Centrale Mathématiques 2 PC 2020Sujet, corrigé et rapport du jury
Fonction caractéristique d'une variable aléatoire réelle
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Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : document officiel du concours, épreuve du 1 juillet 2020. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
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Fonction caractéristique d'une variable aléatoire réelle
Soit (
Ω, A, ℙ ) un espace probabilisé, où
A est une tribu sur
Ω et
ℙ une probabilité sur (
Ω, A ). Toutes les variables aléatoires sont discrètes, à valeurs réelles ou complexes, définies sur (
Ω, A ). Si la variable aléatoire
X : Ω → ℝ est d'espérance finie, on note
𝔼(X) son espérance. Pour tout nombre complexe
z , on note
Re(z) sa partie réelle,
Im(z) sa partie imaginaire et
z¯ son conjugué. On appelle sinus cardinal la fonction définie, pour tout réel
x, parsinc(x) = {(sinx)/x, si x ≠ 0,; 1, si x = 0. On admet que cette fonction est continue et que pour tout réel
x, |sinc(x)| ⩽ 1 .
On étend aux variables aléatoires discrètes à valeurs complexes la notion d'espérance définie pour les variables aléatoires discrètes réelles. Ainsi, on dit qu'une variable aléatoire discrète à valeurs complexes
Z : Ω → ℂ est d'espérance finie si les variables aléatoires réelles
Re(Z) et
Im(Z) sont d'espérance finie et on définit alors l'espérance de
Z par
On admettra les résultats suivants qui étendent aux variables aléatoires complexes les résultats analogues sur les variables aléatoires réelles.
- Toute variable aléatoire
Z complexe finie est d'espérance finie. SiZ(Ω) = {z_1, …, z_r} , où lesz_i sont deux à deux distincts, alors
- Théorème du transfert (cas
X(Ω) fini). SoitX une variable aléatoire réelle d'image finieX(Ω) = {x_1, …, x_r} où lesx_i sont deux à deux distincts et soitf une application à valeurs complexes définie surX(Ω) . Alorsf(X) est d'espérance finie et
- Soit
Z une variable aléatoire complexe telle queZ(Ω) soit dénombrable égal à{z_n, n ∈ ℕ} où lesz_n sont deux à deux distincts. AlorsZ est d'espérance finie si, et seulement si, la série∑_(n ⩾ 0)z_n ℙ(Z = z_n) converge absolument. Dans ce cas,
- Théorème du transfert (cas
X(Ω) dénombrable). SoitX une variable aléatoire réelle d'image dénombrableX(Ω) = {x_n, n ∈ ℕ} où lesx_n sont deux à deux distincts et soitf une application à valeurs complexes définie surX(Ω) .
Alorsf(X) est d'espérance finie si, et seulement si, la série∑_(n ⩾ 0)ℙ(X = x_n)f(x_n) converge absolument. Dans ce cas,
- Soit
Z une variable aléatoire complexe etZ¯ : ω ∈ Ω ↦ Z(ω)^– sa variable aléatoire conjuguée.
Si
Z est d'espérance finie, alors
Z¯ est d'espérance finie et
𝔼(Z¯) = 𝔼(Z)^– .
- Soit
Z_1 etZ_2 deux variables aléatoires complexes d'espérance finie et soitλ ∈ ℂ .
Alors
Z_1 + Z_2 et
λZ_1 sont d'espérance finie et
𝔼(Z_1 + Z_2) = 𝔼(Z_1) + 𝔼(Z_2) et
𝔼(λZ_1) = λ𝔼(Z_1) .
I Fonction caractéristique d'une variable aléatoire réelle
À toute variable aléatoire réelle discrète
X : Ω → ℝ , on associe une fonction
φ_X , appelée fonction caractéristique de
X et définie par
I.A - Premières propriétés
Dans cette sous-partie,
X est une variable aléatoire réelle discrète.
Q 1. On suppose, dans cette question, queX(Ω) est un ensemble fini de cardinal
r ∈ ℕ^∗ .
On noteX(Ω) = {x_1, …, x_r} où les
x_i sont deux à deux distincts, et, pour tout entier
k ∈ [ [1, r] ], a_k = ℙ(X = x_k) .
Montrer que, pour tout réelt, φ_X(t) = ∑_(k = 1)^r a_k e^(itx_k) .
Q 2. On suppose dans cette question queX(Ω) est un ensemble dénombrable. On note
X(Ω) = {x_n, n ∈ ℕ} où les
x_n sont deux à deux distincts. Pour tout
n ∈ ℕ , on pose
a_n = ℙ(X = x_n) .
Montrer queφ_X est définie sur
ℝ et que, pour tout réel
t, φ_X(t) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n e^(itx_n) .
Q 3. Montrer queφ_X est continue sur
ℝ .
Q 4. Soita et
b deux réels et
Y = aX + b . Pour tout réel
t , exprimer
φ_Y(t) en fonction de
φ_X, t, a et
b .
Q 5. Soitt ∈ ℝ . Donner une expression de
φ_X(− t) en fonction de
φ_X(t) . En déduire une condition nécessaire et suffisante portant sur l'image
φ_X(ℝ) pour que la fonction
φ_X soit paire.
Q 1. On suppose, dans cette question, que
On note
Montrer que, pour tout réel
Q 2. On suppose dans cette question que
Montrer que
Q 3. Montrer que
Q 4. Soit
Q 5. Soit
I.B - Trois exemples
Q 6. Soit
n ∈ ℕ^∗ et
p ∈ ]0, 1[ . On suppose que
X : Ω → ℝ suit une loi binomiale
B(n, p) et on note
q = 1 − p . Montrer que, pour tout
t ∈ ℝ, φ_X(t) = (q + pe^(it))^n .
Q 7. Soitp ∈ ]0, 1[ . Quelle est la fonction caractéristique d'une variable aléatoire suivant une loi géométrique de paramètre
p ?
Q 8. Soitλ > 0 . Quelle est la fonction caractéristique d'une variable aléatoire suivant une loi de Poisson de paramètre
λ ?
Q 7. Soit
Q 8. Soit
I.C - Image de
φ_X
On se donne ici une variable aléatoire réelle discrète
X : Ω → ℝ , dont on note
φ_X la fonction caractéristique. Pour tout
(a, b) ∈ ℝ^2, a + bℤ désigne l'ensemble
{a + bk, k ∈ ℤ} .
Q 9. Montrer que pour toutt ∈ ℝ, |φ_X(t)| ⩽ 1 .
Q 10. Montrer que, s'il existea ∈ ℝ et
t_0 ∈ ℝ^∗ tels que
X(Ω) ⊂ a + (2π)/(t_0)ℤ , alors
|φ_X(t_0)| = 1 .
On suppose réciproquement qu'il existet_0 ∈ ℝ^∗ tel que
|φ_X(t_0)| = 1 .
Dans la suite de cette sous-partie I.C, on suppose de plus queX(Ω) est dénombrable et on reprend les notations de la question 2.
Q 11. Montrer qu'il existea ∈ ℝ tel que
∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n exp(i(t_0 x_n − t_0 a)) = 1 .
Q 12. En déduire que∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n(1 − cos(t_0 x_n − t_0 a)) = 0 .
Q 13. Montrer que pour toutn ∈ ℕ , si
a_n ≠ 0 , alors
x_n ∈ a + (2π)/(t_0)ℤ .
Q 14. En déduire queℙ(X ∈ a + (2π)/(t_0)ℤ) = 1 .
Q 9. Montrer que pour tout
Q 10. Montrer que, s'il existe
On suppose réciproquement qu'il existe
Dans la suite de cette sous-partie I.C, on suppose de plus que
Q 11. Montrer qu'il existe
Q 12. En déduire que
Q 13. Montrer que pour tout
Q 14. En déduire que
II Fonction caractéristique et loi d'une variable aléatoire
L'objectif de cette partie est de montrer que la fonction caractéristique d'une variable aléatoire détermine sa loi. Deux méthodes de démonstration sont proposées.
II.A - Première méthode
Soit
X une variable aléatoire réelle et discrète et
m ∈ ℝ .
PourT ∈ ℝ_+^∗ , on pose
V_m(T) = 1/(2T)∫_(− T)^T φ_X(t)e^(− imt) dt .
II.A.1) On suppose queX(Ω) est fini et on reprend les notations de la question 1.
Pour
II.A.1) On suppose que
Q 15. Montrer que, pour tout
T ∈ ℝ_+^∗ , on a
V_m(T) = ∑_(n = 1)^r sinc(T(x_n − m))ℙ(X = x_n) .
Q 16. En déduire queV_m(T)→−_(T → + ∞)^ℙ(X = m) .
II.A.2) On suppose queX(Ω) est dénombrable et on reprend les notations de la question 2.
Q 16. En déduire que
II.A.2) On suppose que
Pour
n ∈ ℕ et
h ∈ ℝ_+^∗ , on pose
g_n(h) = sinc((x_n − m)/h)ℙ(X = x_n) .
Q17. Montrer que pour toutT ∈ ℝ_+^∗ , on a
V_m(T) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)g_n(1/T) .
Q 18. Montrer que la fonctiong_n se prolonge en une fonction
g~_n définie et continue sur
ℝ^+ .
Q 19. Montrer que la fonctionG = ∑_(n = 0)^(+ ∞)g~_n est définie et continue sur
ℝ^+ .
Q 20. Établir queV_m(T)→−_(T → + ∞)^ℙ(X = m) .
Q17. Montrer que pour tout
Q 18. Montrer que la fonction
Q 19. Montrer que la fonction
Q 20. Établir que
II.A.3) Application
Q 21. Soient
X : Ω → ℝ et
Y : Ω → ℝ deux variables aléatoires discrètes telles que
φ_X = φ_Y . Montrer que, pour tout
m ∈ ℝ, ℙ(X = m) = ℙ(Y = m) , autrement dit que
X et
Y ont la même loi.
II.B - Deuxième méthode
Si
a et
b sont deux réels, on note
K_(a, b) la fonction définie pour tout réel
t par
K_(a, b)(t) = {(e^(itb) − e^(ita))/(2it), si t ≠ 0,; (b − a)/2, si t = 0.
Q 22. À l'aide de séries entières, montrer queK_(a, b) est de classe
C^∞ sur
ℝ .
SoitN un entier naturel et soit
F_N la fonction définie, pour tout réel
x, parF_N(x) = ∫_(− N)^N K_(a, x)(t)dt .
Q 23. Montrer queF_N est de classe
C^1 sur
ℝ et que, pour tout réel
x, F_N^′(x) = Nsinc(Nx) .
Q 24. Montrer que∫_(− N)^N K_(a, b)(t)dt = ∫_(Na)^(Nb)sinc(s)ds .
Q 25. Montrer que l'intégrale∫_0^(+ ∞)sinc(s)ds est convergente.
On admettra dans la suite que∫_0^(+ ∞)sinc(s)ds = π/2 .
Q 26. En déduire l'existence et la valeur delim_(N → + ∞)∫_(− N)^N K_(a, b)(t)dt dans le cas où
a < b .
Q 27. SoitX : Ω → ℝ une variable aléatoire telle que
X(Ω) est fini. On suppose que les réels
a et
b n'appartiennent pas à
X(Ω) . Montrer que
Q 22. À l'aide de séries entières, montrer que
Soit
Q 23. Montrer que
Q 24. Montrer que
Q 25. Montrer que l'intégrale
On admettra dans la suite que
Q 26. En déduire l'existence et la valeur de
Q 27. Soit
III Régularité de
φ_X
On fixe dans cette partie une variable aléatoire réelle
X : Ω → ℝ , dont l'image
X(Ω) est un ensemble dénombrable et on reprend les notations de la question 2.
On cherche à établir des liens entre des propriétés de la loi deX et la régularité de
φ_X .
Pour toutk ∈ ℕ^∗ , on dit que
X admet un moment d'ordre
k si la variable aléatoire
X^k est d'espérance finie.
On cherche à établir des liens entre des propriétés de la loi de
Pour tout
III.A -
Soit
k ∈ ℕ^∗ . On suppose dans cette sous-partie III.A que
X admet un moment d'ordre
k .
Q 28. Soitj un entier tel que
1 ⩽ j ⩽ k . Montrer que pour tout réel
x, |x|^j ⩽ 1 + |x|^k et en déduire que
X admet un moment d'ordre
j .
Q 29. En déduire queφ_X est de classe
C^k sur
ℝ et donner une expression de la dérivée
k -ième de
φ_X .
Q 30. En déduire une expression de𝔼(X^k) en fonction de
φ_X^((k))(0) .
Q 28. Soit
Q 29. En déduire que
Q 30. En déduire une expression de
III.B -
On suppose dans cette sous-partie III.B que
φ_X est de classe
C^2 sur
ℝ .
Q 31. On notef la fonction qui à tout réel
h > 0 associe
f(h) = (2φ_X(0) − φ_X(2h) − φ_X(− 2h))/(4h^2) . Quelle est la limite de
f en 0 ?
Q 32. Montrer que pour touth ∈ ℝ^∗, f(h) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n(sin^2(hx_n))/(h^2) .
Q 33. En déduire queX admet un moment d'ordre 2 .
Q 31. On note
Q 32. Montrer que pour tout
Q 33. En déduire que
III. C -
On fixe dans cette sous-partie III.C un entier naturel
k ∈ ℕ et on suppose à la fois que
φ_X est de classe
C^(2k + 2) sur
ℝ et que
X admet un moment d'ordre
2k . On note
α = 𝔼(X^(2k)) .
Q 34. Que peut-on dire deX si
α est nul ?
On suppose dorénavant que le réelα est strictement positif.
Q 35. SoitY : Ω → ℝ une variable aléatoire vérifiant
Y(Ω) = X(Ω) et, pour tout
n ∈ ℕ ,
Q 34. Que peut-on dire de
On suppose dorénavant que le réel
Q 35. Soit
Montrer que
φ_Y est de classe
C^2 sur
ℝ .
Q 36. En déduire queX admet un moment d'ordre
2k + 2 .
Q 37. Soitk ∈ ℕ^∗ . Déduire des questions précédentes que si
φ_X est de classe
C^(2k) sur
ℝ , alors
X admet un moment d'ordre
2k .
Q 36. En déduire que
Q 37. Soit
IV Développement en série entière de
φ_X
Soit
X : Ω → ℝ une variable aléatoire réelle.
IV.A -
On suppose que
X(Ω) est fini et on reprend les notations de la question 1 .
Q 38. Montrer queφ_X est développable en série entière sur
ℝ et, pour tout réel
t, φ_X(t) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)((it)^n)/(n!)𝔼(X^n) .
Q 38. Montrer que
IV.B -
On suppose que
X(Ω) est dénombrable et on reprend les notations de la question 2.
On suppose également que, pour tout entiern ∈ ℕ, X admet un moment d'ordre
n et qu'il existe un réel
R > 0 tel que
On suppose également que, pour tout entier
Q 39. Montrer que pour tout
n ∈ ℕ et tout
y ∈ ℝ, |e^(iy) − ∑_(k = 0)^n((iy)^k)/(k!)| ⩽ (|y|^(n + 1))/((n + 1)!) .
Q 40. En déduire que pour tout réelt ∈ [ − R/e, R/e] ,
Q 40. En déduire que pour tout réel
Pas de description pour le moment
