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BCE Maths approfondies ESSEC ECS 2006Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2006

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Annale de maths approfondies BCE ESSEC pour la filiere ECS, session 2006.

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281
CONCOURS D'ADMISSION DE 2006
ESSECM1_S

Option scientifique

MATHEMATIQUES I

Lundi 15 mai 2006 de 8h à 12h
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document ; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Dans tout ce problème, la lettre n désigne un entier supérieur ou égal à 2 et on note [ [1, n] ] l'ensemble {1, 2, …, n}.
On rappelle qu'une permutation de [ [1, n] ] est une bijection de [ [1, n] ] sur lui-même.
Par ailleurs, on note :
  • 𝔖_n l'ensemble des permutations de [ [1, n] ];
  • M_n(ℝ) l'espace vectoriel des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels ;
  • M_(p, q)(ℝ) l'espace vectoriel des matrices à p lignes, q colonnes à coefficients réels ;
  • m_(i, j) l'élément générique d'une matrice M, c'est-à-dire le réel situé à l'intersection de la i^(ème) ligne et de la j^(ème) colonne de M;
  • ^t M la transposée d'une matrice M.
Lorsque σ appartient à 𝔖_n, on appelle matrice de la permutation σ la matrice de M_n(ℝ) notée P_σ dont le terme générique p_(i, j) vérifie : ∀(i, j) ∈ [ [1, n] ]^2 p_(i, j) = 1 si σ(i) = j et p_(i, j) = 0 sinon.
Par exemple, pour n = 3 et σ ∈ S_3 définie par σ(1) = 2, σ(2) = 3, σ(3) = 1, P_σ = (0, 1, 0; 0, 0, 1; 1, 0, 0).
On s'intéresse dans un premier temps à l'ensemble E_n des matrices M appartenant à M_n(ℝ) vérifiant la propriété suivante : ∀i ∈ [ [1, n] ], ∀j ∈ [ [1, n] ] ∑_(k = 1)^n m_(i, k) = ∑_(k = 1)^n m_(k, j).
Dans ce cas, leur valeur commune sera notée ω(M).

PARTIE I : Etude de l'ensemble E_n

On note J la matrice d'ordre n dont tous les coefficients sont égaux à 1 c'est-à-dire égale à (1, …, 1; ⋮, ⋱, ⋮; 1, ⋯, 1) et U la matrice colonne à n lignes égale à (1; ⋮; 1).
  1. Généralités.
    a) Montrer que E_n est un sous espace vectoriel de M_n(ℝ) et que l'application ω : E_n → ℝ M ↦ ω(M) en est une forme linéaire.
    b) Lorsque M ∈ M_n(ℝ), établir que : M ∈ E_n si et seulement si U est vecteur propre commun à M et ^t M associé à une même valeur propre.
    c) Vérifier que E_n est stable pour le produit matriciel et préciser ω(MN) en fonction de ω(M) et ω(N) lorsque M et N appartiennent à E_n.
  2. Dimension de E_n.
    a) Montrer que le noyau de ω et la droite vectorielle engendrée par J sont supplémentaires dans E_n.
    b) Pour (r, s) ∈ [ [2, n] ]^2, on note A_(r, s) la matrice de E_n dont tous les éléments sont nuls sauf les quatre éléments : a_(1, 1), a_(r, s), a_(1, s), a_(r, 1) qui sont tels que : a_(1, 1) = a_(r, s) = 1 et a_(1, s) = a_(r, 1) = − 1. Montrer que la famille (A_(r, s))_((r, s) ∈ [ [2, n] ]^2) est libre puis qu'elle est génératrice du noyau de ω. En déduire la dimension de E_n.
  3. Une famille génératrice de E_n.
    a) Établir que pour toute permutation σ de [ [1, n] ], la matrice P_σ appartient à E_n et que les matrices P_σ sont les seules matrices M de E_n telles que ω(M) = 1 n'admettant qu'un seul élément non nul par ligne et par colonne.
    b) Écrire la matrice P_σ correspondant à la permutation σ de 𝔖_n définie par :
∀k ∈ [ [1, n − 1] ] σ(k) = k + 1 et σ(n) = 1
Préciser les matrices : (P_σ)^2, (P_σ)^3, …, (P_σ)^n.
c) Exprimer J comme combinaison linéaire de matrices de permutations . Faire de même avec chaque matrice du type A_(r, s) quand (r, s) ∈ [ [2, n] ]^2 : on pourra se limiter aux matrices A_(2, 2) et A_(3, 2) (si n ≥ 3 ) et donner une décomposition explicite de ces deux matrices en combinaison linéaire de matrices de permutations.
d) Prouver qu'il existe (n − 1)^2 + 1 permutations σ_1, σ_2, …, σ_((n − 1)^2 + 1) de [ [1, n] ] telles que
(P_(σ_1), P_(σ_2), ⋯, P_(σ_((n − 1)^2 + 1))) soit une base de E_n.
Que représente la somme des composantes d'une matrice M de E_n relativement à cette base ?

Les deux parties suivantes du problème sont indépendantes de la partie I

On s'intéresse dans toute la suite du problème à l'ensemble des matrices M de E_n dont tous les éléments m_(i, j) sont positifs ou nuls. On note E_n^+cet ensemble.

PARTIE II: Etude de l'ensemble E_n^+

  1. Montrer que E_n^+est stable pour le produit matriciel et que pour toute famille ( σ_1, σ_2, …, σ_p ) de permutations de [ [1, n] ] et toute famille (α_1, α_2, ⋯, α_p) de réels positifs ou nuls ∑_(k = 1)^p α_k P_(σ_k) ∈ E_n^+

Dans cette partie, on admettra que:

∀M ∈ E_n^+∖{0} ∃σ ∈ 𝔖_n telle que m_(1, σ(1))m_(2σ(2)), m_(n, σ(n)) > 0
  1. a) On suppose que σ est une telle permutation associée à M ∈ E_n^+∖{0} et on désigne par
c = min{m_(1, σ(1)), m_(2, σ(2)), …, m_(n, σ(n))}. Montrer que : M − cP_σ ∈ E_n^+
b) En déduire que pour toute matrice M de E_n^+∖{0}, il existe p ∈ ℕ^∗, p permutations σ_1, σ_2, …, σ_p de [ [1, n] ] et p réels α_1, α_2, …, α_p strictement positifs tels que : M = ∑_(k = 1)^p α_k P_(σ_k)
c) Montrer qu'une matrice de E_n^+possédant au moins n^2 − n + 1 termes nuls est nulle ; en déduire que : 1 ⩽ p ⩽ n^2 − n + 1.
d) Exemple : lorsque M = (3, 1, 2; 3, 1, 2; 0, 4, 2), exprimer M comme combinaison linéaire à scalaires strictement positifs de matrices de permutations de [ [1, 3] ].
3) Une application : L'espace vectoriel ℝ^n est muni de sa structure euclidienne canonique et on note ⟨x|y⟩ le produit scalaire de deux vecteurs x et y de ℝ^n
On désigne par (u_1, u_2, …., u_n) et (v_1, v_2, …, v_n) deux bases orthonormales de ℝ^n_(..)
a) Vérifier que la matrice M_(u, v) = (⟨v_i|u_j⟩^2) appartient à E_n^+et donner la valeur de ω(M_(u, v)). Lorsque σ est une permutation de [ [1, n] ], préciser M_(u, v) dans le cas où (v_1, v_2, …, v_n) = (u_(σ(1)), u_(σ(2)), …, u_(σ(n))).
b) On introduit l'endomorphisme symétrique s de ℝ^n dont (u_1, u_2, …, u_n) est une base orthonormale de diagonalisation et de valeurs propres respectivement associées λ_1, λ_2, …, λ_n.
On note Λ la matrice colonne (λ_1; ⋮; λ_n).
Montrer l'égalité matricielle : (⟨s(v_1)|v_1⟩; ⋮; ⟨s(v_n)|v_n⟩) = M_(u, v)Λ.
c) En utilisant la question II 2) b), établir que pour toute forme linéaire f de M_(n, 1)(ℝ), il existe deux permutations σ et σ^′ de [ [1, n] ] vérifiant : f(P_σ Λ) ⩽ f(M_(u, v)Λ) ⩽ f(P_(σ^′)Λ).
d) On suppose que : λ_1 ⩽ λ_2 ⩽ … ⩽ λ_n et r ∈ [ [1, n] ].
Trouver une forme linéaire f permettant d'en déduire les inégalités :
∑_(k = 1)^r λ_k ⩽ ∑_(k = 1)^r⟨s(v_k)|v_k⟩ ⩽ ∑_(k = 1)^r λ_(n − r + k)
Que représente le terme ⟨s(v_k)|v_k⟩ dans la matrice de s relativement à la base (v_1, v_2, …, v_n) et pouvez- vous donner une interprétation matricielle des inégalités obtenues ci- dessus ?

PARTIE III

L'objet de cette dernière partie est la justification du résultat admis dans la partie II 1). Lorsque (p, q) ∈ [ [1, n] ]^2, on appelle sous-matrice de type (p, q) de la matrice M appartenant à M_n(ℝ) toute matrice extraite de M en supprimant de Mn − p lignes et n − q colonnes.
  1. Lorsque σ est une permutation de [ [1, n] ] et M un élément de M_n(ℝ), expliciter le terme générique des matrices P_σ M et MP_(σ^(− 1)). Comment obtient-on ces deux matrices à partir de M ?
  2. On suppose que M appartient à M_n(ℝ) et qu'elle contient une sous-matrice nulle de type ( p, q ).
    a) Montrer que : ∃σ, σ^′ deux permutations de [ [1, n] ] telles que P_σ MP_(σ^′) = (X, 0; Z, Y) avec
X ∈ M_(p, n − q)(ℝ), Z ∈ M_(n − p, n − q)(ℝ) et Y ∈ M_(n − p, q)(ℝ)
b) En déduire que si M appartient à E_n^+∖{0}, on a p + q ⩽ n.
3) On désire établir la propriété (P_n) suivante : si M appartient à M_n(ℝ) et vérifie l'hypothèse (H_n) : ∀σ ∈ 𝔖_n m_(1, σ(1))m_(2, σ(2))…m_(n, σ(n)) = 0, alors M contient au moins une sous- matrice nulle de type ( p, q ) avec p + q = n + 1.
a) Le vérifier pour n = 2.
b) n étant supérieur ou égal à 3 , on suppose que la propriété (P_k) est vérifiée pour tout k ∈ [ [2, n − 1] ]. On désigne par M une matrice appartenant à M_n(ℝ) et vérifiant ( H_n ).
  • Établir que M contient une sous-matrice de type (n − 1, n − 1) vérifiant (H_(n − 1)).
  • En déduire que : ∃τ, τ^′ ∈ 𝔖_n, ∃p, q/p + q = n tels que P_τ MP_(τ^′) = (X, 0; Z, Y) avec
X ∈ M_p(ℝ), Z ∈ M_(q, p)(ℝ) et Y ∈ M_q(ℝ).
  • Montrer que X vérifie (H_p) ou Y vérifie (H_q).
  • En déduire alors que M contient une sous-matrice nulle de type ( p^′, q^′ ) telle que p^′ + q^′ = n + 1 et conclure.
  1. Montrer alors, à l'aide de 2) b) que : ∀M ∈ E_n^+∖{0} ∃σ ∈ 𝔖_n telle que m_(1, σ(1))m_(2, σ(2))…m_(n, σ(n)) > 0.

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