BCE Maths appliquées HEC ECE 2008Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2008
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Annale de maths appliquées BCE HEC pour la filiere ECE, session 2008.
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OPTION ECONOMIQUE
MATHEMATIQUES III
Mercredi 30 avril 2008, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
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EXERCICE
Étant donné un entier
n supérieur ou égal à 2 , on considère un nuage de
n points du plan, c'est-à-dire un
n -uplet
((x_1, y_1), (x_2, y_2), …, (x_n, y_n)) d'éléments de
ℝ^2 . On suppose que les réels
x_1, x_2, …, x_n (resp.
y_1, y_2, …, y_n ) ne sont pas tous égaux.
On appelle moyenne arithmétiquex¯ et écart-type
σ_x du
n -uplet
x = (x_1, …, x_n) , les réels suivants :
On appelle moyenne arithmétique
On définit de même la moyenne arithmétique
y¯ et l'écart-type
σ_y du
n -uplet
y = (y_1, …, y_n) .
La covariancecov(x, y) et le coefficient de corrélation linéaire
r(x, y) du couple
(x, y) sont donnés par :
La covariance
Soit
f la fonction définie sur
ℝ^2 à valeurs réelles qui, à tout couple (
a, b ) de
ℝ^2 , associe le réel
f(a, b) tel que :
- Justifier que
f est de classeC^2 surℝ^2 . - a) Écrire le système d'équations
(S) permettant de déterminer les points critiques def .
b) Résoudre le système (S ). En déduire quef admet un unique point critique (a^, b^ ) que l'on exprimera en fonction dex¯, y¯, σ_x^2 etcov(x, y) .
c) Montrer que ce point critique correspond à un minimum local def .
d) Établir la formule suivante :f(a^, b^) = nσ_y^2(1 − r^2(x, y)) - a) Montrer que l'on a :
|r(x, y)| ⩽ 1 .
b) Que peut-on dire du nuage de points lorsque|r(x, y)| = 1 ?
PROBLÈME
Dans tout le problème,
N désigne un entier naturel fixé supérieur ou égal à 2 , et
p un réel fixé de l'intervalle ]0,1[. On pose :
q = 1 − p . Soit
n un entier naturel quelconque.
Dans une population deN individus, on s'intéresse à la propagation d'un certain virus. Chaque jour, on distingue dans cette population trois catégories d'individus : en premier lieu, les individus sains, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas porteurs du virus, ensuite les individus qui viennent d'être contaminés et qui sont inoffensifs pour les autres, et enfin, les individus contaminés par le virus et qui sont contagieux.
Ces trois catégories évoluent jour après jour selon le modèle suivant :
Dans une population de
Ces trois catégories évoluent jour après jour selon le modèle suivant :
- chaque jour
n , chaque individu sain peut être contaminé par n'importe lequel des individus contagieux ce jour avec la même probabilitép , ces contaminations éventuelles étant indépendantes les unes des autres; - un individu contaminé le jour
n devient contagieux le journ + 1 ; - chaque individu contagieux le jour
n redevient sain le journ + 1 .
On note alors
X_n le nombre aléatoire d'individus contagieux le jour
n .
On remarquera que si, pour un certain entier natureli , on a
X_i = 0 , alors on a aussi
X_(i + 1) = 0 .
Les variables aléatoiresX_0, X_1, …, X_n, … sont supposées définies sur un même espace probabilisé
(Ω, A, P) , et
E(X_n) désigne, pour tout
n de
ℕ , l'espérance de
X_n .
On remarquera que si, pour un certain entier naturel
Les variables aléatoires
Partie I. Un cas particulier
Dans cette partie uniquement, on suppose que l'on a :
N = 3 et
p = 1/3 .
On considère les matricesS et
R suivantes :
On considère les matrices
L'ensemble
M_(4, 1)(ℝ) des matrices colonnes à quatre lignes est confondu avec l'espace vectoriel
ℝ^4 .
- Montrer que la matrice
R est inversible et calculer son inverseR^(− 1) . - a) Montrer que les réels
− 1, 0, 5 et 9 sont des valeurs propres deS .
b) Calculer le produit matricielR^(− 1)SR .
c) En déduire, pour toutn deℕ , l'expression de la matriceS^n en fonction den (on poseS^0 = I , oùI désigne la matrice identité deM_4(ℝ) ). - Soit
n un entier fixé deℕ .
a) Déterminer la loi de probabilité conditionnelle deX_(n + 1) sachant l'événement[X_n = 0] .
b) Déterminer la loi de probabilité conditionnelle deX_(n + 1) sachant l'événement [X_n = 3 ].
c) Vérifier que la loi de probabilité conditionnelle deX_(n + 1) sachant l'événement[X_n = 1] (resp.[X_n = 2] ) est la loi binomiale de paramètres(2, 1/3) (resp.(1, 5/9) ).
d) On noteE(X_(n + 1)/X_n = i) l'espérance de la loi de probabilité conditionnelle deX_(n + 1) sachant l'événement[X_n = i] . Déterminer les valeurs respectives deE(X_(n + 1)/X_n = 1) etE(X_(n + 1)/X_n = 2) . - On suppose, uniquement dans cette question, que
X_0 suit la loi binomiale de paramètres (3, 1/3 ).
a) Déterminer la loi deX_1 et calculerE(X_1) .
b) Vérifier la formule suivante :E(X_1) = ∑_(i = 0)^3 E(X_1/X_0 = i) × P([X_0 = i]) . - Pour tout entier naturel
n , on considère le vecteurU_n deℝ^4 défini par :
a) Déterminer une relation entre
u_n, v_n, w_n , et
t_n .
b) À l'aide de la formule des probabilités totales appliquée au système complet d'événements([X_n = i])_(0 ⩽ i ⩽ 3) , déterminer une matrice
M de
M_4(ℝ) indépendante de
n , telle que :
U_(n + 1) = MU_n .
c) ExprimerM en fonction de
S . En déduire les valeurs propres de
M .
d) Donner l'expression des réelsu_n et
v_n en fonction de
n, v_0 et
w_0 .
6. On pose :F = ⋃_(n = 0)^(+ ∞)[X_n = 0] .
a) Que signifie l'événementF ?
b) Montrer que le virus finit par disparaître presque sûrement, quelle que soit la loi de la variable aléatoire initialeX_0 .
b) À l'aide de la formule des probabilités totales appliquée au système complet d'événements
c) Exprimer
d) Donner l'expression des réels
6. On pose :
a) Que signifie l'événement
b) Montrer que le virus finit par disparaître presque sûrement, quelle que soit la loi de la variable aléatoire initiale
Partie II. Le cas général
On suppose que pour tout entier naturel
n et pour tout entier
i de
[0, N] , on a :
P([X_n = i]) > 0 . On suppose également que pour tout couple
(i, j) de
[0, N]^2 , le réel
q_(i, j) défini par :
q_(i, j) = P_([X_n = i])([X_(n + 1) = j]) , est indépendant de
n .
SoitQ la matrice de
M_(N + 1)(ℝ) définie par :
Q = (q_(i, j))_(0 ⩽ i, j ⩽ N) .
Soit
- a) Déterminer, pour tout
j de[0, N] , les probabilitésq_(0, j) etq_(N, j) . De même, déterminer pour touti de[0, N] , la probabilitéq_(i, N) .
b) Justifier que si l'on aj > N − i , alorsq_(i, j) = 0 .
c) Montrer que pour touti de[ [1, N − 1] ] , la loi de probabilité conditionnelle deX_(n + 1) sachant[X_n = i] , est une loi binomiale dont on déterminera les paramètres. - a) Montrer que 1 est valeur propre de la matrice
Q .
b) Soitλ une valeur propre deQ , etV = (V(0); V(1); ⋮; V(N)) un vecteur propre associé àλ .
On pose :
|V(i)| = max_(0 ⩽ j ⩽ N)|V(j)| . Justifier que la composante
V(i) n'est pas nulle, puis, en examinant la ligne
i du système
QV = λV , montrer que l'on a :
|λ| ⩽ 1 .
3. On pose pour tout entier natureln : U_n = (P([X_n = 0]); P([X_n = 1]); ⋮; P([X_n = N])) .
3. On pose pour tout entier naturel
À l'aide de la formule des probabilités totales, déterminer en fonction de
Q une matrice
M de
M_(N + 1)(ℝ) indépendante de
n et vérifiant, pour tout
n de
ℕ , la relation :
U_(n + 1) = MU_n .
On suppose jusqu'à la fin de la partie II que la matriceM est diagonalisable, et que
B = (V_0, …, V_N) est une base de vecteurs propres de
M telle que, pour tout
k de
[ [0, N] ] , le vecteur propre
V_k est associé à une valeur propre
λ_k .
De plus, on suppose que :λ_0 = 1, V_0 = (1; 0; ⋮; 0) , et que pour tout
k de
[ [1, N] ] , on a :
|λ_k| < 1 .
4. On décompose alors le vecteurU_0 sur la base
B : U_0 = ∑_(k = 0)^N α_k V_k .
a) Déterminer, pour toutn de
ℕ , la décomposition du vecteur
U_n sur la base
B .
b) On note, pour tout couple(k, i) de
[ [0, N] ]^2, V_k(i) la
(i + 1) -ième composante du vecteur
V_k . Exprimer, pour tout
n de
ℕ et pour tout
i de
[ [0, N] ] , la probabilité de l'événement
[X_n = i] en fonction des réels
α_k, λ_k et
V_k(i)(k ∈ [ [0, N] ]) .
c) Montrer que, pour touti de
[ [1, N] ] , on a :
lim_(n → + ∞)P([X_n = i]) = 0 .
d) En déduire que le virus finit par disparaître presque sûrement, quelle que soit la loi de la variable aléatoire initialeX_0 .
On suppose jusqu'à la fin de la partie II que la matrice
De plus, on suppose que :
4. On décompose alors le vecteur
a) Déterminer, pour tout
b) On note, pour tout couple
c) Montrer que, pour tout
d) En déduire que le virus finit par disparaître presque sûrement, quelle que soit la loi de la variable aléatoire initiale
Partie III. Estimations ponctuelle et par intervalle de confiance de
p
On suppose que le paramètrep , qui exprime la probabilité qu'un individu contagieux transmette le virus à un individu sain, est inconnu, et on cherche à l'estimer. On rappelle que :
q = 1 − p .
Pourm entier supérieur ou égal à 1 , on considère un
m -échantillon (
Y_1, Y_2, …, Y_m ) de variables aléatoires indépendantes, de même loi de Bernoulli de paramètre
p , définies sur un espace probabilisé (
Ω, A, P ).
On pose :Y¯_m = 1/m∑_(i = 1)^m Y_i .
Dans toute la suite de cette partie, on noteε un réel strictement positif quelconque.
On suppose que le paramètre
Pour
On pose :
Dans toute la suite de cette partie, on note
- a) Montrer que
Y¯_m est un estimateur sans biais dep ; déterminer son risque quadratique.
b) À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebycheff, montrer que l'intervalle[Y¯_m − √(5/m), Y¯_m + √(5/m)] est un intervalle de confiance dep au niveau de confiance 0.95 . - Soit
θ un réel positif.
a) Établir l'égalité suivante :P([Y¯_m − p ⩾ ε]) = P([e^(mθY¯_m) ⩾ e^(mθ(p + ε))]) .
b) Montrer que siT est une variable aléatoire discrète finie à valeurs positives d'espéranceE(T) , eta un réel strictement positif, on a l'inégalité :P([T ⩾ a]) ⩽ (E(T))/a .
c) Soitg la fonction définie surℝ^+ par :g(x) = ln(pe^x + q) . Déduire des questions précédentes, l'inégalité suivante:P([Y¯_m − p ⩾ ε]) ⩽ e^(m(g(θ) − θ(p + ε))) .
d) Montrer que la fonctiong est de classeC^2 surℝ^+ et vérifie, pour toutx deℝ^+ , l'inégalité :|g^(′′)(x)| ⩽ 1/4 .
e) En déduire l'inégalité suivante :g(θ) ⩽ θp + (θ^2)/8 .
f) Étudier les variations de la fonctionh définie surℝ^+ par :h(x) = (x^2)/8 − εx .
En déduire l'inégalité :
P([Y¯_m − p ⩾ ε]) ⩽ e^(− 2mε^2) .
3. On pose :W¯_m = 1/m∑_(i = 1)^m(1 − Y_i) . Établir l'inégalité :
P([W¯_m − q ⩾ ε]) ⩽ e^(− 2mε^2) .
4. a) Déduire des questions 2 f) et 3 , l'inégalité suivante :P([|Y¯_m − p| ⩾ ε]) ⩽ 2e^(− 2mε^2) .
b) Sachant queln(0.025) ≈ − 3.688 , calculer
2e^(− 2mε^2) pour
ε = √((1.844)/m) . En déduire un nouvel intervalle de confiance de
p au niveau de confiance 0.95 . Comparer cet intervalle de confiance à celui obtenu à la question 1.b. Conclure.
3. On pose :
4. a) Déduire des questions 2 f) et 3 , l'inégalité suivante :
b) Sachant que
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