréductibilité mal justifiée · Caractérisation des éléments algébriques peu réussie · Définitions de base d’algèbre générale imprécisesAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesL’exercice et les deux premières parties ont majoritairement suffi pour classer les compositions : toute copie ayant assuré un traitement patient et soigné de ces questions, avec une maîtrise des acquis essentiels de la préparation à l’agrégation, a également assuré l’admissibilité. Le jury a en revanche relevé, dans de nombreuses questions, des approximations sur des définitions pourtant vues tôt dans un parcours académique classique.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Irréductibilité mal justifiéeExercice, Q1
Certains candidats oublient qu’il ne suffit pas qu’un polynôme soit sans racine pour être irréductible dès que son degré dépasse 3.
« qu’il ne suffit pas d’être sans racine pour être irréductible »
- 2Caractérisation des éléments algébriques peu réussiePartie I, Q1
La première question du problème, qui caractérise les éléments algébriques via la dimension de l’extension K(x)/K, a eu un succès surprenant faible ; la démonstration que K[x] est un corps a souvent posé problème.
« Seule une proportion faible de copies (environ 15%) arrive à obtenir strictement plus que la moitié des points alloués à l’étude du cas algébrique. »
- 3Définitions de base d’algèbre générale imprécisesPartie I, Q4
Les vérifications faisant d’une application un morphisme de K-algèbres, ou d’un ensemble un anneau, sont souvent oubliées ou imprécises.
« les définitions des objets de base de l’algèbre ne sont pas connues ou manipulées avec suffisamment de rigueur. »
- 4Énoncé de la question 6 mal luPartie I, Q5-Q6
Une question facile a été malmenée faute d’avoir lu l’énoncé avec attention, alors que la question précédente ne pouvait pas y répondre directement.
« La question 5 ne pouvait pas servir à traiter la question 6 (facile et pourtant malmenée) : l’énoncé ne fut pas toujours lu avec attention. »
- 5Cohérence d’une définition d’application omisePartie II, Q18
Peu de compositions vérifient que la relation proposée définit bien une application, c’est-à-dire que chaque élément de l’ensemble de départ n’a qu’une seule image.
« La plus fréquemment omise est qu’une relation définit une application seulement lorsque chaque élément de l’ensemble de départ n’a qu’une seule image. »
- 6Troisième partie très peu abordéePartie III
Au-delà des toutes premières questions, la partie III a rarement été traitée en profondeur.
« Très peu de compositions ont abordé non superficiellement cette partie au-delà des questions 29 à 31, ce qui est compréhensible. »
Ce qui a été bien réussi
- Les questions 3 et 4 de l’exercice ont été dans l’ensemble très bien traitées.
- La récurrence de la question 12 fut souvent rédigée avec toute la précision exigée par le concours depuis plusieurs années.
- La question 17 a rarement posé problème.
Conseils du jury
- Assurer un traitement patient et soigné de l’exercice et du début du problème plutôt que de viser en priorité les questions les plus ardues.
- Revoir les notions de base d’algèbre générale (morphismes, sous-corps, sous-groupes) qui restent souvent approximatives.
- Soigner la rédaction des récurrences en faisant clairement apparaître le prédicat, l’initialisation, l’hérédité et la conclusion.
- Se familiariser avec les différentes démonstrations montrant que K[x] est un corps lorsque x est algébrique sur K.
- Lire chaque énoncé de question avec attention avant d’y répondre, y compris pour les questions qui semblent faciles.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Description
Sujet officiel Agrégation externe en mathématiques, session 2025.
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Concours externe
Définitions, notations et rappels
Soit
On note 0 et 1 ses éléments neutres respectivement pour l'addition et la multiplication.
On note
Si
On désigne par
On dit que
Si
On note
Lorsque l'idéal
Dans tout le problème, les corps de caractéristique nulle sont des surcorps de
Exercice
- 1.Justifier que le polynôme
X^3 − 2 est irréductible surℚ . - 2.Justifier que (
1, 3√2, 3√4 ) est une base duℚ -espace vectorielℚ[3√2] .
- 3.Écrire la matrice de
m_α sur la base (1, 3√2, 3√4 ). - 4.Déterminer le polynôme caractéristique de
m_α . - 5.En déduire le polynôme minimal de
m_α .
Problème
Partie I
- 1.Soit
x un élément deL .- (a)Justifier qu'il existe un morphisme de
K -algèbresΦ : K[X] → K[x] tel queΦ(X) = x , dont la restriction àK est l'identité. Préciser son noyau. - (b)On suppose que
x est transcendant surK . Démontrer queK[X] etK[x] sont desK -algèbres isomorphes et en déduire queK(X) etK(x) le sont aussi. Justifier alors queK(x) est de dimension infinie en tant queK -espace vectoriel. - (c)Soit
x un élément deL algébrique surK . Démontrer queK(x) = K[x] , puis queK(x) est de dimension finie (en tant queK -espace vectoriel), de dimension égale àdeg(μ_x) . Donner uneK -base deK(x) .
- (a)Justifier qu'il existe un morphisme de
- 2.Démontrer que si
μ_x admet une racine au moins double, alors son polynôme dérivéμ_x^′ est le polynôme nul. - 3.Déterminer l'ensemble des polynômes
P deK[X] dont le polynôme dérivé est nul selon queK est de caractéristique nulle ou de caractéristiquep > 0 .
En déduire que, siK est un corps de caractéristique nulle ou un corps fini, alorsμ_x est à racines simples.
Indication : Dans le cas oùK est un corps fini de caractéristiquep > 0 , on pourra raisonner par l'absurde et utiliser, en le justifiant, le fait que l'applicationx ↦ x^p est un morphisme de corps surjectif.
Pour tout
- 4.Démontrer que l'application
x ↦ m_x est un morphisme injectif deK -algèbres deL dansL_K(L) . En déduire
∀x ∈ L, ∀P ∈ K[X], m_(P(x)) = P(m_x),
puis que, pour tout élémentx deL algébrique surK , le polynôme minimal de l'endomorphismem_x existe et est égal àμ_x . - 5.On suppose uniquement dans cette question que
L = K(x) , oùx est un élément deL algébrique surK . On posed = deg(μ_x) etμ_x = X^d + ∑_(i = 0)^(d − 1)a_i X^i , aveca_0, …, a_(d − 1) dansK . Démontrer que, dans une base convenable, la matrice représentative dem_x est la matrice compagnon associée àμ_x , c'est-à-dire la matrice carrée d'ordred
C = (0, ⋯, ⋯, 0, − a_0; 1, ⋱, ⋮, − a_1; 0, ⋱, ⋱, ⋮, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0, − a_(d − 2); 0, ⋯, 0, 1, − a_(d − 1)).
6. Justifier que, pour tout
7. (a) Justifier que l'application
- (b)Pour tout
u dansK , calculertr_(L/K)(u) etN_(L/K)(u) .
8. Justifier que
9. Soit
10. En ordonnant convenablement la base de la question 9, construire une
On pose
Notations pour la suite du problème
On appelle corps différentiel un couple
On note
Le corps des fractions rationnelles
Si
On remarque et on admet que si
L'égalité ensembliste
Partie II
II. 1 - Formulaire de calcul.
- 11.Justifier que
D(1) = 0 , et donner, pour tout élémentx deK^∗ , une relation entreD(1/x) etD(x) . - 12.Soit
(x, y) ∈ K × K^∗ . Démontrer les identités suivantes :
∀n ∈ ℕ∖{0}, D(x^n) = nx^(n − 1)D(x) et D(x/y) = (D(x)y − xD(y))/(y^2).
Démontrer que six est non nul, alors la première relation vaut pour toutn dansℤ . - 13.Vérifier que
K_(cst) est un sous-corps deK et queD est une applicationK_(cst) -linéaire. - 14.Soit
L_D l'application définie par :
L_D : x ⟼ (D(x))/x. - (a)Démontrer que
L_D est un morphisme de groupes de(K^∗, ×) dans(K, +) . Déterminer son noyau. - (b)Dans cette question, on considère le cas particulier
K = k(X) oùk désigne un corps. Déduire de la question précédente que pour toutR dansk(X) , tel queR se factorise sous la formeR = c∏_(i = 1)^r(X − α_i)^(β_i) , avecc dansk^∗ , lesα_i dansk et lesβ_i dansℤ , on a :
(D(R))/R = (D(c))/c + ∑_(i = 1)^r β_i(D(X − α_i))/(X − α_i).
- (a)Démontrer que
II. 2 - Construction et extension de dérivations.
- 15.Dans cette question,
p = 2 etq = 4 . Démontrer qu'il existej dans𝔽_4 tel que𝔽_4 = 𝔽_2(j) , etj^2 + j + 1 = 0 .
SoitD une dérivation sur𝔽_4 . Que vautD(j^3) ? En déduire l'ensemble des dérivations sur𝔽_4 . - 16.On revient au cas général. Déterminer l'ensemble des dérivations sur le corps fini
𝔽_q .
- 17.Soit
K^′ un corps isomorphe àK et soitΦ : K^′ → K un isomorphisme de corps. Démontrer que l'application
D^′ = Φ^(− 1) ∘ D ∘ Φ
définit une dérivation surK^′ , et queK_(cst)^′ = Φ^(− 1)(K_(cst)) .
L'objectif des questions suivantes est de démontrer que sous certaines hypothèses, on peut construire sur
18. Soit
19. On suppose dans cette question que
Construire une dérivation
20. Démontrer l'existence de
- Soit
Q un polynôme vérifiant l'égalité de la question précédente. Démontrer que l'image de l'idéalμ_x K[X] par l'application :
22. Démontrer que si
23. On suppose que
24. Soit
25. On suppose dans cette question uniquement que
26. Soit
Soit
On note
- 27.Démontrer que
𝔽_q(X)/𝔽_q(X^q) est une extension finie et qu'il n'y a pourtant pas unicité du prolongement de0_(Der) en une dérivation de𝔽_q(X) . - 28.Démontrer que l'application :
Der(𝔽_q(X)), ⟶ 𝔽_q(X); D, ⟼ D(X)
est un isomorphisme de𝔽_q(X) -espaces vectoriels.
En déduire la dimension deDer(𝔽_q(X)) sur𝔽_q(X) et en donner une base explicite.
Partie III
Si
- -
v est un logarithme d'un élément deK s'il existeu ∈ K^∗ tel queD(v) = (D(u))/u ; dans ce cas, on dit quev est un logarithme deu ; - -
v est une exponentielle d'un élément deK siv ≠ 0 et s'il existeu dansK tel queD(v) = D(u)v ; dans ce cas, on dit quev est une exponentielle deu .
- -logarithmique s'il existe
v dansK_2 tel queK_2 = K_1(v) , oùv est un logarithme d'un élément deK_1 ; - -exponentielle s'il existe
v dansK_2^∗ tel queK_2 = K_1(v) , oùv est une exponentielle d'un élément deK_1 .
- -
K_0 = K, K_m = L , et, pour touti dans[ [0, m − 1] ], K_i ⊆ K_(i + 1) ; - -pour tout
i dans[ [0, m − 1] ] , l'extension de corpsK_(i + 1)/K_i est finie ou logarithmique ou exponentielle.
- -pour toute fraction rationnelle
R dansℂ(T) , il existe une extension différentielle de(ℂ(T), ∂) contenant une exponentielle deR , notéee^R ; - -pour toutes fractions rationnelles
R_1, …, R_k ∈ ℂ(T)∖{0_(ℂ(T))} , il existe une extension différentielle de(ℂ(T), ∂) contenant des logarithmes deR_1, …, R_k , notésln(R_1), …, ln(R_k) .
On retient en particulier que par définition, pour tout
III. 1 - Transcendance des exponentielles et logarithmes.
29. On suppose que
- (a)Démontrer que, si
v est algébrique surK et sin = deg(μ_v) , alors
nD(u)μ_v = D(u)Xμ_v^′ + μ_v^D.
En déduire quev^n est un élément deK .
Indication : On pourra utiliser le coefficient constant du polynômeμ_v . - (b)Réciproquement, démontrer que s'il existe un entier strictement positif
n tel quev^n est un élément deK , alorsv est algébrique surK .
30. Dans cette question, on se place dans
- (a)Soit
R ∈ ℂ(T)∖ℂ . Démontrer qu'il n'existe pasS dansℂ(T) tel que(R^′)/R = S^′ . Indication : On pourra utiliser les décompositions en éléments simples des fractions rationnelles(R^′)/R etS . - (b)En déduire que pour tout
S ∈ ℂ(T)∖ℂ , une exponentiellee^S est transcendante surℂ(T) .
- On suppose que
v est un logarithme d'un élémentu deK^∗ . Démontrer que, siv est algébrique surK , alorsv ∈ K .
III. 2 - Primitives élémentaires et théorème principal.
La question suivante étudie un exemple.
32. Soit
- (a)Démontrer que
1/(1 + T^2) admet une primitive élémentaire surℂ(T) (muni de∂ ) et que(sin(T))/(1 + (cos(T))^2) admet une primitive élémentaire surℂ(e^(iT)) . - (b)Si
Arctan(cos(T)) désigne un élément d'une extension élémentaire dont la dérivée est :
(Arctan(cos(T)))^′ = (sin(T))/(1 + (cos(T))^2),
vérifier que√(Arctan(cos(T))) appartient à une extension élémentaire de(ℂ(T), ∂) .
L'objectif de la partie III est de démontrer le théorème suivant.
33. Démontrer que le lemme principal implique le théorème principal.
III. 3 - Le lemme principal pour les extensions finies.
34. Soit
On pourra librement utiliser le théorème suivant :
Alors il existe
- 35.Démontrer que si
σ : K(x) → M est un morphisme de corps, alorsσ(x) est une racine du polynômeμ_(x, K)^σ . - 36.Soit
τ un morphisme de corps deK dansM ; on noteK^τ l'image deτ . Démontrer que, pour toute raciney deμ_(x, K)^τ , prise dans le corps de décomposition surK^τ de ce polynôme, il existe un unique morphisme de corpsσ deK(x) dansK^τ(y) envoyantx sury et qui prolongeτ . - 37.Soit
y une racine deμ_(x, K) dansM . Démontrer qu'il existe exactementdim_(K(x))(M) automorphismesσ deAut_K(M) tels queσ(x) = y . - 38.En déduire :
∀x ∈ M, tr_(M/K)(x) = ∑_(σ ∈ Aut_K(M))σ(x), et N_(M/K)(x) = ∏_(σ ∈ Aut_K(M))σ(x). - 39.On suppose dans cette question que
M est le corps de décomposition deμ_(g, K) ⋅ ∏_(i ∈ I)μ_(f_i, K) surK . Déduire de tout ce qui précède :
∀i ∈ I, tr_(M/K)(L_D(f_i)) = L_D(N_(M/K)(f_i)), et tr_(M/K)(D(g)) = D(tr_(M/K)(g)),
puis quef est une somme de Liouville dansK .
III. 4 - Le lemme principal pour les extensions logarithmiques ou exponentielles.
- 40.Justifier qu'on peut supposer sans perte de généralité que
v est transcendant surK . En déduire l'existence d'un isomorphisme deK -algèbresΦ : K(X) → L dont la restriction àK est l'identité, et d'une extension différentielle(K(X)/K, D_1) , tels queΦ ∘ D_1 = D ∘ Φ , et vérifiant :
D_1(X) = (D(u))/u (cas logarithmique), ou (D_1(X))/X = D(u) (cas exponentiel).
Nous dirons queD_1 est une dérivation logarithmique dans le premier cas et que c'est une dérivation exponentielle dans le second. On poseα = D_1(X) dans le cas logarithmique etα = (D_1(X))/X dans le cas exponentiel. On remarque queα est un élément deK .
- 41.Démontrer que
f est une somme de Liouville dansK(X) (muni de la dérivationD_1 de la question 40). - 42.Démontrer qu'il existe
R dansK(X), (R_i)_(i ∈ I) dans(K(X)^∗)^I, (c_i)_(i ∈ I) dansK_(cst)^I (oùI est un ensemble fini, éventuellement vide) avec lesc_i non nuls et linéairement indépendants surℚ , tels que
f = D_1(R) + ∑_(i ∈ I)c_i L_(D_1)(R_i).
- 43.Expliciter un corps de décomposition sur
K , notéM , sur lequelf peut s'écrire :
f = D_1(P) + ∑_((j, s) ∈ J × S)D_2((n_(j, s))/((X − λ_j)^s)) + ∑_(i ∈ I)c_i L_(D_1)(a_i) + ∑_((i, j) ∈ I × J)c_i m_(i, j)(D_1(X) − D_2(λ_j))/(X − λ_j)
oùD_2 est l'unique prolongement deD_1 en une dérivation deM(X) et- -les ensembles
I, J etS sont des parties finies deℕ∖{0} (éventuellement vides); - -les
n_(j, s) et lesλ_j sont dansM , lesλ_j étant distincts deux à deux ; - -les
c_i sont dansK_(cst)^∗ etℚ -linéairement indépendants, et lesa_i dansK^∗ ; - -les
m_(i, j) sont des entiers relatifs; - -le polynôme
P est dansK[X] .
- -les ensembles
- 44.Soit
j ∈ J . Démontrer que la fraction(D_1(X) − D_2(λ_j))/(X − λ_j) deM(X) vérifie selon les cas :- -si
D_1 est exponentielle etλ_j = 0, (D_1(X) − D_2(λ_j))/(X − λ_j) ∈ K ; - -sinon,
(D_1(X) − D_2(λ_j))/(X − λ_j) est non nulle et sous forme irréductible.
tr_(M/K) . On procédera alors en deux temps :- -si
D_1 est logarithmique, démontrer qu'il existeβ dansK , tel queX − β appartienne àK_(cst) , puis conclure; - -si
D_1 est exponentielle et siλ_j ≠ 0 , démontrer qu'il existen dansℕ∖{0} etu dansK^∗ tels quenα = L_(D_1)(u) , puis conclure.
- -si
- 45.Par une étude analogue, démontrer que si
n_(j, s) ≠ 0 alors le plus grand exposant de1/(X − λ_j) , dans la décomposition en éléments simples deD_2((n_(j, s))/((X − λ_j)^s)) , est supérieur ou égal à 2 , sauf éventuellement siD_1 est exponentielle etλ_j = 0 .
Démontrer que dans ce cas exceptionnel, sin_(j, s) ≠ 0 alors le plus grand exposant de1/X dans la décomposition en éléments simples deD_2((n_(j, s))/(X^s)) est égal às . - 46.Démontrer que
D_1(P) ∈ K[X] . En déduire quen_(j, s) = 0 pour tout(j, s) ∈ J × S , puis quem_(i, j) = 0 pour tout(i, j) ∈ I × J sauf éventuellement siD_1 est exponentielle etλ_j = 0 . - 47.On suppose
D_1 logarithmique. Démontrer que siD_1(P) est un polynôme constant, alorsP est de degré au plus 1 et son coefficient dominant est dansK_(cst) . - 48.On suppose
D_1 exponentielle. Démontrer que siD_1(P) est un polynôme constant, alorsP l'est également.
Donner également une condition nécessaire sur le degré deP pour queD_1(P) soit de degré au plus 1. - 49.Conclure en démontrant que
f est une somme de Liouville dansK .
III. 5 - Primitives élémentaires de
fe^g et de
(ln(T))/(T − λ) .
- 50.Soit
D une dérivation exponentielle surK(X) . Soitf ∈ K . Déduire de ce qui précède queXf est une somme de Liouville dansK(X) si et seulement s'il existea dansK tel queXf = D(aX) . - 51.Soit
f ∈ ℂ(T) etg ∈ ℂ(T)∖ℂ . Démontrer que l'élémentfe^g admet une primitive élémentaire surℂ(T)(e^g) (pour la dérivation usuelle) si et seulement s'il existe une fraction rationnelleb deℂ(T) telle quef = b^′ + bg^′ . - 52.Soit
n ∈ ℕ∖{0, 1} . Démontrer que
e^(T^n) et (e^T)/T
n'admettent pas de primitive élémentaire surℂ(T)(e^(T^n)) et respectivementℂ(T)(e^T) pour la dérivation usuelle. - 53.Soit
λ ∈ ℂ . En s'inspirant des questions précédentes, donner une condition nécessaire et suffisante simple surλ pour que
(ln(T))/(T − λ)
admette une primitive élémentaire surℂ(T)(ln(T)) pour la dérivation usuelle.
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AGRÉGATION EXTERNE - MATHÉMATIQUES
Questions fréquentes
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Le sujet porte sur l’algèbre linéaire (polynôme caractéristique et minimal), les extensions de corps algébriques et transcendantes, puis sur les corps différentiels et le théorème de Liouville sur les primitives élémentaires.
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Le rapport cite des définitions de base d’algèbre générale mal maîtrisées, une démonstration que K[x] est un corps souvent manquée, une question facile malmenée faute de lecture attentive, et des résultats affirmés sans démonstration en fin de sujet.
Quelle était la moyenne à l’épreuve 1 de mathématiques (mathématiques générales) de l’agrégation externe 2025 ?
La moyenne des candidats admissibles à cette épreuve écrite s’est établie à 8,64/20, avec un écart-type de 3,32.
L’épreuve 1 de mathématiques de l’agrégation externe 2025 est-elle difficile ?
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