Agrégation mathématiques externe spéciale 2026, épreuve écriteSujet
Concours externe spécial de l'agrégation section mathématiques - Sujet de l'épreuve écrite de la session 2026
- Réduction des endomorphismes
- Suites de matrices et spectre
- Variables aléatoires discrètes et couplage
- Groupes et actions de groupe
- Anneaux, corps et extensions de corps
- Séries de Fourier
- Transformation de Fourier et classe de Schwartz
- Fonctions holomorphes et prolongement analytique
- Formes modulaires
Téléchargements
- Corrigé : pas encore disponible
- Rapport du jury : pas encore publié
Présentation du sujet
Quatre exercices d'algèbre, d'analyse et de probabilités, puis un problème au choix : le lemme de Selberg (algèbre et géométrie) ou les formes modulaires et une série d'Eisenstein (analyse et probabilités)Afficher ou masquer la section
Présentation du sujet
L'épreuve comporte une première partie de quatre exercices indépendants (crochet de Lie et trace, matrices à spectre borné, distance en variation totale et inégalité de Le Cam, nombre de rotation des homéomorphismes croissants de R) puis un problème au choix parmi deux. Le problème d'algèbre démontre le lemme de Selberg sur les sous-groupes de type fini de GLn(k). Le problème d'analyse construit un produit eulérien, la formule de Poisson, une série d'Eisenstein puis les formes modulaires, pour aboutir à un résultat sur un réseau de R8.
- 1Exercice 1 : crochet de Lie et traceÉtude de l'application adjointe adA sur Mn(C) et caractérisation des matrices nilpotentes via la relation [X, N] = N.
- 2Exercice 2 : convergence des suites de matricesCaractérisation des matrices dont la suite des puissances converge ou est bornée, à l'aide du spectre et des espaces caractéristiques.
- 3Exercice 3 : distance en variation totale et inégalité de Le CamÉtude de la distance en variation totale entre variables aléatoires, couplage de Bernoulli et de Poisson, démonstration de l'inégalité de Le Cam.
- 4Exercice 4 : nombre de translation et de rotationÉtude du groupe des homéomorphismes croissants de R vérifiant f(x+1)=f(x)+1, définition et propriétés du nombre de translation et du nombre de rotation.
- 5Problème d'algèbre : le lemme de SelbergDémonstration du lemme de Selberg sur l'existence d'un sous-groupe d'indice fini, distingué et sans torsion dans tout sous-groupe de type fini de GLn(k), via GLn(Z), les entiers algébriques et les extensions de corps de type fini.
- 6Problème d'analyse : produit eulérien, formule de Poisson et formes modulairesConstruction du produit eulérien de sin(πx), de la formule de Poisson, d'une série d'Eisenstein, puis étude des formes modulaires pour SL2(Z) et application à un réseau de R8.
Description
Sujet officiel Agrégation externe spéciale en mathématiques, session 2026.
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Concours externe spécial docteur
MATHÉMATIQUES
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire.
- -Une première partie, composée d'exercices. Les candidats sont invités à consacrer au moins un tiers du temps de l'épreuve de cette partie en cherchant à traiter les quatre exercices numérotés
1, 2, 3 et 4 . - -Un problème à traiter au choix parmi deux proposés : le Problème 1, plutôt orienté « Algèbre et Géométrie » ou bien le Problème 2, plutôt orienté « Analyse et Probabilités ». Le candidat devra indiquer clairement sur sa copie le problème qu'il choisit. Seul ce choix sera pris en compte dans l'évaluation. Au moins la moitié du temps de l'épreuve devrait être consacrée à l'un de ces problèmes.
Exercice 1
- 1.Soient
A ∈ M_n(ℂ) etλ ∈ ℂ . Que dire dead_(A + λI_n) ? - 2.Montrer que l'application
A ↦ f_A est un isomorphisme entre les espaces vectorielsM_n(ℂ) etL(M_n(ℂ), ℂ) . - 3.Soit
A, B ∈ M_n(ℂ) . Montrer qu'il existe un uniqueC ∈ M_n(ℂ) telle que
f_A ∘ ad_B = f_C
et exprimerC en fonction deA etB .
- 4.Montrer que toute matrice nilpotente de
M_n(ℂ) est de trace nulle. - 5.Montrer que
Kerad_N ⊂ Kerf_N . - 6.Montrer qu'il existe
φ ∈ L(M_n(ℂ), ℂ) telle quef_N = φ ∘ ad_N . - 7.Conclure.
- 8.Soit
k ∈ ℕ . Montrer que[X, N^k] = kN^k . - 9.Conclure.
Exercice 2
Pour toute matrice
On rappelle que
- 1.Déterminer successivement, en justifiant la réponse, l'ensemble des
z ∈ ℂ tels que :- (i)la suite
(z^n)_(n ∈ ℕ) est bornée; - (ii)la suite
(z^n)_(n ∈ ℕ) converge; - (iii)la série
∑z^n converge; - (iv)la suite de terme général
1/n∑_(k = 0)^(n − 1)z^k converge.
- (i)la suite
- 2.Soit
A, B ∈ M_p(ℂ) semblables. Montrer que(A^n)_(n ∈ ℕ) converge (resp. est bornée) si et seulement si(B^n)_(n ∈ ℕ) converge (resp. est bornée). - 3.Soit
N ∈ M_p(ℂ) nilpotente non nulle. Montrer qu'il existex ∈ KerN^2∖KerN .
- 4.On suppose dans cette question que la suite
(M^n)_(n ∈ ℕ) est bornée et que|λ| = 1 . Montrer queM = λI_p . - 5.Montrer que la suite
(M^n)_(n ∈ ℕ) converge vers 0 si et seulement siλ ∈ D . - 6.À quelle condition nécessaire et suffisante la suite
(M^n)_(n ∈ ℕ) est-elle bornée? - 7.À quelle condition nécessaire et suffisante la suite
(M^n)_(n ∈ ℕ) converge-t-elle?
- 8.Caractériser à l'aide des
m(λ) et desE_λ(M) les matricesM ∈ M_p(ℂ) telles que la suite(M^n)_(n ∈ ℕ) soit bornée. - 9.Soit
A ∈ M_p(ℂ) telle que la suite(A^n)_(n ∈ ℕ) soit bornée. On pose
B_n = 1/(n + 1)∑_(k = 0)^n A^k - (a)Montrer que
(B_n)_(n ∈ ℕ) admet une valeur d'adhérenceB . Montrer queAB = BA = B et queB est un projecteur. - (b)Montrer que
KerB = Im(I_p − A) et queImB = Ker(I_p − A) . - (c)Montrer que
(B_n)_(n ∈ ℕ) converge.
- (a)Montrer que
- 10.Déterminer les matrices
M ∈ M_p(ℂ) telles que la suite(1/n∑_(k = 0)^(n − 1)M^k)_(n ∈ ℕ^∗) converge. - 11.Déterminer les matrices
M ∈ M_p(ℂ) telles que la série∑M^n converge.
Exercice 3
I. Propriétés de la distance en variation totale
- 1.(a) Soit
X etY deux variables aléatoires (définies surΩ et à valeurs dansℕ ).
PourA ∈ P(ℕ) , montrer queℙ(X ∈ A) ⩽ ℙ(Y ∈ A) + ℙ(X ≠ Y) . En déduire que
d(X, Y) ⩽ ℙ(X ≠ Y). - (b)Soit
n ∈ ℕ^∗ etX_1, …, X_n, Y_1, …, Y_n des variables aléatoires à valeurs dansℕ . Montrer
d(∑_(i = 1)^n X_i, ∑_(i = 1)^n Y_i) ⩽ ∑_(i = 1)^n ℙ(X_i ≠ Y_i).
- (b)Soit
- 2.Montrer que
d(X, Y) = 1/2∑_(k ∈ ℕ)|ℙ(X = k) − ℙ(Y = k)| .
II. Rappels sur les variables aléatoires de Poisson
On rappelle que
- 3.Calculer l'espérance et la variance de
Y . - 4.Soit
Y^′ une variable aléatoire de Poisson de paramètreλ^′ telle queY etY^′ soient indépendantes.
Montrer queY + Y^′ est une variable aléatoire de Poisson de paramètreλ + λ^′ .
III. Couplage Bernoulli-Poisson
On dit que
- 5.Montrer que les formules précédentes définissent une loi de probabilité pour
(X, Y) , queX est une variable de Bernoulli de paramètrep et queY est une variable de Poisson de paramètrep . - 6.Montrer que
d(X, Y) = p(1 − e^(− p)) .
IV. Inégalité de Le Cam
- 7.Montrer
d(X, Y) ⩽ ∑_(i = 1)^n p_i(1 − e^(− p_i)) . - 8.En déduire l'inégalité de Le Cam :
∑_(k = 0)^∞|P(X = k) − e^(− λ)(λ^k)/(k!)| ⩽ 2∑_(i = 1)^n p_i^2 .
Exercice 4
I. Le groupe des homéomorphismes croissants de
ℝ
- 1.Soit
f ∈ G . Déterminer les limites en± ∞ def . - 2.Montrer que
(G, ∘) est un groupe. - 3.Soit
f ∈ G . Que dire de la périodicité dex ↦ f(x) − x ? En déduire que les fonctionsf ∈ G sont uniformément continues. - 4.Quelles sont les fonctions
f ∈ G affines ? convexes ? polynomiales ? - 5.Donner un exemple de fonction
f ∈ G qui n'est pas lipschitzienne.
II. Nombre de translation
- 6.Montrer que pour tous
x, y ∈ ℝ , l'écart en valeur absolue entref(x) − x etf(y) − y est inférieur ou égal à 1.
On pose
- 7.Montrer que pour tous
n, p ∈ ℕ , on a
|F(n + p) − F(n) − F(p)| ⩽ 1. - 8.En déduire que pour tous
n, k ∈ ℕ^∗ , on a|(F(kn))/(kn) − (F(n))/n| ⩽ 1/n . - 9.En déduire que la suite
(F(n)/n)_(n ∈ ℕ^∗) est de Cauchy. On noteτ_(x_0) sa limite. - 10.Montrer que si
x, y ∈ ℝ sont tels que|x − y| ⩽ k oùk ∈ ℕ , alors|f^n(x) − f^n(y)| ⩽ k pour toutn ∈ ℕ . En déduire queτ_(x_0) ne dépend pas dex_0 .
- 11.Montrer que pour tout
x ∈ ℝ et toutn ∈ ℕ ,
− 1 ⩽ f^n(x) − x − nτ ⩽ 1.
III. Quelques propriétés du nombre de translation
- 12.Soit
λ ∈ ℝ etT_λ : ℝ → ℝ la fonction définie parT_λ(x) = x + λ . Montrer queT_λ ∈ G et déterminer son nombre de translation. - 13.Soit
f ∈ G etk ∈ ℕ . Montrer queτ(f^k) = kτ(f) . - 14.(a) On note
‖.‖_∞ la norme uniforme sur les fonctions bornées deℝ dansℝ . Montrer que l'applicationd : G × G → ℝ^+ définie pard(f, g) = ‖f − g‖_∞ est une distance surG .- (b)Montrer que si
(f_n)_(n ∈ ℕ) et(g_n)_(n ∈ ℕ) sont deux suites dans l'espace métriqueG convergeant respectivement versf etg dansG , alors(f_n ∘ g_n)_(n ∈ ℕ) converge versf ∘ g . - (c)Montrer que
τ : G → ℝ est continue pour cette distance.
- (b)Montrer que si
IV. Nombre de rotation et points fixes
Soit
- 15.Montrer que
fˆ est une bijection de𝕌 sur lui-même. (On vérifiera quefˆ est bien définie.) - 16.Soit
g ∈ G . Montrer quefˆ = gˆ si et seulement si il existep ∈ ℤ tel quef − g = p . En particulier, sifˆ = gˆ , alorsρ(fˆ) = ρ(gˆ) , et donc le nombre de rotation defˆ est bien défini. - 17.Soit
α ∈ ℝ etr_α : 𝕌 → 𝕌 la rotation définie parz ↦ e^(i2πα)z . Montrer qu'il existeh ∈ G telle quehˆ = r_α et déterminer le nombre de rotation associé. - 18.On suppose que
fˆ n'admet pas de point fixe.- (a)Montrer que l'image de
x ↦ f(x) − x est un segment[a, b] inclus dans un intervalle]k, k + 1[ oùk ∈ ℤ . - (b)Avec les notations de la question précédente, montrer que pour tout
n ∈ ℕ^∗ et toutx ∈ ℝ ,
na ⩽ f^n(x) − x ⩽ nb.
- (a)Montrer que l'image de
- 19.Montrer que
fˆ admet un point fixe si et seulement siρ(fˆ) = 0 . - 20.L'orbite du point
z ∈ 𝕌 sousfˆ est l'ensemble{fˆ^k(z)|k ∈ ℤ} . Montrer quefˆ admet une orbite finie si et seulement siρ(fˆ) ∈ ℚ .
Problème d'algèbre - le lemme de Selberg
Si
Si
Un élément
L'objectif du problème est de démontrer le résultat suivant, dû à Atle Selberg (1960).
Lemme de Selberg Soit
I Le groupe
GL_n(A)
- 1.Montrer que
(M_n(A), +, ×) est un sous-anneau de(M_n(K_A), +, ×) .
On noteG = GL_n(A) son groupe des inversibles. - 2.Soient
A etB deux anneaux commutatifs etφ : A → B un morphisme d'anneaux. On définitφ˜ : M_n(A) → M_n(B) de la manière suivante : siM ∈ M_n(A) , en notant[M]_(i, j) le coefficient matriciel d'indice(i, j) deM , alors[φ˜(M)]_(i, j) = φ([M]_(i, j)) .
Montrer queφ˜ est un morphisme d'anneaux unitaires. Montrer que sa restriction àGL_n(A) est un morphisme de groupe deGL_n(A) dansGL_n(B) . - 3.Soit
M ∈ M_n(ℤ) . MontrerM ∈ GL_n(ℤ) si et seulement sidetM = ± 1 .
II Sous-groupes d'indice fini
- 4.On considère la relation binaire
∼ surG définie parx ∼ y si et seulement six^(− 1)y ∈ H . Montrer que ~ est une relation d'équivalence et que les classes d'équivalences sont lesxH oùx parcourtG .
On noteG/H l'ensemble des classes d'équivalence.
- 5.Soit
f : G → H un morphisme de groupe oùH est fini. Montrer queKerf est un sous-groupe d'indice fini deG et distingué.
III Le lemme de Selberg pour
GL_n(ℤ)
III. 1 Une première méthode
- 6.Montrer que
γ est diagonalisable dansM_n(ℂ) . Que dire de ses valeurs propres ? - 7.Montrer que
A = 1/3(γ − I_n) est une matrice deM_n(ℤ) . - 8.Montrer que la suite
(A^k)_(k ∈ ℕ) converge vers 0. - 9.En déduire que
A = 0 . - 10.Montrer que
Γ admet un sous-groupe d'indice fini sans torsion.
III. 2 Une deuxième méthode
- 11.Montrer que
|Trγ| ⩽ n . On pourra utiliser la question 6. - 12.Montrer que
Trγ ≡ nmodp puis queTrγ = n . - 13.Montrer que
Γ_0 est un sous-groupe distingué d'indice fini sans torsion deΓ .
IV Entiers algébriques
On rappelle que si
On note
- 14.Montrer qu'il existe un
P ∈ ℤ[X] unitaire dontα_1 etα_2 sont racines. On fixe un telP .
- 15.Soit
K un corps de décomposition deP .
Il existe doncα_3, …, α_n ∈ K tels queP = (X − α_1)⋯(X − α_n) .
Soitg un polynôme deℤ[X_1, X_2, …, X_n] eth(X) = ∏_(s ∈ 𝔖_n)(X − g(α_(s(1)), …, α_(s(n)))) .
Montrer que les coefficients deh sont dansℤ . - 16.En considérant
g(X_1, …, X_n) = X_1 − X_2 , montrer queα_1 − α_2 est un entier algébrique deA . - 17.Montrer que
E est un sous-anneau deA . On pourra adapter la question précédente en modifiant judicieusementg . - 18.Quels sont les entiers algébriques de
ℚ ? - 19.Soient
X_1, …X_r des indéterminées. Quel est l'anneau des entiers deℚ(X_1, …, X_r) ?
V Le lemme de Selberg pour
k = ℚ
- 20.Montrer qu'il existe un entier
s ∈ ℕ^∗ tel queΓ est un sous-groupe deGL_n(ℤ[1/s]) . On note désormaisA l'anneauℤ[1/s] . - 21.Soit
p premier strictement supérieur às et2n . Montrer que le morphisme de réduction modulop deℤ dans𝔽_p se prolonge en un morphisme d'anneaux surjectif deA dans𝔽_p et que ce morphisme induit un morphisme de groupes deΓ dansGL_n(𝔽_p) .
- 22.Soit
γ ∈ Γ_0 de torsion; on notem ∈ ℕ^∗ tel queγ^m = I_n . Montrer queTrγ est un entier algébrique. En déduire comme en III. 2 queγ = I_n . - 23.En déduire le lemme de Selberg pour
k = ℚ .
VI Structure des extensions de corps de type fini
On rappelle que si
Soit
Le but de cette partie est de prouver le résultat suivant :
Lemme Soit
- 24.Montrer qu'il existe une partie une partie
I ⊂ [ [1, r] ] telle que(a_i)_(i ∈ I) est algébriquement libre de cardinal maximal.
- 25.Montrer que
k(a_1, …, a_s) est isomorphe en tant que corps àk(X_1, …, X_s) - 26.Soit
L = k(a_1, …, a_r) etK = k(a_1, …, a_s) . Montrer que l'extensionL/K est de degré fini.
VII Le lemme de Selberg
On suppose dans les questions 27 à 33 qu'il existe
- 27.Montrer qu'il existe
s = s(X_1, …, X_r) ∈ ℤ[X_1, …, X_r] non nul tel queΓ < GL_n(A) oùA = ℤ[X_1, …, X_r, 1/s] . - 28.Justifier qu'il existe un nombre premier
p > 2n tel ques≢0modp . - 29.Soit
𝔽^–_p une clôture algébrique de𝔽_p . Montrer qu'il existe(α_1, …, α_r) ∈ (𝔽^–_p)^r tel ques(α_1, …, α_r) ≠ 0 . On fixe une telle famille et on noteK = 𝔽_p(α_1, …, α_r) . On pourra raisonner par récurrence surr . - 30.Montrer que
K = 𝔽_p(α_1, …, α_r) est un corps fini. - 31.Montrer l'existence d'un morphisme d'anneaux
φ : A = ℤ[X_1, …, X_r, 1/s] → K qui envoieX_i surα_i pour touti entre 1 etr .
On dispose donc d'un morphisme de réductionf : GL_n(A) → GL_n(K) induit parφ . - 32.Soit
Γ_0 le noyau de la restriction def àΓ etγ ∈ Γ_0 d'ordrem ∈ ℕ^∗ . Montrer queTrγ est un entier et que|Trγ| ⩽ n . On pourra remarquer queγ est diagonalisable dansM_n(ℂ(X_1, …, X_r)) et queTrγ est un entier algébrique. - 33.Montrer que
Γ_0 est un sous-groupe d'indice fini sans torsion deΓ .
- 34.Montrer qu'il existe un nombre fini d'éléments
a_1, …, a_r ∈ k tel queΓ ⊂ GL_n(ℚ(a_1, …, a_r)) .
- 35.Soit
H un sous-groupe deGL_n(k) . Montrer queH est isomorphe à un sous-groupe deGL_(nd)(k_0) . On pourra remarquer que siK/k est une extension de corps, et en notantL_k(K^n) les endomorphismesk -linéaires deK^n , alorsL_K(K^n) est un sous-anneau deL_k(K^n) . - 36.En déduire le lemme de Selberg.
- 37.Une application. Soit
k un corps de caractéristique nulle etΓ un sous-groupe de torsion et de type fini deGL_n(k) . Montrer queΓ est fini. (Théorème de Burnside.)
Problème d'analyse
La partie I établit le produit eulérien de
La partie II utilise séries de Fourier et transformation de Fourier en vue de la formule de Poisson.
La partie III porte sur une série d'Eisenstein, en vue de la partie IV sur les formes modulaires et de la partie V de conclusion.
Rappels et notations
- -Stabilité de l'holomorphie par convergence uniforme : Si
∑_(n ∈ ℕ)f_n est une série de fonctions holomorphes sur un ouvertΩ deℂ , et si cette série converge uniformément sur tout compact deΩ , alors la sommeS de cette série est une fonction holomorphe surΩ . - -Principe du prolongement analytique : Si
f etg sont deux fonctions holomorphes sur un ouvert connexeΩ qui coïncident sur une partieA deΩ possédant un point d'accumulation, alorsf = g .
- -Pour toute fonction
f deℝ dansℂ de classe𝒞^∞ et 1-périodique, on considère ses coefficients de Fourier, donnés par
∀n ∈ ℤ, c_n(f) = ∫_0^1 f(x)e^(− 2iπnx) dx,
et on admet quef est somme, normalement convergente, de sa série de Fourier :
∀x ∈ ℝ, f(x) = ∑_(n ∈ ℤ)c_n(f)e^(2iπnx) - -On dit qu'une fonction
f deℝ dansℂ est de la classe de Schwartz si elle est de classe𝒞^∞ et si pour tousp, k ∈ ℕ , la fonctionx ↦ x^p f^((k))(x) est bornée. - -Si
f est une fonction de la classe de Schwartz, sa transformée de Fourier est la fonctionfˆ donnée par
∀ξ ∈ ℝ, fˆ(ξ) = ∫_ℝ f(x)e^(− 2iπξx) dx
- -Le demi-plan de Poincaré, noté
H , est l'ensemble des nombres complexes de partie imaginaire strictement positive :H = {z ∈ ℂ|Imz > 0} . - -On note
SL_2(ℤ) = {(a, b; c, d)| a, b, c, d ∈ ℤ, ad − bc = 1} .
I Un produit eulérien
- 1.Soit
c ∈ ℝ . CalculerI_0(c) . - 2.Montrer que pour tout entier
n supérieur ou égal à 2 et tout réelc ,
cI_n(c) = n∫_0^(π/2)(cos(t))^(n − 1)sin(t)sin(ct)dt
et en déduire que(n^2 − c^2)I_n(c) = (n^2 − n)I_(n − 2)(c) . - 3.Montrer que pour tout
(k, x) ∈ ℕ^∗ × ℝ, (1 − (x^2)/(k^2))(I_(2k)(2x))/(I_(2k)(0)) = (I_(2k − 2)(2x))/(I_(2k − 2)(0)) . - 4.En déduire que pour tout entier
n supérieur ou égal à 1 et tout réelx ∈ ]0, 1/2 [,
(sin(πx))/(πx) = [∏_(k = 1)^n(1 − (x^2)/(k^2))](I_(2n)(2x))/(I_(2n)(0)). - 5.Montrer que pour tout
(x, t) ∈ [0, 1/2] × [0, π/2], cos(2xt) ⩾ (cost)^2 . - 6.Prouver que pour tout
(n, x) ∈ ℕ^∗ × [0, 1/2], I_(2n)(0) ⩾ I_(2n)(2x) ⩾ I_(2n + 2)(0) puis que
1 ⩾ (I_(2n)(2x))/(I_(2n)(0)) ⩾ (2n + 1)/(2n + 2). - 7.En déduire que pour tout réel
x ∈ ]0, 1/2 [,
lnsin(πx) = ln(πx) + ∑_(k = 1)^(+ ∞)ln(1 − (x^2)/(k^2)). - 8.Montrer que pour tout
z ∈ ]0, 1/2[, π(cos(πz))/(sin(πz)) = 1/z + ∑_(n = 1)^(+ ∞)(1/(z − n) + 1/(z + n)) . - 9.On pose pour tout
z ∈ ℂ ,
cos(πz) = (e^(iπz) + e^(− iπz))/2 et sin(πz) = (e^(iπz) − e^(− iπz))/(2i).
Prouver que la fonctionz ↦ (cos(πz))/(sin(πz)) est définie et holomorphe surℂ∖ℤ . - 10.Montrer finalement que l'égalité de la question 8 est valable pour tout
z ∈ ℂ∖ℤ .
II Formule de Poisson
On rappelle qu'une fonction
On suppose que la fonction
- Montrer que
fˆ est une fonction de la classe de Schwartz.
- (a) Montrer que la fonction
F est bien définie et de classe𝒞^∞ surℝ et qu'elle est 1-périodique.
- (b)Montrer que la série de Fourier de
F est donnée par :
F(x) = ∑_(k ∈ ℤ)fˆ(k)e^(2iπkx) - (c)En déduire
∑_(n ∈ ℤ)f(n) = ∑_(k ∈ ℤ)fˆ(k).
- Soit
a > 0 et soitf_a : ℝ → ℂ définie par
- (a)Montrer que la fonction
f_a est de la classe de Schwartz. - (b)Montrer que, pour tout
ξ ∈ ℝ, f_1^′ ˆ(ξ) = − 2πξf_1 ˆ(ξ) . - (c)On admet que
∫_ℝ f_1(x)dx = 1 . Montrer que
∀ξ ∈ ℝ, f_1 ˆ(ξ) = e^(− πξ^2). - (d)En déduire, pour
a > 0 , l'expression explicite de la transformée de Fourier def_a :
∀ξ ∈ ℝ, f_a ˆ(ξ) = 1/(√a)exp(− (πξ^2)/a).
- Pour
a > 0 , montrer que pour toutx ∈ ℝ ,
III Une série d'Eisenstein
- 15.Montrer l'existence d'un réel
K > 0 tel que pour toutc ∈ ℕ^∗ ,
∑_(d = 1)^(+ ∞)1/(max(c^4, d^4)) ⩽ K/(c^3). - 16.Soit
z ∈ H . On notex = Re(z) ety = Im(z) . Montrer que pour tout(c, d) ∈ ℤ^2 ,
{Si c ≠ 0,, 1/(|cz + d|) ⩽ 1/(|c|y).; Si d ≠ 0,, 1/(|cz + d|) ⩽ (√(x^2 + y^2))/(|d|y). - 17.Soit
K un compact inclus dansH . Montrer qu'il existe un réelM > 0 tel que
∀z ∈ K, ∀(c, d) ∈ ℤ^2∖{(0, 0)}, 1/(|cz + d|^4) ⩽ M/(max{c^4, d^4}). - 18.En déduire que pour tout
z ∈ H , la famille(1/((cz + d)^4))_((c, d) ∈ ℤ^2; (c, d) ≠ (0, 0)) est sommable. On noteG : z ∈ H ↦ ∑_((c, d) ∈ ℤ^2; (c, d) ≠ (0, 0))1/((cz + d)^4) sa somme. - 19.Montrer que pour tout
z ∈ H, G(z + 1) = G(z) etG(− 1/z) = z^4 G(z) . - 20.Montrer que pour tout
z ∈ H, G(z) = 2ζ(4) + 2∑_(c = 1)^(+ ∞)∑_(d ∈ ℤ)1/((cz + d)^4) , oùζ(4) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^4) , puis montrer queG est holomorphe surH . - 21.Pour tout
z ∈ ℂ , on poseq(z) = e^(2iπz) .- (a)Montrer que, si
z ∈ H , alors|q(z)| < 1 et
iπ − 2iπ∑_(d = 0)^(+ ∞)q(z)^d = π(cos(πz))/(sin(πz)) = 1/z + ∑_(n = 1)^(+ ∞)(1/(z − n) + 1/(z + n)). - (b)En remarquant que
q^′(z) = 2iπq(z) , montrer que, pour toutz ∈ H ,
∑_(n ∈ ℤ)1/((z − n)^4) = (8π^4)/3∑_(d = 1)^(+ ∞)d^3 q(z)^d - (c)Montrer finalement que pour tout
z ∈ H ,
G(z) = (π^4)/(45)(1 + 240∑_(n = 1)^(+ ∞)σ_3(n)q(z)^n),
où, pour toutn ∈ ℕ^∗, σ_3(n) = ∑_(d|n)d^3 est la somme des cubes des diviseurs positifs den .
On pourra utiliser l'égalité de la question 20 et la relationζ(4) = (π^4)/(90) .
- (a)Montrer que, si
IV Les formes modulaires
- 22.(a) Soient
g = (a, b; c, d) ∈ SL_2(ℤ) etz ∈ H . Montrer queIm(g ⋅ z) = (Im(z))/(|cz + d|^2) .- (b)Montrer que
ρ définit une action deSL_2(ℤ) surH , c'est-à-dire que
− ∀(g, z) ∈ SL_2(ℤ) × H, ρ(g)(z) ∈ H; − ρ(I_2) = Id_H,; − ∀g, g^′ ∈ SL_2(ℤ), ρ(g × g^′) = ρ(g) ∘ ρ(g^′).
Déterminer de plusρ(S_0) etρ(T_0) .
- (b)Montrer que
- 23.Soit
z ∈ H etΩ_z = {ρ(g)(z)|g ∈ SL_2(ℤ)} l'orbite dez sous l'action deSL_2(ℤ) . On cherche ici à montrer qu'il existe un élément dansΩ_z ∩ 𝒟 où
𝒟 = {z ∈ H||z| ⩾ 1, |Re(z)| ⩽ 1/2}.
On pourra dessiner𝒟 et constater que tous ses éléments ont une partie imaginaire supérieure ou égale à√3/2 .- (a)Montrer que l'ensemble
{(c, d) ∈ ℤ^2||cz + d|⩽1} est non vide et de cardinal fini. - (b)En déduire que l'ensemble
{Im(z^′)|z^′ ∈ Ω_z} admet un maximum, que l'on noteraIm(z_0) , oùz_0 ∈ Ω_z . Montrer de plus que l'on peut supposer que− 1/2 ⩽ Re(z_0) ⩽ 1/2 . - (c)Conclure en montrant que
|z_0| ⩾ 1 .
- (a)Montrer que l'ensemble
- 24.Soit
h : H → ℂ une fonction holomorphe, qui vérifie
{∀(g, z) ∈ SL_2(ℤ) × H,, h(g ⋅ z) = h(z); ∃M > 0, ∀(x, y) ∈ ℝ × [1, + ∞[,, |h(x + iy)| ⩽ Me^(− 2πy) - (a)Montrer que
|h| admet un maximum sur𝒟 . - (b)En conclure que
h est constante surH .
- (a)Montrer que
- 25.Soit
f : H → ℂ une fonction holomorphe vérifiant∀z ∈ H, f(z + 1) = f(z) .- (a)Justifier l'égalité suivante pour tout
z = x + iy ∈ H ,
f(z) = ∑_(n ∈ ℤ)a_n(y)e^(2iπnz), où ∀n ∈ ℤ, a_n(y) = ∫_0^1 f(t + iy)e^(− 2iπn(t + iy))dt. - (b)Montrer que pour tout
y > 0 et toutn ∈ ℤ, a_n(y) = a_n(1) .
On note désormaisa_n = a_n(1) .
- (a)Justifier l'égalité suivante pour tout
- 26.Pour toute fonction
f : H → ℂ holomorphe vérifiant∀z ∈ H, f(z + 1) = f(z) , il existe donc une suite(a_n)_(n ∈ ℤ) ∈ ℂ^ℤ telle que pour toutz ∈ H, f(z) = ∑_(n ∈ ℤ)a_n e^(2iπnz) .
f est dite holomorphe à l'infini lorsque pour toutn ∈ ℕ^∗, a_(− n) = 0 .
Lorsque de plusa_0 = 0 , on dit que l'infini est un zéro def d'ordrep , oùp = min{k ∈ ℕ|a_k ≠ 0} .
On admet l'existence d'une fonctionΔ : H → ℂ holomorphe et vérifiant :- -
∀z ∈ H, Δ(z + 1) = Δ(z) etΔ(− 1/z) = z^(12)Δ(z) , - -
∀z ∈ H, Δ(z) ≠ 0 , - -
Δ admet un zéro d'ordre 1 en l'infini. - (a)Soit
θ : H → ℂ une fonction holomorphe vérifiant
∀z ∈ H, θ(z + 1) = θ(z) et θ(− 1/z) = z^4 θ(z),
et dont l'infini est un zéro.
Montrer que la fonctionh : z ∈ H ↦ (θ(z)^3)/(Δ(z)) ∈ ℂ est holomorphe, qu'elle vérifie
∀(g, z) ∈ SL_2(ℤ) × H, h(g ⋅ z) = h(z)
et qu'elle admet un zéro à l'infini d'ordrep ⩾ 1 . - (b)En déduire que
θ est la fonction nulle. - (c)Montrer enfin que l'espace des fonctions
θ : H → ℂ holomorphes vérifiant
∀z ∈ H, θ(z + 1) = θ(z) et θ(− 1/z) = z^4 θ(z)
et qui sont de plus holomorphes à l'infini est l'ensemble des fonctions colinéaires àG .
- -
V Conclusion
On vérifie que
On vérifie de plus que
(Dans cette partie,
Dans ces conditions, on peut, en généralisant les méthodes de la partie II, démontrer que
Pour
- 27.Montrer que la fonction
θ est définie et holomorphe surH et qu'elle vérifie les conditions de la question 26c. - 28.En déduire que
r(n) = 240σ_3(n) pour toutn ∈ ℕ^∗ .
INFORMATION AUX CANDIDATS
AGRÉGATION SPÉCIAL DOCTEUR MATHÉMATIQUES
Questions fréquentes
3 questionsSur quels chapitres porte la composition de mathématiques de l'agrégation externe spéciale docteur 2026 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
3 questionsSur quels chapitres porte la composition de mathématiques de l'agrégation externe spéciale docteur 2026 ?
Les exercices portent sur l'algèbre linéaire (crochet de Lie, spectre de matrices), les probabilités (couplage de Bernoulli-Poisson) et l'analyse (nombre de rotation). Le problème au choix porte soit sur la théorie des groupes (lemme de Selberg), soit sur l'analyse complexe et les formes modulaires.
Faut-il traiter les deux problèmes proposés ?
Non, l'énoncé demande de choisir un seul problème parmi les deux proposés, le Problème 1 orienté algèbre et géométrie ou le Problème 2 orienté analyse et probabilités.
Quelle est la répartition du temps conseillée pour cette épreuve ?
L'énoncé recommande de consacrer au moins un tiers du temps aux quatre exercices et au moins la moitié du temps au problème choisi.
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