ENS Mathématiques 2 MP 2010Sujet et corrigé
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Condition de Kalman et hypocoercivité pour un système hyperbolique linéaire matricielAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le problème étudie la décroissance exponentielle des solutions d'une équation d'évolution matricielle sous une condition de contrôlabilité (condition de Kalman). La partie I établit une formule de Vandermonde. La partie II démontre l'équivalence entre plusieurs formulations de la condition de Kalman sur un couple (A,B). La partie III étudie, pour A antihermitienne, la convergence vers 0 de exp((A-B*B)t). Les parties IV et V appliquent ce résultat à une EDP hyperbolique périodique et démontrent, pour N=2, la convergence exponentielle (hypocoercivité).
- 1Partie I : déterminant de Vandermonde et indépendance de fonctions exponentiellesCalcul du déterminant de Vandermonde et démonstration de l'indépendance linéaire d'une famille de fonctions exponentielles t → e^(λk t) pour des λk distincts.
- 2Partie II : équivalence des formulations de la condition de KalmanDémonstration des implications entre quatre énoncés équivalents caractérisant l'absence de vecteur propre commun au noyau de B et aux sous-espaces propres de A (condition de contrôlabilité de Kalman).
- 3Partie III : décroissance exponentielle pour A antihermitienneÉtude de l'équation différentielle X' = (A-B*B)X pour A antihermitienne, démonstration de la décroissance de la norme de la solution, puis, sous la condition de Kalman, de la convergence exponentielle de exp((A-B*B)t) vers 0.
- 4Partie IV : application à une équation aux dérivées partielles hyperbolique périodiqueConstruction, par séries de Fourier en x, d'une solution d'une équation de transport-diffusion matricielle périodique, et démonstration de la convergence vers 0 de sa norme L² en temps long.
- 5Partie V : preuve de la convergence exponentielle en dimension 2Construction, dans le cas N=2, d'une fonctionnelle de Lyapunov équivalente à la norme euclidienne permettant d'établir la décroissance exponentielle uniforme en fréquence de la solution, concluant à la convergence exponentielle en norme L².
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Filière MP (groupes MP/MPI et groupe I)
MATHÉMATIQUES MPI 2
Notations
Partie I
- On définit le déterminant
V(λ_1, …, λ_n) par
- Soit
T > 0 . Pourk ∈ {1, …, n} , on définit la fonctionf_k par
Partie II
[a] : Il n'y a pas de vecteur propre de
[b] : Pour tout
[d] : La matrice rectangulaire
- On suppose que l'énoncé [c] est vérifié. Démontrer l'énoncé [d].
- On suppose que l'énoncé
[d] est vérifié. Démontrer l'énoncé[a] . - (a) Montrer que, pour tout
k ⩾ N il existe un polynômeP_k ∈ ℂ[X] de degré inférieur ou égal à (N − 1 ) tel queA^k = P_k(A) .
(b) On suppose que l'énoncé [b] est vérifié. Démontrer l'énoncé [c]. - On suppose que
A est diagonalisable surℂ et que l'énoncé [a] est vérifié. En utilisant la question 2 de la Partie I, démontrer l'énoncé [b]. - Quelle relation entre les énoncés
[a], [b], [c], [d] peut-on en déduire?
Partie III
- Montrer que
ℜ⟨AX, X⟩ = 0 pour toutX ∈ ℂ^N et que les valeurs propres deA sont imaginaires pures. - Montrer qu'il existe une unique fonction
X ∈ C^1([0, + ∞[, ℂ^N) solution de l'équation différentielle
3. Montrer que
- Montrer que l'application
t ↦ ‖X(t)‖ admet une limiteL ∈ [0, ‖X_0‖] quandt → + ∞ . - On suppose que
A etB vérifient la propriété [a] (cf Partie II) et quet ↦ ‖X(t)‖^2 est constante.
(a) Montrer queBX(t) = 0 pour toutt ∈ [0, + ∞[ .
(b) Montrer queX_0 = 0 . En déduire queL = 0 . - On suppose que
A etB vérifient la propriété [a] (cf Partie II). Soit(t_k)_(k ∈ ℕ) une suite de nombres réels dans[0, + ∞[ telle quelim_(k → + ∞)t_k = + ∞ .
(a) Montrer qu'il existe une applicationφ : ℕ → ℕ strictement croissante telle que la suite(X(t_(φ(k))))_(k ∈ ℕ) converge vers un pointξ_0 deℂ^N .
(b) On considère la solutionξ ∈ C^1([0, + ∞[, ℂ^N) de l'équation différentielle
7. On suppose que
(a) Déduire des questions précédentes que
(c) Montrer qu'il existe des constantes
8. Si
Partie IV
- Montrer que
iA est antihermitienne. - Montrer que, pour tout
k ∈ ℤ − {0} , on a
3. Montrer que l'expression
- Montrer que
Partie V
- Montrer qu'il existe des constantes
C_1, C_2 > 0 ne dépendant que deA etB , telles que, pour toutY ∈ ℂ^N ,
- Pour
k ∈ ℤ − {0} etε > 0 , on noteX_k(t):=exp[(ikA − B^∗ B)t]c_k(w_0) et
(b) Montrer qu'il existe
(d) Soit
(e) Montrer qu'il existe
- Déduire des questions précédentes qu'il existe des constantes
K > 0 etc > 0 telles que, pour toutk ∈ ℤ − {0} et pour toutt ∈ [0, + ∞[ ,
- Conclure.
Fin de l'épreuve
Questions fréquentes
3 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de mathématiques 2 ENS MP 2010 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
3 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de mathématiques 2 ENS MP 2010 ?
Le sujet porte sur la réduction des endomorphismes, l'exponentielle de matrice, les équations différentielles linéaires matricielles et les séries de Fourier vectorielles, autour de la notion de condition de Kalman et d'hypocoercivité.
Les parties du sujet sont-elles indépendantes ?
Non, l'énoncé précise que les parties ne sont pas indépendantes : chaque partie s'appuie sur les résultats établis dans les parties précédentes, notamment la condition de Kalman de la partie II qui est réutilisée dans les parties III, IV et V.
Qu'est-ce que la condition de Kalman étudiée dans ce sujet ?
C'est une condition de contrôlabilité sur un couple de matrices (A,B), caractérisée de façon équivalente par le rang plein d'une matrice construite à partir de B, BA, ..., BA^(N-1), qui garantit ici la décroissance exponentielle des solutions d'un système matriciel.
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