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CCINP Physique 2 PC 2002Sujet

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L'utilisation des calculatrices est autorisée. Les deux problèmes sont indépendants

N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

PROBLEME I - TRANSMISSION ENTRE DEUX ARBRES

Deux disques conducteurs identiques de rayon a, sont solidaires de deux arbres de rayons négligeables, non couplés l'un à l'autre et coaxiaux. Les deux disques se trouvent dans un champ magnétique, B⃗ = Bu⃗_z uniforme, invariable dans le temps. Les arbres sont reliés électriquement par un fil conducteur, aussi bien que les périphéries des disques, formant ainsi un circuit fermé, de résistance R (Fig. 1). Le premier disque reçoit une puissance mécanique P_m et tourne à la vitesse angulaire ω⃗_1 = ω_1 u⃗_z, tandis que sur l'arbre du deuxième disque, on applique un couple résistant de moment C⃗_r = − C_r u⃗_z et il tourne en régime permanent à la vitesse angulaire ω⃗_2 = ω_2 u⃗_z. On note J, le moment d'inertie d'un disque par rapport à son axe.
Fig. 1
  1. Forces électromotrices.
    1.1 En utilisant la circulation du terme ( v⃗ ∧ B⃗ ) le long du "rayon actif" O_1 A_1 (en pointillés sur la fig. 1) du premier disque, exprimer la force électromotrice e_1 induite sur ce rayon, en fonction deω_1, a et B.
    Préciser clairement la convention utilisée pour définir e_1.
    1.2. Conduire la même démarche pour le calcul de l'expression de la force électromotrice e_2 induite le long du "rayon actif" O_2 A_2 du deuxième disque, en fonction de ω_2, a et B, en précisant également la convention utilisée pour définir e_2.
    1.3. Exprimer l'intensité induite i parcourant la résistance R.
  2. Force et couple.
    2.1. En déduire la force de Laplace F_L^(→−) exercée sur le rayon O_2 A_2. Quel est son point d'application? La représenter sur un schéma.
    2.2. Exprimer le moment de F_L^(→−), noté C_L^(→−), par rapport au centre O_2 du deuxième disque.
    2.3. Exprimer puis calculer la vitesse de rotation ω_2 du deuxième disque, en régime permanent, en fonction de ω_1, C_r, a et B.
    2.4. En déduire la valeur maximale C_(r max) du couple résistant; la calculer numériquement.
    A.N. : B = 1 T
    a = 10 cm
    ω_1 = 104, 6rad/s
    R = 0, 2Ω
    C_r = 10^(− 2) N.m
  3. A l'instant t = 0, on supprime le couple résistant sur le deuxième disque et on maintient la vitesse de rotation du premier disque constante : ω_1 = ω_(10) = constante et C_r = 0.
    3.1. Déterminer ω_2(t) en fonction du temps, si à t = 0, ω_2(0) = ω_(20)
On posera α = ((a^2)/2)^2(B^2)/(RJ)
A.N. : J = 2, 5 ⋅ 10^(− 2) kg ⋅ m^2
ω_(10) = 104, 6rad/s; ω_(20) = 24, 6rad/s
Tracer la courbe ω_2(t).
3.2. Donner l'expression de la puissance des forces de Laplace sur le premier disque.
En déduire celle de la puissance mécanique instantanée P_m(t) reçue par le premier disque, en fonction de α, J, ω_(10), ω_(20) et t.
3.3. A partir de P_m(t), exprimer l'énergie mécanique W_m reçue par le système constitué des deux disques, pendant ce régime transitoire, et calculer sa valeur.
4. On suppose maintenant qu'à t = 0, on annule le couple résistant sur le deuxième disque et on ne fournit plus de puissance mécanique à l'arbre du premier disque.
4.1. Ecrire les équations différentielles couplées concernant les vitesses angulaires ω_1(t) et ω_2(t) des deux disques.
4.2. En déduire les fonctions ω_1(t), ω_2(t) et i(t), d'abord littéralement puis numériquement si, à t = 0, on a :
{ω_1(0) = ω_(10) = 104, 6rad/s; ω_2(0) = ω_(20) = 24, 6rad/s
Représenter graphiquement l'allure de ω_1(t), ω_2(t) et i(t).
4.3. Calculer l'énergie dissipée sous forme de chaleur dans la résistance R, pendant ce régime transitoire, de deux manières différentes.

PROBLEME II - EFFET HALL

I. Etude de l'effet Hall en régime indépendant du temps

On considère une plaque rectangulaire d'épaisseur h et de largeur b. Elle est réalisée dans un semiconducteur de type N où la conduction électrique est assurée par des électrons mobiles dont le nombre par unité de volume est n. On notera par e la charge élémentaire égale à 1, 6.10^(− 19)C.
La plaque est parcourue par un courant électrique d'intensité I, uniformément réparti sur la section de la plaque avec la densité volumique J⃗ = Ju_x^(→−), J > 0 (fig. 1). Elle est alors placée dans un champ magnétique uniforme B⃗ = Bu_z^(→−) avec B > 0 créé par des sources extérieures. Le champ magnétique créé par le courant dans la plaque est négligeable devant B⃗.
Fig. 1
On suppose qu'en présence du champ magnétique B⃗, le vecteur densité de courant est toujours égal à J⃗ = Ju_x^(→−).
I. 1 Exprimer le vecteur vitesse V⃗ des électrons dans la plaque en fonction de J⃗, n et e. Montrer qu'en présence du champ magnétique B⃗ en régime permanent, il apparaît un champ électrique appelé champ électrique de Hall E⃗_H = 1/(ne)J⃗ ∧ B⃗.
Exprimer les composantes de E⃗_H.
I.2. On considère deux points 1 et 1^′ en vis-à-vis des faces A et A^′ de la plaque. Calculer la différence de potentiel U_H = V(1) − V(1^′) appelée tension de Hall. Montrer que U_H peut s'écrire :
U_H = (C_H)/hIB
Expliciter la constante C_H.
A.N. : Pour l'antimoniure d'indium InSb C_H = 375.10^(− 6) m^3.C^(− 1)
I = 0, 1 A; h = 0, 3 mm; B = 1 T
Calculer U_H ainsi que la densité volumique n, en électrons /m^3.
I.3. On veut établir la loi d'Ohm locale, c'est-à-dire, la relation entre le champ électrique E⃗ dans la plaque et la densité du courant J⃗ en présence du champ magnétique B⃗.
Soit E^′^(→−) = E^′ u_x^(→−) la partie du champ électrique colinéaire à J⃗. On pose J⃗ = σE^′^(→−), σ étant une grandeur positive.
Quelle caractéristique du matériau de la plaque σ représente-t-elle ?
Montrer qu'en présence du champ magnétique, on a J⃗ = σ(E⃗ − C_H J⃗ ∧ B⃗).
I.4. Tracer dans un plan xOy de la plaque les vecteurs (J⃗)/σ, E⃗ et C_H J⃗ ∧ B⃗ et les lignes équipotentielles en présence puis en absence de champ magnétique. Faire deux figures en vue de dessus par rapport à la figure 1 .
I.5 Soit θ l'angle entre les vecteurs J⃗ et E⃗. Montrer que l'angle θ ne dépend que de B et du semiconducteur. Préciser le domaine de définition de θ pour le semi-conducteur étudié.
I.6. On veut utiliser la plaque pour mesurer l'induction magnétique B, en mesurant la tension de Hall U_H. Il faut donc qu'en absence du champ magnétique U_H(B = 0) = U_(H0) = 0.
Pour cela, il faut souder deux fils conducteurs exactement en vis-à-vis. C'est un problème difficile, vu les dimensions de la plaque.
Proposer un schéma de montage, utilisant un potentiomètre, ainsi que le protocole expérimental qui permet d'avoir U_(H0) = 0.

II. Régime variable dans la plaque

On considère une longueur infinie de la plaque selon l'axe des x. Elle est située dans un champ magnétique produit par des sources autres que le courant électrique dans la plaque et que l'on appellera champ magnétique extérieur. Ce champ magnétique extérieur varie dans le temps. Dans un premier temps, la plaque n'est connectée à aucun circuit électrique : on dit que le courant de commande est nul (fig. 2)
Fig. 2
On veut déterminer la densité volumique du courant électrique et le champ magnétique dans la plaque. On étudiera ensuite l'effet de ces courants sur la tension de Hall.
Soit B_e^(→−), B⃗ et J⃗ les champs suivants :
B_e^(→−) = B_e(t)u_z^(→−) le champ magnétique extérieur,
B⃗ = B(y, t)u_z^(→−) le champ magnétique dans la plaque,
J⃗ = J(y, t)u_x^(→−) la densité volumique du courant électrique induit dans la plaque.
On considère cette fois que le champ magnétique créé par les courants volumiques de la plaque n'est plus négligeable. La densité volumique des charges électriques dans la plaque est nulle.
Les propriétés ε_0 et μ_0 de la plaque sont celles du vide.
II.1. Ecrire les quatre équations de Maxwell dans la plaque. On considère le régime quasistationnaire ; préciser l'approximation qui en découle.
II.2. En déduire divJ⃗ dans la plaque.
II.3. Exprimer rotJ⃗ en fonction d'une dérivée partielle de B⃗ en supposant que la loi d'Ohm locale établie en I.3. est toujours valable. De cette expression de rotJ⃗ et de l'une des équations de Maxwell, déduire deux relations liant B(y, t) et J(y, t) ou leurs dérivées partielles.
II.4. En déduire l'équation aux dérivées partielles vérifiée par J(y, t).
On se place en régime harmonique : B_e^(→−) = B_(oe)√2cosωtu_z^(→−) et
J⃗ = J(y)√2cos(ωt + φ(y))u_x^(→−)
A une fonction A(y, t) = A(y)√2cos(ωt + φ(y)) = Re{√2A(y)e^(jφ(y))e^(jωt)}, on associe l'image complexe A_–(y) = A(y)e^(jφ(y)). Donc à (∂A)/(∂t), on associe jωA_– et à (∂A)/(∂y), on associe (dA_–)/(dy).
On pose α = √((μ_0 ωσ)/2) et k^2 = jωμ_0 σ
II.5 Ecrire l'équation différentielle vérifiée par l'image complexe de la densité volumique de courant J_–(y).
A une date quelconque t, J(y, t) est une fonction impaire de y. Donner la relation liant J(− y) à J(y), celle liant φ(− y) à φ(y) et celle liant J_–(y) à J_–(− y).
En déduire la solution J_–(y) de l'équation différentielle à une constante multiplicative près.
En raisonnant sur les symétries, justifier la parité de J(y, t) par rapport à la variable y.
II.6. A partir de la solution J_–(y), donner l'expression de B_–(y). Quelle est la parité de cette fonction ?
Justifier qualitativement que B_–(± b/2) = B_(oe)
En déduire l'expression complète de J_–(y) et de B_–(y).
II.7. On considère maintenant que la plaque est connectée à un circuit. Elle est traversée par un courant de commande constant d'intensité I et de densité uniforme J_0^(→−) = I/(hb)u_x^(→−) se superposant à la densité de courant calculée ci-dessus. Ce courant produit dans la plaque un champ magnétique B⃗_0.
Justifier que B⃗_0 = B_0(y)u⃗_z.
Quelle relation lie B_0(− y) à B_0(y) ? Quelle est la valeur de B_0(0) ?
Montrer que (dB_0)/(dy) = μ_0 J_0. Exprimer alors B_0(y).
II.8. Justifier que la tension Hall instantanée a pour expression :
U_H(t) = C_H∫_(− b/2)^(b/2)(J_0 + J(y, t))(B_0(y) + B(y, t))dy
Montrer que U_H(t) = (C_H)/(μ_0)[B_0(y)B(y, t)]_(− b/2)^(+ b/2) et exprimer la valeur efficace de la tension de Hall U_(He) en fonction de C_H, n, I et B_(oe). Proposer une conclusion.

III. Effet joule dans la plaque

Si les courants induits ne modifient pas la tension de Hall, par contre ils limitent le domaine de fonctionnement de la sonde de Hall. On est toujours dans le cas d'un régime harmonique pour le champ B_e^(→−) = B_(oe)√2cosωtu_z^(→−) et la plaque est traversée par le courant de commande d'intensité I.
III.1. Exprimer la puissance P_(T1) dissipée par effet Joule sur une longueur ℓ de la plaque en fonction de σ, I, h, b, et ℓ, lorsque B_(oe) = 0.
III.2. La loi d'Ohm locale établie en I.3. étant toujours applicable, montrer que la puissance moyenne P(y) de l'effet Joule en un point quelconque de la plaque est égale à la somme P_1 + P_2(y) de la puissance P_1 de l'effet Joule dû à J⃗_0 et de la puissance moyenne de l'effet Joule P_2(y) dû aux courants J⃗ induits dans la plaque.
III.3. Pour déterminer P_2(y), on suppose que le champ magnétique créé par les courants induits dans la plaque est négligeable devant le champ magnétique extérieur B⃗_e = B_e(t)u⃗_z.
Donner la relation liant (∂J)/(∂y)(y, t) et (∂B_e)/(∂t). En déduire J(y), puis P_2(y) en justifiant que J(0) = 0.
III.4. Exprimer en fonction de σ, B_(oe), h, b et ℓ et de la fréquence f, la puissance moyenne P_(T2) dissipée par effet Joule dû aux courants induits pour une longueur ℓ de la plaque.
III.5. En régime stationnaire, la puissance totale P_T = P_(T1) + P_(T2) sera dissipée vers l'extérieur par transfert thermique.
La puissance du transfert thermique est égale à αSΔT :
α est le coefficient de transfert thermique exprimé en W ⋅ m^(− 2) ⋅ K^(− 1),
S est la surface d'échange entre la plaque et l'extérieur, h étant négligeable devant ℓ et b.
ΔT est l'écart de température entre la plaque et l'extérieur.
En imposant ΔT, exprimer l'intensité I du courant de commande en fonction de α, ΔT, σ, b, h, f et B_(oe).
III.6. On appelle I_(st) l'intensité du courant de commande pour cette valeur de ΔT lorsque le champ magnétique extérieur B⃗_e est indépendant du temps ou nul.
Exprimer le rapport I/(I_(st)), I étant l'intensité définie à la question précédente.
AN : h = 3, 0.10^(− 4) m
b = 3, 0.10^(− 3) m
B_(oe) = 0, 10 T
α = 40 W ⋅ m^(− 2) ⋅ K^(− 1)
ΔT = 25 K
Pour In Sb : σ = 2, 0.10^4 s^s m^(− 1)
Calculer la fréquence f pour laquelle I/(I_(st)) = 0, 5.

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