WikiPrépaLivrets

CCINP Mathématiques 2 MP 2012Sujet, corrigé et rapport du jury

Téléchargements

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP

MATHEMATIQUES 2

Durée : 4 heures

N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

Les calculatrices sont autorisées

Le sujet est composé d'un exercice et d'un problème qui sont indépendants.

Exercice

  1. Déterminer le plus petit entier naturel non nul p tel que 3^p ≡ 1 modulo 11 .
  2. En utilisant des congruences modulo 11, démontrer que, pour tout entier naturel n, l'entier 3^(n + 2012) − 9 × 5^(2n) est divisible par 11 .

Problème

Dans tout le problème, n est un entier naturel supérieur ou égal à 2 . Cet entier est quelconque sauf dans la partie I, où il est égal à 2 .
On note M_n(ℝ) l'algèbre des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels, ( E_(i, j) ) sa base canonique ( 1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ n ) et I_n sa matrice unité (tous les coefficients de E_(i, j) sont nuls, sauf celui situé à la i-ème ligne et à la j-ième colonne, qui vaut 1 ).
On note ℝ[X] l'algèbre des polynômes à coefficients réels.
Dans tout le problème, A est une matrice quelconque de M_n(ℝ) et u l'endomorphisme de ℝ^n canoniquement associé à la matrice A.
Pour tout P = ∑_(k = 0)^d a_k X^k ∈ ℝ[X], on note P(A) = ∑_(k = 0)^d a_k A^k. L'ensemble des matrices P(A) pour tout P ∈ ℝ[X] est noté ℝ[A].
On dit que P annule A lorsque P(A) = 0 ce qui équivaut à P(u) = 0. On appelle polynôme minimal de la matrice A le polynôme minimal de l'endomorphisme u; c'est donc le polynôme unitaire de plus petit degré qui annule A.
On note φ_A l'application de M_n(ℝ) dans M_n(ℝ) définie par :
φ_A(M) = AM − MA.
L'objet du problème est d'étudier quelques propriétés des éléments propres de φ_A. Les parties I et II étudient la diagonalisabilité de φ_A, les parties III et IV en étudient les vecteurs propres. Les quatre parties sont indépendantes.

Partie I. Étude du cas n = 2

Dans toute cette partie, on prendra n = 2.
  1. Vérifier que l'application φ_A est linéaire et que I_2 et A appartiennent à Ker(φ_A).
Dans la suite de cette partie, on pose A = (a, b; c, d) ∈ M_2(ℝ).
2. Donner la matrice de φ_A dans la base ( E_(1, 1), E_(2, 2), E_(1, 2), E_(2, 1) ) de M_2(ℝ).
Dans la suite de cette partie, on suppose que φ_A ≠ 0 (c'est-à-dire que A ≠ λI_2 pour tout λ ∈ ℝ ).
3. Donner le polynôme caractéristique de φ_A sous forme factorisée (on pourra utiliser la calculatrice).
4. En déduire que φ_A est diagonalisable si et seulement si (d − a)^2 + 4bc > 0.
5. Démontrer que φ_A est diagonalisable si et seulement si A est diagonalisable.

Partie II. Étude du cas général

On note c = (c_1, …, c_n) la base canonique de ℝ^n.
6. On suppose dans cette question que A est diagonalisable.
On note e = (e_1, …, e_n) une base de vecteurs propres de u (défini au début du problème) et, pour tout entier i tel que 1 ≤ i ≤ n, λ_i la valeur propre associée au vecteur e_i. On note alors P la matrice de passage de la base c à la base e et D = (λ_1, 0, ⋯, 0; 0, ⋱, ⋱, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0; 0, ⋯, 0, λ_n).
Enfin, pour tout couple (i, j) d'entiers tels que 1 ≤ i ≤ n et 1 ≤ j ≤ n, on pose :
B_(i, j) = PE_(i, j)P^(− 1).
(a) Exprimer, pour tout couple (i, j), la matrice DE_(i, j) − E_(i, j)D en fonction de la matrice E_(i, j) et des réels λ_i et λ_j.
(b) Démontrer que, pour tout couple (i, j), B_(i, j) est un vecteur propre de φ_A.
(c) En déduire que φ_A est diagonalisable.
7. On suppose dans cette question que φ_A est diagonalisable en tant qu'endomorphisme de M_n(ℝ).
On note (P_(i, j))_(1 ≤ i ≤ n; 1 ≤ j ≤ n) une base de vecteurs propres de φ_A et, pour tout couple (i, j), λ_(i, j) la valeur propre associée à P_(i, j).
(a) Dans cette question, on considère A comme une matrice à coefficients complexes (A ∈ M_n(ℝ) ⊂ M_n(ℂ)) et φ_A comme un endomorphisme de M_n(ℂ) (défini par φ_A(M) = AM − MA pour tout M ∈ M_n(ℂ)).
i. Justifier que toutes les valeurs propres de φ_A sont réelles.
ii. Soit z ∈ ℂ. Justifier que si z est une valeur propre de A, alors z est aussi une valeur propre de ^t A.
iii. Soit z ∈ ℂ. On suppose que z et z¯ sont deux valeurs propres de la matrice A. On considère alors X ∈ M_(n, 1)(ℂ)(X ≠ 0) et Y ∈ M_(n, 1)(ℂ)(Y ≠ 0), tels que AX = zX et ^t AY = z¯Y.
En calculant φ_A(X^t Y), démontrer que z − z¯ est une valeur propre de φ_A.
(b) En déduire que la matrice A a au moins une valeur propre réelle.
On note λ une valeur propre réelle de A et X ∈ M_(n, 1)(ℝ)(X ≠ 0) une matrice colonne telle que AX = λX.
(c) Démontrer que, pour tout couple (i, j), il existe un réel μ_(i, j), que l'on exprimera en fonction de λ et λ_(i, j), tel que AP_(i, j)X = μ_(i, j)P_(i, j)X.
(d) En déduire que A est diagonalisable.

Partie III. Étude des vecteurs propres de φ_A associés à la valeur propre 0

Soit m le degré du polynôme minimal de A.
8. Démontrer que la famille ( I_n, A, …, A^(m − 1) ) est une base de ℝ[A].
9. Vérifier que ℝ[A] est inclus dans Ker(φ_A) et en déduire une minoration de dim(Ker(φ_A)).
10. Un cas d'égalité
On suppose que l'endomorphisme u (défini au début du problème) est nilpotent d'indice n (c'est-à-dire que u^n = 0 et u^(n − 1) ≠ 0 ). On considère un vecteur y de ℝ^n tel que u^(n − 1)(y) ≠ 0 et, pour tout entier i tel que 1 ≤ i ≤ n, on pose e_i = u^(n − i)(y).
(a) Démontrer que la famille (e_1, e_2, …, e_n) est une base de ℝ^n.
(b) Soit B ∈ Ker(φ_A) et v l'endomorphisme de ℝ^n canoniquement associé à B. Démontrer que si v(y) = ∑_(i = 1)^n α_i e_i(α_i ∈ ℝ) alors v = ∑_(i = 1)^n α_i u^(n − i).
(c) En déduire Ker(φ_A).
11. Cas où u est diagonalisable
On suppose que u est diagonalisable. On note λ_1, λ_2, …, λ_p(1 ≤ p ≤ n) les p valeurs propres distinctes de u et, pour tout entier k tel que 1 ≤ k ≤ p, E_u(λ_k) le sous-espace propre associé à la valeur propre λ_k. On note m_k la dimension de cet espace propre.
(a) Soit B ∈ M_n(ℝ) et v l'endomorphisme de ℝ^n canoniquement associé à B. Démontrer que B ∈ Ker(φ_A) si et seulement si, pour tout entier k tel que 1 ≤ k ≤ p, E_u(λ_k) est stable par v( c'est-à-dire v(E_u(λ_k)) ⊂ E_u(λ_k)).
(b) En déduire que B ∈ Ker(φ_A) si et seulement si, la matrice de v, dans une base adaptée à la décomposition de ℝ^n en somme directe des sous-espaces propres de u, a une forme que l'on précisera.
(c) Préciser la dimension de Ker(φ_A).
(d) Lorsque n = 7, donner toutes les valeurs possibles pour cette dimension en envisageant les différentes valeurs possibles de p et des m_k (on ne demande pas de justification).

Partie IV. Étude des vecteurs propres de φ_A associés à une valeur propre non nulle

Dans cette partie, α est une valeur propre non nulle de φ_A et B un vecteur propre associé (B ∈ M_n(ℝ), B ≠ 0). On note π_B le polynôme minimal de B et d le degré de π_B.
12. Démontrer que, pour tout k ∈ ℕ, φ_A(B^k) = αkB^k.
13. Soit P ∈ ℝ[X]. Exprimer φ_A(P(B)) en fonction de α, B et P^′(B).
14. Démontrer que le polynôme Xπ_B^′ − dπ_B est le polynôme nul ( π_B^′ étant le polynôme dérivé du polynôme minimal π_B de la matrice B ).
15. En déduire que B^d = 0.

Pas de description pour le moment