Centrale Physique Chimie MP 2005Sujet, corrigé et rapport du jury
- Configuration électronique et classification périodique
- Cristallographie : mailles, coordinence, compacité
- Électrochimie : électrolyse et loi de Beer-Lambert
- Thermodynamique chimique : diagramme d'Ellingham et grandeurs de réaction
- Entropie créée et irréversibilité
- Théorie de la réponse linéaire d'Onsager et effets thermoélectriques (effet Peltier)
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Présentation du sujet
DifficileTrioxyde de tungstène (structure, électrochromisme, réduction par le dihydrogène) et couplage thermoélectrique : réfrigérateur à effet PeltierAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe sujet de physique-chimie, Centrale MP 2005, associe une partie chimie sur le trioxyde de tungstène WO3 (structure cristalline, électrochromisme des bronzes de tungstène, réduction par le dihydrogène) à une partie physique sur le couplage des phénomènes de conduction thermique et électrique en régime linéaire, à travers la théorie de la réponse linéaire d'Onsager appliquée à un réfrigérateur à effet Peltier.
- 1Partie I.A : étude structurale de WO3première annéeConfiguration électronique du tungstène, formation de l'ion W6+, description de la maille cristalline de WO3, compacité et sites d'insertion possibles pour des cations M+.
- 2Partie I.B : électrochromisme des bronzes de tungstèneInsertion réversible de cations dans WO3 conduisant à un changement de couleur, réactions aux électrodes d'une cellule d'électrolyse, exploitation de la loi de Beer-Lambert et conception d'un dispositif optique dynamique.
- 3Partie I.C : élaboration de la poudre de tungstène métalliqueRéduction de WO3 en tungstène métallique par le dihydrogène en trois étapes successives, exploitation d'un diagramme d'Ellingham et calcul des grandeurs standard de réaction.
- 4Partie II.A et II.B : forces thermodynamiques et théorie d'OnsagerÉtablissement de l'entropie créée par conduction thermique puis électrique pure, puis relations phénoménologiques couplées de la théorie de la réponse linéaire d'Onsager, mises en évidence de l'effet Peltier.
- 5Partie II.C : réfrigérateur à effet PeltierModélisation électrique du module à effet Peltier, prise en compte progressive de l'effet Joule et de la conduction thermique dans les semi-conducteurs, calcul de l'efficacité du réfrigérateur comparée à celle d'un cycle de Carnot.
Difficile. Le rapport relève que des connaissances élémentaires de première année (configuration électronique, électrochimie de base, principes de la thermodynamique) ne sont pas maîtrisées par un grand nombre de candidats, avec une méconnaissance qualifiée d'inquiétante des phénomènes électrochimiques et de grosses lacunes en thermodynamique.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesConfusion entre perte et gain d'électrons pour former W6+ · Électrons crus circuler en solution lors d'une électrolyse · Calculs thermodynamiques de réaction très souvent fauxAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe problème associe une partie chimie sur le trioxyde de tungstène à une partie physique sur l'effet Peltier. Le jury constate que la plupart des connaissances de base mal maîtrisées appartiennent au programme de première année, notamment en électrochimie et en thermodynamique. D'excellentes copies ont néanmoins été remarquées, alliant bonnes connaissances scientifiques, interprétation claire des modèles et calculs rigoureux.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Confusion entre perte et gain d'électrons pour former W6+I.A.1
À la grande surprise du jury, de très nombreux candidats confondent perte et gain d'électrons pour expliquer la formation de l'ion W6+, et à peine 15 % citent la dénomination « métal de transition ».
« ils sont très nombreux, à la grande surprise du jury, à confondre perdre et gagner des élec trons pour obtenir l’ion W6+ »
- 2Électrons crus circuler en solution lors d'une électrolyseI.B
La partie sur l'électrochromisme révèle une méconnaissance inquiétante des phénomènes électrochimiques : 8 % des candidats pensent que les électrons circulent en solution, et 10 % que le platine s'oxyde en Pt+ ou Pt2+.
« les électrons par contre circulent en solution (8% des candidats !) »
- 3Calculs thermodynamiques de réaction très souvent fauxI.C.3
Les calculs numériques d'enthalpie libre, d'enthalpie et d'entropie standard de réaction sont très souvent faux, et déduire du signe de l'enthalpie standard le caractère exothermique ou endothermique de la réaction pose de réelles difficultés.
« les calculs numériques de ΔrG°, ΔrH° et ΔrS° sont très souvent faux »
- 4Notion d'entropie d'échange très mal maîtriséeII.A.1
La notion d'entropie d'échange est très mal maîtrisée par les candidats, qui identifient peu l'irréversibilité du phénomène pour interpréter le sens physique et le signe positif de l'entropie créée.
« La notion d'entropie d'échange est très mal maîtrisée. »
- 5Loi phénoménologique confondue avec d'autres lois du programmeII.B
La notion de relation phénoménologique n'est pas maîtrisée : de nombreuses réponses citent à tort la matrice inductante comme telle loi, d'autres certaines équations de Maxwell ou le principe fondamental de la dynamique.
« de nombreuses réponses citent la matrice inductante comme telle loi, d'autres citent certaines équations de Maxwell ou le principe fondamental de la dynamique »
- 6Réfrigérateur jugé plus efficace qu'un cycle de CarnotII.C
Un certain nombre de candidats, environ 10 %, expriment leur satisfaction de voir un système réfrigérant plus efficace qu'un cycle de Carnot, ce qui viole le second principe de la thermodynamique sans que cela les alerte.
« Un certain nombre de candidats ( 10% environ) exprime sa satisfaction de voir un système réfrigérant plus efficace qu’un cycle de Carnot »
Ce qui a été bien réussi
- Établir la maille de WO3 et trouver ses propriétés a eu davantage de succès que le reste de la partie I.A.
- Le rôle réfrigérant du module à effet Peltier est dans l'ensemble bien mis en évidence.
- La théorie de la réponse linéaire d'Onsager est globalement bien traitée par les candidats qui ont su transformer le gradient de l'inverse de la température.
- D'excellentes copies allient de bonnes connaissances scientifiques, une interprétation claire des modèles et des calculs rigoureux.
Conseils du jury
- Réviser régulièrement les notions de première année (configuration électronique, électrochimie de base, principes de la thermodynamique) au fur et à mesure qu'elles sont prolongées en seconde année.
- Vérifier la cohérence de tout résultat au regard des principes physiques fondamentaux, en particulier le second principe de la thermodynamique.
- Soigner la présentation, l'orthographe et éviter l'abus d'abréviations dans la rédaction.
- Conserver un ton posé et professionnel sur la copie, sans accès de mauvaise humeur, pour montrer sa motivation au jury.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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PHYSIQUE-CHIMIE
Partie I - Le trioxyde de tungstène
WO_3 : structure et propriétés optiques ; élaboration de la poudre de tungstène métallique
De nombreuses questions sont indépendantes. Certaines données numériques sont regroupées à la fin du sujet.
I.A - Étude structurale
a) Donner la configuration électronique d'un atome de tungstène à l'état fondamental.
b) À quelle famille appartient-il ?
c) Justifier sa grande facilité à former l'ion
I.A.2) Donner la formule de Lewis et la géométrie de la molécule de trioxyde de tungstène gazeux
I.A.3) Le trioxyde de tungstène solide est, en première approximation, un oxyde ionique. Il présente une structure cubique telle que les ions tungstène
a) Dessiner une maille et vérifier la stœchiométrie du cristal.
b) Quelle est la coordinence de l'ion tungstène (par rapport à l'ion oxyde) et le nom du polyèdre de coordination de cet ion ? Quelle est la coordinence de l'ion oxyde (par rapport à l'ion tungstène) ? En déduire le nombre de polyèdres auxquels appartient chaque ion oxyde. Représenter une nouvelle maille déduite de celle du I.A.3-a par une translation (
c) On admet une tangence anion-cation.
Le centre du cube et le milieu des faces de la maille dessinée au I.A.3-a sont vides. Calculer le rayon maximal des cations
Filière MP
I.B - Propriétés optiques des bronzes de tungstène : électrochromisme
I.B.1) D'après la description de la structure de l'oxyde
I.B.2) Le document 1 donne le spectre d'absorption d'un bronze de tungstène. Montrer qu'il y a cohérence avec la couleur bleue.
I.B.3) Écrire la demi-équation rédox relative au couple
I.B.4) Un film mince d'oxyde
Document 1

de platine plonge également dans la solution et constitue une deuxième électrode. Enfin, un générateur de courant est branché aux bornes de cette cellule (voir document 2).
En choisissant le sens du branchement du générateur, on peut imposer la réduction de l'oxyde de tungstène en bronze de tungstène ou le phénomène inverse. Le changement de couleur renversable associé est appelé «électrochromisme».
a) Reproduire simplement le schéma en précisant le sens du branchement du générateur qui permet d'observer
.jpg)
le changement de couleur du film d'oxyde de tungstène : jaune pâle («incolore»)
b) Écrire les réactions électrochimiques qui se produisent aux deux électrodes. I.B.5) On cherche maintenant la valeur maximale limite
de tungstène à deux longueurs d'onde différentes en fonction de la charge
a) En supposant, dans un premier temps, que toute la charge surfacique
b) À partir du document, montrer que le processus d'insertion est limité. Évaluer la charge
c) En réalité l'hypothèse du I.B.5-a n'est valable qu'au début de l'insertion. Ensuite des réactions parasites consomment de la charge. Des expériences complémentaires montrent que
d) Montrer que, au début du phénomène d'insertion (
I.B.6) On cherche à concevoir un dispositif optique, dit dynamique, dont on pourrait moduler la transmission de la lumière par électrochromisme selon les besoins : vitrages de fenêtres (adaptation selon le temps...), rétroviseurs (adaptation pour éviter un éblouissement...).
a) On choisit plutôt un autre électrolyte, toujours transparent, mais solide : pourquoi? Y-a-t-il cependant un inconvénient?
b) On supprime également la plaque de platine : pourquoi ? On la remplace par une autre électrode électrochrome. Le document 4 propose quelques exemples de matériaux: lequel vous paraît le plus judicieux pour cette deuxième électrode? Pourquoi?
| Document 4: Changement de couleur de quelques matériaux électrochromes | ||
| Matériau électrochrome | Forme oxydée | Forme réduite |
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jaune très pâle | bleu |
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-id- | -id- |
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jaune | vert |
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bleu noir | incolore |
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jaune brun | incolore |
| Diphtalocyanine de lutécium | vert | rouge |
menté par une batterie délivrant un courant d'intensité constante
I.C - Élaboration de la poudre de tungstène métallique
d'un métal très pur aux qualités physiques et mécaniques exceptionnelles. En effet, le tungstène est, parmi les métaux, celui qui a la température de fusion la plus élevée
Document 5

l'entrée, en gros excès, passe à contre-courant sur la matière première disposée dans des nacelles métalliques qui circulent en sens inverse. Les réactions se font sous la pression atmosphérique assimilée à
I.C.1)
a) Calculer les nombres (degrés) d'oxydation du tungstène dans le métal et ses oxydes. Justifier que chaque étape est bien une réduction par le dihydrogène.
b) D'après l'étude du I.B, faire un commentaire sur la couleur de l'oxyde
a) Dans le domaine de température proposé, les équilibres sont-ils successifs ou simultanés ? Justifier la réponse.
b) Reproduire simplement le diagramme sur la copie et noter les domaines d'existence de chaque solide, après avoir justifié leurs positions respectives.
I.C.3) On s'intéresse à la dernière étape uniquement, c'est-à-dire la réaction (3):
a) Évaluer, dans le domaine de température proposé, l'enthalpie libre standard
b) Calculer la constante d'équilibre
c) Donner une condition sur le rapport des pressions partielles en dihydrogène et vapeur d'eau pour que la réaction se produise dans le sens souhaité. Justifier alors l'intérêt de l'excès en dihydrogène et de la technique dite à contre-courant. Cette conduite opératoire convient-elle également aux deux réactions précédentes? Quel traitement doit subir le dihydrogène en excès après chaque passage dans le four et avant d'y être réinjecté ?
Données :
Masses molaires atomiques (
Rayons ioniques
Constante d'Avogadro:
Constante des gaz parfaits :
Masse volumique de l'eau à
Partie II - Couplage des phénomènes de conduction thermique et électrique en régime linéaire. Étude d'un réfrigérateur à effet Peltier
II.A - Forces thermodynamiques
II.A.1) Cas de la conduction thermique pure
Soit
a) Comment faire expérimentalement pour que le problème soit bien unidimensionnel? Montrer que
b) Montrer que l'entropie échangée par la tranche comprise entre les sections d'abscisses
L'entropie créée par unité de temps et de volume o s'écrit donc :
c) Le barreau a pour longueur
Calculer numériquement
II.A.2) Cas de la conduction électrique pure. Le même barreau est maintenant parcouru par un courant électrique de vecteur densité de courant
a) Montrer que
b) Calculer la puissance cédée par le champ
c) Mettre
d) Le barreau conducteur est parcouru par un courant de 100 mA ; sa section vaut
Calculer numériquement
Lorsque le milieu est simultanément le siège de phénomènes de conduction électrique et de conduction thermique, on admet que l'entropie créée par unité de temps et de volume de matériau s'écrit :
II.B - Théorie de la réponse linéaire d'Onsager
Si l'on n'est pas trop loin de l'équilibre, les densités de courant
- sa conductivité thermique
λ ; - sa conductivité électrique
γ ; - son pouvoir thermoélectrique
ε défini à courant électrique nul (c'est-à-dire pourj⃗_e = 0→ ) par la relation∇⃗V = − ε ⋅ ∇⃗T .
II.B.1) Citer et énoncer au moins une loi phénoménologique linéaire figurant à votre programme.
II.B.2)
a) En vous plaçant dans le cas d'un champ de température uniforme, exprimerL_(ee) en fonction deγ etT .
b) En vous plaçant à courant électrique nul, donner une relation entreε, L_(qe), L_(ee), T d'une part, et une relation liantε, λ, L_(qq), L_(ee) etT , d'autre part.
c) En déduire l'expression dej⃗_q etj⃗_j en fonction deλ, ε, γ, T, ∇⃗T et∇⃗V . En déduire finalement la relation :
II.B.3) Effet Peltier. On considère un

On suppose le problème unidimensionnel au sein de chaque barreau. L'ensemble est parcouru par un courant électrique I permanent délivré par un générateur. On note
a) On ne s'intéresse pour le moment qu'au terme
b) On suppose
II.C - Étude d'un réfrigérateur à effet Peltier
II.C.1) On néglige, pour le moment, l'effet Joule (conductivité électrique grande) ainsi que les pertes par conduction thermique dans les semi-conducteurs
a) Calculer la puissance thermique Peltier
b) On donne les valeurs numériques suivantes :
c) Montrer que le module à effet Peltier se comporte comme un générateur de tension continue dont on précisera la force électromotrice
d) Définir et évaluer l'efficacité
II.C.2) On tient maintenant compte de l'effet Joule et de la conduction thermique dans les deux barreaux semi-conducteurs. On note
a) On considère ici le barreau semi-conducteur de type
En effectuant un bilan d'énergie sur la tranche comprise entre les sections d'abscisses
II.C.3)
a) On suppose également le pouvoir thermoélectrique
c) On donne les valeurs numériques suivantes :
d) Calculer numériquement
Au vu des valeurs numériques calculées, discuter la validité des deux approximations faites à la question II.C.1.
e) Déterminer la température minimale
II.C.4)
b) Que vaut l'efficacité
c) Donner le schéma électrique équivalent du module à effet Peltier et préciser les valeurs de sa force électromotrice
II.C.5) On souhaite obtenir une puissance de réfrigération de 50 W pour
-••FIN •••
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de physique-chimie Centrale MP 2005 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de physique-chimie Centrale MP 2005 ?
Le sujet porte sur le trioxyde de tungstène (structure cristalline, électrochromisme, réduction par le dihydrogène) et sur le couplage thermoélectrique via la théorie de la réponse linéaire d'Onsager, appliquée à un réfrigérateur à effet Peltier.
Quelle est la moyenne à l'épreuve de physique-chimie Centrale MP 2005 ?
Le rapport ne communique aucune moyenne ni écart-type chiffrés pour cette épreuve.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées à cette épreuve de physique-chimie Centrale MP 2005 ?
Le jury relève une confusion entre perte et gain d'électrons pour former l'ion W6+, une méconnaissance des phénomènes électrochimiques de base, des calculs thermodynamiques de réaction très souvent faux, et une notion d'entropie d'échange très mal maîtrisée.
Cette épreuve de physique-chimie Centrale MP 2005 est-elle difficile ?
Le rapport la juge difficile : il relève d'importantes lacunes sur des notions pourtant de première année, en électrochimie comme en thermodynamique, même si d'excellentes copies ont aussi été remarquées.
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