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Centrale Mathématiques 2 TSI 2017Sujet et corrigé

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Structure algébrique des torseurs et développement en produit infini du sinus
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Le sujet comporte deux parties indépendantes. La première construit la théorie mathématique des torseurs, outils utilisés en mécanique du solide, en étudiant la structure d'espace vectoriel qu'ils forment et la propriété d'équiprojectivité qui les caractérise. La seconde introduit la notion de produit infini, puis établit le développement de sin(πx) en produit infini à l'aide des séries de Fourier, avec des applications au calcul de ζ(2).

  1. 1I.A L'espace T des torseursDémonstration que l'ensemble des torseurs est un espace vectoriel, décomposé en somme directe des couples et des glisseurs en un point donné.
  2. 2I.B ÉquiprojectivitéDémonstration que la propriété d'équiprojectivité caractérise les torseurs, via l'étude des applications linéaires antisymétriques associées au produit vectoriel.
  3. 3II.A Définitions et premières propriétés des produits infinisDéfinition de la convergence d'un produit infini, étude d'exemples télescopiques et conditions nécessaires ou suffisantes de convergence, notamment via les séries logarithmiques.
  4. 4II.B Développement en produit infini de sin(πx)/(πx)Démonstration du développement de sin(πx) en produit infini à partir de la série de Fourier de cos(xt), avec deux applications numériques dont le calcul conjectural de ζ(2).

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Ce sujet comporte deux parties indépendantes.

I Étude des torseurs

Les torseurs sont des outils mathématiques utilisés en mécanique du solide indéformable.
On considère un solide indéformable Σ. Si A est un point de ce solide et si V⃗(A)_R désigne la vitesse du point A ∈ Σ dans le référentiel galiléen R, il est bien connu que, pour tous points A et B de Σ, on a
V⃗(B)_R = V⃗(A)_R + Ω⃗_(Σ/R) ∧ AB^(→−)
où Ω⃗_(Σ/R) est un vecteur (un pseudo-vecteur en réalité) appelé vecteur instantané de rotation du solide Σ par rapport au référentiel R.
L'application A ↦ V⃗(A)_R est appelé torseur cinématique.
Cette partie se propose de dégager la théorie liée aux torseurs.

Notations

  • E désigne l'ensemble des points de l'espace géométrique orienté usuel de dimension 3 et on considère O un point fixé de E.
  • On note E→ l'ensemble des vecteurs de E et on considère B = (e⃗_1, e⃗_2, e⃗_3) une base orthonormée directe de E→.
  • Le produit scalaire de deux vecteurs u⃗ et v⃗ de E→ est noté u⃗ ⋅ v⃗.
  • Le produit vectoriel de deux vecteurs u⃗ et v⃗ de E→ est noté u⃗ ∧ v⃗.
On appelle torseur toute application M : E → E→ pour laquelle il existe un vecteur r⃗ tel que que la relation M(B) = M(A) + r⃗ ∧ AB^(→−) est vérifiée pour tous points A et B de E.

I.A - L'espace T des torseurs

I.A.1) Soit r⃗ un vecteur de E→. Montrer que l'application M : A ↦ r⃗ ∧ OA^(→−) est un torseur.
I.A.2) Montrer que l'ensemble T des torseurs est un sous-espace vectoriel du ℝ-espace vectoriel F(E, E→) des applications de E dans E→.

I.A.3)

a) Soient u⃗ et v⃗ deux vecteurs de l'espace. Rappeler, sans démonstration, une condition géométrique nécessaire et suffisante pour que u⃗ ∧ v⃗ = 0→.
b) Soit M un torseur. Montrer que le vecteur r⃗ de la définition est unique.
Il s'appelle la résultante du torseur M. On admet que l'application {T → E→; M ↦ r⃗ est linéaire.
I.A.4) Vérifier qu'une application constante de E dans E→ est un torseur et en donner la résultante. Un tel torseur s'appelle un couple. Montrer que l'ensemble C des couples est un sous-espace vectoriel de T et que l'application {C → E→; M ↦ M(O) est un isomorphisme.
En déduire la dimension de C.
I.A.5) On appelle glisseur tout torseur qui s'annule en au moins un point de E.
a) Soit O_1 un point de E distinct de O et r⃗ un vecteur non nul et non colinéaire à OO_1^(→−). On note g_0 : A ↦ r⃗ ∧ OA^(→−) et g_1 : A ↦ r⃗ ∧ O_1 A^(→−).
Montrer que g_0 et g_1 sont des glisseurs, mais que g_0 − g_1 n'en est pas un. Expliquer pourquoi l'ensemble G des glisseurs n'est pas un sous-espace vectoriel de T.
b) Montrer que l'ensemble G_O des glisseurs s'annulant en O est un sous-espace vectoriel de T et que l'application {G_O → E→; M ↦ r⃗, où r⃗ est la résultante de M, est un isomorphisme.
En déduire la dimension de G_O.
c) Démontrer que T = C ⊕ G_O. Quelle est la dimension de T ?

I.B - Équiprojectivité

I.B.1) Démontrer que, si M est un torseur alors M vérifie la propriété suivante:
∀A, B ∈ E, M(A) ⋅ AB^(→−) = M(B) ⋅ AB^(→−)
Cette propriété est connue sous le nom de propriété d'équiprojectivité.
On se propose d'étudier la réciproque.

I.B.2) Question préparatoire

a) Rappeler la définition d'une matrice antisymétrique.
b) L'espace est muni du repère orthonormé direct ( O, e⃗_1, e⃗_2, e⃗_3 ) et on identifie tout vecteur avec la matrice colonne 3 × 1 contenant ses coordonnées dans la base B.
Montrer qu'il existe un unique vecteur r⃗, dont on donnera les coordonnées dans la base B, tel que
∀u⃗ = (x; y; z) ∈ E→, (0, 1, 2; − 1, 0, 3; − 2, − 3, 0)(x; y; z) = r⃗ ∧ u⃗
I.B.3) Soit f : E→ → E→ une application telle que pour tous vecteurs u⃗ et v⃗, f(u⃗) ⋅ v⃗ = − u⃗ ⋅ f(v⃗).
a) Montrer que f est linéaire.
Pour λ et μ deux nombres réels, on pourra considérer le vecteur w⃗ = f(λu⃗ + μv⃗) − λf(u⃗) − μf(v⃗) et montrer qu'il est orthogonal à tout vecteur de E.
b) Montrer que la matrice de f dans la base B est une matrice antisymétrique.
c) Démontrer qu'il existe un unique vecteur r⃗ ∈ E→ tel que pour tout u⃗ ∈ E→, f(u⃗) = r⃗ ∧ u⃗.
I.B.4) Soit M : E → E→ une application vérifiant la propriété d'équiprojectivité. Montrer alors que M est un torseur.
On pourra considérer l'application f : E→ → E→ définie pour tout vecteur u⃗ ∈ M^(→−) par f(u⃗) = M(O^′) − M(O) où O^′ désigne le translaté du point O par le vecteur u⃗ c'est-à-dire OO^′^(→−) = u⃗.

II Produits infinis

II.A - Définitions et premières propriétés

Soient n_0 ∈ ℕ et (u_n)_(n ⩾ n_0) une suite de nombres réels ou complexes. Pour N ⩾ n_0, on pose
P_N = u_(n_0)u_(n_0 + 1)⋯u_N = ∏_(n = n_0)^N u_n
La suite (P_N)_(N ⩾ n_0) est appelée suite des produits partiels associée à (u_n)_(n ⩾ n_0).
On dit que le produit infini ∏_(n ⩾ n_0)u_n converge si la suite (P_N)_(N ⩾ n_0) admet une limite finie non nulle. Cette limite est notée ∏_(n = n_0)^(+ ∞)u_n et est appelée valeur du produit infini. Si (P_N)_(N ⩾ n_0) est divergente ou de limite nulle, on dit que le produit infini ∏_(n ⩾ n_0)u_n diverge.

II.A.1) Produits téléscopiques

a) Montrer que ∏_(n = 2)^N(1 − 1/n) = 1/N.
En déduire la divergence du produit infini ∏_(n ⩾ 2)(1 − 1/n).
b) Justifier que ∏_(n = 2)^N(1 − 1/(n^2)) = (∏_(n = 2)^N(n − 1)/n)(∏_(n = 2)^N(n + 1)/n).
En déduire la convergence et la valeur du produit infini ∏_(n ⩾ 2)(1 − 1/(n^2)).

II.A.2) Conditions nécessaires de convergence

a) Montrer que si ∏_(n ⩾ n_0)u_n converge alors pour tout n ⩾ n_0, u_n ≠ 0.
b) Montrer, en considérant le quotient (P_(N + 1))/(P_N) que si ∏_(n ⩾ n_0)u_n converge alors lim_(n → + ∞)u_n = 1.
c) La condition lim_(n → + ∞)u_n = 1 est-elle suffisante pour que le produit infini ∏_(n ⩾ n_0)u_n converge ?
II.A.3) On suppose dans cette question que (u_n)_(n ⩾ n_0) est une suite de réels strictement positifs.
a) Montrer que le produit infini ∏_(n ⩾ n_0)u_n converge si et seulement si la série ∑_(n ⩾ n_0)ln(u_n) converge. Préciser alors la relation entre ∏_(n = n_0)^(+ ∞)u_n et ∑_(n = n_0)^(+ ∞)ln(u_n).
b) Montrer que si, pour tout n ⩾ n_0, 0 < u_n < 1 alors le produit infini ∏_(n ⩾ n_0)(1 − u_n) converge si et seulement si la série ∑_(n ⩾ n_0)u_n converge.
c) Soit q un nombre réel appartenant à [ 0,1 [ quelle est la nature du produit infini ∏_(n ⩾ 1)(1 − q^n) ?
II.B - Développement en produit infini de (sin(πx))/(πx)
On se propose dans cette sous-partie de démontrer que
∀x ∈ ] − 1, 1[, sin(πx) = πx∏_(n = 1)^(+ ∞)(1 − (x^2)/(n^2))
II.B.1) Expliquer pourquoi il suffit de démontrer cette égalité pour tout x ∈ ]0, 1[.
Dans toute la suite de cette sous-partie II.B, x est un réel fixé appartenant à l'intervalle ]0, 1[.
II.B.2) Prouver la convergence du produit infini ∏_(n ⩾ 1)(1 − (x^2)/(n^2)).

II.B.3)

a) Montrer que pour tout (a, b) ∈ ℝ^2, cosacosb = 1/2(cos(a + b) + cos(a − b)).
b) On définit la fonction f, 2π-périodique, par ∀t ∈ ] − π, π], f(t) = cos(xt).
Représenter graphiquement la fonction f dans le cas particulier où x = 1/2.
Dans le cas général où x ∈ ] − 1, 1[, démontrer que f est continue sur ℝ et C^1 par morceaux.
Calculer les coefficients de Fourier de f.
c) En déduire, pour tout t ∈ [ − π, π], l'égalité
cos(xt) = (sin(πx))/π(1/x + ∑_(n = 1)^(+ ∞)((− 1)^n 2x)/(x^2 − n^2)cos(nt))
d) Pour tout t ∈ ℝ tel que sint ≠ 0 on pose cott = (cost)/(sint). Montrer que,
πcot(πx) = 1/x + ∑_(n = 1)^(+ ∞)(2x)/(x^2 − n^2)

II.B.4)

a) À l'aide d'un développement limité en 0 de ucosu − sinu, calculer lim_(t → 0)(πcot(πt) − 1/t). En déduire la convergence de l'intégrale I = ∫_0^x(πcot(πt) − 1/t)dt.
b) Prouver l'existence et calculer la limite de ln((sin(πε))/(πε)) quand ε tend vers 0 .
c) En déduire que I = ln((sin(πx))/(πx)).
d) Expliquer pourquoi la quantité ∑_(n = N + 1)^(+ ∞)(2t)/(n^2 − t^2) est définie pour tout N ∈ ℕ^∗ et tout t ∈ [0, 1].
e) Justifier que lim_(N → + ∞)∑_(n = N + 1)^(+ ∞)2/(n^2 − 1) = 0.
f) Montrer que
∀t ∈ [0, 1[, ∀N ∈ ℕ^∗, 0 ⩽ ∑_(n = N + 1)^(+ ∞)(2t)/(n^2 − t^2) ⩽ ∑_(n = N + 1)^(+ ∞)2/(n^2 − 1)
g) Montrer que, pour tout N ∈ ℕ^∗,
|ln((sin(πx))/(πx)) − ∑_(n = 1)^N∫_0^x(2t)/(t^2 − n^2) dt| ⩽ x∑_(n = N + 1)^(+ ∞)2/(n^2 − 1)
h) En déduire le développement en produit infini de sin(πx).

II.B.5) Deux applications

a)
i. Justifier la convergence du produit infini ∏_(n ⩾ 1)(1 − 1/(4n^2)).
ii. À l'aide du développement en produit infini de (sin(πx))/(πx) appliqué à un réel x bien choisi, donner la valeur du produit infini ∏_(n ⩾ 1)(1 − 1/(4n^2)).
b) On introduit la fonction ζ de Riemann donnée par ζ(a) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^a).
i. Prouver que ζ est définie sur ]1, + ∞[.
ii. Écrire le développement limité à l'ordre 3 en 0 de la fonction x ↦ sin(πx).
iii. On trouve dans les travaux d'Euler un «calcul formel» permettant d'obtenir la valeur de ζ(2). Il identifie les termes de degré 3 du développement limité de x ↦ sin(πx) et de son développement en produit infini. Conjecturer la valeur de ζ(2) en utilisant cette méthode.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de maths 2 Centrale TSI 2017 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de maths 2 Centrale TSI 2017 ?

Il porte sur les espaces vectoriels et les applications linéaires en lien avec le produit vectoriel pour la partie torseurs, et sur les séries numériques, les produits infinis et les séries de Fourier pour la seconde partie.

Les deux parties du sujet Centrale maths 2 TSI 2017 sont-elles indépendantes ?

Oui, l'énoncé précise explicitement que le sujet comporte deux parties indépendantes : l'étude des torseurs d'une part, les produits infinis d'autre part.

Quels résultats de cours faut-il connaître pour traiter ce sujet ?

Il faut maîtriser les espaces vectoriels et les applications linéaires, le produit vectoriel, la convergence des séries numériques, ainsi que le calcul des coefficients de Fourier d'une fonction périodique.

Ce sujet fait-il le lien entre les torseurs de mécanique et l'algèbre linéaire ?

Oui, la première partie reformule entièrement la notion physique de torseur comme un objet mathématique abstrait, étudié avec les outils de l'algèbre linéaire (espaces vectoriels, sommes directes, isomorphismes).

Pas de description pour le moment