CCINP Mathématiques 2 MP 2013Sujet, corrigé et rapport du jury
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP
MATHEMATIQUES 2
Durée : 4 heures
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Les calculatrices sont autorisées
Le sujet est composé d'un exercice et d'un problème indépendants.
Exercice : points à coordonnées entières sur une hyperbole
On munit le plan d'un repère orthonormé. On considère la conique
H d'équation cartésienne :
- Tracer l'allure de l'hyperbole
H . On précisera les tangentes aux points d'ordonnée nulle ainsi que les branches infinies. - Ecrire un algorithme en français qui renvoie les éventuels couples d'entiers naturels (
x, y ) vérifiant :
- Programmer cet algorithme sur calculatrice et donner les couples d'entiers naturels (
x, y ) solutions du système (I). On ne demande pas d'écrire le programme sur la copie.
Problème : matrices «toutes-puissantes»
Notations et objectifs
Dans tout le texte,
𝕂 désigne le corps
ℝ ou
ℂ et
p un entier naturel non nul.
On noteM_p(𝕂) le
𝕂 -espace vectoriel des matrices carrées de taille
p à coefficients dans
𝕂 et
I_p la matrice unité de
M_p(𝕂) .
On pourra confondreM_1(𝕂) et
𝕂 .
Une matriceN de
M_p(𝕂) est dite nilpotente s'il existe un entier naturel
r tel que
N^r = 0 .
SiM_1, …, M_k sont des matrices carrées, la matrice
diag(M_1, …, M_k) désigne la matrice diagonale par blocs dont les blocs diagonaux sont
M_1, …, M_k .
SiE est un
𝕂 -espace vectoriel, on note
id_E l'application identité sur
E .
Enfin, on note𝕂[X] la
𝕂 -algèbre des polynômes à coefficients dans
𝕂 .
On dit qu'une matriceA de
M_p(𝕂) est «toute-puissante sur
𝕂 » et on notera en abrégé TPK si, pour tout
n ∈ ℕ^∗ , il existe une matrice
B de
M_p(𝕂) telle que
A = B^n .
On noteT_p(𝕂) l'ensemble des matrices de
M_p(𝕂) toutes-puissantes sur
𝕂 :
On note
On pourra confondre
Une matrice
Si
Si
Enfin, on note
On dit qu'une matrice
On note
L'objectif principal du sujet est d'établir le résultat suivant :
toute matrice inversible deM_p(ℂ) est TPC.
Dans la partieI , on traite quelques exemples et contre-exemples.
Dans la partie II, on montre que, dans le cas où le polynôme caractéristique de la matriceA est scindé, on peut ramener l'étude au cas des matrices de la forme
λI_p + N avec
N nilpotente.
Dans la partie III, on traite le cas des matrices unipotentes c'est-à-dire de la formeI_p + N avec
N nilpotente et on en déduit le théorème principal.
Les parties I et II sont dans une large mesure indépendantes. La partie III utilise les résultats des parties précédentes.
toute matrice inversible de
Dans la partie
Dans la partie II, on montre que, dans le cas où le polynôme caractéristique de la matrice
Dans la partie III, on traite le cas des matrices unipotentes c'est-à-dire de la forme
Les parties I et II sont dans une large mesure indépendantes. La partie III utilise les résultats des parties précédentes.
Partie I : quelques exemples
- Le cas de la taille 1
(a) Démontrer queT_1(ℝ) = [0, + ∞[ .
(b) Soientn ∈ ℕ^∗ etb = re^(iθ) avecr > 0 etθ ∈ ℝ . Donner les racinesn -ièmes du nombre complexeb , c'est-à-dire les solutions de l'équationz^n = b d'inconnuez ∈ ℂ .
(c) En déduireT_1(ℂ) . - Une condition nécessaire...
(a) Démontrer que siA ∈ T_p(𝕂) , alorsdetA ∈ T_1(𝕂) .
(b) En déduire un exemple de matrice deM_2(ℝ) qui n'est pas TPR. - ...mais pas suffisante
Soit
A = (− 1, 0; 0, − 2) . Démontrer qu'il n'existe aucune matrice
B = (a, b; c, d) de
M_2(ℝ) telle que
A = B^2 . En déduire que la condition nécessaire de la question précédente n'est pas suffisante.
4. Un cas oùA est diagonalisable
4. Un cas où
Soit
A = (0, 3, 2; − 2, 5, 2; 2, − 3, 0) .
(a) Démontrer queA est diagonalisable sur
ℝ (le détail des calculs n'est pas demandé).
(b) Démontrer que la matriceA est TPR .
(c) Pour chacun des casn = 2 et
n = 3 , expliciter une matrice
B de
M_3(ℝ) vérifiant
B^n = A (on pourra utiliser la calculatrice).
5. Un exemple de nature géométrique
(a) Démontrer que
(b) Démontrer que la matrice
(c) Pour chacun des cas
5. Un exemple de nature géométrique
Soit
A = (− 1, 0; 0, − 1) .
(a) Justifier queA est la matrice d'une rotation vectorielle dont on précisera une mesure de l'angle.
(b) En déduire queA est TPR.
6. Le cas des matrices nilpotentes
(a) Justifier que
(b) En déduire que
6. Le cas des matrices nilpotentes
Soit
N une matrice nilpotente de
M_p(𝕂) .
(a) Déterminer le polynôme caractéristique deN , en déduire que
N^p = 0 .
(b) Démontrer que siN est TPK, alors
N est la matrice nulle.
(a) Déterminer le polynôme caractéristique de
(b) Démontrer que si
Partie II : le cas où le polynôme caractéristique est scindé
Dans toute cette partie,
A désigne une matrice de
M_p(𝕂) dont le polynôme caractéristique noté
χ_A est scindé sur
𝕂 , c'est-à-dire de la forme :
avec
k, r_1, …, r_k des entiers de
ℕ^∗ et
λ_1, …, λ_k les valeurs propres de
A , éléments de
𝕂 .
On noteB la base canonique de
𝕂^p et
u l'endomorphisme de
𝕂^p dont
A est la matrice dans la base
B .
Enfin, pouri ∈ {1, …, k} , on note
C_i = Ker(u − λ_i id_(𝕂^p))^(r_i) que l'on appelle sous-espace caractéristique de
u associé à la valeur propre
λ_i .
7. Démontrer que𝕂^p = C_1 ⊕ ⋯ ⊕ C_k .
8. (a) Soitv un endomorphisme de
𝕂^p qui commute avec
u et
Q un polynôme à coefficients dans
𝕂 . Démontrer que
KerQ(u) est stable par
v .
(b) En déduire que pour touti ∈ {1, …, k} , le sous-espace caractéristique
C_i est stable par
u .
On note ainsiu_(C_i) l'endomorphisme induit par
u sur
C_i .
9. Soiti ∈ {1, …, k} . Justifier que l'application
u_(C_i) − λ_i id_(C_i) est un endomorphisme de
C_i nilpotent.
10. En déduire que la matriceA peut s'écrire sous la forme :
On note
Enfin, pour
7. Démontrer que
8. (a) Soit
(b) En déduire que pour tout
On note ainsi
9. Soit
10. En déduire que la matrice
avec
P une matrice inversible de
M_p(𝕂) et pour tout
i ∈ {1, …, k}, p_i = dimC_i et
N_i est une matrice nilpotente de
M_(p_i)(𝕂) .
On rappelle quediag(λ_1 I_(p_1) + N_1, …, λ_k I_(p_k) + N_k) désigne la matrice diagonale par blocs de premier bloc
λ_1 I_(p_1) + N_1 , de deuxième bloc
λ_2 I_(p_2) + N_2 et de dernier bloc
λ_k I_(p_k) + N_k .
11. Démontrer que, si pour touti ∈ {1, …, k} la matrice
λ_i I_(p_i) + N_i est TPK, alors
A est elle-même TPK.
On rappelle que
11. Démontrer que, si pour tout
Partie III : le cas des matrices unipotentes
Soit
N une matrice nilpotente de
M_p(𝕂) . Nous allons montrer que la matrice unipotente
I_p + N est TPK.
On pourra confondre polynôme et fonction polynôme.
On rappelle que sif est une fonction, la notation
f(x) = o(x^p) signifie qu'il existe une fonction
ε tendant vers 0 en 0 telle que
f(x) = x^p ε(x) au voisinage de 0 .
12. Une application des développements limités
(a) SoitV un polynôme de
ℝ[X] tel que
V(x) = o(x^p) au voisinage de 0 .
On rappelle que si
12. Une application des développements limités
(a) Soit
Démontrer, à l'aide d'une division euclidienne, qu'il existe un polynôme
Q de
ℝ[X] tel que
V = X^p × Q .
(b) Soitn ∈ ℕ^∗ . Démontrer l'existence d'un polynôme
U de
ℝ[X] tel que l'on ait, au voisinage de 0 :
(b) Soit
(on pourra utiliser un développement limité de
(1 + x)^α ).
(c) En déduire que, pour toutn ∈ ℕ^∗ , il existe un polynôme
Q de
ℝ[X] tel que :
(c) En déduire que, pour tout
- Applications
(a) Démontrer que la matrice unipotenteI_p + N est TPK.
(b) Soitλ ∈ 𝕂 non nul. En déduire que siλ est TPK, alors la matriceλI_p + N est TPK - Le résultat annoncé
(a) Conclure que toute matrice inversible deM_p(ℂ) est TPC.
(b) Toute matrice deM_p(ℂ) est-elle TPC? - Donner un exemple de matrice de
M_4(ℝ) non diagonalisable et non inversible qui est TPR .
Fin de l'énoncé
Pas de description pour le moment
