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COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES D - (U)

(Durée : 6 heures)
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Notations

On note ℕ l'ensemble des entiers naturels et ℂ le corps des nombres complexes. Le cardinal d'un ensemble fini E est noté |E|. Si i, j ∈ ℕ, on note δ_(i, j) le symbole de Kronecker défini par δ_(i, j) = 0 si i ≠ j et δ_(i, j) = 1 si i = j.
Si G désigne un groupe, on note [x, y] = xyx^(− 1)y^(− 1) le commutateur de x, y ∈ G. Si X, Y sont des sous-groupes de G, on note [X, Y] le sous-groupe de G formé des produits [x_1, y_1]^(± 1)[x_2, y_2]^(± 1)…[x_s, y_s]^(± 1) avec s entier naturel ≥ 1, x_1, x_2, …, x_s ∈ X et y_1, y_2, …, y_s ∈ Y.
Une ℂ-algèbre 𝒜 est un ℂ-espace vectoriel muni d'une loi de multiplication associative 𝒜 × 𝒜 → 𝒜, (a_1, a_2) ↦ a_1 a_2, qui est C-bilinéaire, c'est-à-dire satisfaisant (α_1 a_1 + α_2 a_2)(α_3 a_3 + α_4 a_4) = α_1 α_3 a_1 a_3 + α_1 α_4 a_1 a_4 + α_2 α_3 a_2 a_3 + α_2 α_4 a_2 a_4 pour tous a_1, a_2, a_3, a_4 ∈ 𝒜 et α_1, α_2, α_3, α_4 ∈ ℂ. On dit que 𝒜 est avec unité s'il existe un élément (nécessairement unique) 1_𝒜 satisfaisant a = 1_𝒜 a = a1_𝒜 pour tout a ∈ 𝒜. Si 𝒜 est à unité, un élément a ∈ 𝒜 est inversible s'il existe un élément a^′ (nécessairement unique) tel que aa^′ = a^′ a = 1_𝒜; on note 𝒜^×le groupe des éléments inversibles de 𝒜 où la multiplication est celle induite par 𝒜.
Si 𝒜 et ℬ sont des ℂ-algèbres avec unité, un homomorphisme φ : 𝒜 → ℬ est une application ℂ-linéaire satisfaisant φ(1_𝒜) = 1_ℬ, φ(x + y) = φ(x) + φ(y) et φ(xy) = φ(x)φ(y) pour tous x, y ∈ 𝒜. Enfin, on note Aut(𝒜) le groupe des automorphismes de la ℂ-algèbre 𝒜, c'est-à-dire le groupe des homomorphismes bijectifs de 𝒜 dans 𝒜.
Si 𝒜^′ est une ℂ-sous-algèbre avec unité de 𝒜, on note Aut(𝒜, 𝒜^′) le sous-groupe de Aut(𝒜) formé des automorphismes φ : 𝒜 → 𝒜 satisfaisant φ(𝒜^′) = 𝒜^′.
Étant donné un entier n ≥ 1, on note ℳ_n(ℂ) l'algèbre des matrices carrées de taille n à coefficients dans ℂ, et (E_(i, j))_(i, j = 1, …, n) sa base canonique définie par E_(k, l) = (δ_(i, k)δ_(j, l))_(i, j = 1, …, n) pour tous k, l = 1, …, n. On note I_n = E_(1, 1) + E_(2, 2) + ⋯ + E_(n, n) l'unité de ℳ_n(ℂ).
Si λ_1, …, λ_n ∈ ℂ, on note diag(λ_1, …, λ_n) la matrice diagonale d'entrées λ_1…, λ_n, c'est-à-dire diag(λ_1, …, λ_n) = λ_1 E_(1, 1) + ⋯ + λ_n E_(n, n).
Si A est un élément de ℳ_n(ℂ), on note
C(A) = {X ∈ ℳ_n(ℂ)|XA = AX}
le commutant de A, c'est une sous-algèbre avec unité de ℳ_n(ℂ).
On note GL_n(ℂ) le groupe des matrices inversibles de ℳ_n(ℂ).
Si F désigne un ensemble fini, on rappelle qu'une partition de F est un ensemble fini P = {P_1, P_2, ⋯, P_s} de parties de F satisfaisant :
(a) P_i ≠ ∅ pour tout i = 1, …, s;
(b) F = ⋃_(i = 1, …, s)P_i;
(c) P_i ∩ P_j = ∅ pour tous i, j = 1, …, s tels que i ≠ j.
On dit qu'une partition {Q_1, …, Q_t} de F est plus fine qu'une partition {P_1, …, P_s} de F et on note P ≤ Q si pour tout i = 1, …, s, on a
P_i = ⋃_(j ∈ J_i)Q_j
où J_i désigne l'ensemble des entiers j de [1, t] satisfaisant P_i ∩ Q_j ≠ ∅.
Les parties IV, V et VI sont indépendantes de la partie III (en particulier la question III.3) ; les questions VI. 1 et VI. 2 sont indépendantes de V.

I

Soit n ≥ 1 un entier. On note 𝒫_n l'ensemble des partitions de Ω_n = {1, …, n} ⊂ ℕ. On note P_+la partition {{1}, {2}, …, {n}} et P_−la partition {Ω_n}.
  1. Montrer que P_− ≤ P ≤ P_+pour tout P ∈ 𝒫_n.
  2. Soient P, Q ∈ 𝒫_n avec les notations P = {P_1, …, P_s} et Q = {Q_1, …, Q_t}. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
    (i) P ≤ Q;
    (ii) Pour tous i = 1, …, s, j = 1, …, t, P_i ∩ Q_j ≠ ∅ ⟹ Q_j ⊂ P_i.
  3. Établir les faits suivants :
    3.a. La relation ≤ est une relation d'ordre partiel sur 𝒫_n.
    3.b. La relation ≤ est une relation d'ordre total si et seulement si n ≤ 2.
  4. Si P, Q ∈ 𝒫_n, montrer que le sous-ensemble suivant de 𝒫_n
{E ∈ 𝒫_n| P ≤ E et Q ≤ E}
admet un plus petit élément.
On note P ∧ Q le plus petit élément de la question I.4.

II

Soit n ≥ 2 un entier.
On note S_n le groupe des permutations de l'ensemble Ω_n = {1, …, n} ⊂ ℕ. Etant donnés un entier s ≥ 2 et des éléments m_1, ⋯, m_s de Ω_n distincts deux à deux, on note c = (m_1, ⋯, m_s) ∈ S_n le cycle associé défini par c(m_i) = m_(i + 1) pour tout i = 1, …, s − 1, c(m_s) = m_1 et c(m) = m pour tout m ∈ Ω_n∖{m_1, ⋯, m_s}. L'ensemble {m_1, ⋯, m_s} est appelé le support du cycle c et s sa longueur. Etant donnée une partition P = {P_1, P_2…, P_s} de Ω_n, on note
S_(n, P) = {σ ∈ S_n| σ(P_i) = P_i pour tout i = 1, …, s}.
  1. Soit P = {P_1, P_2…, P_s} une partition de Ω_n.
    1.a. Soient a, b ∈ Ω_n deux éléments distincts. Montrer que la transposition ( a, b ) appartient à S_(n, P) si et seulement s'il existe un entier i ∈ [1, s] tel que a, b ∈ P_i.
    1.b. Montrer que S_(n, P) est un sous-groupe de S_n et qu'il est isomorphe au groupe produit S_(|P_1|) × S_(|P_2|)⋯ × S_(|P_s|).
Le groupe S_(n, P) est appelé le sous-groupe parabolique attaché à la partition P. On dit qu'un sous-groupe G de S_n est parabolique s'il existe Q ∈ 𝒫_n satisfaisant G = S_(n, Q).
2. Soient P, Q ∈ 𝒫_n.
2.a. Montrer que P ≤ Q si et seulement si S_(n, Q) ⊂ S_(n, P).
2.b. Montrer que P = Q si et seulement si S_(n, Q) = S_(n, P).
3. Soient P, Q ∈ 𝒫_n. Montrer que S_(n, P ∧ Q) = S_(n, P) ∩ S_(n, Q).
4. Montrer qu'une intersection non vide de sous-groupes paraboliques de S_n est un sousgroupe parabolique de S_n.
5. Soit H un sous-groupe de S_n.
5.a. Montrer que l'ensemble des sous-groupes paraboliques de S_n contenant H admet un unique élément minimal (pour l'inclusion). On le note S_n(H).
5.b. On note P(H) l'unique partition de Ω_n satisfaisant S_(n, P(H)) = S_n(H). Si P(H) = {P_1, P_2, …, P_s}, montrer que H agit transitivement sur chaque P_i, c'est-à-dire que pour chaque i et chaque p ∈ P_i, on a {h(p)|h ∈ H} = P_i.
5.c. On suppose que H est le sous-groupe de S_n engendré par un cycle c. Exprimer P(H) en termes du support de c.
6. Soit σ ∈ S_n. On note H(σ) le sous-groupe cyclique de S_n engendré par σ.
6.a. Montrer que σ est un cycle de longueur n si et seulement si P(H(σ)) = P_−.
6.b. Montrer que σ se décompose en un produit de cycles c_1…c_s à supports disjoints deux à deux.
7. Si σ ∈ S_n, on note f(σ) ∈ ℳ_n(ℂ) la matrice (δ_(i, σ(j)))_(i, j = 1, …, n).
7.a. Montrer que f définit un homomorphisme injectif de groupes S_n → GL_n(ℂ).
7.b. Montrer que le composé
ε : S_n → ^f GL_n(ℂ)→−^(det)ℂ^×
est un homomorphisme de groupes et déterminer son image.
8. Soit σ ∈ S_n décomposé en cycles à supports disjoints c_1 c_2…c_s de longueurs respectives l_1, …, l_s.
8.a. Montrer que le polynôme caractéristique de f(σ) est égal à
(T − 1)^(n − (l_1 + ⋯ + l_s))∏_(i = 1, …, s)(T^(l_i) − 1)
et en déduire ε(σ).
8.b. Calculer le polynôme minimal de f(σ).

III

Soit n ≥ 2 un entier.
Un sous-groupe H d'un groupe G est dit maximal si H ⊊ G et si H et G sont les seuls sous-groupes de G contenant H.
  1. Soit G un groupe fini satisfaisant |G| ≥ 2. Soit H ⊊ G un sous-groupe. Montrer que H est inclus dans un sous-groupe maximal de G.
  2. Soit P = {P_1, P_2, ⋯, P_s} une partition de Ω_n satisfaisant s ≥ 2 et |P_1| ≥ |P_2| ≥ ⋯ ≥ |P_s|. On suppose que S_(n, P) est un sous-groupe maximal de S_n.
    (a) Montrer que s = 2;
    (b) Si n ≥ 3, montrer que 2|P_1| ≠ n.
  3. Soit k un entier satisfaisant 1 ≤ k < n/2. On note Q = {Q_1, Q_2} la partition de Ω_n donnée par Q_1 = {1, 2, …, n − k} et Q_2 = {n − k + 1, n − k + 2, …, n}. Montrer que S_(n, Q) est un sous-groupe maximal de S_n [On pourra commencer par le cas k = 1 ].

IV

Soit 𝒜 une ℂ-algèbre avec unité. Etant donné C ∈ 𝒜^×, on note Int(C) : 𝒜 → 𝒜 l'application ℂ-linéaire définie par Int(C) ⋅ X = CXC^(− 1) pour tout X ∈ 𝒜.
Soit n ≥ 2 un entier.
  1. Montrer que Int définit un homomorphisme de groupes 𝒜^× → Aut(𝒜) et décrire son noyau. Discuter le cas de ℳ_n(ℂ).
Etant donnés λ = (λ_1, …, λ_n) ∈ (ℂ^×)^n et σ ∈ S_n, on note
g(λ, σ) = diag(λ_1, …, λ_n)f(σ) ∈ GL_n(ℂ)
où f(σ) est défini en II.7. On définit le sous-ensemble G_n de GL_n(ℂ) par
G_n = {g(λ, σ)|λ ∈ (ℂ^×)^n, σ ∈ S_n}
  1. Montrer les faits suivants:
    2.a. La partie G_n est un sous-groupe de GL_n(ℂ).
    2.b. L'application g : (ℂ^×)^n × S_n → G_n (appliquant ( λ, σ ) sur g(λ, σ) ) est bijective.
    2.c. L'application w_n : G_n → S_n définie par g(λ, σ) ↦ σ est un homomorphisme de groupes.
  2. On pose 𝒟_n = ℂE_(1, 1) ⊕ ℂE_(2, 2) ⊕ ⋯ ⊕ ℂE_(n, n) ⊂ ℳ_n(ℂ).
    3.a. Montrer que 𝒟_n est une sous ℂ-algèbre avec unité de ℳ_n(ℂ).
    3.b. Montrer que
{X ∈ 𝒟_n|X^2 = X et Tr(X) = 1} = {E_(1, 1), E_(2, 2), …, E_(n, n)}.
3.c. On considère le sous-groupe Aut(ℳ_n(ℂ), 𝒟_n) de Aut(ℳ_n(ℂ)) défini dans les notations préliminaires. Montrer que
G_n = Int^(− 1)(Aut(ℳ_n(ℂ), 𝒟_n))
  1. On pose ω_n = e^((2iπ)/n) ∈ ℂ^×, A = diag(ω_n, ω_n^2, …, ω_n^(n − 1), 1), B = f((1, 2…, n)).
    4.a. Montrer que A^n = I_n, B^n = I_n et AB = ω_n BA.
    4.b. Montrer que
ℂ ⋅ I_n = {X ∈ ℳ_n(ℂ)|AX = XA et BX = XB}.
  1. Soient X, Y ∈ ℳ_n(ℂ) satisfaisant X^n = I_n, Y^n = I_n, XY = ω_n YX. Montrer qu'il existe C ∈ GL_n(ℂ) tel que A = Int(C).X et B = Int(C).Y.
  2. Montrer que le morphisme de groupes Int : GL_n(ℂ) → Aut(ℳ_n(ℂ)) est surjectif.

V

Soient n, r des entiers ≥ 1. On considère la ℂ-algèbre produit 𝒜_(n, r) = ℳ_n(ℂ)^r = ℳ_n(ℂ) × ⋯ × ℳ_n(ℂ) ( r fois). Pour tout σ ∈ S_r, on définit h_(n, r)(σ) : 𝒜_(n, r) → 𝒜_(n, r) suivant
h_(n, r)(σ) ⋅ (X_1, …, X_r) = (X_(σ^(− 1)(1)), …, X_(σ^(− 1)(r)))
pour tous X_1, …, X_r ∈ ℳ_n(ℂ).
  1. Établir les faits suivants :
    1.a. Pour tout σ ∈ S_r, h_(n, r)(σ) est un automorphisme de la ℂ-algèbre 𝒜_(n, r).
    1.b. L'application h_(n, r) : S_r → Aut(𝒜_(n, r)) est un morphisme de groupes.
  2. On suppose dans cette question que n = 1. Pour j = 1, …, r, on note F_j = (δ_(k, j))_(k = 1, .., r) ∈ ℂ^r.
    2.a. Montrer que
{X ∈ ℂ^r|X^2 = X} = {∑_(i = 1, …, r)a_i F_i|a_i = 0, 1 pour tout j = 1, …, r}.
2.b. Soit ψ ∈ Aut(ℂ^r). Montrer qu'il existe une unique permutation σ ∈ S_r telle que ψ(F_j) = F_(σ(j)) pour tout j = 1, …, r.
2.c. En déduire que l'application h_(1, r) : S_r → Aut(ℂ^r) est un isomorphisme de groupes.
3. On voit maintenant ℂ^r = (α_j)_(j = 1, …, r) comme la sous-algèbre de 𝒜_(n, r) = ℳ_n(ℂ)^r consistant en les r-uplets (α_1 I_n, …, α_r I_n).
3.a. Montrer que GL_n(ℂ)^r = 𝒜_(n, r)^×.
3.b. Soit ψ ∈ Aut(𝒜_(n, r)). Montrer qu'il existe une unique permutation σ ∈ S_r telle que ψ(F_j) = F_(σ(j)) pour tout j = 1, …, r.
3.c. Montrer que l'application ξ : GL_n(ℂ)^r × S_r → Aut(𝒜_(n, r)), (C, σ) ↦ ξ(C, σ) = Int(C) ∘ h_(n, r)(σ) est surjective [On pourra utiliser les sous-espaces 𝒜_(n, r)F_j de 𝒜_(n, r) pour j = 1, …, r].
4. On suppose r ≥ 2 et soit C = (C_1, …, C_r) ∈ 𝒜_(n, r)^×. On considère l'automorphisme u_C = ξ(C, (1, …, r)) de la ℂ-algèbre 𝒜_(n, r).
4.a. Expliciter u_C^r = u_C ∘ u_C ∘ ⋯ ∘ u_C(r fois ) et construire un isomorphisme de ℂ algèbres entre le commutant (défini dans les préliminaires) du produit C_r C_(r − 1)…C_1 dans ℳ_n(ℂ) et le centralisateur
C_(𝒜_(n, r))(u_C) = {Y ∈ 𝒜_(n, r)|u_C(Y) = Y}.
4.b. Si u_C est d'ordre fini (c'est-à-dire s'il existe un entier m ≥ 1 satisfaisant u_C^m = 1 ), montrer qu'il existe T ∈ 𝒜_(n, r)^×tel que
Int(T) ∘ u_C ∘ Int(T)^(− 1) = u_(C^′)
où C^′ ∈ 𝒜_(n, r)^×est de la forme C^′ = (I_n, …, I_n, D) avec D ∈ 𝒟_n.
4.c. Soit ψ ∈ Aut(𝒜_(n, r)) satisfaisant u_(C^′) ∘ ψ = ψ ∘ u_(C^′). Montrer que ψ se décompose de la façon suivante
ψ = u_(C^′)^m ∘ Int(M, …, M)
où m est un entier et M ∈ ℳ_n(ℂ) satisfait MD = DM.
Notation. Soient n_1, n_2, …, n_s et r_1, r_2, …, r_s des entiers ≥ 1 satisfaisant n_1 < n_2 < ⋯ < n_s. On considère la ℂ-algèbre produit
𝒜 = 𝒜_(n_1, r_1) × 𝒜_(n_2, r_2) × ⋯ × 𝒜_(n_s, r_s).
On considère le morphisme de groupes
ρ : Aut(𝒜_(n_1, r_1)) × Aut(𝒜_(n_2, r_2)) × ⋯ × Aut(𝒜_(n_s, r_s)) → Aut(𝒜), φ = (φ_1, …, φ_s) ↦ ρ(φ) où ρ(φ)(Y_1, …, Y_s) = (φ_1(Y_1), …, φ_s(Y_s)) pour tout (Y_1, …, Y_s) ∈ 𝒜.
5. Montrer que ρ est surjectif.
6. Soit G un sous-groupe abélien fini de Aut(𝒜). Montrer qu'il existe T ∈ 𝒜^×tel que
Int(T)GInt(T)^(− 1) ⊂ Aut(𝒜, 𝒟)
où 𝒟 = 𝒟_(n_1)^(r_1) × 𝒟_(n_2)^(r_2) × ⋯ × 𝒟_(n_s)^(r_s) désigne la sous-algèbre des matrices diagonales de 𝒜. [On pourra raisonner par récurrence sur la dimension de 𝒜 en commençant par le cas où G contient un automorphisme intérieur (c'est-à-dire de la forme Int(T) ) non trivial].
7. Soient n ≥ 1 un entier et H un sous-groupe fini de GL_n(ℂ) satisfaisant [H, H] ⊂ ℂ^×. Montrer qu'il existe C ∈ GL_n(ℂ) satisfaisant CHC^(− 1) ⊂ G_n.

VI

Soit n un entier, n ≥ 2. On considère le sous-groupe G_n ⊂ GL_n(ℂ) et le morphisme w_n : G_n → S_n de la partie IV. On note H_n le sous-groupe de GL_n(ℂ) engendré par les matrices A et B de IV.4.
  1. Montrer que H_n est un sous-groupe fini de G_n et que |H_n| = n^3.
On dit qu'un sous-groupe fini H de GL_n(ℂ) est anisotrope s'il n'existe aucune décomposition ℂ^n = V ⊕ W en sous-espaces vectoriels V ≠ 0, W ≠ 0 stables par H, c'est-à-dire satisfaisant h(V) ⊂ V et h(W) ⊂ W pour tout h ∈ H.
2. Montrer que H_n est un sous-groupe anisotrope de GL_n(ℂ).
3. Soit H un sous-groupe fini de GL_n(ℂ) satisfaisant [H, H] ⊂ ℂ^×. Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
i) Le groupe H est un sous-groupe anisotrope de GL_n(ℂ);
ii) Pour tout C ∈ GL_n(ℂ) satisfaisant CHC^(− 1) ⊂ G_n, la partition de Ω_n attachée en II. 5 au sous-groupe w_n(CHC^(− 1)) de S_n est la partition minimale P_−.
On suppose désormais que n = p est un nombre premier.
4. Soit H un sous-groupe fini de G_p satisfaisant [H, H] ⊂ ℂ^×. On suppose que H est un sous-groupe anisotrope de GL_p(ℂ).
4.a. Montrer que w_p(H) est un sous-groupe cyclique d'ordre p de S_p.
4.b. Montrer qu'il existe C ∈ G_p tel que Int(CH_p C^(− 1)) = Int(H).
5. Conclure que si H un sous-groupe fini anisotrope de GL_p(ℂ) satisfaisant [H, H] ⊂ ℂ^×, alors il existe C ∈ GL_p(ℂ) tel que Int(CH_p C^(− 1)) = Int(H).

FIN

Ce sujet porte sur le groupe symétrique S_n et sur le groupe des matrices monomiales G_n. Dans la partie V, on a établi qu'un sous-groupe fini presque commutatif de GL_n(ℂ) est conjugué à un sous-groupe de G_n, il s'agit d'un cas particulier d'un théorème de Borel-Mostow sur les algèbres de Lie semi-simples. Dans la partie VI, on classifie les sous-groupes d'Heisenberg de GL_p(ℂ) pour p premier.

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