BCE Maths approfondies ESSEC ECS 2008Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2008
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Annale de maths approfondies BCE ESSEC pour la filiere ECS, session 2008.
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281
ESSECM1_S
ESSECM1_S
CONCOURS D'ADMISSION DE 2008
Option scientifique
MATHEMATIQUES I
Mardi 13 mai 2008 de 8 h à 12 h
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
L'objet du problème est l'étude d'une famille de fonctions polynomiales appelées fonctions polynômes de Newton. La première partie les introduit de manière algébrique. La deuxième partie, tout en étant liée à la première, développe des thèmes relevant de l'analyse.
Partie I:
Dans toute cette partie, on notera
𝒫 l'ensemble des fonctions polynomiales allant de
ℝ dans
ℝ et lorsque
r est un entier naturel, on désignera par
𝒫_r l'ensemble des fonctions polynomiales allant de
ℝ dans
ℝ de degré inférieur ou égal à
r .
Etant donné Q appartenant à
𝒫 , on se propose de déterminer toutes les fonctions polynomiales P vérifiant :
∀x ∈ ℝ, P(x + 1) − P(x) = Q(x) .
A cet effet, on introduit l'application
Δ de
𝒫 dans lui-même définie lorsque
P ∈ 𝒫 par la relation
∀x ∈ ℝ, Δ(P)(x) = P(x + 1) − P(x) .
1^∘ ) a) Montrer que
Δ est un endomorphisme de
𝒫 .
b) PourP ∈ 𝒫 de degré r strictement positif, calculer le degré de la fonction polynomiale
Δ(P) .
c) Montrer alors que le noyau deΔ est l'ensemble des fonctions polynomiales constantes.
2^∘ ) On considère pour
r ∈ ℕ^∗ l'application
Δ_r : 𝒫_r → 𝒫_r; P ↦ Δ_r(P) = Δ(P) .
a) Justifier la définition deΔ_r et montrer que
Δ_r est linéaire.
b) Quel est le noyau deΔ_r ?
c) Montrer alors queImΔ_r = 𝒫_(r − 1) .
d) En déduire que l'applicationΔ est surjective.
3^∘ ) On désigne par
E le sous-espace vectoriel de
𝒫 constitué par les fonctions polynomiales s'annulant en 0 . Montrer que la restriction de
Δ à
E est un isomorphisme de
E sur
𝒫 .
4^∘ ) a) Déduire de la question précédente qu'il existe une suite et une seule d'éléments de
𝒫 vérifiant:
N_0 = 1 et
∀n ∈ ℕ^∗, Δ(N_n) = N_(n − 1) et
N_n(0) = 0 .
(N_n s'appelle fonction polynomiale de Newton d'indice n .)
b) Vérifier que pour tout entier natureln non nul et tout
x réel :
b) Pour
c) Montrer alors que le noyau de
a) Justifier la définition de
b) Quel est le noyau de
c) Montrer alors que
d) En déduire que l'application
(
b) Vérifier que pour tout entier naturel
c) Montrer que, pour
r ∈ ℕ , la famille
(N_n)_(n ∈ [ [0, r] ]) forme une base de
𝒫_r . En déduire que la famille
(N_n)_(n ∈ ℕ) forme une base de
𝒫 .
d) On adopte la notation usuelle :Δ^0 = Id_𝒢 et
∀n ∈ ℕ^∗, Δ^n = Δ ∘ Δ^(n − 1) .
d) On adopte la notation usuelle :
Prouver que pour toute fonction polynomiale
Q de degré
r :
Q = ∑_(n = 0)^r Δ^n(Q)(0)N_n . Justifier ensuite l'écriture
Q = ∑_(n = 0)^(+ ∞)Δ^n(Q)(0)N_n .
e) La fonction polynomialeQ étant ainsi décomposée, déterminer les fonctions polynomiales
P vérifiant la relation
∀x ∈ ℝ, P(x + 1) − P(x) = Q(x) .
f) Application : en déduire, pourn ∈ ℕ , une expression simple de
∑_(k = 0)^n Q(k) faisant intervenir
P . Calculer
∑_(k = 0)^n k^2 .
5^∘ ) Etablir, pour toute fonction polynomiale Q , pour tout entier naturel n et tout réel x , la relation :
Δ^n(Q)(x) = ∑_(i = 0)^n(− 1)^(n − i)(n/i)Q(x + i) .
6^∘ ) Dans toute cette question, on suppose que
r ∈ ℕ^∗ .
a) On désigne parC(Δ_r) le commutant de
Δ_r dans l'ensemble
𝔏(𝒫_r) des endomorphismes de
𝒫_r , c'est à dire
C(Δ_r) = {g ∈ 𝔏(𝒫_r)|g ∘ Δ_r = Δ_r ∘ g} .
i. Pourg et
h appartenant à
C(Δ_r) , montrer que, si
g(N_r) = h(N_r) , alors
g = h .
ii. Soitg un endomorphisme de
𝒫_r . Justifier l'existence de
a_0, a_1, …, a_r réels tels que:
e) La fonction polynomiale
f) Application : en déduire, pour
a) On désigne par
i. Pour
ii. Soit
iii. En déduire que
C(Δ_r) est de dimension
r + 1 et qu'il admet pour base :
iv. On introduit l'endomorphisme d de
𝒫 qui à une fonction polynomiale P associe sa fonction dérivée
P^′ . Montrer que
d ∘ Δ = Δ ∘ d . En supposant qu'il existe
a_0, a_1, …, a_r réels tels que
d = a_0 I_𝒮 + a_1(Δ)^1 + … + a_r(Δ)^r , calculer
d(N_(r + 1)) . Conclure à une contradiction.
b) Préciser la matrice deΔ_r dans la base
(N_n)_(n ∈ [ [0, r] ]) . Montrer que
(Δ_r)^(r + 1) = 0 . L'endomorphisme
Δ_r est-il diagonalisable ?
c) Existe-t-il des endomorphismes g de𝒫_r tels que
g ∘ g = Δ_r ?
b) Préciser la matrice de
c) Existe-t-il des endomorphismes g de
Partie II:
On note toujours
(N_n)_(n ∈ N) la suite de fonctions définie pour tout
x réel par :
N_0(x) = 1 et pour tout entier naturel
n non nul
N_n(x) = (x(x − 1)…(x − n + 1))/(n!) .
1^∘ ) recherche d'un équivalent de
|N_n(x)| lorsque
n → + ∞ :
On fixex un réel non égal à un entier naturel.
Pourt réel, on considère la suite
(u_n)_(n ∈ ℕ) définie par
u_n = n^t|N_n(x)| .
a) Préciser, selon le réelt , la nature de la série de terme général
v_n = ln((u_(n + 1))/(u_n)) .
b) Que conclure pour la suite(u_n)_(n ∈ N) ?
On fixe
Pour
a) Préciser, selon le réel
b) Que conclure pour la suite
En déduire qu'il existe un réel strictement positif noté
C(x) tel que
|N_n(x)| ∼ _(n → + ∞)(C(x))/(n^(x + 1)) .
2^∘ ) Série de Newton associée à une fonction :
On considère une application
f de
[0, + ∞[ à valeurs dans
ℝ .
A cette application, on associe la suite(a_n)_(n ∈ N) définie par :
a_n = ∑_(i = 0)^n(− 1)^(n − i)(n/i)f(i) .
a) Soitb > 0 , préciser la suite
(a_n)_(n ∈ N) lorsque f est l'application
x ↦ b^x .
b) Pourn entier naturel, on note
Q la fonction polynomiale
∑_(k = 0)^n a_k N_k .
A cette application, on associe la suite
a) Soit
b) Pour
Justifier que
∀k ∈ [ [0, n] ], a_k = Δ^k(Q)(0) .
Montrer alors que la fonctionx ↦ f(x) − Q(x) = f(x) − ∑_(k = 0)^n a_k N_k(x) s'annule en
0, 1, …n .
c) On suppose de plus que f est indéfiniment dérivable sur[0, + ∞[ . Montrer que, pour tout entier naturel
n et pour tout
x réel positif, il existe un réel
θ tel que :
Montrer alors que la fonction
c) On suppose de plus que f est indéfiniment dérivable sur
Indication : on pourra utiliser, lorsque
x ∉ [ [0, n] ] , la fonction auxiliaire
φ : t ↦ f(t) − ∑_(k = 0)^n a_k N_k(t) − N_(n + 1)(t)A , avec A un réel choisi tel que
φ(x) = 0 et appliquer plusieurs fois le théorème de Rolle.
d) On note toujours f une fonction indéfiniment dérivable surℝ_+ et vérifiant la propriété suivante :
il existe une constante M strictement positive telle que∀x ∈ ℝ_+, ∀n ∈ ℕ^∗, (|f^((n))(x)|)/n ≤ M .
Montrer que :∀x ≥ 0, f(x) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)a_k N_k(x) .
En déduire que si une telle fonction s'annule surℕ , c'est la fonction nulle.
3^∘ ) Etude de la série
∑_(n ∈ N)h^n N_n(x) avec
h réel:
a) Lorsque|h| > 1 , montrer que la série de terme général
h^n N_n(x) est divergente pour tout
x réel, non égal à un entier naturel.
b) On suppose que|h| < 1 .
i. Montrer que la série de terme généralh^n N_n(x) est absolument convergente pour tout
x réel.
ii. En utilisant la formule de Taylor avec reste intégral, montrer que pour toutn entier naturel et tout x réel :
(1 + h)^x − ∑_(k = 0)^n h^k N_k(x) = (n + 1)N_(n + 1)(x)∫_0^h((h − u)/(1 + u))^n(1 + u)^(x − 1) du, puis établir que la suite
(1/(|h|^n)∫_0^h((h − u)/(1 + u))^n(1 + u)^(x − 1)du)_(n ∈ ℕ) est bornée.
iii. En déduire∑_(n = 0)^(+ ∞)h^n N_n(x) .
c) On suppose queh = 1 .
i. Montrer que la série de terme généralN_n(x) est divergente pour
x ≤ − 1 .
ii. En reprenant la méthode préconisée au II.3.b), établir que la série∑_(n ∈ N)N_n(x) est convergente pour
x > − 1 et que :
∀x > − 1, ∑_(n = 0)^(+ ∞)N_n(x) = 2^x .
d) On suppose queh = − 1 .
i. Préciser les réelsx pour lesquels la série de terme général
(− 1)^n N_n(x) est absolument convergente. Pour quelles valeurs de x est-elle convergente ?
ii. Justifier pour tout x réel et tout entier naturel n strictement positif la formule :
d) On note toujours f une fonction indéfiniment dérivable sur
il existe une constante M strictement positive telle que
Montrer que :
En déduire que si une telle fonction s'annule sur
a) Lorsque
b) On suppose que
i. Montrer que la série de terme général
ii. En utilisant la formule de Taylor avec reste intégral, montrer que pour tout
iii. En déduire
c) On suppose que
i. Montrer que la série de terme général
ii. En reprenant la méthode préconisée au II.3.b), établir que la série
d) On suppose que
i. Préciser les réels
ii. Justifier pour tout x réel et tout entier naturel n strictement positif la formule :
iii. En déduire
∑_(n = 0)^(+ ∞)(− 1)^n N_n(x) lorsque
x ≥ 0 .
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