CCINP Mathématiques 2 MP 2001Sujet et corrigé
Utilisation des matrices compagnon
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CONCOURS COMMUNS POLYTECHNIQUES
ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE MP
MATHÉMATIQUES 2
DURÉE : 4 heures
Les calculatrices programmables et alphanumériques sont autorisées, sous réserve des conditions définies dans la circulaire n99-186 du 16/11/99.
UTILISATIONS DES MATRICES COMPAGNON
Notations et définitions:
Dans tout le problèmeK désigne
ℝ ou
ℂ et
n est un entier naturel.
Siu est un endomorphisme d'un
K -espace vectoriel
E , on note
u^0 = id_E et
∀n ∈ ℕ, u^(n + 1) = u^n ∘ u .
On noteK_n[X] la
K -algèbre des polynômes de degré inférieur ou égal à
n, M_n(K) la
K -algèbre des matrices carrées de taille
n à coefficients dans
K de matrice unité
I_n et
GL_n(K) le groupe des matrices inversibles de
M_n(K) ; les éléments de
M_n(K) sont notés
M = (m_(i, j)) .
Dans tout le problème
Si
On note
Pour une matrice
A de
M_n(K) , on note
^t A la transposée de la matrice
A, rg(A) son rang,
χ_A = det(A − XI_n) son polynôme caractéristique et
Sp(A) l'ensemble de ses valeurs propres.
Si
P = X^n + a_(n − 1)X^(n − 1) + … + a_1 X + a_0 est un polynôme unitaire de
K_n[X] on lui associe
(c'est-à-dire la matrice
C_P = (c_(i, j)) est définie par
c_(i, j) = 1 pour
i − j = 1, c_(i, n) = − a_(i − 1) et
c_(i, j) = 0 dans les autres cas).
Les parties II. III. et IV. utilisent les résultats de la partie I. et sont indépendantes entre elles.
I. Propriétés générales
I. Propriétés générales
Dans cette partie on considère le polynôme
P = X^n + a_(n − 1)X^(n − 1) + … + a_1 X + a_0 de
K_n[X] et
C_P sa matrice compagnon associée.
- Montrer que
C_P est inversible si et seulement siP(0) ≠ 0 . - Calculer le polynôme caractéristique de la matrice
C_P et déterminer une constantek telle queχ_(C_p) = kP . - Soit
Q un polynôme deK_n[X] , déterminer une condition nécessaire et suffisante pour qu'il existe une matriceA deM_n(K) telle queχ_A = Q . - On note
^t C_P la transposée de la matriceC_P .
(a) Justifier la proposition :Sp(C_P) = Sp(^t C_P) .
(b) Soitλ élément deSp(^t C_P) , déterminer le sous-espace propre de^t C_P associé àλ .
(c) Montrer que^t C_P est diagonalisable si et seulement siP est scindé surK et a toutes ses racines simples.
(d) On suppose queP admetn racinesλ_1, λ_2, …, λ_n deux à deux distinctes, montrer que^t C_P est diagonalisable et en déduire que le déterminant de Vandermonde|1, 1, ⋅, ⋅; λ_1, λ_2, ⋅, ⋅; λ_1^2, λ_2^2, ⋅, ⋅; ⋅, ⋅, ⋅, λ_n^2; λ_1^(n − 1), λ_2^(n − 1), ⋅, ⋅; ⋅, λ_n^(n − 1)| est non nul. - Exemples :
(a) Déterminer une matriceA (dont on précisera la taillen ) vérifiant :
(b) Soit
E un
K -espace vectoriel de dimension
n et
f un endomorphisme de
E vérifiant :
f^(n − 1) ≠ 0 et
f^n = 0 ; montrer que l'on peut trouver une base de
E dans laquelle la matrice de
f est une matrice compagnon que l'on déterminera.
II. Localisation des racines d'un polynôme
Soit
A = (a_(i, j)) une matrice de
M_n(ℂ) , on pose pour tout entier
1 ⩽ i ⩽ n :
Pour
X = (x_1; x_2; .; x_n) ∈ M_(n, 1)(ℂ) , on note
‖X‖_∞ = max_(1 ⩽ i ⩽ n)|x_i| .
6. Soitλ ∈ Sp(A) et
X = (x_1; x_2; .; x_n) un vecteur propre associé à
λ .
6. Soit
Montrer que pour tout entier
1 ⩽ i ⩽ n : |λx_i| ⩽ r_i‖X‖_∞ .
7. Démontrer queSp(A) ⊂ ⋃_(i = 1)^n D_k .
8. SoitP = X^n + a_(n − 1)X^(n − 1) + … + a_1 X + a_0 un polynôme de
ℂ[X] , établir que toutes les racines de
P sont dans le disque fermé de centre 0 et de rayon
R = max{|a_0|, 1 + |a_1|, 1 + |a_2|, …, 1 + |a_(n − 1)|} .
9. Application :
7. Démontrer que
8. Soit
9. Application :
Soit
a, b, c et
d quatre entiers naturels distincts et non nuls, montrer que l'équation d'inconnue
n :
n'admet pas de solution sur
ℕ∖{0, 1} .
III. Suites récurrentes linéaires
On note
E = ℂ^ℕ l'espace vectoriel des suites de complexes et si
u est une suite de
E , on écrira
u(n) à la place de
u_n pour désigner l'image de
n par
u .
On considère le polynôme
P = X^p + a_(p − 1)X^(p − 1) + … + a_0 de
ℂ[X] avec
a_0 ≠ 0 et on lui associe le sous-espace vectoriel
F de
E formé des éléments
u vérifiant la relation :
- Montrer que si
λ est racine deP alors la suiten ↦ λ^n est élément deF . - Soit
φ l'application deF versℂ^p définie par :u ↦ (u(0), u(1), …, u(p − 1)) , montrer queφ est un isomorphisme d'espaces vectoriels. Quelle est la dimension deF ? - Pour tout entier
0 ⩽ i ⩽ p − 1 on définit les élementse_i deF par :
(a) Déterminer pour
0 ⩽ i ⩽ p − 1e_i(p) .
(b) Montrer que le système de vecteurs(e_0, e_1, …, e_(p − 1)) est une base de
F .
(c) Soitu un élément de
F , établir que
u = ∑_(i = 0)^(p − 1)u(i)e_i .
13. Siu est un élément de
E , on définit l'élément
f(u) de
E par
: f(u) : n ↦ u(n + 1) . Montrer que l'application
f ainsi définie est un endomorphisme de
E et que
F est stable par
f .
14. Sig est l'endomorphisme de
F induit par
f , montrer que la matrice de
g dans la base (
e_0, e_1, …, e_(p − 1) ) est
^t C_P .
15. On suppose queP admet
p racines non nulles et deux à deux distinctes :
λ_0, λ_1, …, λ_(p − 1) .
(a) Déterminer une base deF formée de vecteurs propres de
g .
(b) En déduire que, siu est élément de
F , il existe des constantes complexes
k_0, k_1, …, k_(p − 1) telles que:
∀n ∈ ℕ, u(n) = k_0 λ_0^n + k_1 λ_1^n + … + k_(p − 1)λ_(p − 1)^n .
16. Exemple : (On revient à la notation usuelleu_n )
(b) Montrer que le système de vecteurs
(c) Soit
13. Si
14. Si
15. On suppose que
(a) Déterminer une base de
(b) En déduire que, si
16. Exemple : (On revient à la notation usuelle
Soit
a, b et
c trois réels distincts.
Déterminer une base de l'espace vectoriel des suites définies paru_0, u_1 et
u_2 et par la relation de récurrence valable pour tout
n ∈ ℕ :
Déterminer une base de l'espace vectoriel des suites définies par
IV. Matrices vérifiant :
rg(U − V) = 1
Dans cette partie, pour une matrice
A , on notera
C_A la matrice compagnon du polynôme
(− 1)^n χ_A .
17. Une matriceA est-elle nécessairement semblable à la matrice compagnon
C_A ?
17. Une matrice
Pour tout couple (
U, V ) de matrices de
GL_n(K) , on considère les deux propositions suivantes, que l'on identifie chacune par un symbole:
(): rg(U − V) = 1
(^(∗∗)) : Il existe une matrice inversible
P telle que
U = P^(− 1)C_U P et
V = P^(− 1)C_V P .
18. Montrer qu'un couple (U, V ) de matrices distinctes de
GL_n(K) vérifiant (**) vérifie ().
19. Déterminer un couple (U, V ) de matrices de
GL_2(K) (
n = 2 ) vérifiant (*) mais ne vérifiant pas (**) et déterminer le plus grand commun diviseur des polynômes
χ_U et
χ_V .
()
18. Montrer qu'un couple (
19. Déterminer un couple (
Dans la suite de cette partie, (
U, V ) est un couple de matrices de
GL_n(K) vérifiant (*) et tel que
χ_U et
χ_V sont deux polynômes premiers entre eux.
SoitE un
K -espace vectoriel de dimension
n et de base
B , on désigne par
u et
v les automorphismes de
E tels que
U (respectivement
V ) soit la matrice de
u (respectivement
v ) dans la base
B .
Enfin on poseH = Ker(u − v) .
20. Montrer queH est un hyperplan vectoriel de
E .
21. SoitF ≠ {0} un sous-espace vectoriel de
E stable par
u et par
v c'est-à-dire :
Soit
Enfin on pose
20. Montrer que
21. Soit
On notera
u_F (respectivement
v_F ) l'endomorphisme induit par
u (respectivement
v ) sur
F . On rappelle que
χ_(u_F) divise
χ_u .
(a) Montrer queF n'est pas inclus dans
H .
(b) On suppose queF ≠ E , montrer que
F + H = E puis que l'on peut compléter une base
B_F de
F par des vecteurs de
H pour obtenir une base
B^′ de
E . En utilisant les matrices de
u et
v dans la base
B^′ montrer que l'on aboutit à une contradiction.
(c) Quels sont les seuls sous-espaces stables à la fois paru et par
v ?
22. Pourj ∈ ℕ , on note
G_j = {x ∈ E, u^j(x) ∈ H} .
(a) Montrer que les sous-espacesG_j sont des hyperplans vectoriels de
E .
(b) Montrer que⋂_(j = 0)^(n − 2)G_j ≠ {0} .
(c) Soity un vecteur non nul de
⋂_(j = 0)^(n − 2)G_j , on pose pour
0 ⩽ j ⩽ n − 1 : e_j = u^j(y) .
(a) Montrer que
(b) On suppose que
(c) Quels sont les seuls sous-espaces stables à la fois par
22. Pour
(a) Montrer que les sous-espaces
(b) Montrer que
(c) Soit
Montrer que
B^(′′) = (e_0, e_1, …, e_(n − 1)) est une base de
E .
(On pourra considérerF = Vect{y, u(y), …, u^(p − 1)(y)} où
p est le plus grand entier naturel non nul pour lequel la famille (
y, u(y), …, u^(p − 1)(y) ) est libre).
(d) Montrer que la matrice deu (respectivement
v ) dans
B^(′′) est
C_U (respectivement
C_V ).
(e) Conclure.
23. Application :
(On pourra considérer
(d) Montrer que la matrice de
(e) Conclure.
23. Application :
Soit
u et
v deux automorphismes d'un
K -espace vectoriel
E de dimension
n vérifiant :
En utilisant une action de groupe, montrer que le groupe engendré par
u et
v est fini de cardinal inférieur ou égal à (
2n )!.
Fin de l'énoncé.
Pas de description pour le moment
