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Agrégation mathématiques externe spéciale 2023, épreuve écriteSujet et rapport du jury

Concours externe spécial de l'agrégation section mathématiques - Sujet de l'épreuve écrite de la session 2023

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Sujet officiel Agrégation externe spéciale en mathématiques, session 2023.

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SESSION 2023
AGRÉGATION
Concours externe spécial docteur
Section
MATHÉMATIQUES
Composition de mathématiques
Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire.
Les calculatrices, téléphones, tablettes, ordinateurs, montres connectées et tous appareils électroniques de communication ou de stockage, ainsi que les documents, sont interdits. La qualité de la rédaction sera un facteur important d'appréciation des copies. Il est possible d'utiliser les résultats énoncés dans les questions ou parties précédentes, en veillant toutefois à préciser la référence du résultat utilisé.
L'épreuve comporte deux parties :
  • -Une première partie, composée d'exercices. Les candidats sont invités à consacrer au moins un tiers du temps de l'épreuve de cette partie en cherchant à traiter les cinq exercices numérotés 1, 2, 3, 4 et 5.
  • -Un problème à traiter au choix parmi deux proposés : le Problème 1, plutôt orienté « Algèbre et Géométrie » ou bien le Problème 2, plutôt orienté « Analyse et Probabilités ». Le candidat devra indiquer clairement sur sa copie le problème qu'il choisit. Seul ce choix sera pris en compte dans l'évaluation. Au moins la moitié du temps de l'épreuve devrait être consacrée à l'un de ces problèmes.
Le barème tient compte de cette répartition indicative du temps à accorder à chaque partie.

Notations, vocabulaire et rappels

On désigne par ℕ l'ensemble des entiers naturels, ℤ l'ensemble des entiers relatifs, ℝ le corps des nombres réel et ℂ le corps des nombres complexes.
Pour tout entier naturel n, on désigne par [ [1; n] ] l'ensemble des entiers compris au sens large entre 1 et n.
Si 𝕂 est un corps et n un entier naturel non nul, on note ℳ_n(𝕂) la 𝕂-algèbre des matrices carrées d'ordre n sur 𝕂. On note 0_n et I_n ses éléments neutres pour l'addition et la multiplication respectivement. On rappelle que le spectre d'une matrice est l'ensemble de ses valeurs propres.
Dans tout le sujet, le polynôme caractéristique d'une matrice M dans ℳ_n(𝕂) est défini comme le déterminant de la matrice XI_n − M dans ℳ_n(𝕂[X]).
Pour tout réel x, on note ⌊x⌋ la partie entière de x, c'est-à-dire le plus grand entier relatif inférieur ou égal à x.
Soit d dans ℕ∖{0}, a dans ℝ^d et r un réel strictement positif. On désigne par B(a, r) la boule ouverte de centre a et de rayon r pour la norme euclidienne ‖ ⋅ ‖_2 usuelle. B(a, r)^– désigne la boule fermée de centre a et de rayon r pour cette même norme. Ainsi,
B(a, r) = {x ∈ ℝ^d|‖x − a‖_2 < r} et B(a, r)^– = {x ∈ ℝ^d|‖x − a‖_2 ≤ r},
où pour tout (x_1, …, x_d) dans ℝ^d,
‖x‖_2 = √(∑_(k = 1)^d x_k^2⎷).
Pour tout n dans ℕ∖{0}, on appelle racine n-ième de l'unité tout nombre complexe z tel que z^n = 1. Une racine n-ième de l'unité z est dite primitive si elle engendre le groupe 𝕌_n des racines n-ièmes de l'unité, c'est-à-dire si 𝕌_n est égal à l'ensemble {z^k|k ∈ ℤ} des puissances de z.

Exercices Préliminaires

Exercice 1

Pour tout n dans ℕ∖{0}, on pose
H_n = ∑_(k = 1)^n 1/k et u_n = H_n − ln(n).
  • 1.Démontrer que H_n ∼ _(n → + ∞)ln(n).
  • 2.Justifier que la série de terme général ((− 1)^(k + 1))/k converge.
  • 3.Justifier que la suite (u_n)_(n ≥ 1) converge et en déduire que ∑_(k = 1)^(+ ∞)((− 1)^(k + 1))/k = ln(2).
  • 4.Donner un équivalent simple de la suite de terme général ln(2) − ∑_(k = 1)^n((− 1)^(k + 1))/k.
Pour tout n dans ℕ∖{0}, on note A_n l'ensemble des entiers i dans [ [1; n] ] tels que le reste de la division euclidienne de n par i est supérieur ou égal à i/2.
  • 5.Démontrer que pour tout n dans ℕ∖{0}, card(A_n) = ∑_(i = 1)^n⌊2(n/i − ⌊n/i⌋)⌋.
  • 6.Démontrer que
    ∫_0^1⌊2(1/t − ⌊1/t⌋)⌋dt = ∑_(k = 1)^(+ ∞)(1/(k + 1/2) − 1/(k + 1)).
  • 7.Déterminer un équivalent simple de la suite de terme général card(A_n).

Exercice 2

Dans tout cet exercice, on fixe un entier n dans ℕ∖{0}. Pour tout polynôme Q = X^n − ∑_(k = 0)^(n − 1)a_k X^k dans ℂ[X], on définit la matrice C(Q) de ℳ_n(ℂ) en posant :
C(Q) = (0, 0, ⋯, 0, a_0; 1, 0, ⋯, 0, a_1; 0, 1, ⋱, ⋮, a_2; ⋮, ⋱, ⋱, 0, ⋮; 0, ⋯, 0, 1, a_(n − 1)).
  • 1.Quel est le polynôme caractéristique de C(Q) ?
  • 2.Déterminer, pour tout k dans [ [0; n − 1] ], la première colonne de C(Q)^k. En déduire le polynôme minimal de C(Q).
Soit P dans ℤ[X] un polynôme unitaire de degré n. On note x_1, …, x_n ses racines complexes comptées avec ordre de multiplicité. On suppose que pour tout j dans [ [1; n] ], 0 < |x_j| ≤ 1. On pose, pour tout k dans ℕ∖{0},
P_k = ∏_(j = 1)^n(X − x_j^k).
  • 3.Démontrer que pour tout j dans [ [1; n] ], |x_j| = 1.
  • 4.On pose A = C(P). Soit k dans ℕ∖{0}. En considérant la matrice A^k, démontrer que P_k est à coefficients entiers.
  • 5.Démontrer que l'ensemble {P_k|k ∈ ℕ∖{0}} est fini.
  • 6.Soit j dans [ [1; n] ]. Démontrer que l'ensemble {x_j^k|k ∈ ℕ} est fini.
  • 7.En déduire que x_1, …, x_n sont des racines de l'unité.

Exercice 3

Soit d dans ℕ∖{0}, f une fonction continue de ℝ^d dans ℝ^d et (u_n)_(n ∈ ℕ) une suite telle que pour tout n dans ℕ, u_(n + 1) = f(u_n).
  • 1.On suppose dans cette question que (u_n)_(n ∈ ℕ) admet une valeur d'adhérence ℓ et que, de plus, cette valeur d'adhérence est unique. On suppose par l'absurde que (u_n)_(n ∈ ℕ) ne converge pas vers ℓ.
    Démontrer qu'il existe un réel ε > 0 tel que l'ensemble f(B(ℓ, ε)^–)∖B(ℓ, ε) contienne une infinité de termes de la suite, puis conclure.
  • 2.On suppose maintenant que d = 1. Ainsi, f est une fonction continue de ℝ dans ℝ et (u_n)_(n ∈ ℕ) est une suite à valeurs réelles. On suppose de plus que la suite (u_n)_(n ∈ ℕ) admet au moins une valeur d'adhérence et que u_(n + 1) − u_n ⟶ _(n → + ∞)0.
    • a)Démontrer que l'ensemble des valeurs d'adhérence de (u_n)_(n ∈ ℕ) est un intervalle I.
    • b)Démontrer que pour tout x dans I, f(x) = x.
    • c)En déduire que la suite (u_n)_(n ∈ ℕ) converge.

Exercice 4

On rappelle que la loi d'une variable aléatoire réelle X est entièrement déterminée par la fonction caractérique de X définie pour tout t réel par : φ_X(t) = E(e^(itX)).
Soit X et Y deux variables aléatoires réelles indépendantes. On suppose que X + Y et X − Y sont indépendantes. On note enfin φ = φ_(X + Y).
  • 1.Soit s et t deux réels. En calculant φ_(X + Y)(s)φ_(X − Y)(t) de deux manières différentes, démontrer que
    φ_X(s + t)φ_Y(s − t) = φ_X(s)φ_X(t)φ_Y(s)φ_Y(− t).
  • 2.En déduire que pour tous réels s et t, φ(s + t)φ(s − t) = φ(s)^2|φ(t)|^2.
  • 3.Démontrer que φ ne s'annule pas sur ℝ.
On admet alors l'existence de deux fonctions r et θ continues de ℝ dans ℝ telles que pour tout t dans ℝ, φ(t) = exp(r(t) + iθ(t)), et θ(0) = 0.
  • 4.Démontrer que pour tout t dans ℝ et pour tout n dans ℤ, r(nt) = n^2 r(t) et θ(nt) = nθ(t).
  • 5.En déduire qu'il existe m dans ℝ et σ dans ℝ_+tels que pour tout t dans ℝ,
    φ(t) = exp(imt − (σ^2 t^2)/2).
  • 6.Démontrer enfin que, si X et Y ne sont pas constantes presque sûrement, alors elles suivent une loi normale.
    Indication : On pourra utiliser sans démonstration le fait qu'une variable aléatoire Z suivant une loi normale d'espérance m et d'écart-type σ > 0 a une fonction caractéristique donnée par :
    ∀t ∈ ℝ, φ_Z(t) = exp(imt − (σ^2 t^2)/2).

Exercice 5

Soit n dans ℕ∖{0}, A dans ℳ_n(ℂ) et λ dans ℂ tels que A et λA sont semblables.
  • 1.On suppose dans cette question que A est inversible. Démontrer que λ^n = 1.
  • 2.On suppose dans cette question que λ est une racine primitive n-ième de l'unité. Démontrer que A est nilpotente ou diagonalisable.
  • 3.Donner, pour chaque racine n-ième de l'unité λ qui n'est pas primitive, un exemple de matrice A dans ℳ_n(ℂ) inversible et non diagonalisable telle que A est semblable à λA. L'entier n est fixé quelconque dans ℕ∖{0}, on n'en prendra pas une valeur particulière.

Problème d'algèbre et géométrie

Notations, vocabulaire et rappels

Dans tout le problème, on fixe un entier naturel n non nul. On note 𝕂 un corps, E et F des espaces vectoriels sur 𝕂, ℒ(E, F) l'espace vectoriel des applications linéaires de E dans F, End(E) celui des endomorphismes de E et E^∗ = ℒ(E, 𝕂).
Pour v dans F et φ dans E^∗, on note v ⊗ φ l'application de E dans F qui à x associe φ(x)v.
Lorsque E est muni d'une structure préhilbertienne réelle, on a en particulier 𝕂 = ℝ et on note ⟨ ⋅ | ⋅ ⟩ son produit scalaire. Pour v dans E, on note alors v^∗ l'élément de E^∗ qui à x dans E associe v^∗(x) = ⟨v|x⟩. On note de plus 𝒮(E) l'espace des endomorphismes symétriques de E.
Lorsqu'on a E = ℝ^n, on le munit du produit scalaire canonique et on note 𝒮_n(ℝ) l'espace 𝒮(ℝ^n). De plus, on désigne par 𝒮_n^+(ℝ) et 𝒮_n^(+ +)(ℝ) les parties de 𝒮_n(ℝ) formées des matrices positives et définies positives respectivement. On dit qu'un vecteur dans ℝ^n est unitaire s'il est de norme égale à 1.
Pour M dans ℳ_n(𝕂), on note M^T sa transposée, det(M) son déterminant, Tr(M) sa trace, rg(M) son rang, Sp(M) son spectre et χ_M son polynôme caractéristique. On rappelle que χ_M est unitaire. Si M est inversible on note M^(− 1) son inverse et M^(− T) la transposée de son inverse.
Pour toute matrice M = (a_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ n) dans ℳ_n(𝕂), on note d⃗(M) le vecteur colonne (a_(1, 1), …, a_(n, n))^T et Δ(M) le produit ∏_(i = 1)^n a_(i, i), et pour I une partie de [ [1; n] ], on dit que la matrice (a_(i, j))_((i, j) ∈ I × I) est une sous-matrice principale de M.
Enfin on note (e_1, …, e_n) la base canonique de 𝕂^n.

Partie I

  • 1.a) Soit v dans F et φ dans E^∗. Quel est le rang de l'application v ⊗ φ ?
    • b)Démontrer que (φ, v) ↦ v ⊗ φ est une application bilinéaire de E^∗ × F dans ℒ(E, F) et en préciser l'image.
    • c)Pour (φ, v) dans E^∗ × F, quels sont les antécédents de v ⊗ φ par l'application précédente?
  • 2.On suppose dans cette question E muni d'une structure préhilbertienne réelle.
    • a)Soit v dans E et φ dans E^∗. À quelle condition nécessaire et suffisante l'application v ⊗ φ est-elle symétrique?
    • b)Soit v et w dans E. À quelle condition nécessaire et suffisante l'application v ⊗ w^∗ est-elle symétrique?
  • 3.a) Soit u dans ℒ(E, F). Démontrer que u est de rang r si et seulement s'il existe deux familles libres (φ_1, …, φ_r) et (v_1, …, v_r) dans E^∗ et F respectivement, telles que u = ∑_(i = 1)^r v_i ⊗ φ_i.
    • b)On suppose E muni d'une structure préhilbertienne réelle et u dans 𝒮(E). Démontrer que u est de rang r si et seulement s'il existe une famille libre orthogonale (v_1, …, v_r) et des scalaires (λ_1, …, λ_r) tels que u = ∑_(i = 1)^r λ_i v_i ⊗ v_i^∗.

Partie II

Soit A dans 𝒮_n^+(ℝ). On note A = (a_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ n). On dit que A est tridiagonale si ses coefficients d'indices (i, j) avec |i − j| > 1 sont nuls.
  • 4.On appelle matrice de type H une matrice de la forme H_V, avec V un vecteur colonne unitaire dans ℝ^n et H_V = I_n − 2VV^T.
    • a)Interpréter géométriquement les matrices de type H et préciser à quelle condition on a l'égalité H_V e_1 = e_1.
    • b)Expliciter V tel que H_V e_1 = e_1 et la première colonne de H_V^T AH_V ne comporte que des zéros à partir de la troisième ligne.
    • c)En déduire qu'il existe un entier naturel m et des matrices H_1, …, H_m de type H telles que la matrice H_m^T⋯H_1^T AH_1⋯H_m soit tridiagonale à coefficients positifs.
On suppose dorénavant A tridiagonale à coefficients positifs. On note, pour i dans [ [1; n] ], a_(i, i) = b_i et pour i dans [ [1; n − 1] ], a_(i, i + 1) = a_(i + 1, i) = c_i. Pour k dans [ [1; n] ], on note A_k la sous-matrice principale (a_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ k) et P_k = χ_(A_k). On suppose de plus que pour tout i dans [ [1; n − 1] ], c_i ≠ 0.
  • 5.a) Établir une relation de récurrence d'ordre 2 vérifiée par la suite (P_k)_(1 ≤ k ≤ n). Quelle valeur donner à P_0 pour qu'elle soit vérifiée à partir du rang 0?
    • b)Soit k dans [ [1; n − 1] ]. Démontrer que si x est une racine du polynôme P_k, alors P_(k − 1)(x)P_(k + 1)(x) < 0.
    • c)Pour k dans [ [1; n] ], démontrer que P_k est simplement scindé sur ℝ et que, si k < n, il y a exactement une racine de P_k entre deux racines de P_(k + 1).
On note (λ_k)_(1 ≤ k ≤ n) les valeurs propres de A. Pour x réel et k dans [ [0; n] ], on note s_k(x) le signe de P_k(x) si ce dernier est non nul et celui de P_(k − 1)(x) sinon. On note N(x) le nombre de changements de signes dans la suite ( s_0(x), s_1(x), ⋯, s_n(x) ).
  • 6.Démontrer que s_k(x) et N(x) sont bien définis, et que le nombre de valeurs propres de A dans un intervalle ]a; b ] est égal à N(a) − N(b).

Partie III

Pour A dans ℳ_n(ℂ), avec A = (a_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ n), et B dans ℳ_p(ℂ), on définit la matrice A ⊗ B dans ℳ_(np)(ℂ) par l'écriture par blocs
A ⊗ B = (a_(1, 1)B, ⋯, a_(1, j)B, ⋯, a_(1, n)B; ⋮, ⋮, ⋮; a_(i, 1)B, ⋯, a_(i, j)B, ⋯, a_(i, n)B; ⋮, ⋮, ⋮; a_(n, 1)B, ⋯, a_(n, j)B, ⋯, a_(n, n)B).
  • 7.a) Soit (A, B) et (A^′, B^′) dans ℳ_n(ℂ) × ℳ_p(ℂ). À quelle condition nécessaire et suffisante a-t-on l'égalité A ⊗ B = A^′ ⊗ B^′ ?
    • b)Soit f_(A, B) : ℳ_(n, p)(ℂ) → ℳ_(n, p)(ℂ) l'application définie par f_(A, B)(M) = AMB^T. Démontrer que A ⊗ B est la matrice représentative de f_(A, B) dans une base de ℳ_(n, p)(ℂ) que l'on précisera. En déduire la trace et le déterminant de A ⊗ B. Quel est son spectre?
  • 8.À quelle condition nécessaire et suffisante A ⊗ B est inversible? Quel est alors son inverse?
  • 9.À quelle condition nécessaire et suffisante A ⊗ B est diagonalisable?
  • 10.Démontrer exp(A) ⊗ exp(B) = exp(A ⊗ I_p + I_n ⊗ B).
On définit maintenant le produit o de deux matrices A et B dans ℳ_n(ℂ), avec A = (a_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ n) et B = (b_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ n), par A ∘ B = (a_(i, j)b_(i, j))_(1 ≤ i, j ≤ n) ∈ ℳ_n(ℂ). On note 1 l'élément neutre pour ce produit, i.e. la matrice n'ayant que des 1 comme coefficients. Si A n'a aucun coefficient nul, son inverse pour le produit ∘ est la matrice B telle A ∘ B = 1.
  • 11.Soit A, D et P des matrices dans ℳ_n(ℂ) avec P inversible et D diagonale, telles que A = PDP^(− 1). Démontrer d⃗(A) = (P ∘ P^(− T))d⃗(D).
  • 12.Soit A et B dans ℳ_n(ℂ). Démontrer rg(A ∘ B) ≤ rg(A)rg(B).
  • 13.Soit A dans 𝒮_n^+(ℝ) à coefficients non nuls et B son inverse pour le produit o. Démontrer que B appartient à 𝒮_n^+(ℝ) si et seulement si A est de rang 1. On pourra utiliser l'inégalité de Cauchy-Schwarz.
  • 14.a) Démontrer que A ∘ B est une sous-matrice principale de A ⊗ B.
    • b)Démontrer que si A et B appartiennent à 𝒮_n^(+ +)(ℝ), il en va de même pour A ∘ B.
    • c)Démontrer que si A et B appartiennent à 𝒮_n^+(ℝ), il en va de même pour A ∘ B.
    • d)Soit A dans 𝒮_n(ℝ) tel que, pour tout B dans 𝒮_n^+(ℝ), on ait A ∘ B ∈ 𝒮_n^+(ℝ). Démontrer A ∈ 𝒮_n^+(ℝ).

Partie IV

Soit (λ_k)_(1 ≤ k ≤ n) des réels strictement positifs.
  • 15.En utilisant un produit scalaire, démontrer (1/(λ_i + λ_j))_(1 ≤ i, j ≤ n) ∈ 𝒮_n^(+ +)(ℝ).
  • 16.En déduire (e^(1/(λ_i + λ_j)))_(1 ≤ i, j ≤ n) ∈ 𝒮_n^(+ +)(ℝ).

Partie V

Pour A dans 𝒮_n^(+ +)(ℝ), on note κ(A) le rapport entre sa plus grande valeur propre et sa plus petite valeur propre : κ(A) = (maxSp(A))/(minSp(A)). Et si B est dans 𝒮_n^(+ +)(ℝ), on écrit A ≥ B si A − B appartient à 𝒮_n^+(ℝ). Enfin on note Φ(A) = A ∘ A^(− T) et Φ^m l'itérée m-ième de Φ, par exemple Φ^2(A) = Φ(Φ(A)).
  • 17.Démontrer I_n ≤ Φ(A) ≤ 1/2(κ(A) + κ(A)^(− 1))I_n.
  • 18.En déduire κ(Φ(A)) ≤ 1/2(κ(A) + κ(A)^(− 1)).
  • 19.En déduire que Φ^m(A) a une limite quand m tend vers l'infini et la préciser.

Partie VI

On suppose dans cette partie que n ≥ 2. Soit M dans 𝒮_n^(+ +)(ℝ). On la décompose par blocs sous la forme M = (d, V^T; V, N), avec d réel, V un vecteur colonne dans ℝ^(n − 1) et N dans 𝒮_(n − 1)(ℝ). On note d(M) = d, N(M) = N et M˜ = N − d^(− 1)VV^T. On dit que M˜ est le complément de d dans M. Dans la suite, on ne précisera plus d.
  • 20.Démontrer que M˜ est bien définie et appartient à 𝒮_(n − 1)^(+ +)(ℝ).
  • 21.On pose M_1 = M, d_1 = d(M) et, pour 2 ≤ k ≤ n, M_k = M_(k − 1)˜ et d_k = d(M_k). Démontrer det(M) = ∏_(k = 1)^n d_k.
  • 22.a) Soit A et B dans 𝒮_n^(+ +)(ℝ). Démontrer det(A ∘ B) ≥ d(A)d(B)det(N(A) ∘ B˜). Indication : on pourra calculer A ∘ B˜ − N(A) ∘ B˜.
    • b)En déduire det(A ∘ B) ≥ Δ(A)det(B).
    • c)Soit A et B dans 𝒮_n^+(ℝ). Démontrer det(A ∘ B) ≥ det(A)det(B).

Problème d'analyse et probabilités

Notations, vocabulaire et rappels

Dans tout ce problème, on fixe n un entier naturel non nul.
On pose J_n = (0_n, I_n; − I_n, 0_n) ∈ ℳ_(2n)(ℝ).
On dit qu'une matrice M dans ℳ_(2n)(ℝ) est symplectique si M^T J_n M = J_n, où M^T désigne la transposée de la matrice M.
Dans tout le problème, on notera x_1, …, x_n les composantes d'un vecteur x dans ℝ^n.
Soit f une application de ℝ^n × ℝ^n dans lui-même, admettant des dérivées partielles selon chacune de ses variables en un point (x, ξ) ∈ ℝ^n × ℝ^n. En notant
f : (x, ξ) ↦ (f_1(x, ξ); ⋮; f_(2n)(x, ξ)) = (f_1(x_1, …, x_n, ξ_1, …, ξ_n); ⋮; f_(2n)(x_1, …, x_n, ξ_1, …, ξ_n)),
sa matrice jacobienne au point (x, ξ) est donnée par :
J_f(x, ξ) = ((∂f_1)/(∂x_1)(x, ξ), ⋯, (∂f_1)/(∂x_n)(x, ξ), (∂f_1)/(∂ξ_1)(x, ξ), ⋯, (∂f_1)/(∂ξ_n)(x, ξ); ⋮, ⋮, ⋮, ⋮; (∂f_(2n))/(∂x_1)(x, ξ), ⋯, (∂f_(2n))/(∂x_n)(x, ξ), (∂f_(2n))/(∂ξ_1)(x, ξ), ⋯, (∂f_(2n))/(∂ξ_n)(x, ξ)) ∈ ℳ_(2n)(ℝ).
Soit f un difféomorphisme d'un ouvert U de ℝ^n × ℝ^n dans un ouvert V de ℝ^n × ℝ^n, c'est-à-dire une bijection de U dans V, différentiable sur U et de réciproque différentiable sur V. On dit que f est un symplectomorphisme si pour tout (x, ξ) ∈ U, la matrice jacobienne J_f(x, ξ) est une matrice symplectique.
Soit H dans C^1(ℝ^n × ℝ^n, ℝ). On note ∇H le gradient de H défini par : ∇H = ((∂H)/(∂x_1); ⋮; (∂H)/(∂x_n); (∂H)/(∂ξ_1); ⋮; (∂H)/(∂ξ_n)).
Soit H dans C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ) et (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n. On désigne par t ↦ Φ(t, x, ξ) la solution maximale de l'équation différentielle :
y^′(t) = J_n∇H(y(t)) et y(0) = (x/ξ) = (x_1; ⋮; x_n; ξ_1; ⋮; ξ_n).
Autrement dit, en notant I_(x, ξ) l'intervalle de définition de t ↦ Φ(t, x, ξ), on a l'égalité suivante :
∀t ∈ I_(x, ξ), (∂Φ)/(∂t)(t, x, ξ) = J_n∇H(Φ(t, x, ξ)) et Φ(0, x, ξ) = (x/ξ).
On dit que Φ : (t, x, ξ) ↦ Φ(t, x, ξ) est le flot engendré par H. On admet que son domaine de définition ⋃_((x, ξ) ∈ ℝ^n × ℝ^n)I_(x, ξ) × {x} × {ξ} est ouvert et que le flot Φ y est de classe C^∞.
Pour toutes fonctions F, G dans C^1(ℝ^n × ℝ^n, ℝ), on définit le crochet de F et G par :
{F, G} = ∑_(k = 1)^n((∂F)/(∂x_k)(∂G)/(∂ξ_k) − (∂G)/(∂x_k)(∂F)/(∂ξ_k)).
On peut remarquer que {F, G} = (∇F)^T J_n∇G.
On pose pour tout i dans [ [1; n] ] et pour tout (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n,
p_i(x, ξ) = (x_i^2 + ξ_i^2)/2 et p = (p_1, …, p_n) : ℝ^n × ℝ^n → ℝ^n
Pour tout k = (k_1, …, k_n) dans ℕ^n et x dans ℝ^n, on note :
|k| = k_1 + ⋯ + k_n et x^k = x_1^(k_1)…x_n^(k_n).
On note ‖ ⋅ ‖ la norme euclidienne sur ℝ^n × ℝ^n, c'est-à-dire que pour tout (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n,
‖(x, ξ)‖ = √(∑_(k = 1)^n(x_i^2 + ξ_i^2)⎷) = √2 × √(∑_(i = 1)^n p_i(x, ξ)⎷).
On note également ‖ ⋅ ‖ la norme euclidienne sur ℝ^n.
Enfin, on admet le théorème suivant :
Théorème 1. Pour toute famille (a_k)_(k ∈ ℕ^n) de réels, il existe une fonction h dans C^∞(ℝ^n, ℝ) telle que pour tout k = (k_1, …, k_n) dans ℕ^n,
(∂^(|k|)h)/(∂x^k)(0) = (∂^(k_1 + ⋯ + k_n)h)/(∂x_1^(k_1)…∂x_n^(k_n))(0, …, 0) = a_k.

Partie I

Dans les questions qui suivent, on suppose que n = 1.
  • 1.Soit V dans C^∞(ℝ, ℝ), et x_0, y_0 deux réels. On considère la solution maximale x du problème de Cauchy dérivé du principe fondamental de la dynamique :
    {x(0) = x_0; x^′(0) = y_0; x^(′′)(t) = − V^′(x(t)).
    Démontrer que t ↦ ((x(t))/(x^′(t))) est le flot engendré par une fonction H dans C^∞(ℝ × ℝ, ℝ) que l'on précisera.
  • 2.Dans cette question, on suppose que H est la fonction de ℝ × ℝ dans ℝ qui à (x, ξ) associe (x^2 + ξ^2)/2. Démontrer que pour tout (x, ξ) dans ℝ × ℝ, I_(x, ξ) = ℝ et déterminer le flot engendré par H.
  • 3.On se place maintenant dans le cas particulier où il existe une fonction h dans C^∞(ℝ, ℝ) telle que pour tout (x, ξ) dans ℝ × ℝ, H(x, ξ) = h(x). Démontrer que pour tout (x, ξ) dans ℝ × ℝ, I_(x, ξ) = ℝ et déterminer le flot engendré par H.
  • 4.Soit x et a des applications dérivables sur ℝ telles que :
    ∀t ∈ ℝ, x^′(t) ≤ a(t)x(t).
    Démontrer que pour tout t dans ℝ_+,
    x(t) ≤ x(0)exp(∫_0^x a(t)dt).
Soit C et y_0 des réels strictement positifs, et r un réel strictement supérieur à 1 . Soit y la solution maximale de l'équation y^′ = Cy^r vérifiant y(0) = y_0 et I son intervalle de définition.
  • 5.Démontrer que y ne s'annule pas sur I.
  • 6.Donner une expression de la fonction y et vérifier que
    supI = 1/(C(r − 1)y_0^(r − 1)).
  • 7.Soit M un réel strictement positif et inférieur ou égal à sup I. Soit x une fonction positive définie sur [0, M[ telle que pour tout t dans [0, M[, x^′(t) ≤ Cx^r(t). On suppose que 0 ≤ x(0) < y_0.
    • a)On considère A = {t ∈ [0, M[; x(t) > y(t)}. Si A est non vide, on note m sa borne inférieure. Démontrer que pour tout t dans [0, m], x(t) < y(t).
    • b)En déduire que pour tout t dans [0, M[, x(t) ≤ y(t).

Partie II

  • 8.Démontrer que la composée de deux symplectomorphismes est encore un symplectomorphisme.
  • 9.Soit f = (f_1, …, f_(2n)) une application différentiable de ℝ^n × ℝ^n dans ℝ^n × ℝ^n, et H dans C^1(ℝ^n × ℝ^n, ℝ). Donner une expression des dérivées partielles de H ∘ f en fonction de celles de H et de f_1, …, f_(2n). En déduire que :
    ∀(x, ξ) ∈ ℝ^n × ℝ^n, ∇(H ∘ f)(x, ξ) = J_f(x, ξ)^T∇H(f(x, ξ)).
  • 10.Soit M dans ℳ_(2n)(ℝ) une matrice symplectique. Démontrer que M est inversible et que M^(− 1)J_n = J_n M^T.
  • 11.Soit H dans C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ) et Φ le flot engendré par H. Soit f un symplectomorphisme de ℝ^n × ℝ^n dans lui-même. Soit (x, ξ) ∈ ℝ^n × ℝ^n. On définit pour tout t dans I_(f(x, ξ)),
    Ψ(t, x, ξ) = f^(− 1)(Φ(t, f(x, ξ))).
    Démontrer que Ψ est le flot engendré par H ∘ f.
Ainsi, pour connaître le flot engendré par H, il suffit de connaître le flot engendré par H ∘ f, où f est un symplectomorphisme bien choisi.
  • 12.On suppose dans cette question que n = 1 et qu'il existe une fonction h dans C^∞(ℝ, ℝ) telle que pour tout (x, ξ) dans ℝ × ℝ, H(x, ξ) = h ∘ p(x, ξ) = h((x^2 + y^2)/2).
    • a)Soit (r_0, θ_0) dans ℝ_+^∗ × ℝ. Démontrer que f : (r, θ) ↦ (√(2r)cosθ, √(2r)sinθ) est un symplectomorphisme d'un voisinage de (r_0, θ_0) dans un voisinage de f(r_0, θ_0).
    • b)Calculer H ∘ f. Qu'en déduire sur flot engendré par H au voisinage de f(r_0, θ_0) ?

Partie III

Soit V dans C^∞(ℝ^n, ℝ) une fonction admettant un minimum local E non-dégénéré en 0, c'està-dire que sa matrice hessienne en 0 est définie positive. Dans toute la suite, on suppose que pour tout (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n,
H(x, ξ) = 1/2‖ξ‖^2 + V(x) = 1/2(ξ_1^2 + ⋯ + ξ_n^2) + V(x_1, …, x_n).
  • 13.Démontrer qu'il existe une matrice orthogonale Q et des réels θ_1, …, θ_n strictement positifs tels qu'au voisinage de 0 :
    V(Qx) = E + 1/2∑_(k = 1)^n θ_k^2 x_k^2 + O(‖x‖^3).
    On suppose dans toute la suite que V est paire par rapport à chacune de ses variables, c'est-àdire que :
    ∀(ε_1, …, ε_n) ∈ { − 1, 1}^n, V(ε_1 x_1, …, ε_n x_n) = V(x_1, …, x_n).
    On pose enfin, pour tout p dans ℝ^n, H_1(p) = E + ∑_(j = 1)^n θ_j p_j.
  • 14.Démontrer que pour toute matrice inversible M dans ℳ_n(ℝ), (x, ξ) ↦ (Mx, (M^T)^(− 1)ξ) est un symplectomorphisme.
  • 15.En déduire l'existence d'un symplectomorphisme φ_1 tel qu'au voisinage de (0, 0) :
    H ∘ φ_1(x, ξ) = H_1 ∘ p(x, ξ) + W(x),
    où W est une fonction paire par rapport à chacune de ses coordonnées vérifiant de plus W(x) = O(‖x‖^4) au voisinage de 0.

Partie IV

Dans cette partie, on considère F ∈ C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ) une fonction polynomiale homogène de degré d ≥ 3. On note Φ le flot engendré par F.
  • 16.Soit G dans C^∞(ℝ^n, ℝ). Démontrer que tout (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n et pour tout t dans I_(x, ξ),
    (∂(G ∘ Φ))/(∂t)(t, x, ξ) = {G, F} ∘ Φ(t, x, ξ).
  • 17.Montrer que pour tout k dans [ [1; n] ], {p_k, F} est une fonction polynomiale homogène de degré d.
  • 18.Soit (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n. Pour tout t dans I_(x, ξ), on pose
    f(t) = ‖Φ(t, x, ξ)‖^2 = 2∑_(k = 1)^n p_k ∘ Φ(t, x, ξ).
    • a)Démontrer qu'il existe un réel C > 0 tel que pour tout t dans I_(x, ξ),
      f^′(t) ≤ Cf(t)^(d/2).
    • b)En utilisant les résultats des questions 6 et 7, justifier l'existence d'un voisinage U de (0, 0) tel que pour tout (x, ξ) dans U, t ↦ Φ(t, x, ξ) est définie sur [0; 1].
    • c)Démontrer qu'au voisinage de (0, 0), ‖Φ(1, x, ξ)‖ = O(‖(x, ξ)‖).
    • d)Démontrer que pour tout t dans [0; 1], l'application (x, ξ) ↦ Φ(t, x, ξ) est un symplectomorphisme de U dans son image.
Dans toute la suite, on note τ_F le symplectomorphisme (x, ξ) ↦ Φ(1, x, ξ) défini sur un voisinage de (0, 0).
  • 19.Soit G dans C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ). On définit ad_F = { ⋅, F}. Démontrer que pour (x, ξ) au voisinage de (0, 0) et pour tout N ∈ ℕ :
    G ∘ τ_F(x, ξ) = ∑_(j = 0)^N 1/(j!)ad_F^j(G)(x, ξ) + 1/(N!)∫_0^1(1 − t)^N ad_F^(N + 1)(G) ∘ Φ(t, x, ξ)dt.

Partie V

  • -On pose pour tout j dans [ [1; n] ], z_j(x, ξ) = 1/(√2)(x_j + iξ_j).
  • -On note également z = (z_1, …, z_n) : ℝ^n × ℝ^n → ℂ^n et z¯ = (z_1^–, …, z_n^–).
  • -Pour toute fonction F dans C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ), on définit 2n nouvelles opérations : pour tout j dans [ [1; n] ],
    (∂F)/(∂z_j) = 1/(√2)(∂F)/(∂x_j) − i/(√2)(∂F)/(∂ξ_j) et (∂F)/(∂z¯_j) = 1/(√2)(∂F)/(∂x_j) + i/(√2)(∂F)/(∂ξ_j).
  • -On vérifie alors que :
    {F, G} = − i∑_(j = 1)^n((∂F)/(∂z_j)(∂G)/(∂z¯_j) − (∂F)/(∂z¯_j)(∂G)/(∂z_j)).
  • -Enfin, notons que toute fonction polynomiale F homogène de degré d en (x, ξ) peut également s'écrire :
    F = ∑_((k, ℓ) ∈ ℕ^n × ℕ^n; |k| + |ℓ| = d)a_(k, ℓ)z^k z¯^ℓ,
    où (a_(k, ℓ))_((k, ℓ) ∈ ℕ^n × ℕ^n) est une famille de nombres complexes. On appelle coefficients diagonaux de F les a_(k, k), où k ∈ ℕ^n et 2|k| = d.
  • 20.Soit m dans ℕ^n et F la fonction de ℝ^n × ℝ^n dans ℝ qui à (x, ξ) associe x^(2m) = x_1^(2m_1)…x_n^(2m_n). Déterminer les coefficients diagonaux de F.
  • 21.On reprend les notations de la partie III, où H_1 a été défini. Justifier l'égalité
    {H_1 ∘ p, z^k z¯^ℓ} = i(∑_(j = 1)^n θ_j(k_j − ℓ_j))z^k z¯^ℓ.
On suppose dans toute la suite que θ_1, …, θ_n sont rationnellement indépendants, c'est-à-dire que pour tout (k_1, …, k_n) ∈ ℤ^n,
∑_(i = 1)^n k_i θ_i = 0 ⇒ k_1 = ⋯ = k_n = 0.
  • 22.En déduire le lemme suivant :
Lemme 1. Soit N dans ℕ∖{0} et R_N ∈ C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ) une fonction polynomiale de degré 2N + 2. Il existe un unique couple de fonctions (F_N, H_(N + 1)) tels que :
  • 1. {H_1 ∘ p, F_N} = H_(N + 1) ∘ p − R_N.
  • 2. F_N est polynomiale homogène en 2n variables de degré 2N + 2 sans termes diagonaux.
  • 3. H_(N + 1) est polynomiale homogène en n variables de degré N + 1.

Partie VI

On reprend les notations de la partie III, où φ_1, H_1 et W ont été définis.
On note, pour tout entier N ≥ 1, W_N la somme des termes homogènes de degré 2N dans le développement de Taylor de W. On pose pour tout (x, ξ) dans ℝ^n × ℝ^n, R_1(x, ξ) = W_2(x) et S_1(x, ξ) = W(x) − W_2(x). Ainsi, on a :
H ∘ φ_1 = H_1 ∘ p + R_1 + S_1.
  • 23.Soit F une fonction polynomiale homogène en 2n variables de degré 4. Démontrer qu'au voisinage de (0, 0)
    H ∘ φ_1 ∘ τ_F(x, ξ), = (H_1 ∘ p + R_1 + S_1 + {H_1 ∘ p, F} + {R_1, F} + 1/2{{H_1 ∘ p, F}, F})(x, ξ); + O(‖(x, ξ)‖^8).
  • 24.En déduire l'existence de fonctions polynomiales en 2n variables F_1, R_2, d'une fonction polynomiale en n variables H_2 et d'une fonction S_2 dans C^∞(ℝ^n × ℝ^n, ℝ) telles que :
    H ∘ φ_1 ∘ τ_(F_1) = H_1 ∘ p + H_2 ∘ p + R_2 + S_2,
    où F_1, R_2, H_2 sont de degrés 4, 6 et 2 respectivement et S_2(x, ξ) = O(‖(x, ξ)‖^8). Justifier que W_2 est entièrement déterminée par H_2.
  • 25.Démontrer le théorème suivant :
Théorème 2. Il existe h dans C^∞(ℝ^n, ℝ) tel que pour tout entier k, il existe un symplectomorphisme τ d'un voisinage de (0, 0) dans un autre voisinage de (0, 0) tel que :
H ∘ τ(x, ξ) = h ∘ p(x, ξ) + O(‖(x, ξ)‖^k).
où, au voisinage de 0 : h(p) = H_1(p) + O(‖p‖^2) De plus, le développement de Taylor de W au rang 2N est entièrement déterminé par celui de h au rang N.

INFORMATION AUX CANDIDATS

Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie. Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.

AGRÉGATION SPÉCIAL DOCTEUR MATHÉMATIQUES

Concours Section/option Epreuve Matière

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