ENS Physique MP 2009, épreuve ULCSujet et corrigé
- Oscillateurs paramétriques et équation de Mathieu
- Mécanique du solide et pendule
- Circuits électriques et multiplieur
- Diffusion thermique
- Second principe et création d'entropie
- Changement d'état et potentiel chimique
- Relation de Gibbs-Thomson
- Instabilité de croissance et analyse de stabilité linéaire
Téléchargements
- Rapport du jury : non disponible
Présentation du sujet
Physique des instabilités : oscillateur paramétrique, lampe fer-hydrogène et croissance cristallineAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le sujet explore la physique des instabilités à travers trois problèmes indépendants. Le premier étudie l'oscillateur paramétrique, illustré par le grand encensoir de Compostelle, via l'équation de Mathieu. Le second étudie une lampe fer-hydrogène : diffusion thermique, création d'entropie et stabilité des points de fonctionnement selon l'intensité imposée. Le troisième étudie l'instabilité de croissance de Mullins-Sekerka d'un germe solide dans un liquide sous-refroidi, menant à la formation de structures dendritiques.
- 1Première partie : étude d'une instabilité paramétriqueApproche qualitative et expérimentale de l'oscillateur paramétrique, établissement de l'équation de Mathieu pour le grand encensoir de Compostelle, et détermination de son diagramme de stabilité avec et sans dissipation.
- 2Deuxième partie : étude d'une lampe fer-hydrogèneÉtablissement de l'équation de diffusion thermique dans le filament, étude du profil de température stationnaire, calcul du taux de création d'entropie, puis étude de la stabilité des points de fonctionnement selon que le filament est alimenté en courant ou en tension.
- 3Troisième partie : instabilité de croissance de Mullins-SekerkaÉtablissement de la relation de Gibbs-Thomson, bilan d'énergie à l'interface solide-liquide, recherche d'une solution stationnaire de front plan, puis étude de la stabilité de cette solution vis-à-vis de perturbations menant à la croissance dendritique.
Ces sujets peuvent vous intéresser
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
Lecture du sujet en ligne
Filière MP
PHYSIQUE MPI
Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan
Ouverture À la physique des instabilités
Première partie - Étude D'une instabilité Paramétrique
I. Origine physique de l'instabilité
A. Approche qualitative :

- Exprimer la variation d'énergie électrostatique
ΔU_(el) emmagasinée dans le condensateur quand l'épaisseure passe dee_0 − Δe àe_0 + Δe avecΔe/e_0 = ε et0 ≤ ε≪1 . On supposera que la modification de la distance inter-armatures est≪ instantanée≫ pour ne pas modifier la chargeq(t) . On exprimera le résultat en fonction deε, q(t) , etC_0 , capacité d'un condensateur plan de surfaceS et d'épaisseure_0 . - Commenter cette variation dans le cas où
q(t) = 0 .
- la distance
e augmente instantanément d'une quantité2Δe chaque fois que la chargeq(t) atteint un extremum, - la distance
e passe dee_(max) = e_0 + Δe = e_0(1 + ε) àe_(min) = e_0(1 − ε) à chaque passage deq(t) par 0 .
On a représenté figure (1) l'évolution temporelle de la chargeq(t) (en l'absence d'excitation), ainsi que les séquences d'excitation paramétrique (dans le cas oùT_e = T_0/2 ). Le graphe présenté figure (1) correspond à un régime éloigné (denT_0 ) de la phase de démarrage que l'on n'étudiera pas.
- Expliquer en quoi il est intéressant (d'un point de vue énergétique) de synchroniser l'instant où les armatures du condensateur se rapprochent (étape CD) avec celui où la charge du condensateur est nulle.
- Superposer sur la figure 1.b l'allure de la courbe d'énergie électrostatique
U_(el)(t) (cas du circuit excité). On présentera cette courbe en correspondance de la courbe donnant les variations dee(t) . - Dessiner l'allure de l'évolution temporelle de
U_(el)(t) dans les cas oùT_e = T_0 , d'une part etT_e = 3T_0/2 d'autre part.
B. Mise en œuvre expérimentale :
-
u_e(t) est une tension sinusoïdale, de pulsationω_e et d'amplitudeU_e , délivrée par un générateur de tension. On choisit l'origine des temps telle que :
-
u(t) est la tension aux bornes du condensateur, -
k est une constante de proportionnalité (dimensionnée) caractéristique du multiplieur.
- Montrer que la charge
q(t) du condensateur satisfait l'équation différentielle :

.jpg)
II. Instabilité paramétrique du grand encensoir de Saint-Jacques de Compostelle

-
R , le référentiel terrestre, supposé galiléen sur l'échelle de temps du mouvement de l'encensoir, -
R^′ , le répère attaché au point de suspensionO^′ , effectuant un mouvement de translation oscillant par rapport au référentielR .
Dans un premier temps, on négligera tout phénomène dissipatif.
A. Équation de Mathieu
- Montrer que l'équation du mouvement est celle d'un pendule simple placé dans un champ de pesanteur effectif
g(t) que l'on exprimera en fonction deg_0 (intensité du champ gravitationnel présent à Saint-Jacques de Compostelle),ω_e eth(t) . - Déduire que l'équation différentielle du mouvement peut s'écrire :
-
f est une grandeur associée à l'excitation paramétrique que l'on exprimera en fonction deh_0, ω_e etg_0 . Dans tout le problème, on limitera l'étude au cas oùf≪1 . -
ω_0 une pulsation caractéristique qu'on exprimera en fonction deg_0 etℓ .
- Dans la suite, on étudie la naissance de l'instabilité, de sorte qu'il sera légitime de faire l'approximation des mouvements de faible amplitude. Donner alors la forme approchée de l'équation différentielle du mouvement. Cette équation est connue sous le nom d'équation de Mathieu.
B. Diagramme de stabilité des solutions
L'approche la plus élémentaire consiste à chercher des solutions de l'équation de Mathieu sous la forme
- On note désormais
ω = ω_e/2 .
- Montrer que l'instabilité paramétrique prend naissance dès lors que le paramètre d'excitation
f vérifie la condition
- Établir alors le diagramme de stabilité de l'encensoir dans le plan (
f, Ω ) (f en ordonnée). Indiquer les zones de stabilité et d'instabilité. - Commenter l'influence de l'amplitude de l'excitation à la résonance ainsi qu'en dehors de la résonance.
- Dans cette question, on excite l'oscillateur à une pulsation
ω_e proche de2ω_0 . On poseω_e = 2ω_0(1 + ε) où|ε|≪1 . Déterminer la largeurΔω de la zone instable en fonction def > f_c au voisinage deω = 2ω_0 .
On établira pour cela une relation très simple entref, Δω etω_0 . - On se propose à présent de justifier le caractère négligeable des termes de pulsation
3ω . Pour cela, on se situe, d'une part, près du seuil d'instabilité, (en notant queω ≃ ω_0 conduit à la conditionμ≪1 ) et, d'autre part, on limite l'étude au démarrage de l'instabilité.
Dans ces conditions, on cherche désormais la solution de l'équation de Mathieu sous la forme
C. Introduction d'un terme de dissipation.
- On étudie, à présent, l'influence des frottements sur le déclenchement de l'instabilité. On considérera que l'action de l'air sur l'encensoir se traduit simplement par un moment résistant (relativement au point
O^′ ) d'expression :
Déterminer la nouvelle équation de Mathieu en présence de dissipation (toujours dans l'approximation des mouvements de faible amplitude).
17. On cherche encore la solution
18. Que dire de la largeur de la zone instable au voisinage de
19. Tracer le nouveau diagramme de stabilité et interpréter.
Deuxième partie - Étude D'une LAMPE FER-HYDROGÈNE
- de section droite de surface
A et de rayona , - de conductivités thermique et électrique notées respectivement
λ etγ = 1/ρ , en notantρ la résistivité électrique, - de masse volumique
μ et de capacité calorifique massiquec .

I. CAS OÙ la RÉSISTANCE EST INDÉPENDANTE DE
T
A. Établissement de l'équation d'évolution
- Donner un ordre de grandeur de
γ et deλ pour un métal. - Énoncer clairement les lois phénoménologiques locales de Fourier et d'Ohm. Dans la suite, on supposera que ces lois s'appliquent au filament.
22. Exprimer le travail électrique
23. À l'aide d'un bilan d'énergie qu'on établira clairement, montrer que l'équation aux dérivées partielles satisfaite par
B. Étude du régime stationnaire
Profil de température en régime stationnaire
- Déterminer le profil de température (
T = T(x) ) en régime stationnaire. On supposera que le fil occupe le demi-axex ≥ 0 . On introduira une longueur caractéristiqueδ qu'on exprimera en fonction dea, λ eth . - Tracer le profil de
T(x) − T_e . On précisera la température limite notéeT_ℓ en fonction deT_e, ρ, a, h , etI . - Y a-t-il conservation du flux thermique conductif? On argumentera la réponse.
Mise en évidence du caractère dissipatif du système. Création d'entropie
27. En régime stationnaire, déterminer le lien entre l'entropie d'échange
28. Exprimer l'entropie d'échange entrante
29. Exprimer de même l'entropie d'échange sortante
30. Montrer alors que le taux de création d'entropie
31. Identifier les différentes sources d'irréversibilité du problème.
32. À quelle condition l'état stationnaire est-il un état d'équilibre thermodynamique pour le filament?
33. À partir de l'équation (3), exprimer
34. En vous appuyant sur l'équation (3), vérifier que tout contact thermique entre deux corps dont les températures de surface sont différentes constitue une source de création d'entropie.
35. La loi d'Ohm locale «statique » se généralise au cas des régimes sinusoïdaux en remplaçant la conductivité électrique statique
36. En régime sinusoïdal, montrer que, pour
37. Montrer que la variation d'entropie dS d'un système thermodynamique (
38. À la lumière du résultat précédent, déduire la nature des seules transformations thermodynamiques qui sont susceptibles d'être réversibles. À quel thermodynamicien doit-on ce résultat?
II. CAS OÙ
ρ DÉPEND DE
T - RECHERCHE DES SOLUTIONS STATIONNAIRES STABLES

A. Approche qualitative
- Montrer que la recherche des solutions stationnaires conduit à une équation de la forme :
40. On supposera, dans toute cette étude, que
B. Stabilité des solutions stationnaires
41. Montrer que l'équation différentielle satisfaite par
-
κ est à exprimer en fonction deβ etI , -
p~(T^∗) etp sont des pentes que l'on précisera.
- Dégager un critère graphique simple permettant de conclure quant au caractère stable ou instable des points de fonctionnement étudiés. Représenter la zone instable.
- Déduire l'allure de la courbe donnant les variations de
T^∗ en fonction deI . On représentera sur cette courbe les différents points de fonctionnement. - Supposons que l'on observe l'image du courant I sur la voie X d'un oscilloscope et celle de la température
T^∗ sur la voieY . Quelles sont les parties de la courbe qu'on observerait effectivement en mode XY, en régime variable (faible fréquence) ? Préciser graphiquement l'amplitude minimale du courant qu'il faudra assurer pour observer une courbeT^∗(I) révélant les propriétés particulières du système.
C. Étude à tension imposée
- Reprendre la question 39 dans le cas où le filament est alimenté par un générateur de tension continue.
- Justifier physiquement que le point de fonctionnement trouvé est toujours stable, quelle que soit la valeur de
U .
Troisième partie - Instabilité de croissance de Mullins-Sekerka
- L'état initial est constitué d'un liquide sous-refroidi à la température
T = C^(te) . Cette température est la même en tout point du milieu. - On démarre l'instabilité de croissance en créant une perturbation localisée en un endroit précis de l'espace. On admettra que cette perturbation est d'amplitude suffisamment forte pour déstabiliser localement la phase de liquide sous-refroidi et créer un germe solide à la température de fusion
T^∗ . Au voisinage du démarrage de la croissance, l'isotropie du milieu rend légitime une modélisation du germe solide par une sphère de rayonR . - Après un temps suffisamment grand, la croissance du germe sphérique est telle qu'on peut modéliser l'interface solide/liquide comme un front de solidification plan.
I. Mise en place du problème - Description des conditions aux limites

-
P_s etP_ℓ les pressions régnant respectivement dans les phases solide et liquide, -
L , la chaleur latente massique de fusion, que l'on supposera indépendante de la température dans la gamme de température visitée lors de l'instabilité de croissance, -
T_0 etP_0 la température et la pression de changement d'état dans le cas d'une interface plane (rayon de courbure infini), -
μ_ℓ(P, T) etμ_s(P, T) les potentiels chimiques respectifs des phases liquide et solide. On rappelle la relation de Gibbs-Duhem, exprimant la différentielle du potentiel chimique
- Préciser la dimension de
γ .
A. Relation de Gibbs-Thomson
- On modélisera, localement, une petite déformation d'une interface, initialement plane, par une calotte sphérique (figure (6)). Le modèle du germe sphérique permet alors d'étudier l'effet d'un tel defaut.

.jpg)
49. En admettant que l'équilibre physique entre les deux phases solide et liquide d'un corps pur se traduit, en particulier, par l'égalité des potentiels chimiques
50. Vérifier l'homogénéité du résultat obtenu à la question 49 .
51. Retrouver le cas limite de l'interface rigoureusement plane.
B. Bilan d'énergie À la traversée de l'interface

- On note
λ_s etλ_ℓ les conductivités thermiques des phases solide et liquide, - on note
V⃗ = V(t)e_z→ la vitesse d'avancée du front de solidification dans le référentiel galiléenR_0 du laboratoire, -
n⃗ est le vecteur unitaire normal à l'interface solide/liquide et dirigé de la phase solide vers la phase liquide. - dans tout le problème, on supposera que la phase liquide est au repos.
- Justifier que la cristallisation conduit à l'existence d'un gradient de température dont on précisera le sens.
- À partir d'un bilan d'énergie que l'on établira soigneusement, montrer, qu'à la traversée de l'interface :

II. Recherche de la solution stationnaire
54. Par la méthode de votre choix, montrer que l'équation de la chaleur vérifiée dans le référentiel
55. Déterminer la température
56. Sachant que
57. Tracer l'allure du profil stationnaire pour
58. Dégager la signification physique de
59. On note
III. Instabilité de forme - Croissance dendritique
Nous avons représenté figure (10) le réseau d'isothermes dans la phase du liquide sousrefroidi, pour un instant

- Représenter l'allure de la carte de champ du vecteur densité de flux thermique
j_(th)^(→−) dans la phase liquide. On représentera, sur le schéma, les vecteursj_(th)^(→−) aux pointsA, B, C, D ,E etF indiqués sur la figure (10). - En vous appuyant sur le schéma de la figure (10), justifier qualitativement que la perturbation représentée sera amplifiée au cours du temps.
- Proposer un nouveau schéma décrivant l'état de l'interface et l'allure du réseau d'isothermes à un instant ultérieur. Donner la condition portant sur
σ , pour que la perturbation envisagée déstabilise le front de solidification plan. - On montre, au terme d'une analyse qui n'est pas demandée, que
q ≃ k et que le taux de croissanceσ de la perturbation, de vecteur d'ondek⃗ , suit la loi suivante :
64. Déterminer la taille
65. Donner les ordres de grandeur de la capacité calorifique massique
66. Sachant que
67. Estimer l'ordre de grandeur de la taille d'une dendrite.
68. Commenter le rôle joué par
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de physique MP de l'épreuve commune aux ENS Paris, Lyon et Cachan 2009 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet de physique MP de l'épreuve commune aux ENS Paris, Lyon et Cachan 2009 ?
Il porte sur la physique des instabilités à travers trois exemples : l'oscillateur paramétrique et l'équation de Mathieu, la diffusion thermique et l'entropie dans une lampe fer-hydrogène, et l'instabilité de croissance cristalline de Mullins-Sekerka liée au changement d'état.
Les trois parties du sujet sont-elles indépendantes ?
Oui, l'énoncé précise explicitement que les trois problèmes sont totalement indépendants, chacun traitant un système physique différent.
Quels résultats de cours faut-il connaître pour traiter ce sujet ?
La mécanique du solide et les oscillateurs, les circuits électriques de base, l'équation de diffusion thermique, le second principe de la thermodynamique et le bilan entropique, ainsi que les conditions d'équilibre entre phases d'un corps pur (potentiel chimique, relation de Clapeyron).
Ce sujet est-il accessible sans connaissances hors programme ?
Le sujet introduit lui-même les outils avancés nécessaires, comme la théorie de Floquet pour l'équation de Mathieu ou la relation de Gibbs-Thomson, si bien qu'aucune connaissance hors programme n'est supposée acquise au préalable.
Pas de description pour le moment
