CCINP Mathématiques 2 MP 2015Sujet, corrigé et rapport du jury
Téléchargements
Ces sujets peuvent vous intéresser
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP
MATHEMATIQUES 2
Durée : 4 heures
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Les calculatrices sont autorisées
Le sujet est composé de deux exercices et d'un problème tous indépendants.
EXERCICE I. INFORMATIQUE
Les algorithmes demandés doivent être écrits en Python. On sera très attentif à la rédaction et notamment à l'indentation du code.
Voici, par exemple, un code Python attendu si l'on demande d'écrire une fonction nommée maxi qui calcule le plus grand élément d'un tableau d'entiers :
def maxi(t):
"""Données: t un tableau d'entiers non vide
Résultat: le maximum des éléments de t"""
n =len(t) # la longueur du tableau t
maximum = t[0]
for k in range(1,n):
if t[k] > maximum:
maximum = t[k]
return maximum
L'instruction maxi (
[4, 5, 6, 2] ) renverra alors 6.
I.1. Donner la décomposition binaire (en base 2) de l'entier 21.
I.1. Donner la décomposition binaire (en base 2) de l'entier 21.
On considère la fonction mystere suivante:
def mystere(n, b):
"""Données: n > 0 un entier et b > 0 un entier
Résultat: ......."""
t = [] # tableau vide
while n > 0:
c = n % b
t.append(c)
n = n // b
return t
On rappelle que la méthode append rajoute un élément en fin de liste. Si l'on choisit par exemple
t = [4, 5, 6] , alors, après avoir exécuté
t .append (12), la liste
t a pour valeur
[4, 5, 6, 12] .
Pour
k ∈ ℕ^∗ , on note
c_k, t_k et
n_k les valeurs prises par les variables c , t et n à la sortie de la
k -ème itération de la boucle "while".
I.2. Quelle valeur est renvoyée lorsque l'on exécute mystere(256, 10) ?
I.2. Quelle valeur est renvoyée lorsque l'on exécute mystere
On recopiera et complétera le tableau suivant, en ajoutant les éventuelles colonnes nécessaires pour tracer entièrement l'exécution.
|
|
1 | 2 |
|
|
|
|
||
|
|
|
||
|
|
|
I.3. Soit
n > 0 un entier. On exécute mystere (
n, 10 ). On pose
n_0 = n .
I.3.a. Justifier la terminaison de la boucle while.
I.3.b. On notep le nombre d'itérations lors de l'exécution de mystere(n, 10). Justifier que pour tout
k ∈ [ [0, p] ] , on a
n_k ≤ n/(10^k) . En déduire, une majoration de
p en fonction de
n .
I.4. En s'aidant du script de la fonction mystere, écrire une fonction somme_chiffres qui prend en argument un entier naturel et renvoie la somme de ses chiffres. Par exemple, somme_chiffres (256) devra renvoyer 13.
I.5. Ecrire une version récursive de la fonction somme_chiffres, on la nommera somme_rec.
I.3.a. Justifier la terminaison de la boucle while.
I.3.b. On note
I.4. En s'aidant du script de la fonction mystere, écrire une fonction somme_chiffres qui prend en argument un entier naturel et renvoie la somme de ses chiffres. Par exemple, somme_chiffres (256) devra renvoyer 13.
I.5. Ecrire une version récursive de la fonction somme_chiffres, on la nommera somme_rec.
EXERCICE II. PROJECTION ORTHOGONALE
On considère
ℳ_2(ℝ) l'espace vectoriel euclidien des matrices carrées d'ordre 2 à coefficients réels muni du produit scalaire canonique défini pour
A et
B matrices de
ℳ_2(ℝ) par:
(A|B) = trace(^t AB) .
II.1. SiA = (a, b; c, d) et
A^′ = (a^′, b^′; c^′, d^′) sont deux matrices de
ℳ_2(ℝ) , que vaut le réel
(A|A^′) ?
II.2. On note𝒯 le sous-espace vectoriel formé des matrices triangulaires supérieures de
ℳ_2(ℝ) . Donner, pour le produit scalaire canonique, une base orthonormée de
𝒯 et de son orthogonal
𝒯^⊥ .
II.3. SiA = (1, 2; 3, 4) , déterminer le projeté orthogonal de la matrice
A sur
𝒯 , ainsi que la distance de la matrice
A à
𝒯 .
II.1. Si
II.2. On note
II.3. Si
PROBLEME III.
SURJECTIVITE DE L'APPLICATION EXPONENTIELLE DE
ℳ_n(ℂ) VERS GL
_n(ℝ)
On note, pour
n entier
n ≥ 2, ℳ_n(ℂ) l'espace vectoriel des matrices carrées d'ordre
n à coefficients complexes.
On notera
1 ≤ i, j ≤ n pour indiquer que :
1 ≤ i ≤ n et
1 ≤ j ≤ n .
Partie préliminaire
Une norme
‖ .
‖surl^′ espacevectorielℳ_n(ℂ) est une norme d'algèbre si elle vérifie la propriété :
pour tout couple de matrices(A, B) de
ℳ_n(ℂ), ‖AB‖ ≤ ‖A‖‖B‖ .
III.1. On note pourA = (a_(i, j)) élément de
ℳ_n(ℂ), ‖A‖_∞ = sup_(1 ≤ i, j ≤ n)|a_(i, j)| et
‖A‖ = n‖A‖_∞ .
pour tout couple de matrices
III.1. On note pour
L'application
‖ .
‖estunenormesurl^′ espacevectorielℳ_n(ℂ) . Démontrer que c'est une norme d'algèbre.
Dans la suite de cette partie préliminaire, on munit
ℳ_n(ℂ) de cette norme d'algèbre.
III.2. Justifier simplement qu'une série de vecteurs deℳ_n(ℂ) absolument convergente est convergente.
III.3. SiM est une matrice de
ℳ_n(ℂ) , établir que la série de réels positifs
∑‖1/(k!)M^k‖ converge et en déduire que la série de matrices
∑1/(k!)M^k converge.
III.2. Justifier simplement qu'une série de vecteurs de
III.3. Si
Si
M est une matrice de
ℳ_n(ℂ) , on notera
exp(M) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)1/(k!)M^k , exponentielle de la matrice
M .
Première partie
On pourra utiliser librement le résultat suivant:
siT est une matrice triangulaire de
ℳ_n(ℂ) dont les éléments diagonaux sont
λ_1, λ_2, …, λ_n , alors la matrice
exp(T) est une matrice triangulaire dont les éléments diagonaux sont
e^(λ_1), e^(λ_2), …, e^(λ_n) .
III.4. SiM est une matrice de
ℳ_n(ℂ) , rappeler pourquoi la matrice
M est trigonalisable et déterminer une relation entre
det(exp(M)) et
e^(tr(M)) .
III.5. Soit la matriceA = (3, 6, − 6; − 1, − 9, 11; 0, − 5, 7) .
si
III.4. Si
III.5. Soit la matrice
Donner le déterminant de la matrice
A . En déduire qu'il n'existe aucune matrice
B à coefficients réels vérifiant
B^2 = A et qu'il n'existe aucune matrice
M à coefficients réels vérifiant
exp(M) = A .
Objectifs et exemple
Ce paragraphe ne comporte aucune question, il permet de se familiariser avec les objectifs du problème.
Si
A est une matrice carrée inversible à coefficients réels, nous allons démontrer dans ce problème :
- que pour tout entier naturel non nul
p , il existe une matriceB deℳ_n(ℂ) vérifiantB^p = A , - qu'il existe une matrice
M deℳ_n(ℂ) vérifiantexp(M) = A .
On se limitera dans ce sujet aux matrices carrées de taille 3 .
Le problème a pour objectif de prouver l'existence de ces matrices et de les expliciter.
On commence par un exemple développé dont le candidat pourra s'inspirer notamment pour la troisième partie.
Le problème a pour objectif de prouver l'existence de ces matrices et de les expliciter.
On commence par un exemple développé dont le candidat pourra s'inspirer notamment pour la troisième partie.
On utilise toujours la matrice
A = (3, 6, − 6; − 1, − 9, 11; 0, − 5, 7) .
Le polynôme caractéristique de la matriceA est
χ_A = (X − 2)^2(X + 3) .
On cherche le reste dans la division euclidienne du polynômeX^n par le polynôme
χ_A de la forme
aX^2 + bX + c où
a, b et
c vont dépendre de
n .
Le polynôme caractéristique de la matrice
On cherche le reste dans la division euclidienne du polynôme
Pour cela on remplace dans la relation
X^n = χ_A Q + aX^2 + bX + c, X par -3 , puis par 2. Ensuite, on dérive cette expression et on remplace à nouveau
X par 2 (
Q est le quotient).
On obtient le système suivant
{9a − 3b + c = (− 3)^n; 4a + 2b + c = 2^n; 4a + b = n2^(n − 1)
admettant pour unique solution{a = 1/(25)((− 3)^n − 2^n + 5n2^(n − 1)); b = 1/(25)(− 4.(− 3)^n + 4.2^n + 5n2^(n − 1)); c = 1/(25)(4.(− 3)^n + 21.2^n − 30n2^(n − 1)) .
On déduit du théorème de Cayley-Hamilton que pour tout entier natureln ,
A^n = aA^2 + bA + cI_3
admettant pour unique solution
On déduit du théorème de Cayley-Hamilton que pour tout entier naturel
On pose alors, pour tout réel
t , la matrice
γ(t) ∈ ℳ_3(ℂ) :
γ(t) = 1/5(− 3^t e^(iπt) + 6.2^t, − 6.3^t e^(iπt) + 6.2^t, 6.3^t e^(iπt) − 6.2^t; 2.3^t e^(iπt) − 2.2^t + 5t2^(t − 1), 12.3^t e^(iπt) − 7.2^t + 5t2^(t − 1), − 12.3^t e^(iπt) + 12.2^t − 5t2^(t − 1); 3^t e^(iπt) − 2^t + 5t2^(t − 1), 6.3^t e^(iπt) − 6.2^t + 5t2^(t − 1), − 6.3^t e^(iπt) + 11.2^t − 5t2^(t − 1)) .
On a les résultats suivants :
-
γ(− 1) = A^(− 1) , - pour tout entier naturel
p non nul :(γ(1/p))^p = A , -
exp(γ^′(0)) = A .
Par exemple,
B = γ(1/2) = 1/5(− i√3 + 6√2, − 6i√3 + 6√2, 6i√3 − 6√2; 2i√3 − 2√2 + 5(√2)/4, 12i√3 − 7√2 + 5(√2)/4, − 12i√3 + 12√2 − 5(√2)/4; i√3 − √2 + 5(√2)/4, 6i√3 − 6√2 + 5(√2)/4, − 6i√3 + 11√2 − 5(√2)/4)
vérifieB^2 = A .
vérifie
Deuxième partie
On notera
F l'espace vectoriel sur le corps
ℂ des applications de
ℝ dans
ℂ combinaisons linéaires d'applications du type
x ⟼ x^k ρ^x e^(iθx) où
k ∈ {0, 1, 2}, ρ ∈ ]0, + ∞[ et
θ ∈ ]0, 2π] .
(Rappel : pourρ ∈ ]0, + ∞[, ρ^x = e^(xlnρ) .)
(Rappel : pour
III.6.
III.6.a. Déterminer un élément
f de
F vérifiant pour tout entier naturel
n, f(n) = α(− 3)^n + βn^2 2^n , si
α et
β sont deux constantes complexes.
III.6.b. Sif est un élément de
F et si
x_0 est un réel, expliquer pourquoi
x ⟼ f(x + x_0) est encore un élément de
F .
III.6.b. Si
III.7.
III.7.a. Soit
θ un réel. Démontrer que la suite de nombres complexes
(n^2(2/3)^n e^(iθn)) converge vers 0.
III.7.b. Soitk_1 ∈ {0, 1, 2}, ρ_1 ∈ ]0, + ∞[, θ_1 ∈ ]0, 2π], k_2 ∈ {0, 1, 2}, ρ_2 ∈ ]0, + ∞[ et
θ_2 ∈ ]0, 2π] ,
θ_1 ≠ θ_2 .
III.7.b. Soit
Démontrer que si
α et
β sont deux constantes complexes vérifiant, pour tout entier naturel
n ,
αn^(k_1)(ρ_1)^n e^(iθ_1 n) + βn^(k_2)(ρ_2)^n e^(iθ_2 n) = 0 , alors
α = β = 0 .
On pourra, par exemple, supposerρ_1 ≤ ρ_2 et commencer par examiner les cas
ρ_1 < ρ_2 et
ρ_1 = ρ_2 .
III.7.c. On admet alors que sif est un élément de
F vérifiant pour tout entier naturel
n, f(n) = 0 , alors
f est l'application nulle.
On pourra, par exemple, supposer
III.7.c. On admet alors que si
Que peut-on dire de deux applications
f et
g de
F vérifiant pour tout entier naturel
n, f(n) = g(n) ?
III.8. Dans la suite de cette partie,A est une matrice inversible de
ℳ_3(ℝ) .
III.8. Dans la suite de cette partie,
Expliquer pourquoi on peut trouver 9 applications
ω_(i, j) éléments de
F telles que, pour tout entier naturel
n, A^n = (ω_(i, j)(n))_(1 ≤ i, j ≤ 3) .
Discuter en fonction du nombre de racines du polynôme caractéristique de la matriceA .
On ne demande pas de résoudre des systèmes, une explication de la méthode pourra suffire.
III.9. On pose pour tout réelt , la matrice
γ(t) = (ω_(i, j)(t))_(1 ≤ i, j ≤ 3) ∈ ℳ_3(ℂ) .
III.9.a. Quelles sont les matricesγ(0) et
γ(1) ?
III.9.b. Justifier que, pour tout couple d'entiers naturels(n, m) , on a la relation:
Discuter en fonction du nombre de racines du polynôme caractéristique de la matrice
On ne demande pas de résoudre des systèmes, une explication de la méthode pourra suffire.
III.9. On pose pour tout réel
III.9.a. Quelles sont les matrices
III.9.b. Justifier que, pour tout couple d'entiers naturels
III.9.c. Pour
x réel et
m entier naturel, on pose
f(x) = ω_(i, j)(x + m) et
g(x) = ∑_(k = 1)^3 ω_(i, k)(x)ω_(k, j)(m) .
Démontrer que l'on a
f = g et en déduire, pour tout entier naturel
m , la relation
γ(x + m) = γ(x)γ(m) .
III.9.d. En déduire que, pour tout couple(x, y) de réels,
γ(x + y) = γ(x)γ(y) .
III.10. Démontrer queγ(− 1) = A^(− 1) et que, pour tout entier naturel
p non nul,
(γ(1/p))^p = A .
III.11. Justifier que l'applicationγ définie pour tout réel
t par
γ(t) = (ω_(i, j)(t))_(1 ≤ i, j ≤ 3) est dérivable sur
ℝ et que la fonction
γ est une solution de l'équation différentielle
III.9.d. En déduire que, pour tout couple
III.10. Démontrer que
III.11. Justifier que l'application
où la fonction inconnue
u vérifie, pour tout réel
t, u(t) ∈ ℳ_3(ℂ) .
Trouver la solution surℝ de l'équation différentielle
u^′(t) = γ^′(0)u(t) vérifiant
u(0) = I_3 et en déduire que l'on a:
exp(γ^′(0)) = A .
Trouver la solution sur
Troisième partie : exemple
Soit la matrice
A = (3, 0, 1; 1, − 1, − 2; − 1, 0, 1) .
III.12. Donner le polynôme caractéristique de la matriceA .
III.12. Donner le polynôme caractéristique de la matrice
La matrice
A est-elle diagonalisable?
III.13. Déterminer, par la méthode développée dans ce problème, les éléments suivants :
III.13.a. La matriceA^(− 1) .
III.13.b. Une matriceB de
ℳ_3(ℂ) vérifiant
B^2 = A .
III.13.c. Une matriceM de
ℳ_3(ℂ) vérifiant
exp(M) = A .
III.13. Déterminer, par la méthode développée dans ce problème, les éléments suivants :
III.13.a. La matrice
III.13.b. Une matrice
III.13.c. Une matrice
Fin de l'énoncé
Pas de description pour le moment
