Agrégation mathématiques interne 2021, épreuve 1Sujet et rapport du jury
Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2021
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Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2021.
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SESSION 2021
AGRÉGATION
CONCOURS INTERNE
ET CAER
PREMIÈRE ÉPREUVE
Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
INFORMATION AUX CANDIDATS
Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie.
Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.
- -Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public :

- -Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :

NOTATIONS, RAPPELS ET DEFINITIONS
- Dans le sujet,
n désigne toujours un entier naturel non nul et𝕂 un sous-corps deℂ . - On note
M_n(𝕂) la𝕂 -algèbre des matrices carrées de taillen à coefficients dans𝕂 . L'élément neutre pour la multiplication dans cette algèbre est notéI_n . On noteGL_n(𝕂) le groupe des matrices inversibles deM_n(𝕂) . - Une matrice
A deM_n(𝕂) est dite scalaire si elle s'écritA = λI_n avecλ un élément de𝕂 . - La transposée d'une matrice
A est notée de manière usuelleA^T . SiA est un élément deM_n(ℂ) , on noteA^∗ la matrice adjointe deA définie parA^∗ = A¯^T . - On rappelle que le groupe unitaire noté
𝕌_n(ℂ) est formé des matricesA deM_n(ℂ) telles queA^∗ = A^(− 1) . - Si
E est un𝕂 -espace vectoriel de dimension finie,L(E) désigne la𝕂 -algèbre des endomorphismes deE . - Une partie non vide de
M_n(𝕂) ou deL(E) est dite commutative si deux quelconques de ses éléments commutent. - Les éléments d'une partie non vide
𝒜 deM_n(𝕂) sont dits co-trigonalisables s'il existe une matrice inversibleP telle que pour toute matriceA de𝒜, P^(− 1)AP soit triangulaire supérieure. - Les éléments d'une partie non vide
𝒜 deL(E) sont dits co-trigonalisables s'il existe une base deE dans laquelle tous les éléments de𝒜 ont une matrice triangulaire supérieure. Cela revient à dire que l'ensemble formé des matrices des éléments de𝒜 dans une base donnée est formé d'éléments co-trigonalisables. - Une partie de
L(E) est dite irréductible si les seuls sous-espaces deE stables par tous ses éléments sont {0} etE . Elle est dite réductible sinon. - Une partie de
M_n(𝕂) est dite irréductible si la partie formée des endomorphismes de𝕂^n canoniquement associés est irréductible. Elle est dite réductible sinon. - Une sous-algèbre de l'algèbre
L(E) est un sous-espace vectoriel deL(E) stable par composition et contenant l'application identité. La sous-algèbre engendrée par une partie deL(E) est la plus petite (au sens de l'inclusion) sous-algèbre deL(E) contenant cette partie. - Une sous-algèbre de l'algèbre
M_n(𝕂) est un sous-espace vectoriel deM_n(𝕂) stable par produit et contenant la matriceI_n . La sous-algèbre engendrée par une partie deM_n(𝕂) est la plus petite (au sens de l'inclusion) sous-algèbre deM_n(𝕂) contenant cette partie. - On appelle polynôme complexe en deux variables non commutatives
X, Y toute combinaison linéaire à coefficients complexes de mots formés à partir des deux lettresX etY . Par exemple,
est un tel polynôme. Si
A et
B sont deux éléments de
M_n(ℂ) , on notera naturellement
On peut remarquer que dans ce contexte, l'ensemble des
p(A, B) obtenus lorsque
p(X, Y) décrit l'ensemble de ces polynômes est exactement la sous-algèbre de
M_n(ℂ) engendrée par
A et
B .
STRUCTURE DU SUJET
- -La partie 1 (préliminaires) est composée de 5 questions indépendantes qui pourront être utiles par la suite.
- -La partie 2 propose une démonstration du théorème de Burnside, énoncé avant la question 8 et utilisé dans
- -La partie 3 illustre par deux exemples l'importance des hypothèses dans le théorème de Burnside.
- -La partie 4 donne trois applications à des sous-groupes de
GL_n(ℂ) . - -La partie 5 étudie les matrices magiques et leur lien avec les matrices de permutation.
- -La partie 6 établit un résultat de co-trigonalisation par passage au quotient et propose quelques applications.
Les parties 3, 4, 5 et 6 sont indépendantes et peuvent être traitées en admettant le théorème de Burnside prouvé à la partie 2.
1 Quelques préliminaires
Dans cette partie, on établit quelques résultats dont certains pourront être utiles par la suite. Pour
i et
j entiers tels que
1 ⩽ i ⩽ n et
1 ⩽ j ⩽ n , on note
E_(i, j) l'élément de
M_n(𝕂) dont tous les coefficients sont nuls sauf celui situé à l'intersection de la
i -ème ligne et la
j -ème colonne, qui vaut 1 . Ces matrices forment donc la base canonique de
M_n(𝕂) . On pourra utiliser le symbole de Kronecker défini pour tous entiers
i et
j par
δ_(i, j) = 1 si
i = j et 0 sinon.
- 1.Soit
A un élément nilpotent deM_n(𝕂) , c'est à dire pour lequel il existe un entier naturelp non nul tel queA^p = 0 . Quelle est sa trace? - 2.Soient
A, B, C trois éléments deM_n(𝕂) .- (a)Démontrer que
tr(AB) = tr(BA) ettr(ABC) = tr(CAB) . - (b)Soient
i, j, k, l quatre entiers tels que1 ⩽ i ⩽ n, 1 ⩽ j ⩽ n, 1 ⩽ k ⩽ n et1 ⩽ l ⩽ n . Donner sans démonstration ce que vaut le produitE_(i, j)E_(k, l) . On utilisera le symbole de Kronecker. - (c)Démontrer que pour
n ⩾ 2 , il peut arriver quetr(ABC) ≠ tr(CBA) .
- (a)Démontrer que
- 3.Les formes linéaires sur
M_n(𝕂) .- (a)Démontrer que si
f est une forme linéaire surM_n(𝕂) , il existe une unique matriceA deM_n(𝕂) telle que pour toute matriceM deM_n(𝕂) , on aitf(M) = tr(AM) . - (b)Démontrer que si les matrices
M_1, M_2, …, M_(n^2) forment une base deM_n(𝕂) , alors les formes linéaires définies pour tout entieri tel que1 ⩽ i ⩽ n^2 parf_i(M) = tr(M_i M) , forment une base de l'espace vectoriel des formes linéaires surM_n(𝕂) . En déduire qu'il existe une base(F_1, …, F_(n^2)) deM_n(𝕂) telles que pour toute matriceM deM_n(𝕂) , on ait
M = ∑_(i = 1)^(n^2)tr(M_i M)F_i.
- (a)Démontrer que si
- (c)Démontrer que si
f est une forme linéaire surM_n(𝕂) telle quef(MN) = f(NM) pour toutes matricesM etN deM_n(𝕂) , alorsf est proportionnelle à la trace. On pourra utiliser les matricesE_(i, j) et le symbole de Kronecker, définis au début de cette partie.
- Soit
G un sous-groupe deGL_n(𝕂) . On note𝒢 la sous-algèbre deM_n(𝕂) engendrée parG .
- (a)Démontrer que
𝒢 = Vect(G) , oùVect(G) désigne le sous-espace vectoriel deM_n(𝕂) engendré parG . - (b)Démontrer qu'il existe une base de
𝒢 formée d'éléments deG .
- Soit
E un𝕂 -espace vectoriel de dimension finie etf etg deux endomorphismes deE . On suppose qu'ils commutent.
- (a)Démontrer que tout sous-espace vectoriel propre de
f est stable parg . - (b)Démontrer que si
g est diagonalisable, alors sa restriction à tout sous-espace stable (parg ) est diagonalisable. - (c)Démontrer que si
f etg sont diagonalisables, alors ils sont co-diagonalisables, c'est à dire qu'ils possèdent une base commune de diagonalisation.
2 Un théorème de Burnside
Dans toute cette partie,
E désigne un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie
n ⩾ 2 . On note
𝒜 une partie non vide de
L(E) et on suppose que les seuls sous-espaces de
E stables par tous les éléments de
𝒜 sont
E et
{0} , c'est à dire que
𝒜 est irréductible.
6. Démontrer que l'ensemble des éléments deL(E) qui commutent avec tous les éléments de
𝒜 sont exactement les homothéties. On pourra considérer une valeur propre d'un tel endomorphisme.
7. Démontrer à l'aide d'un exemple en dimension 2 que le résultat de la question précédente tombe en défaut siℂ est remplacé par
ℝ . On pourra utiliser des rotations de
ℝ^2 .
6. Démontrer que l'ensemble des éléments de
7. Démontrer à l'aide d'un exemple en dimension 2 que le résultat de la question précédente tombe en défaut si
On suppose désormais de plus dans toute cette partie que
𝒜 est une sous-algèbre de
L(E) . Le but des questions 8 à 11 est de démontrer que
𝒜 = L(E) , ce qui constitue le théorème de Burnside, dont l'énoncé suit.
Théorème (Burnside) : Soit
E un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie
n ⩾ 2 . Si
𝒜 est une sous-algèbre irréductible de
L(E) , alors
𝒜 = L(E) .
- -On considère l'espace vectoriel
E^n etρ le morphisme deL(E) versL(E^n) qui àf ∈ L(E) associe l'endomorphismeρ(f) deE^n donné parρ(f) : (v_1, …, v_n) ↦ (f(v_1), …, f(v_n)) . - -On désigne par
E_i le sous-espace vectoriel deE^n défini parE_i = {0} × … × {0} × E × {0} × … × {0} où tous les termes sont tous{0} sauf le terme numéroi qui estE . Ainsi,E^n = E_1 ⊕ … ⊕ E_n . - -On fixe une base
(e_1, …, e_n) deE . Cela détermine une base de chaqueE_i , et une base deE^n = E_1 ⊕ … ⊕ E_n . Dans cette base, un élément deL(E^n) est donc représenté par une matrice de taillen^2 par blocs, tous de taillen .
- 8.(a) Décrire dans la base ci-dessus la matrice par blocs d'un élément de
L(E^n) qui commute avec tous les élémentsρ(a) poura ∈ 𝒜 . On désigne par𝒞 l'ensemble des endomorphismes deE^n qui commutent avec tous les élémentsρ(a) poura ∈ 𝒜 .- (b)Démontrer que si
f ∈ L(E) , alorsρ(f) commute avec tous les éléments de𝒞 . On pourra considérer la matrice par blocs deρ(f) .
- (b)Démontrer que si
- 9.Soit
W ⊂ E^n un sous-espace vectoriel stable par tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 . On se propose de démontrer queW admet un supplémentaire dansE^n également stable par tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 .- (a)Démontrer que si
i ∈ {1, …, n} , alorsW ∩ E_i = {0} ouW ∩ E_i = E_i . - (b)Si
W ∩ E_1 = {0} , on poseW_2 = W ⊕ E_1 et siW ∩ E_1 = E_1 , on poseW_2 = W . Que vautW_2 ∩ E_2 ? - (c)En poursuivant comme ci-dessus, construire une suite croissante
W_1 = W, W_2, …, W_n den sous-espaces deE^n stables par tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 , avecW_n = E^n et en déduire l'existence d'un supplémentaire deW dansE^n également stable par tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 .
- (a)Démontrer que si
- 10.Soit
W ⊂ E^n un sous-espace vectoriel stable par tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 . SoitW^′ un supplémentaire deW dansE^n également stable par tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 . Notonsp : E^n → E^n la projection surW parallèlement àW^′ . Démontrer quep commute avec tous lesρ(a) poura ∈ 𝒜 . - 11.Soit
W ⊂ E^n l'ensemble formé des éléments(a(e_1), …, a(e_n)) quanda décrit𝒜 . Vérifier queW est un sousespace vectoriel deE^n et qu'il est stable par tous lesρ(b) pourb ∈ 𝒜 . En utilisant la question précédente, démontrer que sif ∈ L(E) , il existea ∈ 𝒜 tel que(f(e_1), …, f(e_n)) = (a(e_1), …, a(e_n)) . Conclure que𝒜 = L(E) et énoncer finalement le résultat obtenu.
3 Sur les hypothèses dans le théorème de Burnside
Les questions 12 et 13 sont indépendantes. On y illustre l'importance des hypothèses faites dans le théorème de Burnside.
- 12.Dans cette question, on confond matrice de
M_3(ℂ) et endomorphisme deℂ^3 canoniquement associé. On définit
𝒜 = {(0, a, 0; b, 0, − a; 0, b, 0), (a, b) ∈ ℂ^2}}}{{. - (a)Démontrer que tous les éléments de
𝒜 sont nilpotents. - (b)Démontrer que la sous-algèbre de
M_3(ℂ) engendrée par𝒜 contient toutes les matrices diagonales. On pourra considérerA dans𝒜 formée aveca = 0 etb = 1 etB formée aveca = 1 etb = 0 . - (c)Déterminer les sous-espaces vectoriels de
ℂ^3 stables par tous les éléments de𝒜 . Que peut-on en déduire quant aux hypothèses du théorème de Burnside ?
- (a)Démontrer que tous les éléments de
- 13.Dans cette question, on note
u l'endomorphisme deℚ^3 canoniquement associé à la matrice
(0, 0, − 1; 1, 0, − 1; 0, 1, 0)
et
𝒜 la sous-algèbre de
L(ℚ^3) engendrée par
u .
- (a)Démontrer que le polynôme
X^3 + X + 1 est irréductible dansℚ[X] . - (b)Expliciter une base de
𝒜 en fonction deu . - (c)Démontrer que
𝒜 est un corps. - (d)Déterminer les sous-espaces de
ℚ^3 stables paru . Que peut-on en déduire quant aux hypothèses du théorème de Burnside?
4 Trois applications du théorème de Burnside à des sous-groupes de
GL_n(ℂ)
Dans cette partie,
n désigne un entier naturel au moins égal à 2 . Les questions 14, 15 et 16 sont indépendantes. On utilisera dans chacune d'elles le théorème de Burnside démontré à la partie 2.
14. Sous-espace vectoriel engendré par le groupe unitaire.
14. Sous-espace vectoriel engendré par le groupe unitaire.
On note
𝕌_n(ℂ) le groupe unitaire de taille
n . On munit
ℂ^n de son produit scalaire canonique.
- (a)Démontrer que si
X etY sont deux vecteurs deℂ^n de norme (associée au produit scalaire canonique) valant 1, il existeU ∈ 𝕌_n(ℂ) telle queUX = Y . - (b)Démontrer que le sous-espace vectoriel de
M_n(ℂ) engendré par𝕌_n(ℂ) estM_n(ℂ) tout entier. On pourra utiliser la question 4(a) du préliminaire.
- Un sous-groupe nécessairement borné.
Soit
G un sous-groupe de
GL_n(ℂ) . On suppose que
G est irréductible et que les valeurs propres des éléments de
G sont toutes de module égal à 1 . On désire démontrer que le groupe
G est borné.
- (a)Démontrer qu'il existe une base (
M_1, …, M_(n^2) ) deM_n(ℂ) formée d'éléments deG . On pourra utiliser la question 4(a) du préliminaire. - (b)Démontrer que pour tout entier
i tel que1 ⩽ i ⩽ n^2 et tout élémentM deG , on a|tr(M_i M)| ⩽ n . En déduire que le groupeG est borné pour toute norme surM_n(ℂ) . On pourra utiliser la question 3(b) du préliminaire.
- Un résultat de co-trigonalisation.
Soit
G un sous-groupe de
GL(ℂ^n) formé d'éléments tous unipotents, c'est à dire tel que pour tout
g ∈ G , la seule valeur propre de
g soit 1 . On désire démontrer que les éléments de
G sont co-trigonalisables, ce qui constitue un théorème dû à Kolchin. On note
𝒢 la sous-algèbre de
L(ℂ^n) engendrée par
G .
- (a)Démontrer qu'un endomorphisme
g deℂ^n admet 1 comme seule valeur propre si et seulement sig − Id_(ℂ^n) est nilpotent.
On suppose que𝒢 est irréductible.
Soita un élément deG . On écrita = Id_(ℂ^n) + b avecb nilpotent. - (b)Démontrer que pour tout élément
f deG, tr(b ∘ f) = 0 .
- (c)En déduire que
b = 0 puis que l'hypothèse faite sur l'irréductibilité de𝒢 est absurde.
D'après la question précédente,𝒢 n'est pas irréductible. - (d)Démontrer le théorème de Kolchin énoncé ci-dessus en procédant par récurrence.
5 Autour des matrices magiques et des matrices de permutation
Dans cette partie, on exploite le théorème de Burnside afin de faire le lien entre l'espace des matrices magiques et le sous-espace engendré par les matrices de permutation.
- -Si
M = (m_(i, j)) est une matrice deM_n(ℂ) , on dit queM est magique si la somme de ses coefficients par ligne et par colonne est constante. On noteℳ l'ensemble des matrices magiques deM_n(ℂ) . C'est clairement un sous-espace vectoriel deM_n(ℂ) . - -Si
σ est une permutation de{1, …, n} , on notep_σ l'endomorphisme deℂ^n défini sur la base canonique𝒞 = (e_1, …, e_n) deℂ^n parp_σ(e_i) = e_(σ(i)) pour touti etP_σ la matrice dep_σ dans cette même base. - -On note
D la droite dirigée par le vecteure_1 + … + e_n etH l'hyperplan d'équationx_1 + … + x_n = 0 dans la base𝒞 . - 17.Pour
i ∈ {1, …, n} , on notef_i (respg_i ) la forme linéaire qui à une matrice deM_n(ℂ) associe la somme des coefficients de la lignei (resp la colonnei ).
Démontrer que la famille(f_1, …, f_n, g_1, …, g_n) est liée mais que(f_1, …, f_n, g_1, …, g_(n − 1)) est libre. - 18.Déterminer la dimension du sous-espace
ℳ_0 deℳ formé des matrices dont la somme des éléments de chaque ligne et de chaque colonne vaut 0. - 19.En déduire la dimension de
ℳ . - 20.Justifier que l'espace vectoriel engendré par les matrices de permutation
P_σ est inclus dansℳ . - 21.Démontrer que si
m est un endomorphisme deℂ^n de matriceM dans la base𝒞 , alorsM ∈ ℳ si et seulement siH etD sont stables parm . - 22.Démontrer que les seuls sous-espaces de
ℂ^n stables par tous les endomorphismesp_σ quandσ parcourt toutes les permutations de{1, …, n} sont{0} , la droiteD , l'hyperplanH etℂ^n . On pourra traiter le cas d'une droite puis celui d'un sous-espace non inclus dansD . - 23.Pour toute permutation
σ de{1, …, n} , on notep_(σ|H) la restriction dep_σ àH . Démontrer que tout endomorphismef deH peut s'écrire sous la forme
f = ∑_(i = 1)^N λ_i p_(σ_i|_H)
avecN ∈ ℕ^∗, λ_1, …, λ_N des éléments deℂ etσ_1, …, σ_N des permutation de{1, …, n} . On utilisera le théorème de Burnside démontré à la partie 2 . - 24.Soit
M ∈ ℳ etm l'endomorphisme deℂ^n canoniquement associé. Soitu l'endomorphisme deℂ^n canoniquement associé à la matrice dont tous les coefficients valent 1.
Démontrer l'existence de
N dans
ℕ^∗, λ_1, …, λ_N dans
ℂ, σ_1, …, σ_N des permutation de
{1, …, n} et
α dans
ℂ tels que
- Etablir un lien entre l'endomorphisme
u et la somme des endomorphismesp_σ quandσ parcourt l'ensemble des permutations de{1, …, n} et en déduire que l'espace vectorielℳ formé des matrices magiques est exactement l'espace vectoriel engendré par les matrices de permutationP_σ .
6 Passage au quotient et co-trigonalisation
Tous les espaces vectoriels considérés dans cette partie sont de dimension finie et le corps de base est
ℂ . On se propose d'établir un lemme de co-trigonalisation, appelé ci-dessous lemme fondamental de co-trigonalisation, grâce au passage au quotient. Ce résultat combiné au théorème de Burnside démontré à la partie 2 permet de disposer d'un moyen efficace de preuves de co-trigonalisabilité. On rappelle d'abord quelques résultats sur les espaces vectoriels quotients et on définit ce que signifie qu'une propriété est transmise par passage au quotient.
- Si
E est un espace vectoriel etF est un sous-espace vectoriel deE , on noteE/F l'ensemble des classes d'équivalence surE pour la relationℛ définie surE parxℛy ⟺ x − y ∈ F . - Pour
(x, y) ∈ E^2 etλ ∈ ℂ , en notantx¯ la classe dex pour la relation d'équivalence précédente,x¯ + y¯ etλx¯ sont alors définis parx¯ + y¯ = x + y^– etλx¯ = λx^– . Ainsi,E/F est muni d'une structure d'espace vectoriel appelé espace vectoriel quotient deE parF . Dans ce contexte,dimE/F = dimE − dimF . - Si
E est un espace vectoriel etf un endomorphisme deE , siF etG sont des sous-espaces vectoriels deE tous deux stables parf avecG ⊂ F , on dispose de l'endomorphisme de l'espace vectoriel quotientF/G , notéf¯ et défini par∀x ∈ F, f¯(x¯) = f(x)^– . On dit quef¯ est obtenu à partir def par passage au quotient. - Une propriété
𝒫 est dite transmise par passage au quotient si, quand une familleℱ d'endomorphismes vérifie la propriété𝒫 , alors toute famille d'endomorphismes obtenus par passage au quotient (comme cidessus) à partir deℱ , hérite de la propriété𝒫 . - Ainsi par exemple, pour une famille
ℱ d'endomorphismes, le fait de commuter, d'être nilpotent ou d'avoir une structure d'algèbre est clairement une propriété transmise par passage au quotient.
- Soit
ℱ une famille d'endomorphismes d'un espace vectorielE , vérifiant une propriété𝒫 transmise par passage au quotient. SoitF un sous-espace deE stable par tous les éléments deℱ . Démontrer que la famille formée des restrictions des éléments deℱ àF vérifie encore la propriété𝒫 . - Démontrer que si
f , endomorphisme d'un espace vectorielE , laisse stable un sous-espace vectorielF deE , alors l'endomorphismef¯ deE/F définiparf¯(x¯) = f(x)^– vérifiergf¯ ⩽ rgf . - Démontrer que si
F est un sous-espace vectoriel d'un espace vectorielE etL^′ est un sous-espace vectoriel deE/F non nul et distinct deE/F , alorsL = {x ∈ E, x¯ ∈ L^′} est un sous-espace vectoriel deE distinct deF et deE . - Le lemme fondamental de co-trigonalisation.
On se donne une propriété
𝒫 transmise par passage au quotient et on suppose qu'elle vérifie la condition suivante : toute famille d'endomorphismes définis sur un même espace vectoriel de dimension au moins 2 et vérifiant la propriété
𝒫 est réductible.
Démontrer qu'une famille
ℱ d'endomorphismes qui vérifie la propriété
𝒫 est co-trigonalisable.
Ce résultat constitue le lemme fondamental de co-trigonalisation.
On pourra noterE l'espace vectoriel sur lequel sont définis les endomorphismes de la famille
ℱ et envisager une suite strictement croissante
{0} = L_0 ⊂ L_1 ⊂ … ⊂ L_m = E de sous-espaces de
E tous stables par les éléments de
ℱ et de cardinal maximal.
30. Le cas commutatif.
Ce résultat constitue le lemme fondamental de co-trigonalisation.
On pourra noter
30. Le cas commutatif.
Soit
𝒞 une famille d'endomorphismes qui commutent 2 à 2.
- (a)Démontrer que toute famille d'endomorphismes d'un espace de dimension au moins 2 et qui commutent 2 à 2 est réductible. On pourra considérer un sous-espace propre d'un de ces endomorphismes.
- (b)En déduire que les éléments de
𝒞 sont co-trigonalisables.
- Le cas nilpotent.
On suppose que
𝒜 est une algèbre d'endomorphismes formée d'éléments tous nilpotents.
- (a)Démontrer que dans un espace vectoriel de dimension au moins 2, une telle algèbre est réductible. On peut utiliser le théorème de Burnside et la propriété
𝒫 définie par : être une algèbre d'endomorphismes formée d'éléments tous nilpotents. - (b)En déduire que les éléments de
𝒜 sont co-trigonalisables.
- Le cas des commutateurs nilpotents.
On suppose que
𝒜 est une algèbre d'endomorphismes telle que pour tous
f et
g dans
𝒜, f ∘ g − g ∘ f (appelé commutateur de
f et
g ) soit nilpotent.
- (a)Démontrer que si
n ⩾ 2 , il existe deux matricesB etC deM_n(ℂ) telles que la matriceBC − CB ne soit pas nilpotente. On pourra commencer par le casn = 2 . - (b)Vérifier que la propriété
𝒫 définie par : être une algèbre constituée d'endomorphismes telle que pour tousf etg dans cette algèbre,f ∘ g − g ∘ f est nilpotent est une propriété transmise par passage au quotient. - (c)Démontrer que les éléments de
𝒜 sont co-trigonalisables.
- Le cas d'une algèbre.
Démontrer que si
𝒜 est une algèbre d'endomorphismes, ses éléments sont co-trigonalisables si et seulement si, pour tous
f et
g dans
𝒜, f et
g sont co-trigonalisables.
34. Un théorème de Mc Coy.
34. Un théorème de Mc Coy.
On se donne deux matrices
A et
B de
M_n(ℂ) . On désire démontrer le théorème suivant, dû à Mc Coy.
Il y a équivalence entre les deux propriétés suivantes :
(1) : Les deux matricesA et
B sont co-trigonalisables dans
M_n(ℂ) .
(2) : Pour tout polynômep(X, Y) à coefficients dans
ℂ en deux variables
X et
Y non commutatives, la matrice
p(A, B)(AB − BA) est nilpotente.
Il y a équivalence entre les deux propriétés suivantes :
(1) : Les deux matrices
(2) : Pour tout polynôme
- (a)Démontrer l'implication (1)⇒(2).
On suppose désormais la propriété (2) vérifiée et on désire démontrer la propriété (1). - (b)Que dire dans le cas où
AB = BA ?
On suppose donc désormaisAB ≠ BA . - (c)Démontrer l'existence d'un vecteur colonne non nul
X et d'une matriceC deM_n(ℂ) tels queC(AB − BA)X = X . - (d)En déduire que l'algèbre
𝒜 engendrée parA etB est réductible. - (e)Conclure.
- On désire dans cette question améliorer le théorème de Mc Coy en se limitant aux monômes, c'est à dire en remplaçant la condition (2) par la condition plus faible (3) suivante :
(3) : Pour toutm ⩾ 0 et tout(M_1, …, M_m) ∈ {A, B}^m , la matriceM_1 M_2…M_m(AB − BA) est nilpotente.
On suppose donc la propriété (3) vérifiée et on désire démontrer la propriété (1). On peut supposer queAB ≠ BA , le casAB = BA ayant déjà été traité.
- (a)Que dire de la trace des éléments du type
M_1 M_2…M_m(AB − BA) avecm ⩾ 0 et(M_1, …, M_m) ∈ {A, B}^m ? - (b)Démontrer que l'algèbre
𝒜 engendrée parA etB est réductible. - (c)Conclure.
- Application 1.
Démontrer en utilisant le théorème de Mc Coy qu'une matriceA ∈ M_n(ℂ) est normale, c'est à dire commute avec son adjointeA^∗ = A¯^T , si et seulement si elle est diagonalisable via le groupe unitaire𝕌_n(ℂ) , c'est à dire si et seulement si il existe une matrice diagonaleD et une matrice unitaireP telles queA = PDP^(− 1) . On pourra utiliser le procédé d'orthonormalisation de Gram-Schmidt. - Application 2.
Dans cette question, on se donne deux élémentsA etB deM_n(ℂ) . Dans les différents cas suivants, démontrer queA etB sont co-trigonalisables dansM_n(ℂ) .
- (a)
AB = 0 . - (b)
A etB commutent avecAB − BA . - (c)
AB − BA = B . - (d)Il existe
α etβ dansℂ tels queAB − BA = αA + βB .
Pour le (c), on exprimera
AB^k − B^k A à l'aide de
B^k pour tout
k dans
ℕ et on montrera que
B^k est nilpotente. Pour le (d), on se ramènera au cas (c).
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