BCE Maths approfondies HEC ECS 2008Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2008
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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2008.
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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES
CODE EPREUVE :
280
HEC_M1_S
280
HEC_M1_S
Concepteur : H.E.C.
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHEMATIQUES I
Mercredi 30 avril 2008, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Dans tout le problème,
n et
p désignent deux entiers vérifiant
1 ⩽ p ⩽ n . On note
M_(n, p)(ℝ) l'espace vectoriel des matrices à
n lignes et
p colonnes, à coefficients réels. La transposée d'une matrice
A de
M_(n, p)(ℝ) est notée
^t A . Lorsqu'une matrice
A est inversible, on note
A^(− 1) son inverse.
Dans tout le problème, on identifie les deux espaces vectorielsM_(n, 1)(ℝ) (respectivement
M_(p, 1)(ℝ) ) et
ℝ^n (resp.
ℝ^p ), c'est-à-dire qu'on identifie un vecteur (point) de
ℝ^n (resp.
ℝ^p ) avec le vecteur-colonne de ses coordonnées dans la base canonique de
ℝ^n (resp.
ℝ^p ).
On munitℝ^n (resp.
ℝ^p ) de sa structure euclidienne canonique, et pour tous vecteurs
u et
v de
ℝ^n (resp.
ℝ^p ), on note
⟨u, v⟩ = ^t uv leur produit scalaire, et
‖u‖ la norme de
u associée.
Dans tout le problème, on identifie les deux espaces vectoriels
On munit
Pour tout
i de
[ [1, n] ] , on note
f_i une fonction définie sur
ℝ^p à valeurs réelles, et de classe
C^2 sur
ℝ^p . Soit
F la fonction définie sur
ℝ^p , à valeurs réelles, par :
F(x_1, x_2, …, x_p) = 1/2∑_(i = 1)^n[f_i(x_1, x_2, …, x_p)]^2 .
Autrement dit, siX = (x_1, …, x_p) est un point de
ℝ^p , on a :
F(X) = 1/2∑_(i = 1)^n f_i^2(X) = 1/2‖f(X)‖^2 , en notant
f(X) le vecteur
(f_1(X), …, f_n(X)) .
Autrement dit, si
Le problème a pour objet l'étude de quelques aspects mathématiques liés à la recherche du minimum de la fonction
F .
Partie I. Gradient et hessienne
Pour tout point
X = (x_1, x_2, …, x_p) de
ℝ^p , on rappelle que:
- le gradient de
F au pointX , noté∇F(X) , est le vecteur deℝ^p suivant :
- la matrice hessienne de
F au pointX , notée∇^2 F(X) , est la matrice symétrique deM_p(ℝ) suivante :
Pour tout point
X = (x_1, …, x_p) de
ℝ^p , on note
J(X) la matrice de
M_(n, p)(ℝ) définie par :
dans laquelle
i désigne l'indice de ligne et
j l'indice de colonne. On pose :
G(X) = ^t J(X)J(X) .
SiX est un point de
ℝ^p vérifiant
∇F(X) ≠ 0 , on dit qu'un vecteur
h de
ℝ^p est une direction de décroissance de
F en
X , si on a :
⟨∇F(X), h⟩ < 0 .
Dans les trois exemples suivants, on suppose quep est égal à 2 .
Si
Dans les trois exemples suivants, on suppose que
- Un premier exemple.
On considère les deux fonctions
f_1 et
f_2 définies sur
ℝ^2 par:
f_1(x_1, x_2) = x_1^2 + x_2 + 1 , et
f_2(x_1, x_2) = x_1 + x_2^2 + 1 .
a) Justifier queF est de classe
C^2 sur
ℝ^2 . Calculer, en tout point
(x_1, x_2) de
ℝ^2 , le gradient
∇F(x_1, x_2) .
b) Montrer que le système d'équations qui permet de déterminer les éventuels points critiques deF , peut se mettre sous la forme suivante:
a) Justifier que
b) Montrer que le système d'équations qui permet de déterminer les éventuels points critiques de
c) Établir, pour tout
(x_1, x_2) de
ℝ^2 , l'inégalité :
2x_1^2 + 2x_1 x_2 + 2x_2^2 − x_1 − x_2 + 3 > 0 . En déduire que l'unique point critique de
F est (
− 1/2, − 1/2 ).
d) Déterminer, en tout point (x_1, x_2 ) de
ℝ^2 , la matrice hessienne
∇^2 F(x_1, x_2) . En déduire que
F admet un minimum local en
(− 1/2, − 1/2) .
e) On note pour tout pointX de
ℝ^2, ∇^2 f_1(X) et
∇^2 f_2(X) respectivement, les matrices hessiennes de
f_1 et
f_2 au point
X . Préciser la matrice
J(X) . Exprimer
^t J(X)f(X) et
G(X) + ∑_(i = 1)^2 f_i(X)∇^2 f_i(X) en fonction de
∇F(X) et
∇^2 F(X) respectivement.
2. Un deuxième exemple.
d) Déterminer, en tout point (
e) On note pour tout point
2. Un deuxième exemple.
Soit
a = (a_1, …, a_n), b = (b_1, …, b_n) et
c = (c_1, …, c_n) trois vecteurs non nuls donnés de
ℝ^n , tels que la famille (
a, b ) soit libre.
Pour touti de
[ [1, n] ] , la fonction
f_i est définie sur
ℝ^2 par:
f_i(x_1, x_2) = a_i x_1 + b_i x_2 − c_i .
a) Exprimer, pour tout point (x_1, x_2 ) de
ℝ^2 , le gradient
∇F(x_1, x_2) à l'aide de
x_1, x_2, ‖a‖, ‖b‖, ⟨a, b⟩, (a, c⟩ et
⟨b, c⟩ .
b) Justifier l'inégalité :‖a‖^2 × ‖b‖^2 − ⟨a, b⟩^2 > 0 . En déduire que la fonction
F possède un unique point critique
(x_1 ˆ, x_2 ˆ) .
Exprimerx_1 ˆ et
x_2 ˆ en fonction de
‖a‖, ‖b‖, ⟨a, b⟩, ⟨a, c⟩ et
⟨b, c⟩ .
c) Calculer, en tout point(x_1, x_2) de
ℝ^2 , la matrice hessienne
∇^2 F(x_1, x_2) ; en déduire que
F admet un minimum local en
(x_1 ˆ, x_2 ˆ) .
d) En utilisant la structure euclidienne deℝ^n , montrer que
F admet un minimum global en (
x_1 ˆ, x_2 ˆ ).
3. Un troisième exemple.
Pour tout
a) Exprimer, pour tout point (
b) Justifier l'inégalité :
Exprimer
c) Calculer, en tout point
d) En utilisant la structure euclidienne de
3. Un troisième exemple.
On suppose que
c_1, c_2, …, c_n sont
n réels donnés non tous égaux. On note
c¯ et
s^2 respectivement, la moyenne arithmétique et la variance de la série statistique
(c_i)_(1 ⩽ i ⩽ n) .
Pour touti de
[ [1, n] ] , la fonction
f_i est définie sur
ℝ^2 par :
f_i(x_1, x_2) = x_1 + x_2 − c_i .
a) Déterminer les points critiques deF .
b) Soit (x_1 ˆ, x_2 ˆ ) un point critique de
F . Exprimer
F(x_1 ˆ, x_2 ˆ) en fonction de
s^2 . Montrer, pour tout (
x_1, x_2 ) de
ℝ^2 , l'égalité :
F(x_1, x_2) − F(x_1 ˆ, x_2 ˆ) = n/2(x_1 + x_2 − c¯)^2 .
c) En déduire la nature des points critiques deF . Ce résultat était-il prévisible?
4. Retour au cas général.
Pour tout
a) Déterminer les points critiques de
b) Soit (
c) En déduire la nature des points critiques de
4. Retour au cas général.
Soit
X = (x_1, …, x_p) un point de
ℝ^p .
a) Exprimer∇F(X) en fonction de
^t J(X) et de
f(X) .
b) Pour touti de
[ [1, n] ] , on note
∇^2 f_i(X) la matrice hessienne de
f_i au point
X .
a) Exprimer
b) Pour tout
Établir la formule :
∇^2 F(X) = G(X) + ∑_(i = 1)^n f_i(X)∇^2 f_i(X) .
Partie II. Une approximation de
F
Dans cette partie, on conserve les définitions et les notations de la partie I , et on suppose que
X est un vecteur fixé de
ℝ^p vérifiant :
∇F(X) ≠ 0 .
Pour tout vecteurh = (h_1, h_2, …, h_p) de
ℝ^p , on pose:
ℓ(h) = f(X) + J(X)h et
L(h) = 1/2‖ℓ(h)‖^2 .
Pour tout vecteur
- Établir, pour tout
h deℝ^p , l'égalité :L(h) = F(X) + ^t h∇F(X) + 1/2thG(X)h . - Soit
P une matrice symétrique deM_p(ℝ) .
a) Justifier queP est diagonalisable.
b) On noteθ_1, …, θ_p les valeurs propres deP , et on pose :θ = max_(1 ⩽ j ⩽ p)|θ_j| . Montrer, pour tout vecteurh deℝ^p , l'inégalité suivante :|^t hPh| ⩽ θ‖h‖^2 . - a) Écrire un développement limité à l'ordre 2 de la fonction
F au pointX .
b) En déduire, à l'aide de la question 2.b, que l'on a :lim_(‖h‖ → 0)(F(X + h) − L(h))/(‖h‖) = 0 .
Pour
X fixé de
ℝ^p , on dit que
L(h) est une approximation à l'ordre 2 de
F(X + h) lorsque
‖h‖ tend vers 0 .
4. On note :G(X) = (g_(i, j)(X))_(1 ⩽ i, j ⩽ p) . Soit
φ_1 et
φ_2 deux fonctions définies sur
ℝ^p par :
φ_1(h) = ^t h∇F(X) et
φ_2(h) = ^t hG(X)h .
a) Montrer que pour toutj de
[ [1, p] ] , on a :
(∂φ_1)/(∂h_j)(h) = (∂F)/(∂x_j)(X) et
(∂φ_2)/(∂h_j)(h) = 2∑_(i = 1)^p g_(i, j)(X)h_i .
b) En déduire que le gradient∇L(h) de
L en
h , est donné par :
∇L(h) = ∇F(X) + G(X)h .
c) Soit∇^2 L(h) la matrice hessienne de
L en
h . Établir la formule :
∇^2 L(h) = G(X) .
5. SoitJ une matrice de
M_(n, p)(ℝ) .
a) Montrer que la matrice^t JJ est diagonalisable et que ses valeurs propres sont positives ou nulles.
b) Montrer que lorsque la matrice^t JJ est inversible, le rang de la matrice
J est égal à
p .
6. Montrer que si la fonctionL admet des points critiques
hˆ , alors ceux-ci vérifient l'inéquation :
⟨hˆ, ∇F(X)⟩ ⩽ 0 .
7. On suppose que la matriceG(X) est inversible.
a) Montrer queL admet un unique point critique
hˆ donné par :
hˆ = − (G(X))^(− 1) × ^t J(X)f(X) .
b) Établir quehˆ est une direction de décroissance de
F en
X . En déduire que
L admet un minimum local en
hˆ .
4. On note :
a) Montrer que pour tout
b) En déduire que le gradient
c) Soit
5. Soit
a) Montrer que la matrice
b) Montrer que lorsque la matrice
6. Montrer que si la fonction
7. On suppose que la matrice
a) Montrer que
b) Établir que
Partie III. Une décomposition d'une matrice rectangulaire
Afin de réduire les inconvénients liés à l'inversion de la matrice
G(X) , on remplace celle-ci par la matrice
G(X) + μI , où
μ désigne un paramètre réel strictement positif, et
I la matrice identité d'ordre
p . Certains résultats d'algèbre linéaire permettent alors de substituer à l'inversion d'une matrice, le calcul plus simple d'une somme de matrices.
Soit
J une matrice non nulle de
M_(n, p)(ℝ) .
- Montrer qu'il existe une matrice
V orthogonale deM_p(ℝ) , un entierq tel que1 ⩽ q ⩽ p , et des réelsλ_1, λ_2, …, λ_q tels queλ_1 ⩾ λ_2 ⩾ ⋯ ⩾ λ_q > 0 , qui vérifient l'égalité :^t V^t JJV = D , oùD = (d_(i, j))_(1 ⩽ i, j ⩽ p) est définie par :d_(i, i) = λ_i si1 ⩽ i ⩽ q , etd_(i, j) = 0 sinon. Siq < p , on pose :λ_(q + 1) = ⋯ = λ_p = 0 .
Pour touti de[ [1, p] ] , on noteV_i lai -ième colonne deV . - a) Montrer que le rang de
^t JJ est égal àq .
b) Montrer que, pour touti de[ [1, q] ], JV_i est un vecteur propre de la matriceJ^t J associé à la valeur propreλ_i . En déduire que les matrices^t JJ etJ^t J ont les mêmes valeurs propres non nulles.
c) Soit(Y_1, …, Y_r) une base du sous-espace propre de^t JJ associée à une valeur propreλ non nulle. Montrer que la famille (JY_1, …, JY_r ) est une famille libre deM_(n, 1)(ℝ) .
d) En déduire que les sous-espaces propres de^t JJ et deJ^t J associés à la même valeur propre non nulle sont de même dimension, et que le rang deJ^t J est égal àq . - On pose, pour tout
i de[ [1, q] ] : U_i = 1/(√(λ_i))JV_i .
a) Montrer que la famille(U_1, …, U_q) est une famille orthonormée de vecteurs propres deJ^t J .
b) En déduire qu'il existe une base orthonormée(U_1, …, U_q, U_(q + 1), …, U_n) deM_(n, 1)(ℝ) , formée de vecteurs propres deJ^t J . - On note
U la matrice deM_n(ℝ) telle que, pour touti de[ [1, n] ] , lai -ième colonne deU est la matrice-colonneU_i deM_(n, 1)(ℝ) .
SoitS = (s_(i, j))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ p) la matrice deM_(n, p)(ℝ) définie par :s_(i, i) = √(λ_i) si1 ⩽ i ⩽ p ets_(i, j) = 0 sinon.
Établir l'égalité matricielle suivante :S = ℧JV . En déduire l'égalité :J = US^t V . - a) Montrer que la matrice
(^t JJ + μI) est inversible.
b) On noteR = (r_(i, j))_(1 ⩽ i ⩽ p; 1 ⩽ j ⩽ n) la matrice deM_(p, n)(ℝ) définie par :r_(i, i) = (√(λ_i))/(λ_i + μ) si1 ⩽ i ⩽ p etr_(i, j) = 0 sinon.
Établir la formule suivante :
(^t JJ + μI)^(− 1) × ^t J = VR^t U .
c) En déduire l'égalité :(^t JJ + μI)^(− 1) × ^t J = ∑_(i = 1)^q(√(λ_i))/(λ_i + μ)V_i^t U_i
6. SoitX un vecteur fixé de
ℝ^p vérifiant:
∇F(X) ≠ 0 .
c) En déduire l'égalité :
6. Soit
Pour tout vecteur
h de
ℝ^p , on pose :
M(h) = L(h) + μ/2‖h‖^2 .
a) Montrer que :lim_(‖h‖ → 0)(F(X + h) − M(h))/(‖h‖) = 0 .
b) Calculer, pour touth de
ℝ^p , le gradient
∇M(h) et la matrice hessienne
∇^2 M(h) de
M en
h .
c) En appliquant les résultats des questions précédentes à la matriceJ(X) , montrer que
M admet un unique point critique
h^⋆ . Donner une expression de
h^⋆ qui utilise les résultats de la question 5.c.
d) Montrer queM admet un minimum local en
h^⋆ .
a) Montrer que :
b) Calculer, pour tout
c) En appliquant les résultats des questions précédentes à la matrice
d) Montrer que
À partir de ce minimum local
h^⋆ de
M (ou du minimum local
hˆ de
L ), on pourrait utiliser une méthode algorithmique permettant, sous certaines conditions, d'approcher avec une précision donnée un minimum local de la fonction
F
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