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La plus grande attention sera accordée à la rigueur et à la clarté de la rédaction.
Un résultat énoncé dans une question peut être utilisé dans la suite sans démonstration.
Au cours de ce problème nous étudierons certaines propriétés de la fonction u lorsqu'elle est solution de l'équation différentielle ordinaire (parties II et III)
− u^(′′)(x) + V(x)u(x) = f(x), ∀x ∈ [0, 1],
ou lorsque qu'elle est solution non nulle de l'équation différentielle ordinaire (partie IV)
− u^(′′)(x) + V(x)u(x) = λu(x), λ ∈ ℝ, ∀x ∈ [0, 1].
Dans tout le problème, f est une fonction de classe C^∞ donnée sur l'intervalle [0, 1] et V est une fonction de classe C^∞ strictement positive donnée sur l'intervalle [0, 1]. On sait qu'il existe alors un nombre réel strictement positif V_0 tel que
V(x) ≥ V_0 > 0, ∀x ∈ [0, 1].

PARTIE I : préliminaires

1.1. Soit u une solution de l'équation différentielle (1). Montrer que u est de classe C^∞ sur l'intervalle [0, 1].
1.2. Soit ( a, b, c ) trois nombres réels donnés.
Discuter suivant les valeurs de a, b et c le nombre de solutions de l'équation (1) vérifiant les conditions initiales
u(0) = a, u^′(0) = b, u^(′′)(0) = c.
1.3 Le théorème de Cauchy-Lipschitz s'applique-t-il à l'équation (1) avec les conditions
u(0) = 0, u(1) = 0?
1.4 Soit v une fonction de classe C^2 sur un intervalle [x_1, x_2]. On suppose que v possède un minimum local en x_0 ∈ ]x_1, x_2[. Montrer que
v^′(x_0) = 0 et v^(′′)(x_0) ≥ 0

PARTIE II

L'objectif de cette partie est de montrer qu'il y a existence et unicité de la solution du problème (1) avec les conditions (4).
2.1 On suppose que f est une fonction positive : f(x) ≥ 0, ∀x ∈ [0, 1]. Soit u une solution de l'équation (1).
  • Montrer que si u possède un minimum local en x_0 ∈ ]0, 1[ alors u(x_0) ≥ 0.
  • Montrer que si u vérifie les conditions (4) alors
u(x) ≥ 0, ∀x ∈ [0, 1]
2.2 On suppose que f est une fonction négative : f(x) ≤ 0, ∀x ∈ ]0, 1[. Montrer que si u est solution de l'équation (1) et vérifie les conditions (4) alors
u(x) ≤ 0, ∀x ∈ [0, 1].
2.3 Soit b un nombre réel donné. Soit u_b : x → u_b(x) la solution de l'équation (1) avec les conditions initiales u_b(0) = 0 et u_b^′(0) = b. On pose
φ(b) = u_b(1)
Montrer que φ est une application affine de ℝ dans ℝ.
2.4 Montrer que φ est une application injective.
2.5 Montrer l'existence et l'unicité de la solution de
{− u^(′′)(x) + V(x)u(x) = f(x), ∀x ∈ [0, 1]; u(0) = u(1) = 0

PARTIE III

Dans cette partie nous étudions une méthode d'approximation numérique de la solution u du système (5).
On considère le vecteur u¯ ∈ ℝ^(n + 1) avec n ≥ 2. Les composantes de u¯ sont notées u_i = (u¯)_i, i = 0, …, n. On pose Δx = 1/n, V_i = V(iΔx) et f_i = f(iΔx). On considère le système linéaire
{u_0 = 0; (− u_(i − 1) + 2u_i − u_(i + 1))/((Δx)^2) + V_i u_i = f_i, 1 ≤ i ≤ n − 1; u_n = 0
3.1 On suppose que f_i ≥ 0 pour tout i = 1, …, n − 1. On fait l'hypothèse que u¯ est une solution du système (6).
Montrer que u_i ≥ 0 pour tout i = 1, …, n − 1.
Indication : on pourra introduire u_(i_0) = min_(1 ≤ i ≤ n − 1)(u_i).
3.2. Montrer que le système (6) possède une solution unique.
3.3 Soit u la solution de (5) et u¯ la solution de (6). On pose v_i = u_i − u(iΔx). Montrer que
(− v_(i − 1) + 2v_i − v_(i + 1))/((Δx)^2) + V_i v_i = ε_i, 1 ≤ i ≤ n − 1
avec
ε_i = − u^(′′)(iΔx) − (− u((i − 1)Δx) + 2u(iΔx) − u((i + 1)Δx))/((Δx)^2).
En déduire l'inégalité
|ε_i| ≤ 1/(12) × (max_(x ∈ [(i − 1)Δx, (i + 1)Δx])|u^((4))(x)|)(Δx)^2, 1 ≤ i ≤ n − 1,
u^((4))(x) désignant la dérivée quatrième de u au point x.
3.4 On pose
E = max_(1 ≤ i ≤ n − 1)|ε_i|
Soit pour i = 0, …, n,
w_i = v_i − E/2(i(n − i))/(n^2)
Montrer que pour i = 0, …, n
w_i ≤ 0
3.5 Soit pour i = 0, …, n,
z_i = v_i + E/2(i(n − i))/(n^2).
Montrer que pour i = 0, …, n
z_i ≥ 0
3.6 En déduire que
|u_i − u(iΔx)| ≤ 1/(96)(max_(x ∈ [0, 1])|u^((4))(x)|)(Δx)^2, 1 ≤ i ≤ n − 1
Que peut-on dire quand n → + ∞ ?
3.7 On pose l_i = V_i u_i − f_i pour i = 0, …, n. Montrer qu'il existe une constante A > 0 telle que
|l_i − u^(′′)(iΔx)| ≤ A(max_(x ∈ [0, 1])|u^((4))(x)|)(Δx)^2, 0 ≤ i ≤ n.
3.8 Soit la fonction ℓ définie sur l'intervalle [0, 1] par
ℓ(iΔx) = l_i pour 0 ≤ i ≤ n,
et
ℓ(x) = l_i + (x − iΔx)/(Δx)(l_(i + 1) − l_i) pour x ∈ ]iΔx, (i + 1)Δx[, 0 ≤ i ≤ n − 1.
Montrer qu'il existe une constante B > 0, telle que
|ℓ(x) − u^(′′)(x)| ≤ B(max_(x ∈ [0, 1])|u^((4))(x)|)(Δx)^2, ∀x ∈ [0, 1].
3.9 Montrer que pour la solution u de (5)
u^′(0) = − ∫_0^1(∫_0^y u^(′′)(t)dt)dy
En déduire qu'il existe une constante C > 0 ainsi qu'une combinaison linéaire des l_i, que l'on notera M, telle que
|M − u^′(0)| ≤ C(max_(x ∈ [0, 1])|u^((4))(x)|)(Δx)^2.

PARTIE IV

Dans cette partie on conserve l'hypothèse (3) faite sur V, et on considère pour λ ∈ ℝ le système
{− u^(′′)(x) + V(x)u(x) = λu(x), ∀x ∈ [0, 1],; u(0) = 0, u(1) = 0.
Nous allons étudier pour quelles valeurs de λ ce système possède une solution non identiquement nulle.
Soit λ ∈ ℝ. Soit x → u_λ(x) la solution de l'équation (2) avec u_λ(0) = 0 et u_λ^′(0) = 1. On pose
Ψ(λ) = u_λ(1).
4.1 Montrer que le système (7) possède une solution non identiquement nulle si et seulement si Ψ(λ) = 0.
4.2 Montrer que pour toute solution du système (7)
∫_0^1(u^′(x)^2 + V(x)u(x)^2)dx = λ∫_0^1 u(x)^2 dx
4.3 On suppose que λ ≤ V_0. Existe-t-il des solutions non identiquement nulles du système (7) ?
Dans les questions qui suivent on suppose que λ > V_0 et on pose α = √λ.
4.4 Montrer que
u_λ(x) = (sin(αx))/α + ∫_0^x(sin(α(x − s)))/αV(s)u_λ(s)ds, ∀x ∈ [0, 1]
4.5 On pose
h_λ(x) = α(u_λ(x) − (sin(αx))/α).
Montrer que
h_λ(x) = 1/α∫_0^x sin(α(x − s))V(s)h_λ(s)ds; + 1/α∫_0^x sin(α(x − s))sin(αs)V(s)ds, ∀x ∈ [0, 1]
4.6 Montrer qu'il existe une constante C_1 > 0 indépendante de λ, que l'on déterminera, telle que
max_(x ∈ [0, 1])|h_λ(x)| ≤ (C_1)/α, ∀λ ⩾ (2max_(x ∈ [0, 1])|V(x)|)^2
4.7 On considère le cas λ = (π/2 + 2kπ)^2 lorsque k est entier. Montrer qu'il existe k_0 ∈ ℕ tel que
∀k ∈ ℕ, k ≥ k_0, Ψ((π/2 + 2kπ)^2) > 0.
4.8 On considère le cas λ = ((3π)/2 + 2kπ)^2 lorsque k est entier. Montrer qu'il existe k_1 ∈ ℕ tel que
∀k ∈ ℕ, k ≥ k_1, Ψ(((3π)/2 + 2kπ)^2) < 0.
4.9 Soient λ > V_0 et μ > V_0 deux nombres réels. On pose g_(λ, μ)(x) = u_λ(x) − u_μ(x).
Montrer qu'il existe deux constantes C_2 > 0 et C_3 > 0 telles que
|g_(λ, μ)(x)| ≤ C_2|λ − μ| + C_3∫_0^x|g_(λ, μ)(s)|ds, ∀x ∈ [0, 1]
On pourra utiliser la représentation intégrale (8).
Soit la fonction I_(λ, μ)(x) = ∫_0^x|g_(λ, μ)(s)|ds. Montrer qu'il existe une constante C_4 > 0 telle que
I_(λ, μ)(x) ≤ C_4|λ − μ|, ∀x ∈ [0, 1].
4.10 Montrer la continuité de la fonction Ψ pour λ > V_0.
4.11 Montrer qu'il existe une suite infinie (λ_n)_(n ∈ ℕ) telle que
a) ∀n ∈ ℕ il existe une solution non identiquement nulle du système (7) pour λ = λ_n,
c) λ_n tend vers + ∞ quand n → + ∞.

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