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Corrigé détaillé Mines Physique 1 MP 2021 (page 2/2 : Parties III et IV)

Jean Perrin et l'hypothèse atomique

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Partie III : Le modèle de Langevin

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, frottement fluide, temps caractéristique

Écrire l'équation, notée (), vérifiée par en tenant compte de la force . Montrer qu'en l'absence de la force , le mouvement s'atténue très vite.

Voir l'indice

Écrire l'équation du mouvement du grain sous l'effet des frottements et de la force aléatoire \vec{F}_c. Sans force motrice aléatoire, résoudre l'équation homogène et évaluer le temps d'arrêt caractéristique \tau.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un grain brownien de masse m_b dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, en tenant compte de la force de frottement visqueux \vec{f} = -\alpha \vec{v} et de la force aléatoire \vec{F}_c, la pesanteur étant négligée selon les hypothèses de Langevin.
  2. Résoudre l'équation obtenue en l'absence de force aléatoire (\vec{F}_c = \vec{0}) et calculer la constante de temps de relaxation \tau = m_b / \alpha pour conclure sur la rapidité de l'atténuation.
Voir la réponse courte

Écriture du PFD avec force aléatoire et résolution en régime libre montrant un amortissement exponentiel quasi instantané à l'échelle macroscopique.

Voir le corrigé complet

On étudie un grain de masse m_b assimilé à un point matériel dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. D'après le modèle de Langevin, la pesanteur et la poussée d'Archimède sont négligées (ou s'équilibrent le long de la verticale dans un plan horizontal), et le grain est soumis à :

  • la force de frottement fluide visqueux : \vec{f} = -\alpha \vec{v} ;
  • la force aléatoire due aux chocs microscopiques des molécules du fluide : \vec{F}_c = F_c \widehat{e}_x.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

\begin{aligned} m_b \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} &= \vec{f} + \vec{F}_c = -\alpha \vec{v} + \vec{F}_c \end{aligned}

soit, sous forme vectorielle :

\boxed{m_b \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \alpha \vec{v} = \vec{F}_c \quad (E_L)}

En projection sur l'axe (Ox) où \vec{v} = v(t)\widehat{e}_x et \vec{F}_c = F_c(t)\widehat{e}_x, cette équation scalaire devient :

m_b \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} + \alpha v = F_c(t)

En l'absence de force aléatoire (\vec{F}_c = \vec{0}), l'équation devient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau} \vec{v} = \vec{0} \quad \text{avec} \quad \tau = \frac{m_b}{\alpha} \end{aligned}

La solution est :

\begin{aligned} \vec{v}(t) = \vec{v}(0) \exp\left(-\frac{t}{\tau}\right) \end{aligned}

Avec les valeurs numériques fournies (m_b = 4,1 \times 10^{-17}\text{ kg} et \alpha = 4,5 \times 10^{-9}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}), le temps caractéristique de relaxation vaut :

\begin{aligned} \tau = \frac{4,1 \times 10^{-17}}{4,5 \times 10^{-9}} \approx 9 \times 10^{-9}\text{ s} \sim 10^{-8}\text{ s} \end{aligned}
\boxed{\tau \sim 10^{-8}\text{ s} = 10\text{ ns}}

Le temps caractéristique est de l'ordre de dix nanosecondes : en l'absence de force d'agitation \vec{F}_c, la vitesse du grain s'annulerait donc de manière quasi instantanée à l'échelle macroscopique (dix ordres de grandeur en dessous de la seconde). L'observation d'un mouvement perpétuel prouve ainsi la nécessité d'une force motrice permanente issue des chocs moléculaires.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La rapidité de l'atténuation doit obligatoirement être justifiée par la valeur numérique de la constante de temps.

« trop de copies ne justifient pas par la valeur numérique de la constante de temps que le mouvement s’atténue très vite (être face à une décroissance exponentielle n’est évidemment pas suffisant pour affirmer que celle-ci est rapide !) »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cinématique du point, dérivation

Écrire le produit en fonction de et .

Voir l'indice

Dériver le produit x v par rapport au temps : \frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} = \left(\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\right)v + x\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}, puis réorganiser les termes.

Voir la réponse courte

Dérivation du produit x v pour réécrire le terme inertiel x \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}(x v)}{\mathrm{d}t} - v^2.

Voir le corrigé complet

La vitesse selon l'axe (Ox) est reliée à la position par v = \dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}. En dérivant le produit xv par rapport au temps, on obtient :

\frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}v + x\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = v^2 + x\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}

On en déduit immédiatement :

\boxed{x\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} - v^2}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : vitesse quadratique moyenne, théorème d'équipartition

Donner la définition de la vitesse quadratique moyenne, notée . En appliquant le théorème d'équipartition de l'énergie au cas particulier étudié, exprimer en fonction de , et .

Voir l'indice

Définir u = \sqrt{\langle v^2 \rangle}. Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie cinétique pour un seul degré de liberté unidimensionnel : \frac{1}{2}m_b \langle v^2 \rangle = \frac{1}{2}k_B T_0.

Voir la réponse courte

Définition de u = \sqrt{\langle v^2 \rangle} et application du théorème d'équipartition sur la direction x : \frac{1}{2}m_b u^2 = \frac{1}{2}k_B T_0.

Voir le corrigé complet

La vitesse quadratique moyenne u est définie comme la racine carrée de la moyenne temporelle (ou statistique) du carré de la vitesse :

u = \sqrt{\langle v^2 \rangle}

L'étude étant restreinte au mouvement unidimensionnel le long de l'axe (Ox), le grain de masse m_b ne possède qu'un seul degré de liberté de translation, associé à l'énergie cinétique :

E_{c} = \frac{1}{2} m_b v^2

D'après le théorème d'équipartition de l'énergie, à l'équilibre thermodynamique à la température T_0, la valeur moyenne de chaque terme quadratique indépendant intervenant dans l'énergie du système vaut \frac{1}{2} k_B T_0 :

\langle E_{c} \rangle = \frac{1}{2} m_b \langle v^2 \rangle = \frac{1}{2} k_B T_0

On en déduit :

\langle v^2 \rangle = \frac{k_B T_0}{m_b}

soit l'expression de la vitesse quadratique moyenne :

\boxed{u = \sqrt{\frac{k_B T_0}{m_b}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas vitesse et carré de la vitesse, et adaptez le théorème d'équipartition à la dimension spatiale étudiée.

« Une réponse très fréquente a été « la vitesse quadratique est égale au carré de la vitesse ». »

« Beaucoup de copies n’ont pas appliqué le théorème d’équipartition au cas particulier demandé, ce qui conduit à une erreur de facteur 3 dans le résultat. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de langevin, moyenne d'ensemble, équation différentielle

En partant de l'équation (), obtenir une équation différentielle du premier ordre linéaire à coefficients constants vérifiée par la fonction . En supposant que , en déduire l'expression de en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Multiplier l'équation de Langevin par x, prendre la moyenne temporelle en utilisant l'hypothèse \langle x F_c \rangle = 0 et substituer le terme cinétique par l'identité précédente pour aboutir à une équation différentielle sur \varphi(t).

Voir la stratégie
  1. Multiplier l'équation du mouvement de Langevin (E_L) projetée selon \widehat{e}_x par la coordonnée x(t).
  2. Exprimer le terme x \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} à l'aide de l'identité cinématique de la question Q16.
  3. Prendre la moyenne temporelle de l'équation en utilisant l'hypothèse ergodique, le théorème d'équipartition de l'énergie (question Q17) et la décorrélation \langle x F_c \rangle = 0.
  4. Résoudre l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec la condition initiale \varphi(0) = 0.
Voir la réponse courte

Moyenne d'ensemble de l'équation de Langevin projetée avec \langle x F_c \rangle = 0, conduisant à l'expression de \varphi(t) = \langle x v \rangle.

Voir le corrigé complet

L'équation de Langevin (E_L) projetée sur l'axe (Ox) s'écrit :

m_b \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} + \alpha v = F_c

En multipliant cette relation par la position x(t) et en utilisant l'identité cinématique démontrée à la question Q16 (x \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = \frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} - v^2), on obtient :

m_b \frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} - m_b v^2 + \alpha xv = x F_c

Prenons la moyenne de cette équation :

m_b \left\langle \frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} \right\rangle - m_b \langle v^2 \rangle + \alpha \langle xv \rangle = \langle x F_c \rangle

En appliquant les propriétés et résultats précédents :

  • L'hypothèse ergodique permet d'intervertir dérivation temporelle et moyenne : \left\langle \frac{\mathrm{d}(xv)}{\mathrm{d}t} \right\rangle = \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}t} avec \varphi(t) = \langle xv \rangle ;
  • Le théorème d'équipartition donne (question Q17) : m_b \langle v^2 \rangle = k_B T_0 ;
  • La force de collision fluctuante est décorrélée de la position : \langle x F_c \rangle = 0.

L'équation devient ainsi :

m_b \frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}t} - k_B T_0 + \alpha \varphi(t) = 0

Soit sous forme canonique :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}t} + \frac{\alpha}{m_b}\varphi(t) = \frac{k_B T_0}{m_b}}

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire du premier ordre à coefficients constants. Sa solution générale s'écrit comme la somme de la solution générale de l'équation homogène et d'une solution particulière constante :

\varphi(t) = C \exp\left(-\frac{\alpha}{m_b} t\right) + \frac{k_B T_0}{\alpha}

où C est une constante d'intégration déterminée par la condition initiale \varphi(0) = 0 :

\varphi(0) = C + \frac{k_B T_0}{\alpha} = 0 \implies C = -\frac{k_B T_0}{\alpha}

D'où l'expression de \varphi(t) :

\boxed{\varphi(t) = \frac{k_B T_0}{\alpha} \left[ 1 - \exp\left(-\frac{\alpha}{m_b} t\right) \right]}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : mouvement brownien, diffusion thermique, déplacement quadratique moyen

En utilisant l'hypothèse ergodique, déterminer la relation entre et . Après avoir obtenu l'expression générale de , montrer que les ordres de grandeur de ce problème permettent d'écrire où l'on précisera l'expression de la constante en fonction de , et .

Voir l'indice

Remarquer que \frac{\mathrm{d}(x^2)}{\mathrm{d}t} = 2xv, d'où \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} = 2\varphi(t). Intégrer cette équation et réaliser un développement asymptotique pour les temps longs devant le temps de relaxation visqueuse (t \gg \tau).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée de x^2(t) par rapport au temps et lui appliquer l'hypothèse ergodique afin d'établir la relation liant \frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} à \varphi(t).
  2. Intégrer cette équation différentielle avec la condition initiale x(0) = 0 pour obtenir la forme générale de \psi(t) = \langle x^2 \rangle.
  3. Comparer l'échelle de temps des observations macroscopiques à la durée de relaxation \tau = m_b/\alpha pour simplifier \psi(t) sous la forme affine \psi(t) \simeq D_x t, et identifier l'expression de D_x.
Voir la réponse courte

Intégration de \frac{1}{2}\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} = \varphi(t) et comportement asymptotique aux temps longs donnant \psi(t) \simeq \frac{2 k_B T_0}{\alpha} t.

Voir le corrigé complet

La dérivation de x^2(t) par rapport au temps donne immédiatement :

\frac{\mathrm{d}(x^2)}{\mathrm{d}t} = 2\, x\,\frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} = 2\, x\, v

En prenant la moyenne temporelle et en appliquant l'hypothèse ergodique précisée dans le texte, \left\langle \frac{\mathrm{d}(x^2)}{\mathrm{d}t} \right\rangle = \frac{\mathrm{d}\langle x^2 \rangle}{\mathrm{d}t}, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} = 2\,\langle x\,v \rangle = 2\,\varphi(t)
\boxed{\frac{\mathrm{d}\psi}{\mathrm{d}t} = 2\,\varphi(t)}

Puisque le grain se trouve en O à t = 0, on a x(0) = 0, d'où \psi(0) = \langle x(0)^2 \rangle = 0. En intégrant entre 0 et t avec l'expression de \varphi(t') établie à la question Q18, \varphi(t') = \frac{k_B T_0}{\alpha}\left(1 - \mathrm{e}^{-\frac{\alpha}{m_b}t'}\right) :

\begin{aligned} \psi(t) &= \int_0^t 2\,\varphi(t')\,\mathrm{d}t' \\ &= \frac{2 k_B T_0}{\alpha} \int_0^t \left(1 - \mathrm{e}^{-\frac{\alpha}{m_b}t'}\right)\mathrm{d}t' \\ &= \frac{2 k_B T_0}{\alpha} \left[ t' + \frac{m_b}{\alpha}\,\mathrm{e}^{-\frac{\alpha}{m_b}t'} \right]_0^t \end{aligned}

En posant le temps caractéristique \tau = \frac{m_b}{\alpha}, il vient l'expression générale :

\boxed{\psi(t) = \frac{2 k_B T_0}{\alpha} \left( t - \tau\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) \right)}

D'après les questions Q9 et Q15, le temps caractéristique de relaxation vaut :

\tau = \frac{m_b}{\alpha} \approx \frac{4{,}1 \times 10^{-17}}{4{,}5 \times 10^{-9}} \approx 9 \times 10^{-9}\text{ s} \sim 10^{-8}\text{ s}

Les observations de Jean Perrin se font à des intervalles de temps de l'ordre de t \sim 30\text{ s} à 120\text{ s}. À cette échelle macroscopique, on a très largement t \gg \tau (le rapport \frac{t}{\tau} \sim 10^9 est gigantesque). Le terme exponentiel est donc rigoureusement nul (\mathrm{e}^{-t/\tau} \approx 0) et le décalage temporel \tau est totalement négligeable devant t (\tau \ll t). Il reste alors :

\psi(t) \simeq \frac{2 k_B T_0}{\alpha} t

Cette relation est bien de la forme \psi(t) \simeq D_x t, avec :

\boxed{D_x = \frac{2 k_B T_0}{\alpha}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez l'approximation linéaire en utilisant explicitement les ordres de grandeur demandés.

« La justification de l’approximation linéaire est souvent menée sans les ordres de grandeur demandés par l’énoncé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : constante de boltzmann, mouvement brownien

En déduire la valeur de qu'a obtenue Jean Perrin avec ses expériences de diffusion toujours effectuées à . Comparer cette valeur avec celle obtenue grâce aux résultats des expériences de sédimentation de la partie II. Commenter.

Voir l'indice

Déterminer la pente de la droite moyenne \langle x^2 \rangle en fonction du temps à partir de la figure 2 pour obtenir D_x, puis en déduire la valeur expérimentale de k_B et la confronter à celle obtenue par sédimentation.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la pente de la droite d'ajustement linéaire \langle x^2 \rangle = f(t) sur la figure 2 pour obtenir la constante de diffusion D_x.
  2. Exprimer k_B à partir de la relation établie à la question précédente : D_x = \dfrac{2 k_B T_0}{\alpha}.
  3. Effectuer l'application numérique avec un chiffre significatif conformément aux consignes du sujet.
  4. Comparer avec la valeur obtenue lors de l'étude de la sédimentation (question Q14) et commenter la cohérence physique et la portée historique de cette concordance.
Voir la réponse courte

Calcul numérique de k_B, comparaison avec la valeur issue de la sédimentation et conclusion sur la preuve expérimentale de la réalité atomique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, le déplacement quadratique moyen suit en régime diffusif une loi linéaire :

\langle x^2 \rangle \simeq D_x t

Sur la figure 2, la droite passe par l'origine et coupe le point (t = 120\text{ s},\, \langle x^2 \rangle \approx 180\text{ }\mu\mathrm{m}^2) (ou de façon équivalente t = 100\text{ s} pour \langle x^2 \rangle \approx 150\text{ }\mu\mathrm{m}^2). La pente de cette droite vaut donc :

D_x = \frac{\Delta \langle x^2 \rangle}{\Delta t} = \frac{180 \times 10^{-12}\text{ m}^2}{120\text{ s}} = 1{,}5 \times 10^{-12}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}

En utilisant l'expression théorique D_x = \dfrac{2 k_B T_0}{\alpha}, on en déduit :

k_B = \frac{\alpha D_x}{2 T_0}

Avec \alpha = 4{,}5 \times 10^{-9}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} et T_0 = 20^\circ\mathrm{C} = 293\text{ K} :

k_B = \frac{4{,}5 \times 10^{-9} \times 1{,}5 \times 10^{-12}}{2 \times 293} \approx 1{,}15 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{k_B \approx 1 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}}

Comparaison et commentaire :

  • À la question Q14, l'expérience de sédimentation conduisait à k_B \approx 1 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} (environ 1{,}0 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}). Les deux valeurs sont remarquablement cohérentes entre elles et très proches de la valeur admise (k_B = 1{,}4 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}).
  • Cette concordance est d'une portée conceptuelle majeure : elle montre que deux méthodes physiques de natures totalement différentes — l'une statique et macroscopique à l'équilibre thermique (sédimentation sous champ de pesanteur), l'autre dynamique hors équilibre (diffusion temporelle par agitation thermique) — conduisent à la même constante universelle k_B, et donc au même nombre d'Avogadro N_A = R / k_B \approx 7 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1}.
  • Cette convergence d'expériences indépendantes a apporté la preuve irréfutable de la réalité physique des atomes et molécules, emportant l'adhésion définitive de la communauté scientifique (Ostwald) et valant à Jean Perrin le prix Nobel de physique en 1926.

Résultat

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Partie IV : Observations optiques

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : condition de gauss, stigmatisme, aplanétisme

Rappeler ce que sont les conditions de Gauss et les deux propriétés qu'elles impliquent pour une lentille mince.

Voir l'indice

Énoncer les conditions de Gauss (rayons peu inclinés sur l'axe optique et proches du centre optique) et rappeler qu'elles garantissent le stigmatisme et l'aplanétisme approchés.

Voir la réponse courte

Définition des conditions de Gauss (rayons paraxiaux) assurant le stigmatisme et l'aplanétisme approchés pour une lentille mince.

Voir le corrigé complet

Les conditions de Gauss définissent le cadre de l'optique paraxiale. Elles stipulent que les rayons lumineux doivent être :

  1. paraxiaux, c'est-à-dire peu inclinés par rapport à l'axe optique principal (angles d'incidence et d'émergence petits devant 1\text{ rad}, ce qui permet d'écrire \sin\theta \simeq \tan\theta \simeq \theta) ;
  2. proches de l'axe optique, c'est-à-dire frappant les dioptres ou la lentille à une distance faible de son sommet ou de son centre optique par rapport aux rayons de courbure.

Dans ces conditions, le système optique (ici la lentille mince) vérifie deux propriétés fondamentales :

  • le stigmatisme approché : à tout point objet A correspond un unique point image A' (l'ensemble des rayons issus de A et traversant la lentille convergent en un même point A' ou semblent en provenir) ;
  • l'aplanétisme approché : l'image d'un petit élément objet plan et perpendiculaire à l'axe optique est également un élément image plan et perpendiculaire à l'axe optique (pas de distorsion ni de courbure de champ).
Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas les conditions de Gauss (rayons paraxiaux) avec leurs conséquences (stigmatisme et aplanétisme approchés).

« Souvent les conditions de Gauss et leurs conséquences sont mélangées : le stigmatisme devenant une condition de Gauss et les rayons paraxiaux une conséquence. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : lentille mince, tracé de rayons, microscope

Sur un schéma clair, sans forcément respecter d'échelle, tracer les rayons issus d'un objet tel que et ressortant de afin de former une image à l'infini. On pourra reproduire et compléter le schéma de la partie gauche de la figure 3.

Voir l'indice

Construire l'image intermédiaire A_1 B_1 donnée par l'objectif à partir de rayons caractéristiques, en veillant à ce que cette image intermédiaire se forme exactement dans le plan focal objet de l'oculaire L_2.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition pour que l'image finale A_2 B_2 soit rejetée à l'infini : l'image intermédiaire A_1 B_1 donnée par l'objectif L_1 doit se situer dans le plan focal objet de l'oculaire L_2 (A_1 \equiv F_2).
  2. Construire l'image intermédiaire A_1 B_1 à l'aide de deux rayons caractéristiques issus de B traversant l'objectif L_1 (rayon passant par le centre optique O_1 et rayon parallèle à l'axe optique passant par F'_1).
  3. Prolonger ces rayons jusqu'à l'oculaire L_2 et tracer leur émergence : comme ils proviennent du point B_1 situé dans le plan focal objet de L_2, ils ressortent du microscope parallèles entre eux, parallèlement au rayon fictif issu de B_1 passant par le centre O_2.
Voir la réponse courte

Schéma optique du microscope avec formation d'une image intermédiaire réelle en F_2, puis rejet de l'image finale à l'infini par l'oculaire.

Voir le corrigé complet

Pour qu'un observateur emmétrope observe sans accommoder, l'image finale A_2 B_2 donnée par l'instrument doit se former à l'infini :

A_1 B_1 \xrightarrow{L_2} A_2 B_2 \text{ à l'infini} \iff A_1 \equiv F_2

L'image intermédiaire A_1 B_1 est donc réelle, inversée, et située dans le plan focal objet de l'oculaire L_2.

Construction des rayons lumineux :

  • Le rayon issu de B parallèle à l'axe optique émerge de l'objectif L_1 en passant par son foyer image F'_1.
  • Le rayon issu de B passant par le centre optique O_1 émerge sans déviation.
  • Ces deux rayons se croisent en B_1, situé dans le plan focal objet de L_2 (à l'abscisse de F_2).
  • En traversant l'oculaire L_2, ces rayons émergent parallèles entre eux selon une direction faisant un angle \alpha' avec l'axe optique, direction donnée par la droite joignant B_1 au centre optique O_2.
Voir ce qu'a relevé le jury

L'image intermédiaire doit être dans le plan focal de l'oculaire pour émerger à l'infini ; tracez à la règle et fléchez les rayons.

« Très peu de candidats ont su utiliser l’indication « ressortant de L2 afin de former une image à l’infini », impliquant que l’image intermédiaire se situait dans le plan focal de l’oculaire. »

« Rappelons également qu’un rayon doit porter une flèche indiquant le sens de propagation, et qu’un tracé d’optique géométrique nécessite un minimum de soin et l’utilisation d’une règle de préférence. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : relation de newton, accommodation, microscope

Justifier, grâce à une évaluation d'ordres de grandeur, que l'objet se trouve quasiment sur le foyer de l'objectif, tout en restant en amont (). Quel est l'intérêt pour un observateur dont la vision n'a pas de défaut, d'observer une image à l'infini ? Où se forme alors l'image intermédiaire ? Où se formerait-elle si ?

Voir l'indice

Utiliser la relation de conjugaison de Newton pour relier \overline{F_1 A} à l'intervalle optique \Delta et à la distance focale f'_1. Préciser l'intérêt physiologique d'une observation à l'infini pour l'accommodation de l'œil.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la formule de conjugaison de Newton appliquée à l'objectif pour relier la position de l'objet \overline{AF_1} à la position de l'image intermédiaire \overline{F'_1 A_1} = \Delta, puis estimer numériquement \overline{AF_1}.
  2. Rappeler les conditions d'observation sans fatigue pour un œil emmétrope (image finale au punctum remotum).
  3. Déterminer la position de l'image intermédiaire A_1B_1 imposée par la condition d'image à l'infini, puis analyser le cas où \overline{AF_1} < 0 grâce à la formule de Newton.
Voir la réponse courte

Justification par la formule de Newton de la proximité entre A et F_1, absence d'accommodation pour un œil normal et position de l'image intermédiaire.

Voir le corrigé complet

L'oculaire L_2 donne d'un objet une image à l'infini si et seulement si cet objet se trouve dans son plan focal objet. L'image intermédiaire A_1B_1 est donc nécessairement située dans le plan focal objet de l'oculaire L_2 :

\boxed{A_1 \equiv F_2}

Par définition de l'intervalle optique, on a \overline{F'_1 A_1} = \overline{F'_1 F_2} = \Delta > 0.

Appliquons la relation de conjugaison de Newton à l'objectif L_1 :

\overline{F_1 A} \times \overline{F'_1 A_1} = -{f'_1}^2

Comme \overline{F_1 A} = -\overline{AF_1}, il vient :

\overline{AF_1} = \frac{{f'_1}^2}{\Delta}

Avec f'_1 = 1\text{ mm} et \Delta = 15\text{ cm} = 150\text{ mm}, on obtient :

\overline{AF_1} = \frac{1^2}{150}\text{ mm} \approx 7\times 10^{-3}\text{ mm} = 7\text{ }\mu\mathrm{m}

On constate d'une part que \overline{AF_1} > 0 (l'objet AB est bien situé en amont du foyer F_1), et d'autre part que :

\frac{\overline{AF_1}}{f'_1} = \frac{f'_1}{\Delta} \approx 7\times 10^{-3} \ll 1

L'objet AB se trouve donc quasiment confondu avec le foyer objet F_1 de l'objectif.

Intérêt pour l'observateur : Pour un œil emmétrope (vision sans défaut), le punctum remotum est situé à l'infini. Observer une image finale rejetée à l'infini permet à l'œil d'observer sans accommoder (le cristallin est au repos), ce qui évite la fatigue oculaire lors d'observations prolongées.

Cas où \overline{AF_1} < 0 : Si \overline{AF_1} < 0, alors \overline{F_1 A} > 0 (l'objet A se trouve entre F_1 et O_1). D'après la relation de Newton :

\overline{F'_1 A_1} = -\frac{{f'_1}^2}{\overline{F_1 A}} < 0

L'image intermédiaire A_1 se formerait en amont du foyer image F'_1. De plus, comme |\overline{F_1 A}| \ll f'_1, on aurait |\overline{F'_1 A_1}| \gg f'_1 : l'image intermédiaire A_1 B_1 serait virtuelle et rejetée loin en amont de l'objectif L_1.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Privilégiez une évaluation des ordres de grandeur aux calculs inutiles et ne confondez pas virtuel et imaginaire.

« A donné lieu à beaucoup de calculs inutiles, souvent inaboutis ou non concluants. »

« La confusion virtuelle/imaginaire est fréquente. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : puissance d'un instrument, pouvoir de résolution, microscope

Compte tenu des données numériques précédentes, exprimer en fonction de , et . Évaluer la puissance d'un microscope permettant d'observer les grains de gomme-gutte étudiés par Jean Perrin. Un microscope usuel peut-il permettre d'observer les grains avec un œil supposé emmétrope ?

Voir l'indice

Exprimer le diamètre apparent \alpha' en fonction de la taille de l'image intermédiaire A_1 B_1 et de f'_2, puis exprimer le grandissement transversal de l'objectif via la formule de Newton pour en déduire P_i. Évaluer la taille minimale résolue pour un œil normal.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'angle d'émergence \alpha' en fonction de la taille de l'image intermédiaire A_1 B_1 et de la distance focale f'_2 de l'oculaire.
  2. Relier la taille de A_1 B_1 à celle de l'objet AB via le grandissement transversal de l'objectif donné par la relation de Newton, puis en déduire l'expression de la puissance intrinsèque P_i.
  3. Calculer numériquement P_i pour le microscope usuel, puis comparer l'angle apparent obtenu pour un grain de gomme-gutte à la limite de résolution angulaire de l'œ il humain afin de conclure.
Voir la réponse courte

Expression P_i = \Delta/(f'_1 f'_2), calcul numérique de la puissance et vérification que le diamètre apparent dépasse la limite de résolution de l'œil.

Voir le corrigé complet

L'oculaire L_2 forme l'image finale d'un objet situé dans son plan focal objet (A_1 \equiv F_2, question Q23). Dans les conditions d'approximation paraxiale de Gauss, un faisceau issu de B_1 émerge de L_2 incliné d'un angle \alpha' par rapport à l'axe optique (figure 4) vérifiant :

\alpha' \approx \tan \alpha' = \frac{A_1 B_1}{f'_2}

Par ailleurs, le grandissement transversal de l'objectif L_1 s'exprime grâce à la formule de Newton (origines aux foyers) :

|\gamma_1| = \frac{A_1 B_1}{AB} = \left| \frac{\overline{F'_1 A_1}}{\overline{F'_1 O_1}} \right|

Comme A_1 \equiv F_2, on a \overline{F'_1 A_1} = \overline{F'_1 F_2} = \Delta, et \overline{F'_1 O_1} = -f'_1. Il vient :

|\gamma_1| = \frac{\Delta}{f'_1} \quad \implies \quad A_1 B_1 = \frac{\Delta}{f'_1} AB

On en déduit l'expression de la puissance intrinsèque P_i = \frac{\alpha'}{AB} :

\boxed{P_i = \frac{\Delta}{f'_1 f'_2}}

Application numérique pour un microscope usuel : Avec \Delta = 15\text{ cm} = 0{,}15\text{ m}, f'_1 = 1\text{ mm} = 1\times 10^{-3}\text{ m} et f'_2 = 2\text{ cm} = 2\times 10^{-2}\text{ m} :

P_i = \frac{0{,}15}{1\times 10^{-3} \times 2\times 10^{-2}} = 7{,}5\times 10^3\ \delta \approx 8\times 10^3\ \delta
\boxed{P_i \approx 8\times 10^3\ \delta}

Possibilité d'observation pour un œ il emmétrope : Pour un grain sphérique de gomme-gutte de diamètre d = 2 R_b = 0{,}4\ \mu\mathrm{m} = 4\times 10^{-7}\text{ m}, l'angle sous lequel il est vu à la sortie du microscope usuel vaut :

\alpha' = P_i \times d \approx 7{,}5\times 10^3 \times 4\times 10^{-7} = 3\times 10^{-3}\text{ rad} \approx 10'

Or, le pouvoir séparateur d'un œ il humain normal (emmétrope) est de l'ordre d'une minute d'arc :

\varepsilon_{\text{œ il}} \approx 1' \approx 3\times 10^{-4}\text{ rad}

La puissance minimale requise pour résoudre un grain est donc :

P_{i,\min} = \frac{\varepsilon_{\text{œ il}}}{d} \approx \frac{3\times 10^{-4}}{4\times 10^{-7}} \approx 8\times 10^2\ \delta \sim 10^3\ \delta

Comme P_i \approx 8\times 10^3\ \delta \gg P_{i,\min} (l'angle \alpha' \approx 10\,\varepsilon_{\text{œ il}} dépasse d'un ordre de grandeur la limite de résolution), un microscope usuel permet parfaitement à un œ il emmétrope d'observer les grains de gomme-gutte.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Un tiers des copies détermine Pi, et la connaissance de la valeur du pouvoir séparateur de l'œil est indispensable pour conclure.

« La détermination de Pi est obtenue par un petit tiers des copies. »

« La fin de la question n’est presque jamais traitée, très peu de candidats connaissent le pouvoir séparateur de l’œil. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2021

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.