CCINP Mathématiques 2 MP 2002Sujet et corrigé
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CCP MP 2002, Math. II
Introduction
Dans tout ce problème, les espaces vectoriels seront des
ℝ -espaces vectoriels. On appelle algèbre tout
ℝ -espace vectoriel
𝔸 qui est muni d'une opération interne nommée multiplication ou produit. Cette multiplication est associative, et vérifie la propriété de distributivité :
ainsi que :
On suppose de plus qu'il existe un élément noté 1 ou
1_A et appelé élément neutre pour le produit, tel que :
Enfin si cette multiplication est commutative, l'algèbre est dite commutative. La dimension d'une algèbre est sa dimension en tant qu'espace vectoriel. Une sous-algèbre de
𝔸 est un sous-ensemble non vide de
𝔸 qui est lui-même une algèbre (pour les mêmes opérations) et qui possède le même élément neutre que
𝔸 . Pour que
𝔹 soit une sous-algèbre de
𝔸 , il suffit que ce soit un sous-espace vectoriel de
𝔸 , qu'il contienne 1 et que:
On appelle morphisme d'algèbre entre deux algèbres
𝔸 et B , toute application linéaire f de
𝔸 dans
B qui vérifie en plus:
Un morphisme d'algèbre qui est une bijection est appelé isomorphisme d'algèbre. On vérifie alors que son application réciproque est également un morphisme d'algèbre. On dira que deux algèbres sont isomorphes s'il existe un isomorphisme d'algèbre entre les deux. Dans tout le problème, n désigne un entier strictement positif. Dans ce cas,
M_n(ℝ) est l'espace vectoriel des matrices carrées à n lignes et n colonnes et à coefficients réels; c'est une algèbre pour les opérations habituelles. L'élément neutre pour le produit est la matrice de l'identité, notée
I_n . La trace d'une matrice
A = (a_(ij))_(1 ⩽ i, j ⩽ n) est:
C'est la somme des éléments diagonaux de la matrice
A . Une matrice scalaire est une matrice de la forme
λI_n , où
λ est un réel. Une matrice diagonale est une matrice dont les éléments non diagonaux sont tous nuls. L'ensemble des matrices scalaires et l'ensemble des matrices diagonales forment chacun une sous-algèbre de
M_n(ℝ) .
Ce problème étudie certaines propriétés des algèbres, et, en particulier, s'intéresse aux algèbres qui sont des corps, c'est-à-dire dans lesquelles tout élément non nul admet un inverse pour le produit.
Ce problème étudie certaines propriétés des algèbres, et, en particulier, s'intéresse aux algèbres qui sont des corps, c'est-à-dire dans lesquelles tout élément non nul admet un inverse pour le produit.
Partie I: Étude d'un exemple
Vérifier que
𝔸 est une algèbre de dimension deux, sous-algèbre de
M_2(ℝ) .
3^∘ ) Montrer que
𝔸 contient une matrice
B telle que
B^2 = − I_2 si, et seulement si,
(trA)^2 < 4detA .
4^∘ ) Vérifier qu'alors
I_2 et
B forment une base de
𝔸 et en déduire un isomorphisme d'algèbre entre
A et le corps
ℂ des nombres complexes.
5^∘ ) On suppose que
A est non scalaire et vérifie:
(trA)^2 = 4detA . Déterminer toutes les matrices de
𝔸 telles que
M^2 = 0 , et en déduire que
𝔸 n'est pas un corps.
6^∘ ) Soit
B une matrice non scalaire de
M_2(ℝ) . On lui associe l'algèbre
𝔹 comme dans I.2. Démontrer que si
A et
B sont semblables,
𝔸 et
𝔹 sont des algèbres isomorphes.
7^∘ ) On suppose que
𝔸 est telle que:
(trA)^2 > 4detA Vérifier que
𝔸 est diagonalisable de valeurs propres distinctes. En déduire que
𝔸 est isomorphe à l'algèbre des matrices diagonales. Est-ce que
𝔸 est un corps?
Partie II: Quelques résultats généraux
Soit
𝔻 une algèbre de dimension finie
n .
1^∘ ) Soit
a un élément de
𝔻 , démontrer que l'application
φ_a , définie par:
est un endomorphisme de l'espace vectoriel
𝔻 .
2^∘ ) On note
B une base de
𝔻 .
Mat_B(φ_a) désigne la matrice de l'endomorphisme
φ_a , dans la base
B . Démontrer que l'application :
est un morphisme injectif d'algèbres. Vérifier que
Ψ(𝔻) est une sous-algèbre de
M_n(ℝ) et en déduire que
𝔻 est isomorphe à une sous-algèbre de
M_n(ℝ) .
3^∘ ) On suppose que
𝔻 = ℂ , corps des nombres complexes. On munit
ℂ , considéré comme
ℝ -espace vectoriel, de la base
B = (1, i) . Pour tout nombre complexe
z = a + ib , (
a et
b réels), écrire la matrice
Mat_B(φ_z) .
4^∘ ) Soit maintenant
𝔸 une sous-algèbre de
M_n(ℝ) . On s'intéresse à quelques cas où on peut affirmer que
𝔸 est, ou n'est pas, un corps.
a) On suppose que𝔸 contient une matrice non scalaire
A qui a une valeur propre réelle
λ . Montrer que
𝔸 ne peut pas être un corps. On utilisera une matrice bien choisie, combinaison linéaire de
I_n et de
A .
b) En déduire que si𝔸 contient une matrice diagonalisable ou trigonalisable non scalaire, elle ne peut pas être un corps.
c) On suppose que𝔸 est intègre, c'est-à-dire que:
a) On suppose que
b) En déduire que si
c) On suppose que
Montrer que, si
A est une matrice non nulle de
𝔸 , l'application
Φ_A : X ↦ AX est un isomorphisme de l'espace vectoriel
𝔸 . En déduire que
𝔸 est un corps.
Partie III : L'algèbre des quaternions
On suppose qu'il existe deux matrices
A et
B de
M_n(ℝ) telles que :
(a) que les quatre matrices
(b) que
On pose également
C = AB .
a) Vérifier que les matricesA et
B satisfont la condition (*). On appellera donc
ℍ le sous- espace vectoriel de
M_4(ℝ) engendré par
I_4, A, B et
C = AB . Ses éléments sont appelés quaternions. La base (
I_4, A, B, C ) de
ℍ sera notée
B .
b) SoitM une matrice non nulle de
ℍ , vérifier que
^t M ∈ ℍ ; quel lien y a t-il entre
M^(− 1) et
^t M ?
a) Vérifier que les matrices
b) Soit
Partie IV : Les automorphismes de l'algèbre des quaternions
a) Commencer par examiner le cas où
b) On suppose maintenant que
où
P est un élément non nul de
ℍ . On pourra observer qu'un tel isomorphisme est déterminé par l'image de
A et de
B , et commencer par chercher les isomorphismes qui laissent
A invariante.
Fin de l'énoncé.
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