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Centrale Mathématiques 2 TSI 2015Sujet et corrigé

Pas encore noté
  • Réduction des matrices symétriques réelles
  • Groupe orthogonal et matrices orthogonales
  • Produit scalaire sur l'espace des matrices
  • Groupe symétrique et permutations
  • Convexité

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Présentation du sujet

Matrices de permutation, matrices magiques et matrices bistochastiques
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Le sujet étudie plusieurs sous-ensembles remarquables de l'espace des matrices carrées : les matrices contractantes pour la norme euclidienne, les matrices de permutation, les matrices magiques dont les sommes de lignes et de colonnes sont égales, et les matrices bistochastiques. Il se termine par l'étude des points extrémaux de l'ensemble des matrices bistochastiques et par le théorème de Birkhoff, démontré dans le cas de taille 2.

  1. 1I. Étude de l'ensemble E_nCaractérise les matrices qui contractent la norme euclidienne, en particulier les matrices symétriques dont les valeurs propres sont dans [-1, 1].
  2. 2II. Matrices de permutationÉtudie les matrices associées aux permutations d'un ensemble fini et montre qu'elles forment un sous-groupe fini du groupe orthogonal.
  3. 3III. Matrices magiquesDéfinit les matrices magiques par l'égalité des sommes de lignes et de colonnes et en étudie la structure d'espace vectoriel stable par produit.
  4. 4IV. Matrices bistochastiquesÉtudie les matrices magiques à coefficients positifs de somme 1 sur plusieurs exemples explicites, dont un lien avec le groupe orthogonal.
  5. 5V. Points extrémaux de B_nMontre que les matrices de permutation sont les points extrémaux de l'ensemble des matrices bistochastiques, cas particulier du théorème de Birkhoff.

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Notations et définitions

Dans tout le problème, n désigne un entier naturel supérieur ou égal à 1 . On notera par ailleurs :
  • S_n l'ensemble des permutations de l'ensemble [ [1, n] ] des entiers compris entre 1 et n, c'est-à-dire des applications de [ [1, n] ] vers lui-même qui sont bijectives. C'est un ensemble fini ayant n! éléments et qui forme un groupe pour la loi de composition o, appelé groupe symétrique d'ordre n.
  • R^n = M_(n, 1)(ℝ). Il est muni du produit scalaire défini par ⟨X, Y⟩ = X^T Y ainsi que de la norme associée définie par ‖X‖ = √(⟨X, X⟩).
  • M_n = M_n(ℝ). Il est muni du produit scalaire défini par (A|B) = tr(A^T B) ainsi que de la norme associée définie par N(A) = √((A|A)).
  • I_n = diag(1, …, 1) la matrice unité de M_n.
  • O(n) = {P ∈ M_n : P^T P = I_n} l'ensemble des matrices orthogonales de M_n. On rappelle que c'est un groupe pour le produit matriciel appelé groupe orthogonal d'ordre n.
    − SO(n) = {P ∈ O(n) : det(P) = 1}.
    On définit également les points suivants.
  • Pour tous A, B ∈ M_n, on définit le segment [A, B] = {(1 − t)A + tB, t ∈ [0, 1]}.
  • Une partie Φ de M_n est dite convexe lorsque pour tous A, B ∈ Φ, on a [A, B] ⊂ Φ.
  • Si Φ est convexe, A ∈ Φ est dit extrémal (dans Φ ) si l'égalité A = (1 − t)A_1 + tA_2 avec t ∈ ]0, 1[ et A_1, A_2 dans Φ implique A = A_1 = A_2.
    Ce problème a pour objectif d'étudier des propriétés de certains sous-ensembles de M_n et d'en donner quelques illustrations géométriques. Il est constitué de cinq parties, largement indépendantes entre elles.

I Étude de l'ensemble E_n

Dans toute cette partie, on s'intéresse à l'ensemble défini par E_n = {P ∈ M_n : ∀X ∈ R^n, ‖PX‖ ⩽ ‖X‖}.
I.A - Donner une condition nécessaire et suffisante sur (a, b) ∈ ℝ^2 pour que la matrice (a, − b; b, a) appartienne à E_2.
I. B − Si M ∈ E_n, que dire de ses valeurs propres réelles ?
Calculer le spectre de A = 1/3(1, − 1, 2; − 1, 2, 1; 2, 2, − 2) et en déduire que A n'appartient pas à E_3.
I.C − Montrer que E_n est convexe.
I.D - Soit M ∈ M_n. On note C_1, C_2, …, C_n ses vecteurs colonnes.
Montrer que N(M)^2 = ∑_(j = 1)^n‖C_j‖^2. En déduire une expression de N(M) à l'aide des coefficients de M.
IE - Montrer alors que E_n contient la boule unité fermée de M_n.
On pourra utiliser l'inégalité de Cauchy-Schwarz.
I. F - Montrer que E_n est contenu dans la boule fermée de centre 0 et de rayon √n. Montrer de plus que cette inclusion est stricte dans le cas n = 3.
I. G - Soit A ∈ M_n symétrique (vérifiant A^T = A ). Montrer que A ∈ E_n si et seulement si toutes ses valeurs propres sont dans [ − 1, 1].
I.H - Soit B ∈ M_n et A = B^T B. Montrer que B ∈ E_n si et seulement si toutes les valeurs propres de A sont dans [0, 1].

II Matrices de permutation

II.A - Cas n = 3
L'ensemble S_3 des permutations de [ [1, 3] ] contient 6 éléments. On note ( e_1, e_2, e_3 ) la base canonique de R^3.
II.A.1) Sachant qu'une application σ de S_3 est déterminée par la donnée du triplet ( σ(1), σ(2), σ(3) ), expliciter les 6 applications de S_3.
II.A.2) Justifier que L = (0, 0, 1; 1, 0, 0; 0, 1, 0) est diagonalisable dans M_3(ℂ) et préciser ses valeurs propres complexes.
II.A.3) Justifier que L ∈ SO(3). En déduire l'existence de M ∈ SO(3) telle que M^3 = L. Combien existe-t-il de matrices M ∈ M_3(ℂ) telles que M^3 = L ?
II.A.4) Soit K = (0, 1, 0; 1, 0, 0; 0, 0, 1) Le segment [K, L] est-il contenu dans O(3) ?
Les ensembles {K^r L^h : r ∈ {0, 1}, h ∈ {0, 1, 2}} et {M_σ : σ ∈ S_3} sont-ils égaux ?
II.A.5) Déterminer la dimension du sous-espace vectoriel (réel) de M_3 engendré par l'ensemble {M_σ : σ ∈ S_3}.

II.B - Cas général n ⩾ 1

II.B.1) On note ( e_1, e_2, …, e_n ) la base canonique de R^n. Pour tout σ ∈ S_n, on note M_σ l'unique matrice de M_n telle que pour tout j ∈ [ [1, n] ], M_σ e_j = e_(σ(j)).
Préciser les coefficients de M_σ et justifier que M_σ ∈ O(n).
II. C - Une matrice de la forme M_σ est dite matrice de permutation et on note P_n l'ensemble des matrices de permutations de M_n(ℝ).
Montrer que l'application φ : σ ↦ M_σ du groupe ( S_n, ∘ ) dans le groupe multiplicatif O(n) est injective et que, pour tout σ et σ^′ de S_n, φ(σ ∘ σ^′) = φ(σ) ∘ φ(σ^′).
On en déduit que P_n est un sous-groupe de O(n), fini de cardinal n!.
II.C.1) Pour tout σ ∈ S_n, montrer que {(M_σ)^k : k ∈ ℕ^∗} est fini. En déduire l'existence de p ∈ ℕ^∗ tel que (M_σ)^p = I_n.

III Matrices magiques

Une matrice M = (m_(i, j)) dans M_n est dite magique s'il existe un réel s(M) tel que pour tout i ∈ [ [1, n] ], on ait :
∑_(k = 1)^n m_(i, k) = ∑_(k = 1)^n m_(k, i) = s(M)
On note Π_n l'ensemble des matrices magiques de M_n.
On note encore U = (1; ⋮; 1) ∈ R^n et J = UU^T = (1, …, 1; ⋮, ⋮, ⋮; 1, …, 1) ∈ M_n.
Soient également D = vect(U) la droite de R^n engendrée par U et H = {(h_1; ⋮; h_n) ∈ R^n : ∑_(i = 1)^n h_i = 0}}}{{ (l'ensemble des vecteurs colonnes de M_(n, 1)(ℝ) dont la somme des coordonnées vaut 0 ).
III. A - Montrer que les matrices de permutations sont magiques, c'est-à-dire que P_n ⊂ Π_n.
III. B - Montrer que les sous espaces D et H sont supplémentaires dans R^n = M_(n, 1)(ℝ).
III. C - Soit M ∈ M_n.
III.C.1) Montrer que M est magique si et seulement s'il existe un réel λ tel que MJ = JM = λJ.
III.C.2) Montrer que M est magique si et seulement si M laisse stable D et H.
III.C.3) Montrer que Π_n est un sous-espace vectoriel de M_n stable pour le produit matriciel.
III.C.4) Montrer que s : M ∈ Π_n ↦ s(M) ∈ ℝ est une application linéaire, vérifiant s(MM^′) = s(M)s(M^′) pour tous M, M^′ ∈ Π_n.
III.C.5) Soit M magique et inversible. Montrer que M^(− 1) est magique et calculer s(M^(− 1)).
III.D - Déterminer dim(Π_n).
III. E - Montrer que pour tout k ∈ ℕ, on a J^k ∈ Π_n et que Z = vect(I_n, J) est stable pour le produit matriciel.
III. F - Déterminer le centre de Π_n c'est-à-dire : {M ∈ Π_n : ∀A ∈ Π_n, AM = MA}.
On pourra utiliser les matrices de permutation élémentaire P_(i, j) avec i < j, associée à la permutation de [ [1, n] ] qui échange i et j et laisse invariant les autres éléments.
III. G - Déterminer un supplémentaire de ker(s) dans Π_n.

III.H - Matrices super-magiques

Une matrice M à coefficients dans ℝ de taille n × n est dite super-magique s'il existe un nombre s(M) tel que les sommes des coefficients sur les lignes, sur les colonnes et sur les deux diagonales soient toutes égales à s(M).
III.H.1) Exprimer les conditions précédentes en fonction des M_(i, j) (coefficient de M à la i-ème ligne et j-ème colonne).
III.H.2) On choisit n = 3. Déterminer une base de l'espace vectoriel des matrices super-magiques de M_3.

IV Matrices bistochastiques

Une matrice M ∈ M_n est dite bistochastique si M est magique ( M ∈ Π_n ), tous les coefficients de M sont positifs et s(M) = 1. Ainsi si M = (m_(i, j)) on doit avoir : ∀i, j ∈ [ [1, n] ], m_(i, j) ⩾ 0 et ∑_(k = 1)^n m_(i, k) = ∑_(k = 1)^n m_(k, i) = 1.
On note B_n l'ensemble des matrices bistochastiques de M_n.
IV. A - Montrer que les matrices de permutation sont bistochastiques, c'est-à-dire que P_n ⊂ B_n.
IV.B - Les matrices bistochastiques sont-elles toujours inversibles?
IV.C - Montrer que B_n est stable pour le produit matriciel.
IV.D - Montrer que vect(B_n) = Π_n.

IV.E - Exemple 1

IV.E.1) Pour tout a ∈ [0, 1], on note U_a = (a, 1 − a; 1 − a, a).
Justifier qu'une telle matrice U_a est diagonalisable et préciser ses valeurs propres.
IV.E.2) Déterminer a ∈ [0, 1] tel que U_a soit une matrice orthogonale.
IV.E.3) Déterminer le sous-espace vectoriel de M_2(ℝ) engendré par B_2 = {U_a : a ∈ [0, 1]}.

IV.F - Exemple 2

Pour tout b ∈ [0, 1/2], on note V_b = (1 − 2b, b, b; b, 1 − 2b, b; b, b, 1 − 2b).
IV.F.1) Justifier qu'une telle matrice est diagonalisable et préciser ses valeurs propres.
IV.F.2) Existe-t-il b ∈ [0, 1/2] tel que V_b soit une matrice orthogonale ?

IV.G - Exemple 3

IV.G.1) Soit Γ = {(a, b, c) ∈ ℝ^3 : (a, b, c; c, a, b; b, c, a) ∈ O(3)}}}{{.
Montrer que Γ est la réunion de deux cercles de ℝ^3 (muni de son produit scalaire canonique) dont on précisera les centres et rayons.
IV.G.2) Soient a, b, c ∈ [0, 1] tels que a + b + c = 1 et W = (a, b, c; c, a, b; b, c, a).
Préciser dans quels cas W ∈ O(3).

V Points extrémaux de B_n

V.A - Les sous-ensembles suivants de M_n sont-ils convexes : P_n, O(n), B_n, Π_n et GL_n(ℝ) ?

V. B - Matrices de permutations

V.B.1) Décomposer la matrice A = 1/4(2, 1, 1; 1, 2, 1; 1, 1, 2) comme combinaison linéaire, à coefficients positifs et de somme 1, de matrices de permutations. Y a-t-il unicité de cette décomposition?
V.B.2) Montrer que les matrices de permutation sont des points extrémaux de B_n.
V.C - On peut en fait établir la réciproque et le théorème (de Birkhoff) : «Les points extrémaux de B_n sont exactement les matrices de permutations P_n».
On souhaite juste ici établir ce résultat dans le cas simple n = 2.
En supposant que U_a = (a, 1 − a; 1 − a, a) dans B_2, avec a ∈ [0, 1] est un point extrémal, justifier que U_a est une matrice de permutation.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de mathématiques 2 TSI Centrale 2015 ?
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Sur quels chapitres porte ce sujet de mathématiques 2 TSI Centrale 2015 ?

Il porte sur la réduction des matrices symétriques, le groupe orthogonal, le groupe symétrique des permutations, et la notion de convexité appliquée aux matrices bistochastiques.

Quelles parties du sujet sont indépendantes ?

L'énoncé précise que le problème est constitué de cinq parties largement indépendantes entre elles.

Faut-il connaître le théorème de Birkhoff avant de traiter ce sujet ?

Non, il est énoncé dans la partie V et seule sa démonstration dans le cas particulier n=2 est demandée.

Quelles notions de théorie des groupes sont mobilisées ?

Le groupe symétrique S_n des permutations et le groupe orthogonal O(n), reliés par un morphisme injectif dans la partie II.

Pas de description pour le moment