WikiPrépaLivrets

Agrégation mathématiques externe 2021, épreuve 1Sujet et rapport du jury

Agrégation externe section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2021

Pas encore noté
  • Réduction des endomorphismes
  • Déterminant de Vandermonde
  • Anneaux, corps et éléments inversibles
  • Entiers de Gauss
  • Arithmétique (petit théorème de Fermat, congruences)
  • Polynômes interpolateurs de Lagrange
  • Récurrence

Téléchargements

  • Corrigé : pas encore disponible

Présentation du sujet

Difficile
Polynômes à valeurs entières : de Z à un anneau A et aux suites p-ordonnées
Afficher ou masquer la section

Le sujet de mathématiques générales 2021 porte sur les polynômes à valeurs entières, une notion introduite par Polya et Ostrowski en 1919 puis étendue par Bhargava aux suites p-ordonnées sur un sous-ensemble de Z. Après quatre exercices préliminaires, le problème est divisé en quatre parties qui étudient successivement les polynômes à valeurs entières sur Z, leur généralisation à un anneau A (dont les entiers de Gauss), puis sur un sous-ensemble de Z, dans le but de démontrer deux conjectures sur les entiers.

  1. 1Exercices préliminaires (1 à 4)deuxième annéeRéduction d'un endomorphisme lié aux polynômes de base H_k, calcul du déterminant de Vandermonde, polynômes à valeurs entières sur une matrice triangulaire 2x2, et fonctions polynomiales sur Z/pZ.
  2. 2Partie I : Polynômes à valeurs entières sur ZÉtude des polynômes à valeurs entières sur Z à l'aide des polynômes H_k et construction d'une base régulière de cet ensemble.
  3. 3Partie II : Généralisation des polynômes à valeurs entières sur un anneau AExtension des résultats de la partie I à un anneau A infini, commutatif et principal, avec application à l'anneau des entiers de Gauss.
  4. 4Partie III : Polynômes à valeurs entières sur un sous-ensemble de ZIntroduction des suites p-ordonnées pour un nombre premier p, en vue de démontrer les deux conjectures énoncées en introduction.
  5. 5Partie IV : ConclusionsDémonstration des deux conjectures sur tout sous-ensemble non vide de Z, donc en particulier sur Z lui-même.

Difficile. Le rapport indique que les parties III et IV ont été très peu traitées et ne comportaient pratiquement aucune question immédiate, avec une moyenne de 8,86/20 (écart-type 3) pour les candidats présents à l'ensemble des épreuves.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 8,86 / 20 · écart-type 3 · où vous situez-vous ?
Afficher ou masquer la section
Moyenne
8,86/ 20
Écart-type
3
moyenne 8,8605101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

5 erreurs relevées
Récurrences mal rédigées · Références imprécises aux questions précédentes · Confusion entre un anneau et son groupe des inversibles
Afficher ou masquer la section

Le début du sujet, avec ses quatre exercices préliminaires, était relativement accessible et a permis d'évaluer la rigueur rédactionnelle des candidats, en particulier sur les démonstrations par récurrence et la précision dans l'usage des résultats antérieurs. La partie I du problème a été massivement entamée mais rarement terminée, tandis que les parties III et IV ont été très peu traitées, seuls quelques très bons candidats parvenant à y avancer.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Récurrences mal rédigées

    Les démonstrations par récurrence ne sont pas toujours correctement rédigées ; les candidats qui se contentent d'une formule toute faite ne peuvent prétendre obtenir des points.

    « les candidats qui se contentent d'un "par une récurrence évidente" ne peuvent prétendre à obtenir des points dans cette question »
  2. 2
    Références imprécises aux questions précédentes

    Trop peu de candidats indiquent le numéro des questions précédentes quand ils les utilisent, alors qu'une référence précise est attendue.

    « On ne peut pas se contenter d'un "par une question précédente »
  3. 3
    Confusion entre un anneau et son groupe des inversibles

    Comme chaque année, de nombreux candidats confondent un anneau A et son groupe des éléments inversibles A×, une distinction qui n'existe pas dans un corps mais qui est essentielle dans un anneau.

    « comme chaque année, de nombreux candidats confondent A et A »
  4. 4
    Polynôme confondu avec fonction polynomiale

    Certains candidats confondent la notion de polynôme et celle de fonction polynomiale, une distinction pourtant centrale dans un sujet sur les valeurs entières des polynômes.

    « Certains candidats confondent polynôme et fonction polynomiale »
  5. 5
    Inversibilité justifiée dans le mauvais ensembleI.4

    À la question I.4, le jury a trop souvent vu l'argument que le déterminant valait 1 donc que la matrice était inversible, sans préciser que c'est l'inversibilité de 1 dans Z, et non la seule nullité du déterminant, qui importait.

    « le jury a beaucoup trop vu " detp M q 1 donc M est inversible »

Ce qui a été bien réussi

  • Le jury a remarqué le plus souvent un choix de notations pertinentes.
  • De nombreuses copies proposaient des raisonnements honnêtes et aboutis sur les questions élémentaires.
  • La question 1 de l'exercice 2 a été massivement réussie lorsqu'elle a été traitée.
  • La partie i. de la question 5.a de la partie II a été bien réussie par la plupart des candidats qui écrivent correctement un entier de Gauss.

Conseils du jury

  • Rédiger précisément l'hypothèse de récurrence, l'initialisation et l'hérédité dans toute démonstration par récurrence.
  • Citer le numéro exact de la question ou du résultat antérieur utilisé plutôt qu'une formule vague.
  • Bien distinguer un anneau A de son groupe des éléments inversibles A×, notamment dans les questions portant sur des matrices ou des polynômes à coefficients entiers.
  • Vérifier précisément dans quel ensemble un résultat d'inversibilité ou de divisibilité est valide avant de conclure.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Description

Sujet officiel Agrégation externe en mathématiques, session 2021.

Ces sujets peuvent vous intéresser

Pas encore de corrigé pour ce sujet : voici des sujets proches corrigés.

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section
Liberte
Egalité
Fraternité
SESSION 2021

AGREGATION
CONCOURS EXTERNE

Section : MATHÉMATIQUES

COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES GÉNÉRALES

Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.

INFORMATION AUX CANDIDATS

Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie.
Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.
Les calculatrices, téléphones, tablettes, ordinateurs, montres connectées et tous appareils électroniques de communication ou de stockage, ainsi que les documents sont interdits.
La qualité de la rédaction est un facteur important d'appréciation des copies. Les candidats sont donc invités à produire des raisonnements clairs, complets et concis.
Les candidats peuvent utiliser les résultats énoncés dans les questions ou parties précédentes, en veillant dans ce cas à préciser la référence du résultat utilisé.

Notations, vocabulaire et rappels

  • -On désigne par Z l'anneau des entiers relatifs, Q le corps des nombres rationnels, P l'ensemble des nombres premiers.
  • -Soit A un anneau commutatif, unitaire (c'est-à-dire possédant un élément neutre pour la multiplication).
    • - A^×désigne le groupe des éléments inversibles de A.
    • -On note A[X] l'anneau des polynômes à coefficients dans A et, pour tout entier naturel n, A_n[X] l'ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n à coefficients dans A.
    • -On dénote par M_n(A) l'anneau des matrices (n, n) à coefficients dans A et T_n(A) l'ensemble des matrices (n, n) triangulaires inférieures à coefficients dans A.
    • -Un polynôme de A[X] est dit unitaire lorsque son coefficient dominant est 1.
    • -Une fonction f de A dans A est dite polynomiale s'il existe un polynôme P dans A[X] tel que :
      ∀a ∈ A, f(a) = P(a).
    • -Par convention, un produit d'éléments de A indexé sur l'ensemble vide est égal à 1.
  • -Soient k et n deux entiers naturels. On désigne par (n/k) le coefficient binomial " k parmi n ", c'est-à-dire le nombre de possibilités de choisir k éléments dans un ensemble à n éléments; si n = k = 0, ce nombre vaut 1 . Si k > n, cette quantité est nulle, par convention.
  • -Pour tout entier naturel k, on introduit le polynôme à coefficients rationnels
    H_k(X) = {1, si k = 0; (X(X − 1)⋯(X − k + 1))/(k!), sinon .
  • -On définit l'anneau des entiers de Gauss de la manière suivante :
    Z[i] = {a + ib; a, b ∈ Z}.
    Si z est un entier de Gauss et a, b sont les entiers tels que z = a + ib, on note
    N(z) = zz¯ = (a + ib)(a − ib).
  • -On introduit l'opération de dérivation discrète :
    Δ : Q[X], →, Q[X]; P(X), ↦, P(X + 1) − P(X)
    On définit les itérées de cette opération par récurrence :
    ∀P ∈ Q[X], Δ^0(P) = P et ∀k ∈ N^∗, Δ^k(P) = Δ(Δ^(k − 1)(P)).
  • -On rappelle la définition d'un polynôme interpolateur de Lagrange. Soit n ∈ N. Soit k ∈ {0, ⋯, n}. Le polynôme L_k^n(X) est l'unique polynôme de degré n de Q[X] tel que, pour tout h ∈ {0, ⋯, n}, L_k^n(h) = δ_(kh) où δ_(kh) est le symbole de Kronecker (il vaut 0 si k ≠ h et 1 si k = h ). Plus précisément,
    L_k^n(X) = ∏_(i = 0, i ≠ k)^n(X − i)/(k − i).

Exercices Préliminaires

Exercice 1

  • 1.Justifier que les polynômes H_0, H_1, H_2 et H_3 forment une famille libre dans Q[X].
  • 2.Expliciter le sous-espace vectoriel F de Q[X] engendré par les polynômes H_0, H_1, H_2 et H_3.
  • 3.Justifier que Δ induit un endomorphisme sur F.
On note Δ_F l'endomorphisme induit par Δ sur F.
  • 4.Déterminer le polynôme caractéristique de Δ_F.
  • 5.Déterminer le polynôme minimal de Δ_F.
  • 6.L'endomorphisme Δ_F est-il diagonalisable?

Exercice 2

Soit k un corps.
Soit n un entier naturel. Pour n + 1 éléments de k, x_0, …, x_n, on note V(x_0, …, x_n) la matrice dans M_(n + 1)(k) définie par
V(x_0, …, x_n) = (1, x_0, x_0^2, ⋯, x_0^n; 1, x_1, x_1^2, ⋯, x_1^n; 1, x_2, x_2^2, ⋯, x_2^n; ⋮, ⋮, ⋮, ⋮, ⋮; 1, x_n, x_n^2, ⋯, x_n^n)
  • 1.Soient a_0, a_1, …, a_n dans k et soit P le polynôme P = ∑_(j = 0)^n a_j X^j. Expliciter en fonction de P et x_0, …, x_n le vecteur :
    V(x_0, …, x_n)(a_0; a_1; ⋮; a_n)
  • 2.Justifier qu'il existe une matrice T dans M_(n + 1)(k), de déterminant 1, telle que
    V(x_0, …, x_n)T = (1, x_0, x_0^2, ⋯, x_0^(n − 1), 0; 1, x_1, x_1^2, ⋯, x_1^(n − 1), 0; 1, x_2, x_2^2, ⋯, x_2^(n − 1), 0; ⋮, ⋮, ⋮, ⋮, ⋮, ⋮; 1, x_n, x_n^2, ⋯, x_n^(n − 1), ∏_(i = 0)^(n − 1)(x_n − x_i))
  • 3.En déduire, par récurrence, une expression du déterminant de V(x_0, …, x_n) en fonction de x_0, …, x_n.
Soit K un corps tel que k ⊂ K.
  • 4.Soit P un polynôme dans K[X] de degré n tel que P(k) ⊂ k. Soient a_0, a_1, …, a_n dans K tels que P = ∑_(j = 0)^n a_j X^j. On suppose que k contient n + 1 éléments distincts x_0, …, x_n. Démontrer que P ∈ k[X].
    Indication : On pourra utiliser V(x_0, …, x_n)(a_0; a_1; ⋮; a_n).
  • 5.On note E = {P ∈ K[X]|P(k) ⊂ k}.
    • (a)On suppose que k est un corps infini. Démontrer que
      E = k[X].
    • (b)On suppose que k est un corps fini. On note q son cardinal. On note I l'idéal de K[X] engendré par le polynôme X^q − X. Démontrer que
      E = {P + Q; P ∈ I et Q ∈ k[X]}

Exercice 3

On définit
Ent(T_2(Z)) = {P ∈ Q[X]|P(T_2(Z)) ⊆ M_2(Z)}.
Pour deux entiers x_0, x_1 ∈ Z, on pose
φ(P)(x_0, x_1) = {(P(x_1) − P(x_0))/(x_1 − x_0),, si x_1 ≠ x_0;; P^′(x_0),, sinon .
  • 1.Soient x_0, x_1 ∈ Z. Soit P ∈ Q[X]. Exprimer le reste de la division euclidienne de P par (X − x_0)(X − x_1) en fonction de x_0, φ(P)(x_0, x_1) et P(x_0).
  • 2.En déduire que
    Ent(T_2(Z)) = {P ∈ Q[X]|P(Z) ⊂ Z et φ(P)(Z^2) ⊆ Z.}.
    Indication : Etant donné P ∈ Q[X], on pourra exprimer en fonction de y, φ(P)(x_0, x_1), P(x_0) et P(x_1) la matrice P(T) pour toute matrice
    T = (x_0, 0; y, x_1), x_0, x_1, y dans Z.

Exercice 4

Soit p un nombre premier.
  • 1.Démontrer que toute fonction de Z/pZ dans lui-même est polynomiale.
  • 2.Déterminer le nombre de fonctions polynomiales de Z/pZ dans lui-même.
  • 3.Donner un exemple de fonction de Z/4Z dans lui-même qui n'est pas polynomiale.

Problème

Notations et définitions.
  • -Soit A un anneau intègre; on note K son corps de fractions.
    Un polynôme P de K[X] est dit à valeurs entières sur A lorsque P(A) ⊆ A.
  • Soit E un sous-ensemble de A.
    • -On définit
      Ent(E, A) = {P ∈ K[X]|P(E) ⊆ A}
      et, pour tout entier naturel n,
      Ent_n(E, A) = {P ∈ K_n[X]|P(E) ⊆ A}.
      On admettra sans le vérifier que Ent(A) est un anneau.
      Lorsque E = A, on note plus simplement Ent(A) et Ent_n(A) pour Ent(A, A) et Ent_n(A, A) respectivement.
    • -Soit n un entier naturel. On dit qu'une famille P_0, ⋯, P_n est une base régulière de Ent_n(E, A) si pour tout entier k compris entre 0 et n, P_k est un polynôme dans Ent(E, A) de degré k, et pour tout P ∈ Ent_n(E, A), il existe d'uniques λ_0, ⋯, λ_n dans A, tels que
      P(X) = ∑_(i = 0)^n λ_i P_i(X).
    • -On dit qu'une famille (P_n)_(n ∈ N) est une base régulière de Ent(E, A) si pout tout entier naturel n, P_0, ⋯, P_n est une base régulière de Ent_n(E, A).
Le problème est divisé en quatre parties.

I Polynômes à valeurs entières sur Z

Dans toute cette partie, n désigne un entier naturel.
  • 1.Soit p un nombre premier. Démontrer que le polynôme
    1/p(X^p − X)
    est à valeurs entières sur Z.
  • 2.Soit k un entier naturel.
    • (a)Quelles sont les racines du polynôme H_k ?
    • (b)Démontrer que le polynôme H_k appartient à Ent(Z).
  • 3.Démontrer que la famille (H_k)_(k ∈ {0, …, n}) est une Q-base de Q_n[X].
  • 4.Soit P ∈ Q[X] de degré n. Soit (b_k)_(k ∈ {0, …, n}) dans Q^(n + 1) tel que
    P(X) = ∑_(k = 0)^n b_k H_k(X)
  • (a)Démontrer qu'il existe une matrice M dans M_(n + 1)(Z) telle que
    (P(0); ⋮; P(n)) = M(b_0; ⋮; b_n)
  • (b)Démontrer qu'il existe une matrice N dans M_(n + 1)(Z) telle que
    (b_0; ⋮; b_n) = N(P(0); ⋮; P(n))
  • (c)En déduire que les assertions suivantes sont équivalentes :
    • (i) P est un polynôme à valeurs entières
    • (ii) P({0, …, n}) ⊆ Z.
  1. En déduire que la famille des (H_k)_(k ∈ N) forme une base régulière de Ent(Z).
  2. (a) Démontrer que, pour tout P dans Ent(Z) de degré n, n!P ∈ Z[X].
  • (b)Démontrer que n! est le plus petit entier naturel non nul k tel que kEnt_n(Z) ⊂ Z[X].
  1. On rappelle qu'il est admis que Ent(Z) est un anneau.
  • (a)Démontrer que Ent(Z) est un anneau intègre.
  • (b)Déterminer Ent(Z)^×.
  • (c)Démontrer que, pour tout entier non nul k, le polynôme H_k est irréductible dans Ent(Z).
  1. (a) Soit k ∈ {0, …, n}. Démontrer que
L_k^n(X) = (− 1)^(n − k)H_k(X)H_(n − k)(X − k − 1).
  • (b)En déduire que, pour P polynôme de Q[X] de degré n, P est un polynôme à valeurs entières si et seulement si P prend des valeurs entières sur n + 1 entiers consécutifs.
  1. Soit P un polynôme de Q[X] de degré n s'écrivant, par la question 3,
P(X) = ∑_(k = 0)^n b_k H_k(X),
avec b_0, …, b_n dans Q.
  • (a)Démontrer que, pour tout entier naturel non nul ℓ,
    ∑_(i = 0)^ℓ(− 1)^i(ℓ/i) = 0.
  • (b)En déduire que, pour tout k ∈ {0, ⋯, n},
    b_k = ∑_(i = 0)^k(− 1)^(k − i)(k/i)P(i).
    • (c)Démontrer que
      ΔP(X) = ∑_(k = 0)^(n − 1)b_(k + 1)H_k(X),
      puis que, pour tout k dans {0, …, n}, on a
      b_k = Δ^k(P)(0).
  • 10.Pour tout polynôme unitaire P ∈ Z[X], on introduit
    d(P) = pgcd(P(z); z ∈ Z).
    • (a)Calculer d(X^5 + X).
    • (b)Démontrer que d(P) divise n ! pour tout P ∈ Z[X] de degré n.
    • (c)Donner un polynôme P dans Z[X], unitaire et de degré n, tel que d(P) = n !.

II Généralisation des polynômes à valeurs entières sur un anneau A

Dans cette partie, A désigne un anneau infini commutatif, unitaire (c'est-à-dire possédant un élément neutre pour la multiplication), et principal. On note K le corps de fractions de A. Soit n un entier naturel. On introduit
I_n = {0} ∪ {α ∈ K|∃P ∈ Ent_n(A), P(X) = αX^n + Q, deg(Q) ≤ n − 1}.
  • 1.Soit P dans Ent(A) de degré n. Soient a_0, ⋯, a_n ∈ A. Soit
    d = ∏_(0 ≤ i < j ≤ n)(a_j − a_i).
    Démontrer que dP ∈ A[X].
    Indication : On pourra utiliser l'exercice 2.
  • 2.En déduire qu'il existe α_n dans A∖{0} tel que α_n I_n ⊆ A.
  • 3.En déduire qu'il existe β_n dans K^×tel que I_n = β_n A.
  • 4.Démontrer qu'il existe une base régulière de Ent(A).
  • 5.On considère l'anneau Z[i].
    • (a)Propriétés de Z[i].
      • i.Soit N l'application qui envoie un élément z dans Z[i] sur zz¯. Démontrer que N est à valeurs dans N.
      • ii.Démontrer que
        Z[i]^× = {z ∈ Z[i]|N(z) = 1} = {1, − 1, i, − i}.
        iii. Démontrer que Z[i] est un anneau euclidien.
    • (b)Justifier que Ent(Z[i]) possède une base régulière.
    • (c)Soient
      Q_0(X) = 1, Q_1(X) = X, Q_2(X) = 1/(1 + i)(X^2 − X).
      Démontrer que la famille (Q_0, Q_1, Q_2) forme une base régulière de Ent_2(Z[i]).

III Polynômes à valeurs entières sur un sous-ensemble de Z

Notations et définitions.
Soit p un nombre premier.
  • -Soit x ∈ Q. On définit la valuation p-adique de x, notée v_p(x) de la façon suivante :
    • -Si x est non nul, v_p(x) est l'exposant de p dans la décomposition en facteurs premiers de x. En d'autres termes, si x = p^α a/b, avec α ∈ Z, a, b entiers tous deux premiers avec p, alors v_p(x) = α.
    • - v_p(0) = + ∞.
Ainsi par exemple, v_p(p^2) = 2 et v_p(1/p) = − 1.
  • -Soit E un sous-ensemble non vide de Z. On appelle suite p-ordonnée de E toute suite a_– = (a_n)_(n ∈ N) telle que :
    • - a_0 ∈ E,
    • - a_1 ∈ E et a_1 minimise la valuation p-adique de a_1 − a_0, c'est-à-dire
      v_p(a_1 − a_0) = min_(x ∈ E)v_p(x − a_0).
    • -Pour tout entier k ≥ 2, a_k ∈ E et a_k minimise la valuation p-adique de (a_k − a_(k − 1))⋯(a_k − a_1)(a_k − a_0), c'est-à-dire
      v_p(∏_(i = 0)^(k − 1)(a_k − a_i)) = min_(x ∈ E)v_p(∏_(i = 0)^(k − 1)(x − a_i)).
  • 1.Soit a_– = (a_n)_(n ∈ N) une suite p-ordonnée de E. Démontrer que pour un entier naturel k strictement inférieur au cardinal de E, on a ∏_(i = 0)^(k − 1)(a_k − a_i) ≠ 0.
On définit alors pour un entier k strictement inférieur au cardinal de E,
V_k(E, a_–, p) = p^(v_p(∏_(i = 0)^(k − 1)(a_k − a_i))).
Dans le cas où E est un ensemble fini et k un entier supérieur ou égal au cardinal de E, on pose V_k(E, a_–, p) = 0.
  • 2.Démontrer que la suite des entiers naturels N_– = (n)_(n ∈ N), est une suite p-ordonnée de Z.
  • 3.En déduire que
    k! = ∏_(p ∈ P)V_k(Z, N_–, p).
    On introduit
    Z_((p)) = {a/b; a ∈ Z, b ∈ Z∖{0}|pgcd(a, b) = pgcd(b, p) = 1}.
    On admet que Z_((p)) est un sous-anneau de Q.
  • 4.Démontrer que Z_((p)) = {x ∈ Q|v_p(x) ≥ 0}. Caractériser de même Z_((p))^×en utilisant v_p.
Soit E un sous-ensemble de Z. On rappelle qu'on a défini au début du problème
Ent(E, Z_((p))) = {P ∈ Q[X]|P(E) ⊆ Z_((p))} et Ent_n(E, Z_((p))) = {P ∈ Q_n[X]|P(E) ⊆ Z_((p))},
pour tout entier naturel n.
5. On suppose dans cette question uniquement que l'ensemble E est infini. Soit a_– = (a_n)_(n ∈ N) une suite d'éléments distincts deux à deux de E. On introduit, pour tout n ∈ N^∗,
P_n(X) = ∏_(j = 0)^(n − 1)(X − a_j)/(a_n − a_j).
On définit P_0(X) = 1.
  • (a)Démontrer que, si la suite a_– est p-ordonnée, alors P_n ∈ Ent(E, Z_((p))) pour tout n ∈ N.
  • (b)Démontrer que a_– est une suite p-ordonnée si et seulement si, la suite (P_k(X))_(k ∈ N) forme une base régulière de Ent(E, Z_((p))).
  • (c)En déduire que la valeur V_k(E, a_–, p) ne dépend pas de la suite a_–, pour tout entier naturel k.
  1. Expliquer comment généraliser ces résultats au cas où E est un ensemble fini.
Désormais, pour p un nombre premier et k un entier naturel, on note V_k(E, p) = V_k(E, a_–, p), pour toute suite p-ordonnée a_– de E.
7. Soit P un polynôme de Q[X]. On note d son degré. Soit p un nombre premier. Soit (a_n) une suite p-ordonnée de E. Démontrer que
P ∈ Ent(E, Z_((p))) si et seulement si ∀i ∈ {0, ⋯, d}, P(a_i) ∈ Z_((p)).
On pourra commencer par traiter le cas où E est infini.
8. Soit k un entier naturel.
  • (a)Soient b_0, …, b_k des éléments de E. Justifier que si p ne divise pas ∏_(0 ≤ i < j ≤ k)(b_j − b_i) alors V_k(E, p) = 1.
  • (b)En déduire qu'il n'y a qu'un nombre fini de nombres premiers p tels que V_k(E, p) ∉ {0, 1}.
A l'instar de la factorielle sur l'ensemble des entiers naturels, on peut donc définir la factorielle généralisée du nombre k sur un sous-ensemble E de Z par
k!_E = ∏_(p ∈ P)V_k(E, p).
  1. Démontrer que {m ∈ Z|mEnt_k(E, Z) ⊆ Z[X]} est un idéal de Z.
On note alors k!_E^– le générateur positif ou nul de l'idéal {m ∈ Z|mEnt_k(E, Z) ⊆ Z[X]}.
10. On se propose de démontrer que k!_E = k!^–_E.
  • (a)Traiter le cas où E est fini et k est supérieur ou égal au cardinal de E.
  • (b)On suppose que k est strictement inférieur au cardinal de E.
      • i.On suppose qu'il existe une suite a_– de E qui est p-ordonnée pour tout nombre premier p. Démontrer que k!_E = k!^–_E.
      • ii.Dans le cas général, on se donne, pour tout p diviseur premier de k!_E, une suite a^((p)) = (a_n^((p)))_(n ∈ N)p-ordonnée de E. Justifier l'existence d'une suite d'entiers u_– = (u_n)_(n ∈ N) telle que : u_n est congru à a_n^((p)), modulo V_k(E, p), pour tout p diviseur premier de k!_E.
      • iii.En déduire que k!_E = k!^–_E.
  • 11.Soit E = {n^2; n ∈ N}.
    • (a)Démontrer que, pour tout n ∈ N,
      ∏_(k = 0)^(n − 1)(X − k^2)/(n^2 − k^2) ∈ Ent(E, Z).
    • (b)En déduire
      ∀n ∈ N, n!_E = 1/2(2n)!.
  • 12.Soit q un entier supérieur ou égal à 2 . Soit E = {q^n; n ∈ N}.
    • (a)Soit n ∈ N^∗. Démontrer que, pour tout m ∈ N,
      ((q^m − 1)(q^m − q)⋯(q^m − q^(n − 1)))/((q^n − 1)(q^n − q)⋯(q^n − q^(n − 1))) ∈ N.
      Indication : On pourra commencer par traiter le cas où q est une puissance d'un nombre premier.
    • (b)En déduire que (q^n)_(n ∈ N) est une suite p-ordonnée pour tout nombre premier p.
    • (c)En déduire que, pour tout n ∈ N,
      n!_E = q^((n(n − 1))/2)(q^n − 1)(q^(n − 1) − 1)⋯(q − 1).

IV Conclusions

Dans toute la section, E désigne un sous-ensemble non vide de Z. On donne les notations suivantes pour P ∈ Z[X] :
  • - d(E, P) = pgcd(P(z); z ∈ E),
  • - C(P) désigne le pgcd des coefficients de P.
  • 1.Soit a_– = (a_n)_(n ∈ N) une suite de E. On définit les polynômes P_0(X) = 1 et pour tout n ∈ N^∗,
    P_n(X) = (X − a_0)(X − a_1)⋯(X − a_(n − 1)).
    Soit P un polynôme dans Z[X]; on note k son degré.
    • (a)Démontrer qu'il existe des entiers λ_0, ⋯, λ_k uniques tels que
      P(X) = ∑_(i = 0)^k λ_i P_i(X).
  • (b)Démontrer qu'on a alors C(P) = pgcd(λ_0, ⋯, λ_k).
  • (c)Soit p un nombre premier tel que la suite a_– est p-ordonnée. Soit m un entier naturel non nul. Démontrer l'équivalence des assertions :
    • i. ∀z ∈ E, p^m divise P(z).
    • ii. ∀i ∈ {0, 1, …, k}, ∀z ∈ E, p^m divise λ_i P_i(z).
  1. Soit k un entier naturel.
  • (a)Démontrer que si P est un polynôme de Z[X] de degré k tel que C(P) = 1 alors d(E, P) divise k!_E.
  • (b)Réciproquement, démontrer qu'il existe un polynôme U dans Z[X], de degré k, tel que C(U) = 1 et d(E, U) = k!_E. On pourra s'inspirer de la question 10(b)ii de la partie III.
  1. En déduire que, pour tous k, l ∈ Zk!_E l!_E divise (k + l)!_E.
  2. Soit F un sous-ensemble de E. Soit k ∈ N. Démontrer que k!_E divise k!_F.
  3. (a) Soit n un entier naturel au moins égal à 2 et soient a_0, …, a_n des éléments de E. Démontrer que
0!_E 1!_E⋯n!_E divise ∏_(0 ≤ i < j ≤ n)(a_j − a_i).
  • (b)En déduire que pour tous entiers a_0, ⋯, a_n,
    ∏_(0 ≤ i < j ≤ n)(a_j − a_i) est divisible par 1!2!⋯n!
  1. (a) On reprend les notations de la question 1 de cette partie. Soit p un nombre premier tel que la suite a_– est p-ordonnée. Soit m un entier naturel non nul. Démontrer l'équivalence des assertions :
    • i. ∀z ∈ E, p^m divise P(z).
    • ii. ∀i ∈ {0, 1, …, k}, λ_i est un multiple de (p^m)/(pgcd(p^m, k!_E)).
  • (b)Soit n un entier naturel non nul. On appelle fonction polynomiale de E dans Z/nZ une fonction f de E dans Z/nZ telle qu'il existe un polynôme P dans Z[X] tel que pour tout x dans E, P(x) modulo n est égal à f(x).
    • i.Démontrer que le nombre de fonctions polynomiales de E dans Z/nZ est donné par la formule suivante :
      ∏_(k = 0)^(n − 1)n/(pgcd(n, k!_E))
    • ii.En déduire que le nombre de fonctions polynomiales de Z dans Z/nZ est
      ∏_(k = 0)^(n − 1)n/(pgcd(n, k!)).

Questions fréquentes

5 questions
Sur quels chapitres porte l'épreuve écrite de mathématiques générales de l'agrégation externe 2021 ?
Afficher ou masquer la section

Sur quels chapitres porte l'épreuve écrite de mathématiques générales de l'agrégation externe 2021 ?

Le sujet porte sur les polynômes à valeurs entières, combinant réduction des endomorphismes, déterminant de Vandermonde, arithmétique, entiers de Gauss et théorie des anneaux.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées à l'épreuve de mathématiques générales de l'agrégation 2021 ?

Des récurrences mal rédigées, des références imprécises aux questions précédentes, une confusion entre un anneau et son groupe des inversibles, et une confusion entre polynôme et fonction polynomiale.

Ce sujet de mathématiques générales de l'agrégation externe 2021 est-il difficile ?

Oui, le rapport indique que les parties III et IV ont été très peu traitées, avec une moyenne de 8,86/20 et un écart-type de 3 pour les candidats présents à l'ensemble des épreuves.

Quelle est la moyenne à l'épreuve écrite de mathématiques générales de l'agrégation externe 2021 ?

La moyenne est de 8,86/20 avec un écart-type de 3 pour les candidats présents à l'ensemble des épreuves, et de 11,1/20 avec un écart-type de 3 pour les candidats finalement admis.

Le sujet de mathématiques générales agrégation 2021 est-il accessible en début d'épreuve ?

Le rapport indique que le début du sujet, avec ses quatre exercices préliminaires, était relativement accessible, avant une difficulté croissante dans les parties III et IV du problème.

Pas de description pour le moment