Agrégation mathématiques interne 2023, épreuve 1Sujet et rapport du jury
Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2023
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Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2023.
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Égalité
Fraternité
SESSION 2023
AGRÉGATION
Concours interne et CAER
Concours interne et CAER
Section
MATHÉMATIQUES
MATHÉMATIQUES
Première épreuve
Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire.
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INFORMATION AUX CANDIDATS
Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie. Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.
AGRÉGATION INTERNE MATHÉMATIQUES
- Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public :
Concours Section/option Epreuve Matière
\begin{tabular}{|l|l|l|l|l|}
| E | A | I |
\hline 1 & 3 & 0 & 0 & A
\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|}
\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|}
\hline 1 & 0 & 1
\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|l|}
\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|l|}
\hline 0 & 5 & 4 & 0
\hline
\end{tabular}
\hline
\end{tabular}
- Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :
Concours Section/option Epreuve Matière E|A|H
\begin{tabular}{|l|l|l|}
| 1 | 3 | 0 | 0 | A |
\hline 1 & 0/1
\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|l|}
\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|l|}
\hline 0 & 5 & 4 & 0
\hline
\end{tabular}
\hline
\end{tabular}
Notations et rappels.
- -Dans tout le problème, on désignera par
p un nombre premier. - -On désigne par
N l'ensemble des entiers naturels, parZ l'anneau des entiers relatifs, parQ le corps des nombres rationnels, parR le corps des nombres réels et parR^+ l'ensemble des nombres réels positifs ou nuls. - -Pour
a etb deux entiers relatifs tels quea ⩽ b , on note[ [a; b] ] l'intervalle d'entiers relatifs constitué des éléments de l'ensemble{a, a + 1, …, b − 1, b} . - -Si
n etk sont deux entiers naturels tels quen ⩾ k , alors le coefficient binomial(n/k) vaut(n!)/(k!(n − k)!) . - -Soient
m etn deux entiers naturels non nuls. SiK un anneau ou un corps, on noteM_(m, n)(K) l'ensemble des matrices de taillem × n à coefficients dans K; si A est un sous-anneau de K, alorsM_(m, n)(A) est un sous-ensemble deM_(m, n)(K) . - -Si
d désigne un entier naturel non nul etK un anneau ou un corps, on noteM_d(K) l'ensemble des matrices carrées de tailled × d à coefficients dans K. - -On notera
M^T la transposée d'une matriceM . - -La matrice identité
I_d deM_d(K) est la matrice diagonale constituée uniquement de 1 sur la diagonale. - -L'ensemble des matrices inversibles de
M_d(K) est notéGL_d(K) . - -On note
Z_(/nZ) , l'ensemble des classes d'équivalence pour la relation de congruence modulo n, sur lequel on définit les lois + et • induites par l'addition et le produit des entiers; on rappelle que(Z_(/nZ^′), ⋅) est un anneau commutatif et que sip est un nombre premier, alors l'anneau(Z_(/pZ^′), ⋅) est un corps. - -On rappelle que la fonction indicatrice d'Euler associe à un entier naturel n non nul l'entier
φ(n) qui est le nombre de générateurs du groupe(Z_(/nZ^′) +) , c'est aussi le nombre d'entiersk ∈ [ [1; n] ] qui sont premiers avecn . - -Si
r ets sont deux entiers naturels non nuls premiers entre eux, alors on a l'égalitéφ(r)φ(s) = φ(rs) . - -La partie entière d'un nombre réel
x est notée⌊x⌋ . - -On rappelle que si (A, +, ⋅) est un anneau commutatif, alors l'ensemble des éléments inversibles de A sera noté A* et (A*, ) est un groupe abélien.
Objectifs du problème.
Après un questionnaire "vrai ou faux" et deux exercices préliminaires dans lesquels on redémontre des résultats classiques du programme du concours, le problème est une introduction aux nombresp -adiques.
Après un questionnaire "vrai ou faux" et deux exercices préliminaires dans lesquels on redémontre des résultats classiques du programme du concours, le problème est une introduction aux nombres
- -La partie I du problème définit la valuation
p -adique et la valeur absoluep -adique. - -Au début de la partie II, on définit l'anneau des entiers
p -adiques. Ensuite, on s'intéresse au corps des fractions associé et à sa topologie. - -La partie III peut être abordée en admettant les derniers résultats de la partie II.
- -La partie IV est indépendante de la partie III.
Ces deux dernières parties sont applications des parties I et II. On s'y intéresse à la structure de l'ensemble des termes nuls d'une suite récurrente linéaire et on y introduit l'exponentielle et le logarithme
p -adique pour montrer que, lorsque
p est un nombre premier impair, le groupe
((Z/p^n Z)^∗, ⋅) est cyclique.
Vrai-Faux
- 1.Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses? On justifiera soigneusement les réponses.
- (a)Affirmation : «Pour tout nombre premier
p et pour tout entier natureln non nul, l'anneau(Z_(/p^n)Z^(, +, ⋅)) est un corps. »
- (a)Affirmation : «Pour tout nombre premier
- (b)Affirmation : «Si
p est un nombre premier impair, alors la classe de 2 engendre le groupe multiplicatif des éléments inversibles de l'anneau(Z_(/p^n)Z^(, +, ⋅)) . » - (c)Affirmation : « Le groupe multiplicatif des éléments inversibles de l'anneau (
Z_(/9Z), +, ⋅ )est cyclique. » - (d)Si
a un entier relatif, alors on notea¯ la classe dea dansZ_(/5Z) .
Étant donnés quatre entiers relatifsa, b, c etd , on noteM la matrice deM_2(Z) définie parM = (a, b; c, d) et on noteM¯ la matrice deM_2(Z_(/5Z)) définieparM¯ = (a¯, b¯; c¯, d¯) .
Affirmation : «SiM ∈ GL_2(R) , alorsM¯ ∈ GL_2(Z_(/5Z)) . » - (e)Soient
K etL deux corps commutatifs.
Affirmation : «Un morphisme d'anneauxμ : K → L est toujours injectif. »
Exercice 1
Soit
p un nombre premier, on désigne par
K le corps
Z_(/pZ) .
2. SoitE un
K -espace vectoriel et soit
k un entier strictement positif. Notons
(x_1, …, x_(k + 1)) une famille constituées de
k + 1 vecteurs de
E telle que la famille
(x_1, …, x_k) est libre.
Montrer que la famille de vecteurs (x_1, …, x_(k + 1) ) est libre si et seulement si le vecteur
x_(k + 1) n'est pas combinaison linéaire des vecteurs
x_1, …, x_k .
3. Soientn et
k deux entiers strictement positifs vérifiant la relation
k ⩽ n .
Montrer par récurrence que le nombre de familles libres constituées dek vecteurs de
K^n vaut
(p^n − 1)(p^n − p)⋯(p^n − p^(k − 1)) .
4. Soitn un entier strictement positif. Déterminer le cardinal de
GL_n(K) .
2. Soit
Montrer que la famille de vecteurs (
3. Soient
Montrer par récurrence que le nombre de familles libres constituées de
4. Soit
Exercice 2
- Soit
n un entier naturel. On noteD_n l'ensemble des entiers naturels qui divisentn . On souhaite montrer que pour tout entiern strictement positif on a l'égalitén = ∑_(d ∈ D_n)φ(d) .
On posef(n) = ∑_(d ∈ D_n)φ(d) .
- (a)Soit
p un nombre premier. Pour tout entieri , calculerφ(p^i) . En déduire la valeurf(p^k) pour tout entierk strictement positif. - (b)Soient
m_1 etm_2 deux entiers naturels premiers entre eux. Montrer que l'applicationP
P :, D_(m_1) × D_(m_2), →, D_(m_1 m_2); (d_1, d_2), ↦, d_1 d_2
est bien définie et qu'elle est bijective. - (c)En déduire que lorsque
m_1 etm_2 sont deux entiers naturels premiers entre eux on a la relationf(m_1)f(m_2) = f(m_1 m_2) . - (d)Montrer que pour tout entier
n strictement positif on a l'égalitén = ∑_(d ∈ D_n)φ(d) .
- 6.Soit
(K, +, ⋅) un corps de cardinal fini égal àc + 1 . On aK^∗ = K∖{0} et on souhaite montrer que le groupe(K^∗, ⋅) de cardinalc est cyclique.
Pour tout entierd deD_c , on noteN(d) le nombre d'éléments de(K^∗, ⋅) qui sont d'ordred .- (a)Déterminer la valeur de
∑_(d ∈ D_c)N(d) . - (b)Soit
d un élément deD_c .- i.On suppose qu'il existe un élément
x d'ordred dansK^∗ et on noteH le sous-groupe de(K^∗, ⋅) engendré parx . En introduisant un polynôme judicieux, montrer que tout élément d'ordred deK^∗ est dansH . - ii.Montrer que pour tous les éléments
d deD_c on l'inégalitéN(d) ⩽ φ(d) .
- i.On suppose qu'il existe un élément
- (c)Montrer que pour tout entier
d deD_c on a l'égalitéN(d) = φ(d) . En déduire que(K^∗, ⋅) est un groupe cyclique.
- (a)Déterminer la valeur de
Les résultats des deux exercices préliminaires pourront être utilisés dans le problème.
Problème
Dans tout le problème
p désigne un nombre premier.
I. Valuation et valeur absolue
p -adiques
I.A Définition de la valuation
- 7.Soit
n un entier relatif non nul. Montrer qu'il existe un unique entierk tel quep^k divisen etp^(k + 1) ne divise pasn .
L'unique entierk ainsi défini est appelé valuationp -adique den et on le notev_p(n) . - 8.Soient
a etb deux entiers relatifs non nuls. Montrer l'égalitév_p(ab) = v_p(a) + v_p(b) . - 9.En déduire que, si
a, b, c etd sont quatre entiers relatifs non nuls qui vérifient la relationa/b = c/d alors on a l'égalitév_p(a) − v_p(b) = v_p(c) − v_p(d) .
Étant donné un nombre rationnel non nulr , si a etb sont deux entiers relatifs non nuls tels quer = a/b , alors l'entierv_p(r) = v_p(a) − v_p(b) est appelé valuationp -adique der . - 10.Montrer que si
r ets sont deux nombres rationnels non nuls, alors on a l'égalité
v_p(rs) = v_p(r) + v_p(s) - 11.Montrer que si
r ets sont deux nombres rationnels non nuls tels quer ≠ s , alors on a l'inégalité
v_p(r − s) ⩾ min(v_p(r), v_p(s))
Par convention, on posev_p(0) = + ∞ . Ceci permet de définir une applicationv_p : Q → Z ∪ { + ∞} . - 12.En prenant soin de préciser les inégalités et les règles de calcul dans
Z ∪ { + ∞} , vérifier que les résultats des questions 10. et 11. restent valables lorsquer ets sont deux nombres rationnels.
I.B Étude de
v_p(n!)
Soit
n un entier naturel non nul.
- 13.Étant donné un entier naturel
k , on noteE_k l'ensemble des entiersi ∈ [ [1; n] ] tels quev_p(i) ⩾ k . Décrire les éléments deE_k puis déterminer le cardinal deE_k . - 14.Pour un entier
i fixé dans[ [1; n] ] , déterminer le nombre d'entiersk tels quei ∈ E_k . En déduire la formule
v_p(n!) = ∑_(k = 1)^(+ ∞)⌊n/(p^k)⌋ - 15.Application: En utilisant la formule de la question 14., déterminer le nombre de zéros à la fin de l'écriture décimale de 100!.
- 16.Montrer que pour tout entier
n strictement positif on la majoration suivante
v_p(n!) ⩽ n/(p − 1)
I.C Une caractérisation des puissances de 2
Soit
n un entier naturel non nul, il se décompose de manière unique en une somme
où
q ∈ N, (u_0, ⋯, u_q) ∈ {0; 1}^(q + 1) et
u_q ≠ 0 . On définit alors
s(n) = ∑_(i = 0)^q u_i .
- 17.Pour tout entier
k strictement positif, montrer que l'on a la relationv_2(k + 1) = s(k) − s(k + 1) + 1 . - 18.En déduire une expression de
v_2(n!) en fonction den ets(n) . - 19.Si
n est une puissance de 2, montrer que pour tout entierk ∈ [ [1; n − 1] ] le coefficient binomial(n/k) est pair. - 20.Montrer que si pour tout entier
k ∈ [ [1; n − 1] ] le coefficient binomial(n/k) est pair, alorsn est une puissance 2.
I.D Valeur absolue
p -adique
On définit l'application
| ⋅ |_p : Q → R^+ par
|0|_p = 0 et pour tout nombre rationnel
x non nul
|x|_p = 1/(p^(v_p(x))) . Cette application est appelée valeur absolue
p -adique.
- 21.Montrer que pour tout couple
(x, y) de nombres rationnels on a
|xy|_p = |x|_p|y|_p, |x − y|_p ⩽ max(|x|_p, |y|_p) et |x + y|_p ⩽ |x|_p + |y|_p
- 22.Soit
d_p l'application
d_p :, Q^2, →, R^+; (x, y), ↦, |x − y|_p
Montrer que pour tout triplet (x, y, z ) de nombres rationnels on a l'inégalité suivante
d_p(x, z) ⩽ max(d_p(x, y), d_p(y, z))
Montrer qued_p est une distance surQ .
- Étudier la convergence de la suite
(p^n)_(n ⩾ 0) dans l'espace métrique(Q, d_p) .
II : Les entiers
p -adiques
II.A. Définition de
Z_p
On note
Z_p l'ensemble des suites
(a_n)_(n ⩾ 0) d'entiers naturels qui vérifient
- -pour tout entier naturel
n on aa_n ∈ [ [0; p^(n + 1) − 1] ] , - -pour tous les couples d'entiers naturels
n etm tels quem ⩾ n on aa_m ≡ a_n[p^(n + 1)] .
- -pour tout entier naturel
- 24.Soit
(a_n)_(n ⩾ 0) une suite d'entiers naturels telle que pour toutn ∈ N on aa_n ∈ [ [0; p^(n + 1) − 1] ] . Montrer que la suite(a_n)_(n ⩾ 0) est dansZ_p si et seulement si
∀n ∈ N, a_(n + 1) ≡ a_n[p^(n + 1)] - 25.Soit
a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément deZ_p . Étant donné un entiern fixé, on décomposea_(n + 1) en la sommea_(n + 1) = ∑_(i = 0)^(n + 1)u_i p^i où lesu_i sont des entiers compris entre 0 etp − 1 .
Montrer quea_n se décompose en la somme∑_(i = 0)^n u_i p^i .
À tout élément(a_n)_(n ⩾ 0) deZ_p on associe une unique suite(u_i)_(i ⩾ 0) d'éléments de[ [0; p − 1] ] telle que pour tout entiern on a l'égalitéa_n = ∑_(i = 0)^n u_i p^i . - 26.Soit
a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément deZ_p dont les termes ne sont pas tous nuls. Montrer qu'il existe un unique entier naturelk vérifiant les relations suivantes- □
v_p(a_n) = + ∞ sin < k , - □
v_p(a_n) = k sin ⩾ k .
k est notév~_p(a) . Par convention, on posev~_p(0) = + ∞ où 0 est la suite deZ_p dont tous les termes sont nuls. - □
- 27.Soit
x ∈ Z et soita = (a_n)_(n ⩾ 0) la suite d'entiers telle que, pour tout entiern , le termea_n est le reste de la division euclidienne dex parp^(n + 1) . Montrer que la suitea est un élément deZ_p .
Cette suite sera notéeθ(x) et on noteraθ l'applicationθ : Z → Z_p ainsi définie. - 28.Dans cette question uniquement, fixons
p = 5 . Déterminer les élémentsθ(7) etθ(− 7) deZ_5 . - 29.Montrer que
θ est une application injective.
- 30.Soit
α = (α_n)_(n ⩾ 0) la suite définie parα_n = ∑_(i = 0)^n p^i pour tout entier positifn . Vérifier que la suiteα est un élément deZ_p . Montrer qu'il n'existe pas d'entier relatifx tel queθ(x) = α . - 31.Vérifier que pour tout entier relatif
x on a la relationv~_p(θ(x)) = v_p(x) .
Les deux questions précédentes montrent queθ est une application injective deZ dansZ_p et que l'applicationv~_p prolonge l'applicationv_p à tous les éléments deZ_p via cette injection. Dans la suite du problème, l'applicationv~_p sera notéev_p .
II.B. Structure d'anneau
- 32.Soient
a = (a_n)_(n ⩾ 0) etb = (b_n)_(n ⩾ 0) deux éléments deZ_p . Pour tout entiern on notec_n le reste de la division euclidienne dea_n + b_n parp^(n + 1) . Montrer que la suitec = (c_n)_(n ⩾ 0) est un élément deZ_p .
On note cette suitea + b ce qui munitZ_p d'une loi de composition interne notée + . - 33.Déterminer un élément neutre, que l'on notera 0, pour la loi +. Étant donné un élément
a = (a_n)_(n ⩾ 0) deZ_p , expliciter un élémentb = (b_n)_(n ⩾ 0) deZ_p tel quea + b = 0 .
Montrer que(Z_p, +) est un groupe commutatif. - 34.Soient
a = (a_n)_(n ⩾ 0) etb = (b_n)_(n ⩾ 0) deux éléments deZ_p . Pour tout entiern on noted_n le reste de la division euclidienne dea_n b_n parp^(n + 1) .
On admet que la suited = (d_n)_(n ⩾ 0) ainsi définie est dansZ_p , elle sera notéed = a ⋅ b . On admet également que • est une loi de composition interne qui permet de munir(Z_p, +, ⋅) d'une structure d'anneau commutatif.
Déterminer l'élément neutre de la multiplication dans l'anneau(Z_p, +, ⋅) . - 35.Montrer que
(Z_p, +, ⋅) est un anneau intègre. - 36.Montrer que si
a = (a_n)_(n ⩾ 0) etb = (b_n)_(n ⩾ 0) deux éléments non nuls deZ_p , alors on a les relations
v_p(a ⋅ b) = v_p(a) + v_p(b) et v_p(a − b) ⩾ min(v_p(a), v_p(b)). - 37.Montrer que l'application
θ définie dans la question 27. est un morphisme injectif d'anneaux deZ dansZ_p .
À l'aide de ce morphisme injectif, on identifieZ au sous-anneauθ(Z) de l'anneauZ_p . - 38.Soit
a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément deZ_p . Montrer quea inversible dansZ_p si et seulement si le termea_0 est non nul. - 39.Soit
a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément deZ_p . Montrer qu'étant donné un entierk , on av_p(a) ⩾ k si et seulement si il existe une suiteb = (b_n)_(n ⩾ 0) deZ_p telle quea = θ(p^k) ⋅ b . - 40.Déterminer les idéaux de
Z_p .
SoitE = Z_p × (Z_p∖{0}) etR la relation d'équivalence définie surE par
(a, b)R(c, d) si a ⋅ d = b ⋅ c
Le corps des fractions de l'anneau intègreZ_p est l'ensemble quotient, notéQ_p , des classes d'équivalence notées(a, b)^– de couples d'élémentsZ_p × (Z_p∖{0}) pour la relation d'équivalenceR . Il est muni des lois de composition internes induites par celles définies surZ_p , c'est un corps commutatif. En associant à un élément a deZ_p la classe de(a, 1) dansQ_p , on identifieZ_p à un sous-anneau deQ_p .
- 41.Montrer que l'application
Θ : Q, → Q_p; a/b, ↦ Θ(a/b) = (θ(a), θ(b))^–
est bien définie. Montrer ensuite qu'il s'agit d'un morphisme injectif de corps.
À l'aide de ce morphisme, on identifieQ au sous-corpsΘ(Q) deQ_p . - 42.Montrer que, pour
((a, b), (c, d)) ∈ E^2 tels que(a, b)R(c, d) , alorsv_p(a) − v_p(b) = v_p(c) − v_p(d) .
Cette valeur commune est appelée valuationp -adique de la classe de(a, b) dansQ_p . On la notev_p((a, b)) . - 43.Soit
x ∈ Q_p . Montrer quex ∈ Z_p si et seulement siv_p(x) ⩾ 0 .
On admet que la valuationp -adique surQ_p vérifie les propriétés de la valuation dansZ démontrées dans la partie I. Cela permet de définir, comme dans I.D, la valeur absolue p-adique et la distancep -adique notéd_p surQ_p .
On se place désormais dans l'espace métrique(Q_p, d_p) . On admettra que les opérations algébriques sur les limites des suites dans cet espace sont valides.
II.C. Topologie dans
Q_p
- 44.Soit
a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément deZ_p . Comme dans la question 25., on lui associe une suiteu = (u_n)_(n ⩾ 0) qui est constituée d'entiers compris entre 0 etp − 1 , telle que, pour tout entiern , on aa_n = ∑_(i = 0)^n u_i p^i .
Montrer que pour tout entierk supérieur ou égal àn + 1 on a l'inégalitév_p(a_k − a_(n + 1)) ⩾ n + 1 . En déduire que la suite(θ(a_n))_(n ⩾ 0) converge versa dansZ_p .
On écrira alorsa = ∑_(i = 0)^(+ ∞)u_i p^i . - 45.Montrer que
θ(Z) est dense dansZ_p . - 46.Soit
a un élément deZ_p que l'on écrita = ∑_(i = 0)^(+ ∞)u_i p^i . Soitl un entier. Montrer quev_p(a) ⩾ l si et seulement si, pour touti de[ [0; l − 1] ] on au_i = 0 . - 47.Soit
(a^((k)))_(k ⩾ 0) une suite de Cauchy deZ_p . D'après la question 44. on a
∀k ⩾ 0, a^((k)) = ∑_(i = 0)^(+ ∞)u_i^((k))p^i
où les termesu_i^((k)) sont des entiers compris entre 0 etp − 1 .- (a)Montrer que pour tout entier positif
i , la suite(u_i^((k)))_(k ⩾ 0) est stationnaire. - (b)En déduire que la suite
(a^((k)))_(k ⩾ 0) converge dansZ_p .
- (a)Montrer que pour tout entier positif
On vient de montrer que que
Z_p est complet et on admet que
Q_p est complet.
- 48.Soit
(x_k)_(k ⩾ 0) une suite d'éléments deQ_p .
Pourn ∈ N , on poseS_n = ∑_(k = 0)^n x_k .
Montrer que la suite(S_n)_(n ⩾ 0) converge dansQ_p si et seulement si la suite réelle(|x_k|_p)_(k ⩾ 0) converge vers 0 (c'est-à-dire si et seulement si la suite(x_k)_(k ⩾ 0) converge vers 0 dansQ_p ).
Par conséquent, dansQ_p , une série est convergente si et seulement si son terme général tend vers 0.
III : Termes nuls d'une suite récurrente linéaire
Soient
d un entier naturel non nul et
a = (a_0, …, a_(d − 1)) ∈ Z^d tel que
a_0 ≠ 0 .
On s'intéresse à l'ensembleR_a des suites
u = (u_n)_(n ⩾ 0) définies par
(u_0, …, u_(d − 1)) ∈ Z^d vérifiant la relation de récurrence
On s'intéresse à l'ensemble
Pour
u ∈ R_a , on notera
Étant donnés une suite
u de
R_a et un entier positif
n , on pose
U_n = (u_n; u_(n + 1); ⋮; u_(n + d − 1)) .
- 49.Déterminer une matrice
A deM_d(Z) (indépendante deu ) telle que, pour tout entier positifn , on aitU_n = A^n U_0 . En déduire qu'il existeX ∈ M_(d, 1)(Z) tel que, pourn ∈ N, u_n = X^T A^n U_0 . - 50.Montrer que la matrice
A est inversible. - 51.On note
A¯ la matrice deM_d(Z_(/pZ)) obtenue à partir deA en réduisant chacun de ses coefficients modulop . Montrer que l'on peut choisir un nombre premier impairp tel que la matriceA¯ soit dansGL_d(Z_(/pZ)) .
On fixe désormais un tel p jusqu'à la fin de la partie III. - 52.En déduire qu'il existe un entier strictement positif
k et une matriceB deM_d(Z) tels queA^k = I_d + pB . - 53.Soit
(f_j)_(j ⩾ 0) une suite de fonctions de Z dans Z. Montrer que, pour tout entiern et pour tout entierj , la suite(p^j(f_j(n))/(j!))_(n ⩾ 0) appartient àZ_p . - 54.Montrer que, pour tout entier naturel
n , la sérieS(n) = ∑_j p^j(f_j(n))/(j!) converge dansQ_p , puis qu'elle converge dansZ_p .
On admet que siS(n) s'annule pour une infinité de valeurs den , alorsS(n) est nulle sur tout entiern dansN . - 55.Soient un entier
k et une matriceB deM_d(Z) tels que l'on aitA^k = I_d + pB . Montrer que, siu est une suite appartenant àR_a etr est un entier compris entre 0 etk − 1 , alors l'ensemble
Z_r(u) = {n ∈ N/u_(kn + r) = 0}
est soit fini, soit égal àN .
IV : Exponentielle
p -adique et application
IV.A. Définition de l'exponentielle
- 56.Soit
x un élément deQ_p . Montrer que, siv_p(x) > 1/(p − 1) , alors la série∑_(n ⩾ 0)(x^n)/(n!) converge. On note alorse_p(x) = ∑_(n ⩾ 0)(x^n)/(n!) sa somme qui est appelée exponentielle p-adique de x. - 57.Montrer que, si
x ety sont deux éléments deQ_p tels quev_p(x) > 1/(p − 1) etv_p(y) > 1/(p − 1) , alorse_p(x + y) est défini et vérifie la relatione_p(x + y) = e_p(x)e_p(y) . - 58.Soit
t un élément deQ_p tel que|t|_p < 1 . Montrer que la série∑_(n ⩾ 1)(− 1)^(n + 1)(t^n)/n converge. On notel_p(1 + t) sa somme.
On admet que, pour(u, v) ∈ Q_p^2 tel que|u|_p < 1 et|v|_p < 1 , on al_p((1 + u)(1 + v)) = l_p(1 + u) + l_p(1 + v) . On admet également que lorsque ces quantités sont définies, on ae_p(l_p(1 + u)) = 1 + u etl_p(e_p(x)) = x .
IV.B. Inversibles de
Z_(/p^n Z)
Dans la suite, le nombre premier
p sera impair et
n sera un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Pourx ∈ Z , on notera
x¯ sa classe modulo
p^n et
x~ sa classe modulo
p . Soit
H l'ensemble
Pour
- 59.Déterminer le cardinal de
(Z/_(p^n)Z)^∗ . - 60.Si • désigne le produit dans
Z/_p^n Z^′ montrer que(H, ⋅) est un sous-groupe de((Z/p^n Z)^∗, ⋅) . - 61.Soit
π le morphisme surjectif de groupes de((Z_(/p^n Z))^∗, ⋅) dans((Z_(/pZ))^∗, ⋅) qui àx¯ associeπ(x¯) = x~ .- (a)Montrer qu'il existe un entier relatif
a tel quea~ engendre le groupe((Z_(/pZ))^∗, ⋅) et tel que l'élémenta¯ soit d'ordrep − 1 dans((Z_(/p^n)Z^∗, ⋅) . - (b)En déduire qu'il existe un morphisme
φ de groupes de((Z/pZ)^∗, ⋅) vers((Z/p^n Z)^∗, ⋅) tel queπ ∘ φ soit l'identité de(Z_(/p^n)Z^∗ . - (c)Montrer que
((Z_(/p^n)Z)^∗, ⋅) est isomorphe au groupe produit(1^– + pZ/p^n Z) × (Z_(/pZ))^∗ que l'on munit de la loi produit.
- (a)Montrer qu'il existe un entier relatif
- 62.Montrer que si
x est un élément depZ_p alorse_p(x) est un élément deZ_p .
- 63.Soit
π_n le morphisme d'anneaux de(Z_p, +, ⋅) dans(Z_(/p^n)Z^(, +), ⋅) suivant
π_n :, Z_p, →, Z_(/p^n)Z; ∑_(k = 0)^(+ ∞)u_k p^k, ↦, ∑_(k = 0)^(n − 1)u_k p^k^–
Oùx¯ désigne la classe d'un entierx dansZ_(/p^n Z) .
SoitX ∈ pZ_(/p^n Z) qui est la classe dex ∈ pN (doncx ∈ pZ_p ). Montrer queπ_n(e_p(x)) ne dépend pas du représentantx choisi. On pose alorsE_p(X) = π_n(e_p(x)) . - 64.Montrer que
(pZ_(/p^n Z^′)) est isomorphe à(1^– + pZ_(/p^n Z^′)) . - 65.Application: Utiliser ce qui précède pour déterminer un générateur de
(1^– + 5Z_(/125Z^′) ⋅) . - 66.Montrer que
((Z/p^n Z)^∗, ⋅) est cyclique.
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