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Mathématiques 1, e3a MP 2018 : constante d'Euler, matrices de Hadamard et nombre de valeurs distinctes dans un tirage
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Ce sujet comporte trois exercices indépendants. Le premier étudie deux suites liées à la série harmonique pour définir la constante d'Euler et en donner un développement asymptotique. Le deuxième étudie les matrices à coefficients dans {-1, 1} et à colonnes orthogonales, appelées matrices de Hadamard, et montre que leur taille est nécessairement un multiple de 4. Le troisième étudie, en probabilités, le nombre de valeurs distinctes prises par n variables uniformes indépendantes, avec une application au problème des anniversaires.

  1. 1Exercice 1 : constante d'Euler et développement asymptotiqueOn construit deux suites adjacentes liées à la série harmonique pour démontrer l'existence de la constante gamma, puis on obtient un développement asymptotique de la somme harmonique.
  2. 2Exercice 2 : matrices de HadamardOn étudie les matrices à coefficients dans {-1, 1} dont les colonnes sont orthogonales, on calcule leur déterminant et on démontre que leur taille, si elle dépasse 2, est un multiple de 4, avec une question de programmation en Python.
  3. 3Exercice 3 : nombre de valeurs distinctes et problème des anniversairesOn calcule l'espérance du nombre de valeurs distinctes prises par n variables uniformes indépendantes sur un intervalle d'entiers, avec simulation en Python, puis on applique ce résultat au problème des anniversaires partagés.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 9,8 / 20 · écart-type 4,25 · 3 160 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
9,8/ 20
Écart-type
4,25
Présents
3 160
moyenne 9,805101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

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CONCOURS ARTS ET MÉTIERS ParisTech - ESTP - POLYTECH

Épreuve de Mathématiques 1 MP

Durée 4 h
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, d'une part il le signale au chef de salle, d'autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

Exercices

L'usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés ne seront pas pris en compte. Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.

Exercice 1

Pour tout entier naturel n clans ℕ^∗, on note
h_n = ∑_(k = 1)^n 1/k, f_n = h_n − ln(n).
On considère les suites (u_n)_(n ∈ ℕ^∗) et (v_n)_(n ∈ ℕ^∗) définies par :
u_1 = 1 et pour n ≥ 2, u_n = 1/n + ln(1 − 1/n); v_n = 1/n − ln(1 + 1/n).
  1. Rappeler le domaine de définition de la fonction (x ↦ x + ln(1 − x)). Préciser son développement de Taylor à l'ordre 2 en 0 .
  2. Soit n un entier naturel non nul. Quel est le signe de u_n ?
  3. Justifier que la série ∑_(n ≥ 1)u_n est convergente.
  4. Etudier la fonction (f : x ↦ x − ln(1 + x)) sur [0, 1].
  5. Justifier que la série ∑_(n ≥ 1)v_n est convergente.
  6. Soit n un entier naturel non nul. Exprimer en fonction de n, v_n − u_n.
En déduire une expression de ∑_(n = 1)^N(v_n − u_n) en fonction de N pour tout entier naturel N supérieur ou égal à 3 .
7. Que peut-on dire des suites (∑_(n = 1)^N v_n)_(N ∈ ℕ^∗) et (∑_(n = 1)^N u_n)_(N ∈ ℕ^∗) ? Justifier que ∑_(n ≥ 1)u_n = ∑_(n ≥ 1)v_n.
Dans la suite de l'exercice, on note γ la somme des séries ∑_(n ≥ 1)u_n et ∑_(n ≥ 1)v_n.
8. Démontrer que γ est dans l'intervalle ]0, 1[.
9. Soit n un entier naturel non nul. Justifier que:
ln(n + 1) ≤ h_n ≤ 1 + ln(n)
  1. Justifier que la suite (f_n)_(n ∈ ℕ^∗) est décroissante.
  2. Démontrer que la suite (f_n)_(n ∈ ℕ^∗) est convergente et de limite γ.
Indication : Exprimer les sommes partielles de la série ∑_(n ≥ 1)u_n en fonction des termes de la suite (f_n).
12. Soit r un entier naturel > 1.
(a) Dessiner le graphe de la fonction (x ↦ (1/x^r)) sur ℝ^(+ ∗).
(b) Soit a un nombre réel > 0. Exprimer en fonction de a et r :
I(a) = ∫_a^(+ ∞)(dt)/(t^r)
(c) Soit (w_n)_(n ∈ ℕ) une suite de nombres réels qui converge vers 0 et telle que la suite (n^r(w_(n + 1) − w_n))_(n ∈ ℕ) est convergente vers une limite ℓ telle que ℓ > 0.
i. Soient a, b dans ℝ^(+ ∗) tels que 0 < a < ℓ < b. Justifier l'existence d'un entier naturel N supérieur ou égal à 2 tel que pour tout entier naturel n ≥ N, on ait les inégalités :
a ≤ n^r(w_(n + 1) − w_n)) ≤ b
ii. Démontrer que pour tout entier naturel n supérieur ou égal à N :
a∫_N^(n + 1)(dt)/(t^r) ≤ w_(n + 1) − w_N ≤ b∫_(N − 1)^n(dt)/(t^r)
iii. En déduire l'encadrement :
− bI(N − 1) ≤ w_N ≤ − aI(N)
où I a été défini dans la question 12(b).
iv. Démontrer que la suite (n^(r − 1)w_n)_(n ∈ ℕ) est convergente et expliciter en fonction de ℓ et r sa limite.
v. Ce résultat reste-t-il vrai si la limite ℓ de la suite (n^r(w_(n + 1) − w_n))_(n ∈ ℕ) est 0 ?
13. Démontrer qu'il existe un nombre réel α qu'on explicitera tel que :
∀n ∈ ℕ^∗, ∑_(k = 1)^n 1/k = ln(n) + γ + α/n + o(1/n)
Indication: On appliquera les résultats de la question 12 à une suite bien choisie.

Exercice 2

Soit n un entier naturel strictement supérieur à 1 . On note E l'espace vectoriel euclidien ℝ^n muni du produit scalaire canonique <, > :
∀(x_1; ⋮; x_n), (y_1; ⋮; y_n) ∈ ℝ^n, < (x_1; ⋮; x_n), (y_1; ⋮; y_n)>=∑_(i = 1)^n x_i y_i
On note ‖‖ la norme associée et e_1, …, e_n la base canonique de E.
  1. Soit M une matrice dans M_n(ℝ). On note v_1, …, v_n ses vecteurs colonnes.
    (a) Exprimer en fonction des vecteurs v_1, …, v_n les coefficients de la matrice ^t MM.
    (b) Dans le cas particulier où les vecteurs v_1, …, v_n sont orthogonaux deux à deux, démontrer que
|det(M)| = ‖v_1‖‖v_2‖⋯‖v_n‖.
  1. Déterminer les matrices dans M_n(ℝ) qui sont diagonales et orthogonales.
On note H_n l'ensemble des matrices M dans M_n(ℝ) telles que :
  • Tous les coefficients de M sont dans { − 1, 1}.
  • Les vecteurs colonnes de la matrice M sont orthogonaux 2 à 2 .
Par exemple, on pourra constater que :
(1, 1; 1, − 1) ∈ H_2 et (1, 1, − 1, 1; − 1, − 1, − 1, 1; 1, − 1, − 1, − 1; − 1, 1, − 1, − 1) ∈ H_4
  1. Ecrire une fonction en Python qui lorsqu'elle prend en entrée la liste des colonnes d'une matrice M, de taille n, renvoie 1 si la matrice est dans H_n et 0 sinon.
  2. Soit M ∈ H_n.
    (a) Quelle est la norme d'un vecteur colonne de M ?
    (b) Que vaut |det(M)| ?
  3. Soit M ∈ H_n. On suppose que le premier vecteur colonne de M est le vecteur
v_1 = ∑_(i = 1)^n e_i = (1; ⋮; 1)
Soit, pour i dans [ [2, n] ], v_i = ∑_(i = 1)^n m_(j, i)e_j, le i-ème vecteur colonne de M. Démontrer que le nombre de m_(j, i) égaux à 1 est égal au nombre de m_(j, i) égaux à -1 .
6. On suppose que H_n est non vide. Démontrer que H_n contient une matrice M_0 dont la première colonne est le vecteur v_1 = ∑_(i = 1)^n e_i = (1; ⋮; 1).
7. Lorsque H_n est non vide, que peut-on en dire de la parité de n ?
8. On suppose n > 2 et H_n non vide. Soit M_0 une matrice dans H_n dont la première colonne est le vecteur v_1 = ∑_(i = 1)^n e_i = (1; ⋮; 1).
(a) Démontrer que det (M_0) est un entier relatif multiple de 2^(n − 1).
(b) Démontrer que n est un entier naturel multiple de 4 .

Exercice 3

Soient a et b des entiers naturels tels que a ≤ b. On rappelle que [ [a, b] ] désigne l'ensemble des entiers naturels k tels que a ≤ k ≤ b.
Si S est un ensemble fini, on note |S| son cardinal.
Si X est une variable aléatoire à valeurs dans une partie finie de ℕ, on note 𝔼(X) son espérance.
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2 et soit ℓ un entier naturel non nul. Soient X_1, …, X_n des variables aléatoires indépendantes et de même loi uniforme sur l'ensemble [ [1, ℓ] ].
On note U_n le nombre de valeurs distinctes prises par les variables X_1, …, X_n : Si k_1, …, k_n sont les valeurs prises respectivement par les variables X_1, …, X_n, alors U_n prend la valeur |S| où S = {k_1, …, k_n}, pour tout (k_1, …, k_n) dans [ [1, ℓ] ]^n.
Si S est une partie de [ [1, ℓ] ], on note ⟨{X_1, …, X_n} = S » la réunion des événements « (X_1, …, X_n) = (k_1, …, k_n) », pour tout (k_1, …, k_n) dans [ [1, ℓ] ]^n tels que S = {k_1, …, k_n}.
  1. On suppose dans cette question seulement n = 2 et ℓ ≥ 2.
    (a) Justifier que U_2 ne prend que les valeurs 1 et 2 .
    (b) Calculer P(U_2 = 1) et P(U_2 = 2).
    (c) Calculer E(U_2).
  2. On se propose de simuler en Python la variable aléatoire U_n pour n = 10 dans le cas où ℓ = 25.
    (a) Ecrire une fonction simulU qui renvoie une réalisation de U_(10).
On pourra utiliser la fonction : random.randint
L'instruction random.randint (1, 25) fournit un nombre entier aléatoire dans [ [1, 25] ] uniformément.
(b) Ecrire une fonction espu qui renvoie une approximation de l'espérance de U_(10). Quel théorème utilisez-vous pour justifier que le résultat de cette fonction est une approximation de l'espérance de U_(10) ? Enoncez précisément ce théorème.
3. Quel est l'ensemble des valeurs prises par U_n ?
4. Soit i dans [ [1, n] ]. Soit S une partie de [ [1, ℓ] ]. Quelle est la probabilité de l'événement « X_i ∈ S » en fonction de |S| ?
5. Soit a dans [ [1, ℓ] ]. Exprimer P(X_1 ≠ a, …, X_(n − 1) ≠ a), la probabilité qu'aucune des variables X_1, …, X_(n − 1) ne prenne la valeur a, en fonction de n et ℓ.
6. En déduire P(X_1 ≠ X_n, …, X_(n − 1) ≠ X_n), la probabilité que la valeur prise par X_n soit différente de toutes les valeurs prises par les autres variables, en fonction de n et ℓ.
7. Justifier
P(X_1 ≠ X_n, …, X_(n − 1) ≠ X_n) = ∑_(S ∈ P_ℓ)P({X_1, …, X_(n − 1)} = S)((ℓ − |S|)/ℓ)
où P_ℓ désigne l'ensemble des parties non vides de [ [1, ℓ] ].
8. En déduire dans le cas où n ≥ 3 :
E(U_(n − 1)) = ℓ(1 − P(X_1 ≠ X_n, …, X_(n − 1) ≠ X_n))
  1. Exprimer E(U_n) en fonction de n et ℓ.
  2. Déterminer la limite de E(U_n) lorsque ℓ est fixé et n tend vers + ∞. Interprétez votre résultat.
  3. Déterminer la limite de E(U_n) lorsque n est fixé et ℓ tend vers + ∞. Interprétez votre résultat.
  4. On s'intéresse aux possibles partages de dates d'anniversaire dans un groupe de n personnes. On suppose que les années sont toutes de 365 jours et que les dates d'anniversaire sont uniformément réparties sur chaque jour de l'année. On fait aussi l'hypothèse que les dates d'anniversaire de n personnes choisies au hasard sont indépendantes mutuellement.
Soit D_n le nombre de dates d'anniversaire d'un groupe de n personnes choisies au hasard.
(a) Exprimer en fonction de n le nombre moyen de dates d'anniversaire d'un groupe de n personnes, c'est-à-dire E(D_n).
(b) Quelle est la limite de ce nombre moyen lorsque n tend vers + ∞ ?

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de maths 1 e3a MP 2018 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de maths 1 e3a MP 2018 ?

Il porte sur les séries numériques et développements asymptotiques, le produit scalaire et les matrices orthogonales, ainsi que les variables aléatoires discrètes et l'algorithmique en Python.

Les trois exercices sont-ils indépendants ?

Oui, les trois exercices portent sur des thèmes distincts : analyse, algèbre linéaire et probabilités, et peuvent être traités séparément.

Qu'est-ce qu'une matrice de Hadamard dans ce sujet ?

C'est une matrice dont tous les coefficients valent 1 ou -1 et dont les vecteurs colonnes sont orthogonaux deux à deux ; l'exercice 2 étudie leurs propriétés de déterminant et de taille.

Faut-il maîtriser Python pour ce sujet ?

Oui, les exercices 2 et 3 demandent chacun d'écrire une courte fonction Python, l'une pour tester une propriété de matrice, l'autre pour simuler une variable aléatoire et approcher son espérance.

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