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Ecricome Maths approfondies ECS 2008Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2008

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Annale de maths approfondies Ecricome pour la filiere ECS, session 2008.

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1. EXERCICE.

Soit u⃗ un vecteur unitaire de ℝ^3 de coordonnées ( a, b, c ) dans la base canonique B = (i⃗, j⃗, k⃗) de ℝ^3. On a donc a^2 + b^2 + c^2 = 1.
On note p le projecteur orthogonal sur la droite D de vecteur directeur u⃗ et q le projecteur orthogonal sur D^⊥.
Id désigne l'application identité de ℝ^3 et ⟨.,. ⟩leproduitscalairecanoniquedeℝ^3.
  1. Que vaut p + q ?
  2. Exprimer, pour v⃗ ∈ ℝ^3, p(v⃗) à l'aide de ⟨v⃗, u⃗⟩ et de u⃗.
Calculer alors p(i⃗), p(j⃗) et p(k⃗).
En déduire les matrices P et Q de p et q dans la base B.
3. Soit f l'endomorphisme de ℝ^3 de matrice M = (0, − c, b; c, 0, − a; − b, a, 0) dans la base B.
a. Montrer que :
M^2 = − Q.
b. Calculer f(u⃗).
En déduire que rg(f) ⩽ 2.
Déterminer l'image et le noyau de f et les exprimer en fonction de D.
c. Déduire de la question précédente la valeur de f ∘ p.
Montrer alors que X + X^3 est un polynôme annulateur de f.
d. Quelles sont les valeurs propres de f ?
f est-il diagonalisable ?
4. Pour tout réel θ, on définit l'endomorphisme g_θ par :
g_θ = Id + (sinθ)f + (1 − cosθ)f^2
où f^2 = f ∘ f.
a. Pour θ et θ^′ réels, calculer g_θ ∘ g_(θ^′) et montrer qu'il se met sous la forme g_(θ^(′′)) avec θ^(′′) réel.
b. En déduire que, pour tout réel θ, g_θ est inversible et déterminer son inverse.

2. EXERCICE.

On considère, pour n ∈ ℕ^∗, la fonction f_n définie sur ℝ^+par :
pour tout x ∈ ℝ^+, f_n(x) = 1/n − 1/(n + x).
  1. a. Montrer que, pour tout réel positif x, la série de terme général f_n(x) est convergente. On note F(x) sa somme.
    b. Calculer F(0) et F(1).
  2. Montrer que, pour tout réel positif x, la série de terme général f_n^′(x) est convergente. On note G(x) sa somme.
  3. Etude de la dérivabilité de F.
    a. Soit φ la fonction définie sur ℝ^(+ ∗) par :
pour t ∈ ℝ^(+ ∗), φ(t) = 1/t
Soit n ∈ ℕ^∗. A l'aide de l'inégalité de Taylor-Lagrange, montrer que :
pour tout (x, x_0) ∈ [n, + ∞]^2, |φ(x) − φ(x_0) − (x − x_0)φ^′(x_0)| ⩽ ((x − x_0)^2)/(n^3).
b. En déduire, pour x ∈ ℝ^+et h ≠ 0 vérifiant x + h ∈ ℝ^+, la nature de la série de terme général |f_n(x + h) − f_n(x) − hf_n^′(x)|.
c. Montrer qu'il existe un réel K tel que, pour x ∈ ℝ^+et h ≠ 0 vérifiant x + h ∈ ℝ^+,
|(F(x + h) − F(x))/h − G(x)| ⩽ K|h|.
d. En déduire que F est dérivable sur ℝ^+et que F^′ = G.
4. Recherche d'un équivalent en + ∞.
Soit x ∈ ℝ^+.
a. Justifier que, pour k ∈ ℕ^∗,
f_(k + 1)(x) ⩽ ∫_k^(k + 1)(1/t − 1/(t + x))dt ⩽ f_k(x)
b. En déduire que, pour n ⩾ 2,
∫_1^(n + 1)(1/t − 1/(t + x))dt ⩽ ∑_(k = 1)^n f_k(x) ⩽ x/(x + 1) + ∫_1^n(1/t − 1/(t + x))dt
c. En déduire que :
ln(1 + x) ⩽ F(x) ⩽ x/(x + 1) + ln(1 + x)
d. Déterminer un équivalent de F(x) quand x tend vers + ∞.

3. PROBLEME.

L'objet du problème est la présentation d'une méthode probabiliste de calcul d'une intégrale (méthode de Monte-Carlo) et de deux façons de l'améliorer.
Dans tout le problème, U désigne une variable aléatoire de loi uniforme sur [0, 1], g une fonction continue sur [0, 1] et on pose J = ∫_0^1 g(t)dt.
L'espérance d'une variable aléatoire X sera notée E(X) et sa variance V(X) (si elles existent).
On admet que, pour tout entier naturel non nul n, si X_1, X_2, …, X_n sont des variables aléatoires à densités, mutuellement indépendantes, alors des variables aléatoires de la forme f_1(X_1), f_2(X_2), …, f_n(X_n) où les f_i sont des fonctions de ℝ dans ℝ, distinctes ou non, sont également mutuellement indépendantes.

3.1. Méthode de Monte-Carlo.

  1. a. Rappeler une densité de U.
    b. Justifier que la variable aléatoire g(U) admet une espérance égale à J.
  2. Soit (U_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires indépendantes de même loi que U.
On suppose que σ^2 = V(g(U)) ≠ 0 et on note pour tout n de ℕ^∗, S_n = ∑_(i = 1)^n g(U_i).
a. Justifier que la suite de variables aléatoires ((S_n)/n)_(n ∈ ℕ^∗) converge en probabilité vers J.
b. Recherche d'un intervalle de confiance pour J.
i. Justifier que la suite de variables aléatoires (((S_n)/n − J)/(σ/(√n)))_(n ∈ ℕ^∗) converge en loi vers une variable aléatoire de loi normale centrée réduite.
ii. On considère pour " n suffisamment grand " que ((S_n)/n − J)/(σ/(√n)) suit une loi normale N(0, 1). On donne Φ(1, 96) = 0, 975 où Φ désigne la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. Déterminer un intervalle de confiance pour J, au niveau de confiance 95%, faisant intervenir S_n.

3. Application :

a. A l'aide du changement de variable t = sinu, montrer que ∫_0^1 4√(1 − t^2)dt = π.
b. i. Ecrire, en langage Pascal, une fonction G, de paramètre t, qui pour une valeur t du paramètre renvoie la valeur 4√(1 − t^2).
ii. On rappelle qu'en langage Pascal, la fonction random permet de simuler une variable aléatoire de loi uniforme sur [0, 1].
En utilisant le résultat de la question 3.1.2. et la fonction G, les variables informatiques J de type real et i, n de type integer étant supposées définies, compléter le corps du programme principal suivant, de manière à ce qu'il calcule une valeur approchée de π.
begin
    randomize ;
    readln(n);
    J := 0 ;
    for i := 1 to n do ....
    ............
    writeln (' une valeur approchée de pi est ', J );
end.

3.2. Réduction de la variance par variables antithétiques.

  1. Reconnaître la loi de 1 − U.
On définit la variable aléatoire Y par Y = 1/2[g(U) + g(1 − U)]. Que vaut E(Y) ?
2. On suppose g strictement croissante et on admet l'existence des espérances intervenant dans cette question.
a. Justifier que, pour tout (u, w) ∈ [0, 1]^2,
(g(u) − g(w))(g(1 − u) − g(1 − w)) ⩽ 0.
b. Soit W une variable aléatoire de loi uniforme sur [0, 1], indépendante de U.
Quel est le signe de E[(g(U) − g(W))(g(1 − U) − g(1 − W))] ?
En remarquant que g(U)g(1 − U) et g(W)g(1 − W) ont même espérance, en déduire que :
E[g(U)g(1 − U)] ⩽ (E[g(U)])^2
On admet que l'on obtiendrait le même résultat pour g strictement décroissante.
c. Montrer alors que, lorsque g est strictement monotone, V(Y) ⩽ 1/2V(g(U)).
3. Donner un nouvel intervalle de confiance pour J au niveau de confiance 95%, basé sur cette méthode.
On note ℓ_n la longueur de l'intervalle de confiance obtenu dans la partie 3.1 pour une valeur fixée de n.
Avec cette nouvelle méthode, combien de tirages N de la variable aléatoire uniforme suffit-il de faire pour obtenir la même longueur ℓ_n d'intervalle de confiance?

3.3. Réduction de la variance par stratification.

3.3.1. Etude d'une fonction de plusieurs variables.

On considère la fonction f définie sur ]0, + ∞[^3 par :
pour tout (x_1, x_2, x_3) ∈ ]0, + ∞[^3, f(x_1, x_2, x_3) = 1/(4x_1) + 1/(x_2) + 1/(9x_3)
  1. Justifier que f est de classe C^2 sur ]0, + ∞[^3. Calculer ses dérivées partielles d'ordre 1 et 2 .
  2. On note :
∇^2 f(A) = [(∂^2 f)/(∂x_i∂x_j)(A)]_(1 ⩽ i, j ⩽ 3)
la matrice hessienne de f en A = (a_1, a_2, a_3).
Justifier que, pour tout A ∈ ]0, + ∞[^3, pour toute matrice colonne H à trois lignes, non nulle, on a :
^t H∇^2 f(A)H > 0.
  1. f admet-elle des extremums sur ]0, + ∞[^3 ?
  2. On cherche désormais les extremums de f sous la contrainte x_1 + x_2 + x_3 = 110.
Montrer que f admet un unique point critique sous cette contrainte, que l'on déterminera.
En écrivant l'égalité de Taylor-Lagrange à l'ordre 1, montrer qu'il s'agit d'un minimum global sous contrainte.

3.3.2. Méthode de stratification.

Soit a et b deux réels tels que 0 < a < b < 1. On définit les trois intervalles I_1, I_2 et I_3 par
I_1 = [0, a[, I_2 = [a, b[, I_3 = [b, 1]
et on considère quatre variables aléatoires indépendantes U_1, U_2, U_3 et T, de lois uniformes respectivement sur I_1, I_2, I_3 et [0, 1].
On définit la variable aléatoire U~ par U~ = U_1 1_([T ∈ I_1]) + U_2 1_([T ∈ I_2]) + U_3 1_([T ∈ I_3]) où 1_A désigne la fonction indicatrice d'un événement A.U~ est donc la variable aléatoire définie, pour tout élément ω de l'univers Ω par :
U~(ω) = {U_1(ω) si T(ω) ∈ I_1; U_2(ω) si T(ω) ∈ I_2; U_3(ω) si T(ω) ∈ I_3
  1. A l'aide de la formule des probabilités totales, montrer que pour tout réel x,
P(g(U~) ⩽ x) = aP(g(U_1) ⩽ x) + (b − a)P(g(U_2) ⩽ x) + (1 − b)P(g(U_3) ⩽ x).
En admettant que g(U_1), g(U_2), g(U_3) sont des variables aléatoires à densité, montrer que g(U~) est elle-même une variable aléatoire à densité et en déterminer une densité f_(g(U˜)) en fonction de densités de g(U_1), g(U_2), g(U_3), que l'on pourra noter
f_(g(U_1)), f_(g(U_2)) et f_(g(U_3)).
Vérifier, en prenant la fonction identité pour g, que U˜ suit une loi uniforme sur [0, 1].
2. Déduire de ce qui précède que:
E(g(U˜)) = aE(g(U_1)) + (b − a)E(g(U_2)) + (1 − b)E(g(U_3)).
  1. On tire de façon indépendante, uniforme sur chacun des intervalles, n_1 points dans I_1, n_2 points dans I_2, n_3 points dans I_3. On considère donc la famille de variables aléatoires indépendantes (U_(1, 1), …, U_(1, n_1), U_(2, 1), …, U_(2, n_2), U_(3, 1), …, U_(3, n_3)) telles que :
  • U_(1, 1), …, U_(1, n_1) ont même loi que U_1,
  • U_(2, 1), …, U_(2, n_2) ont même loi que U_2,
  • U_(3, 1), …, U_(3, n_3) ont même loi que U_3,
    et on note Z la variable aléatoire définie par:
Z = a1/(n_1)∑_(i = 1)^(n_1)g(U_(1, i)) + (b − a)1/(n_2)∑_(j = 1)^(n_2)g(U_(2, j)) + (1 − b)1/(n_3)∑_(k = 1)^(n_3)g(U_(3, k)).
Montrer que :
V(Z) = a^2 1/(n_1)V(g(U_1)) + (b − a)^2 1/(n_2)V(g(U_2)) + (1 − b)^2 1/(n_3)V(g(U_3))
  1. Application numérique :
On suppose que, pour un certain choix de la fonction g et des réels a et b, on a
a^2 V(g(U_1)) = 1/4, (b − a)^2 V(g(U_2)) = 1, (1 − b)^2 V(g(U_3)) = 1/9
On suppose que l'on tire 110 points, de façon indépendante, uniforme sur chacun des intervalles ( n_1 points dans I_1, n_2 points dans I_2, n_3 points dans I_3 ). Quelles valeurs faut-il donner à n_1, n_2, n_3 pour que E(Z) fournisse une estimation de J avec le plus petit risque d'erreur possible suivant cette méthode?

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