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Agrégation mathématiques interne 2023, épreuve 1Sujet et rapport du jury

Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2023

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Description

Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2023.

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SESSION 2023
AGRÉGATION
Concours interne et CAER
Section
MATHÉMATIQUES
Première épreuve
Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire.

INFORMATION AUX CANDIDATS

Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie. Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.

AGRÉGATION INTERNE MATHÉMATIQUES

  • Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public :
Concours Section/option Epreuve Matière
E A I
\begin{tabular}{|l|l|l|l|l|}
\hline 1 & 3 & 0 & 0 & A

\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|}
\hline 1 & 0 & 1

\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|l|}
\hline 0 & 5 & 4 & 0

\hline
\end{tabular}
  • Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :
Concours Section/option Epreuve Matière E|A|H
1 3 0 0 A
\begin{tabular}{|l|l|l|}
\hline 1 & 0/1

\hline
\end{tabular} \begin{tabular}{|l|l|l|l|}
\hline 0 & 5 & 4 & 0

\hline
\end{tabular}
Notations et rappels.
  • -Dans tout le problème, on désignera par p un nombre premier.
  • -On désigne par N l'ensemble des entiers naturels, par Z l'anneau des entiers relatifs, par Q le corps des nombres rationnels, par R le corps des nombres réels et par R^+l'ensemble des nombres réels positifs ou nuls.
  • -Pour a et b deux entiers relatifs tels que a ⩽ b, on note [ [a; b] ] l'intervalle d'entiers relatifs constitué des éléments de l'ensemble {a, a + 1, …, b − 1, b}.
  • -Si n et k sont deux entiers naturels tels que n ⩾ k, alors le coefficient binomial (n/k) vaut (n!)/(k!(n − k)!).
  • -Soient m et n deux entiers naturels non nuls. Si K un anneau ou un corps, on note M_(m, n)(K) l'ensemble des matrices de taille m × n à coefficients dans K; si A est un sous-anneau de K, alors M_(m, n)(A) est un sous-ensemble de M_(m, n)(K).
  • -Si d désigne un entier naturel non nul et K un anneau ou un corps, on note M_d(K) l'ensemble des matrices carrées de taille d × d à coefficients dans K.
  • -On notera M^T la transposée d'une matrice M.
  • -La matrice identité I_d de M_d(K) est la matrice diagonale constituée uniquement de 1 sur la diagonale.
  • -L'ensemble des matrices inversibles de M_d(K) est noté GL_d(K).
  • -On note Z_(/nZ), l'ensemble des classes d'équivalence pour la relation de congruence modulo n, sur lequel on définit les lois + et • induites par l'addition et le produit des entiers; on rappelle que (Z_(/nZ^′), ⋅) est un anneau commutatif et que si p est un nombre premier, alors l'anneau (Z_(/pZ^′), ⋅) est un corps.
  • -On rappelle que la fonction indicatrice d'Euler associe à un entier naturel n non nul l'entier φ(n) qui est le nombre de générateurs du groupe (Z_(/nZ^′) +), c'est aussi le nombre d'entiers k ∈ [ [1; n] ] qui sont premiers avec n.
  • -Si r et s sont deux entiers naturels non nuls premiers entre eux, alors on a l'égalité φ(r)φ(s) = φ(rs).
  • -La partie entière d'un nombre réel x est notée ⌊x⌋.
  • -On rappelle que si (A, +, ⋅) est un anneau commutatif, alors l'ensemble des éléments inversibles de A sera noté A* et (A*, ) est un groupe abélien.
Objectifs du problème.
Après un questionnaire "vrai ou faux" et deux exercices préliminaires dans lesquels on redémontre des résultats classiques du programme du concours, le problème est une introduction aux nombres p-adiques.
  • -La partie I du problème définit la valuation p-adique et la valeur absolue p-adique.
  • -Au début de la partie II, on définit l'anneau des entiers p-adiques. Ensuite, on s'intéresse au corps des fractions associé et à sa topologie.
  • -La partie III peut être abordée en admettant les derniers résultats de la partie II.
  • -La partie IV est indépendante de la partie III.
Ces deux dernières parties sont applications des parties I et II. On s'y intéresse à la structure de l'ensemble des termes nuls d'une suite récurrente linéaire et on y introduit l'exponentielle et le logarithme p-adique pour montrer que, lorsque p est un nombre premier impair, le groupe ((Z/p^n Z)^∗, ⋅) est cyclique.

Vrai-Faux

  • 1.Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses? On justifiera soigneusement les réponses.
    • (a)Affirmation : «Pour tout nombre premier p et pour tout entier naturel n non nul, l'anneau (Z_(/p^n)Z^(, +, ⋅)) est un corps. »
  • (b)Affirmation : «Si p est un nombre premier impair, alors la classe de 2 engendre le groupe multiplicatif des éléments inversibles de l'anneau (Z_(/p^n)Z^(, +, ⋅)). »
  • (c)Affirmation : « Le groupe multiplicatif des éléments inversibles de l'anneau ( Z_(/9Z), +, ⋅ )est cyclique. »
  • (d)Si a un entier relatif, alors on note a¯ la classe de a dans Z_(/5Z).
    Étant donnés quatre entiers relatifs a, b, c et d, on note M la matrice de M_2(Z) définie par M = (a, b; c, d) et on note M¯ la matrice de M_2(Z_(/5Z)) définie parM¯ = (a¯, b¯; c¯, d¯).
    Affirmation : «Si M ∈ GL_2(R), alors M¯ ∈ GL_2(Z_(/5Z)). »
  • (e)Soient K et L deux corps commutatifs.
    Affirmation : «Un morphisme d'anneaux μ : K → L est toujours injectif. »

Exercice 1

Soit p un nombre premier, on désigne par K le corps Z_(/pZ).
2. Soit E un K-espace vectoriel et soit k un entier strictement positif. Notons (x_1, …, x_(k + 1)) une famille constituées de k + 1 vecteurs de E telle que la famille (x_1, …, x_k) est libre.
Montrer que la famille de vecteurs ( x_1, …, x_(k + 1) ) est libre si et seulement si le vecteur x_(k + 1) n'est pas combinaison linéaire des vecteurs x_1, …, x_k.
3. Soient n et k deux entiers strictement positifs vérifiant la relation k ⩽ n.
Montrer par récurrence que le nombre de familles libres constituées de k vecteurs de K^n vaut (p^n − 1)(p^n − p)⋯(p^n − p^(k − 1)).
4. Soit n un entier strictement positif. Déterminer le cardinal de GL_n(K).

Exercice 2

  1. Soit n un entier naturel. On note D_n l'ensemble des entiers naturels qui divisent n. On souhaite montrer que pour tout entier n strictement positif on a l'égalité n = ∑_(d ∈ D_n)φ(d).
    On pose f(n) = ∑_(d ∈ D_n)φ(d).
  • (a)Soit p un nombre premier. Pour tout entier i, calculer φ(p^i). En déduire la valeur f(p^k) pour tout entier k strictement positif.
  • (b)Soient m_1 et m_2 deux entiers naturels premiers entre eux. Montrer que l'application P
    P :, D_(m_1) × D_(m_2), →, D_(m_1 m_2); (d_1, d_2), ↦, d_1 d_2
    est bien définie et qu'elle est bijective.
  • (c)En déduire que lorsque m_1 et m_2 sont deux entiers naturels premiers entre eux on a la relation f(m_1)f(m_2) = f(m_1 m_2).
  • (d)Montrer que pour tout entier n strictement positif on a l'égalité n = ∑_(d ∈ D_n)φ(d).
  • 6.Soit (K, +, ⋅) un corps de cardinal fini égal à c + 1. On a K^∗ = K∖{0} et on souhaite montrer que le groupe (K^∗, ⋅) de cardinal c est cyclique.
    Pour tout entier d de D_c, on note N(d) le nombre d'éléments de (K^∗, ⋅) qui sont d'ordre d.
    • (a)Déterminer la valeur de ∑_(d ∈ D_c)N(d).
    • (b)Soit d un élément de D_c.
      • i.On suppose qu'il existe un élément x d'ordre d dans K^∗ et on note H le sous-groupe de (K^∗, ⋅) engendré par x. En introduisant un polynôme judicieux, montrer que tout élément d'ordre d de K^∗ est dans H.
      • ii.Montrer que pour tous les éléments d de D_c on l'inégalité N(d) ⩽ φ(d).
    • (c)Montrer que pour tout entier d de D_c on a l'égalité N(d) = φ(d). En déduire que (K^∗, ⋅) est un groupe cyclique.
Les résultats des deux exercices préliminaires pourront être utilisés dans le problème.

Problème

Dans tout le problème p désigne un nombre premier.

I. Valuation et valeur absolue p-adiques

I.A Définition de la valuation

  • 7.Soit n un entier relatif non nul. Montrer qu'il existe un unique entier k tel que p^k divise n et p^(k + 1) ne divise pas n.
    L'unique entier k ainsi défini est appelé valuation p-adique de n et on le note v_p(n).
  • 8.Soient a et b deux entiers relatifs non nuls. Montrer l'égalité v_p(ab) = v_p(a) + v_p(b).
  • 9.En déduire que, si a, b, c et d sont quatre entiers relatifs non nuls qui vérifient la relation a/b = c/d alors on a l'égalité v_p(a) − v_p(b) = v_p(c) − v_p(d).
    Étant donné un nombre rationnel non nul r, si a et b sont deux entiers relatifs non nuls tels que r = a/b, alors l'entier v_p(r) = v_p(a) − v_p(b) est appelé valuation p-adique de r.
  • 10.Montrer que si r et s sont deux nombres rationnels non nuls, alors on a l'égalité
    v_p(rs) = v_p(r) + v_p(s)
  • 11.Montrer que si r et s sont deux nombres rationnels non nuls tels que r ≠ s, alors on a l'inégalité
    v_p(r − s) ⩾ min(v_p(r), v_p(s))
    Par convention, on pose v_p(0) = + ∞. Ceci permet de définir une application v_p : Q → Z ∪ { + ∞}.
  • 12.En prenant soin de préciser les inégalités et les règles de calcul dans Z ∪ { + ∞}, vérifier que les résultats des questions 10. et 11. restent valables lorsque r et s sont deux nombres rationnels.

I.B Étude de v_p(n!)

Soit n un entier naturel non nul.
  • 13.Étant donné un entier naturel k, on note E_k l'ensemble des entiers i ∈ [ [1; n] ] tels que v_p(i) ⩾ k. Décrire les éléments de E_k puis déterminer le cardinal de E_k.
  • 14.Pour un entier i fixé dans [ [1; n] ], déterminer le nombre d'entiers k tels que i ∈ E_k. En déduire la formule
    v_p(n!) = ∑_(k = 1)^(+ ∞)⌊n/(p^k)⌋
  • 15.Application: En utilisant la formule de la question 14., déterminer le nombre de zéros à la fin de l'écriture décimale de 100!.
  • 16.Montrer que pour tout entier n strictement positif on la majoration suivante
    v_p(n!) ⩽ n/(p − 1)

I.C Une caractérisation des puissances de 2

Soit n un entier naturel non nul, il se décompose de manière unique en une somme
n = ∑_(i = 0)^q u_i 2^i
où q ∈ N, (u_0, ⋯, u_q) ∈ {0; 1}^(q + 1) et u_q ≠ 0. On définit alors s(n) = ∑_(i = 0)^q u_i.
  • 17.Pour tout entier k strictement positif, montrer que l'on a la relation v_2(k + 1) = s(k) − s(k + 1) + 1.
  • 18.En déduire une expression de v_2(n!) en fonction de n et s(n).
  • 19.Si n est une puissance de 2, montrer que pour tout entier k ∈ [ [1; n − 1] ] le coefficient binomial (n/k) est pair.
  • 20.Montrer que si pour tout entier k ∈ [ [1; n − 1] ] le coefficient binomial (n/k) est pair, alors n est une puissance 2.

I.D Valeur absolue p-adique

On définit l'application | ⋅ |_p : Q → R^+par |0|_p = 0 et pour tout nombre rationnel x non nul |x|_p = 1/(p^(v_p(x))). Cette application est appelée valeur absolue p-adique.
  • 21.Montrer que pour tout couple (x, y) de nombres rationnels on a
    |xy|_p = |x|_p|y|_p, |x − y|_p ⩽ max(|x|_p, |y|_p) et |x + y|_p ⩽ |x|_p + |y|_p
  • 22.Soit d_p l'application
    d_p :, Q^2, →, R^+; (x, y), ↦, |x − y|_p
    Montrer que pour tout triplet ( x, y, z ) de nombres rationnels on a l'inégalité suivante
    d_p(x, z) ⩽ max(d_p(x, y), d_p(y, z))
    Montrer que d_p est une distance sur Q.
  1. Étudier la convergence de la suite (p^n)_(n ⩾ 0) dans l'espace métrique (Q, d_p).

II : Les entiers p-adiques

II.A. Définition de Z_p

On note Z_p l'ensemble des suites (a_n)_(n ⩾ 0) d'entiers naturels qui vérifient
    • -pour tout entier naturel n on a a_n ∈ [ [0; p^(n + 1) − 1] ],
    • -pour tous les couples d'entiers naturels n et m tels que m ⩾ n on a a_m ≡ a_n[p^(n + 1)].
  • 24.Soit (a_n)_(n ⩾ 0) une suite d'entiers naturels telle que pour tout n ∈ N on a a_n ∈ [ [0; p^(n + 1) − 1] ]. Montrer que la suite (a_n)_(n ⩾ 0) est dans Z_p si et seulement si
    ∀n ∈ N, a_(n + 1) ≡ a_n[p^(n + 1)]
  • 25.Soit a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément de Z_p. Étant donné un entier n fixé, on décompose a_(n + 1) en la somme a_(n + 1) = ∑_(i = 0)^(n + 1)u_i p^i où les u_i sont des entiers compris entre 0 et p − 1.
    Montrer que a_n se décompose en la somme ∑_(i = 0)^n u_i p^i.
    À tout élément (a_n)_(n ⩾ 0) de Z_p on associe une unique suite (u_i)_(i ⩾ 0) d'éléments de [ [0; p − 1] ] telle que pour tout entier n on a l'égalité a_n = ∑_(i = 0)^n u_i p^i.
  • 26.Soit a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément de Z_p dont les termes ne sont pas tous nuls. Montrer qu'il existe un unique entier naturel k vérifiant les relations suivantes
    • □ v_p(a_n) = + ∞ si n < k,
    • □ v_p(a_n) = k si n ⩾ k.
    Cet entier k est noté v~_p(a). Par convention, on pose v~_p(0) = + ∞ où 0 est la suite de Z_p dont tous les termes sont nuls.
  • 27.Soit x ∈ Z et soit a = (a_n)_(n ⩾ 0) la suite d'entiers telle que, pour tout entier n, le terme a_n est le reste de la division euclidienne de x par p^(n + 1). Montrer que la suite a est un élément de Z_p.
    Cette suite sera notée θ(x) et on notera θ l'application θ : Z → Z_p ainsi définie.
  • 28.Dans cette question uniquement, fixons p = 5. Déterminer les éléments θ(7) et θ(− 7) de Z_5.
  • 29.Montrer que θ est une application injective.
  • 30.Soit α = (α_n)_(n ⩾ 0) la suite définie par α_n = ∑_(i = 0)^n p^i pour tout entier positif n. Vérifier que la suite α est un élément de Z_p. Montrer qu'il n'existe pas d'entier relatif x tel que θ(x) = α.
  • 31.Vérifier que pour tout entier relatif x on a la relation v~_p(θ(x)) = v_p(x).
    Les deux questions précédentes montrent que θ est une application injective de Z dans Z_p et que l'application v~_p prolonge l'application v_p à tous les éléments de Z_p via cette injection. Dans la suite du problème, l'application v~_p sera notée v_p.

II.B. Structure d'anneau

  • 32.Soient a = (a_n)_(n ⩾ 0) et b = (b_n)_(n ⩾ 0) deux éléments de Z_p. Pour tout entier n on note c_n le reste de la division euclidienne de a_n + b_n par p^(n + 1). Montrer que la suite c = (c_n)_(n ⩾ 0) est un élément de Z_p.
    On note cette suite a + b ce qui munit Z_p d'une loi de composition interne notée + .
  • 33.Déterminer un élément neutre, que l'on notera 0, pour la loi +. Étant donné un élément a = (a_n)_(n ⩾ 0) de Z_p, expliciter un élément b = (b_n)_(n ⩾ 0) de Z_p tel que a + b = 0.
    Montrer que (Z_p, +) est un groupe commutatif.
  • 34.Soient a = (a_n)_(n ⩾ 0) et b = (b_n)_(n ⩾ 0) deux éléments de Z_p. Pour tout entier n on note d_n le reste de la division euclidienne de a_n b_n par p^(n + 1).
    On admet que la suite d = (d_n)_(n ⩾ 0) ainsi définie est dans Z_p, elle sera notée d = a ⋅ b. On admet également que • est une loi de composition interne qui permet de munir (Z_p, +, ⋅) d'une structure d'anneau commutatif.
    Déterminer l'élément neutre de la multiplication dans l'anneau (Z_p, +, ⋅).
  • 35.Montrer que (Z_p, +, ⋅) est un anneau intègre.
  • 36.Montrer que si a = (a_n)_(n ⩾ 0) et b = (b_n)_(n ⩾ 0) deux éléments non nuls de Z_p, alors on a les relations
    v_p(a ⋅ b) = v_p(a) + v_p(b) et v_p(a − b) ⩾ min(v_p(a), v_p(b)).
  • 37.Montrer que l'application θ définie dans la question 27. est un morphisme injectif d'anneaux de Z dans Z_p.
    À l'aide de ce morphisme injectif, on identifie Z au sous-anneau θ(Z) de l'anneau Z_p.
  • 38.Soit a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément de Z_p. Montrer que a inversible dans Z_p si et seulement si le terme a_0 est non nul.
  • 39.Soit a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément de Z_p. Montrer qu'étant donné un entier k, on a v_p(a) ⩾ k si et seulement si il existe une suite b = (b_n)_(n ⩾ 0) de Z_p telle que a = θ(p^k) ⋅ b.
  • 40.Déterminer les idéaux de Z_p.
    Soit E = Z_p × (Z_p∖{0}) et R la relation d'équivalence définie sur E par
    (a, b)R(c, d) si a ⋅ d = b ⋅ c
    Le corps des fractions de l'anneau intègre Z_p est l'ensemble quotient, noté Q_p, des classes d'équivalence notées (a, b)^– de couples d'éléments Z_p × (Z_p∖{0}) pour la relation d'équivalence R. Il est muni des lois de composition internes induites par celles définies sur Z_p, c'est un corps commutatif. En associant à un élément a de Z_p la classe de (a, 1) dans Q_p, on identifie Z_p à un sous-anneau de Q_p.
  • 41.Montrer que l'application
    Θ : Q, → Q_p; a/b, ↦ Θ(a/b) = (θ(a), θ(b))^–
    est bien définie. Montrer ensuite qu'il s'agit d'un morphisme injectif de corps.
    À l'aide de ce morphisme, on identifie Q au sous-corps Θ(Q) de Q_p.
  • 42.Montrer que, pour ((a, b), (c, d)) ∈ E^2 tels que (a, b)R(c, d), alors v_p(a) − v_p(b) = v_p(c) − v_p(d).
    Cette valeur commune est appelée valuation p-adique de la classe de (a, b) dans Q_p. On la note v_p((a, b)).
  • 43.Soit x ∈ Q_p. Montrer que x ∈ Z_p si et seulement si v_p(x) ⩾ 0.
    On admet que la valuation p-adique sur Q_p vérifie les propriétés de la valuation dans Z démontrées dans la partie I. Cela permet de définir, comme dans I.D, la valeur absolue p-adique et la distance p-adique noté d_p sur Q_p.
    On se place désormais dans l'espace métrique (Q_p, d_p). On admettra que les opérations algébriques sur les limites des suites dans cet espace sont valides.

II.C. Topologie dans Q_p

  • 44.Soit a = (a_n)_(n ⩾ 0) un élément de Z_p. Comme dans la question 25., on lui associe une suite u = (u_n)_(n ⩾ 0) qui est constituée d'entiers compris entre 0 et p − 1, telle que, pour tout entier n, on a a_n = ∑_(i = 0)^n u_i p^i.
    Montrer que pour tout entier k supérieur ou égal à n + 1 on a l'inégalité v_p(a_k − a_(n + 1)) ⩾ n + 1. En déduire que la suite (θ(a_n))_(n ⩾ 0) converge vers a dans Z_p.
    On écrira alors a = ∑_(i = 0)^(+ ∞)u_i p^i.
  • 45.Montrer que θ(Z) est dense dans Z_p.
  • 46.Soit a un élément de Z_p que l'on écrit a = ∑_(i = 0)^(+ ∞)u_i p^i. Soit l un entier. Montrer que v_p(a) ⩾ l si et seulement si, pour tout i de [ [0; l − 1] ] on a u_i = 0.
  • 47.Soit (a^((k)))_(k ⩾ 0) une suite de Cauchy de Z_p. D'après la question 44. on a
    ∀k ⩾ 0, a^((k)) = ∑_(i = 0)^(+ ∞)u_i^((k))p^i
    où les termes u_i^((k)) sont des entiers compris entre 0 et p − 1.
    • (a)Montrer que pour tout entier positif i, la suite (u_i^((k)))_(k ⩾ 0) est stationnaire.
    • (b)En déduire que la suite (a^((k)))_(k ⩾ 0) converge dans Z_p.
On vient de montrer que que Z_p est complet et on admet que Q_p est complet.
  • 48.Soit (x_k)_(k ⩾ 0) une suite d'éléments de Q_p.
    Pour n ∈ N, on pose S_n = ∑_(k = 0)^n x_k.
    Montrer que la suite (S_n)_(n ⩾ 0) converge dans Q_p si et seulement si la suite réelle (|x_k|_p)_(k ⩾ 0) converge vers 0 (c'est-à-dire si et seulement si la suite (x_k)_(k ⩾ 0) converge vers 0 dans Q_p ).
    Par conséquent, dans Q_p, une série est convergente si et seulement si son terme général tend vers 0.

III : Termes nuls d'une suite récurrente linéaire

Soient d un entier naturel non nul et a = (a_0, …, a_(d − 1)) ∈ Z^d tel que a_0 ≠ 0.
On s'intéresse à l'ensemble R_a des suites u = (u_n)_(n ⩾ 0) définies par (u_0, …, u_(d − 1)) ∈ Z^d vérifiant la relation de récurrence
∀n ∈ N, u_(n + d) = a_0 u_n + a_1 u_(n + 1) + ⋯ + a_(d − 1)u_(n + d − 1)
Pour u ∈ R_a, on notera
Z(u) = {n ∈ N/u_n = 0}.
Étant donnés une suite u de R_a et un entier positif n, on pose U_n = (u_n; u_(n + 1); ⋮; u_(n + d − 1)).
  • 49.Déterminer une matrice A de M_d(Z) (indépendante de u ) telle que, pour tout entier positif n, on ait U_n = A^n U_0. En déduire qu'il existe X ∈ M_(d, 1)(Z) tel que, pour n ∈ N, u_n = X^T A^n U_0.
  • 50.Montrer que la matrice A est inversible.
  • 51.On note A¯ la matrice de M_d(Z_(/pZ)) obtenue à partir de A en réduisant chacun de ses coefficients modulo p. Montrer que l'on peut choisir un nombre premier impair p tel que la matrice A¯ soit dans GL_d(Z_(/pZ)).
    On fixe désormais un tel p jusqu'à la fin de la partie III.
  • 52.En déduire qu'il existe un entier strictement positif k et une matrice B de M_d(Z) tels que A^k = I_d + pB.
  • 53.Soit (f_j)_(j ⩾ 0) une suite de fonctions de Z dans Z. Montrer que, pour tout entier n et pour tout entier j, la suite (p^j(f_j(n))/(j!))_(n ⩾ 0) appartient à Z_p.
  • 54.Montrer que, pour tout entier naturel n, la série S(n) = ∑_j p^j(f_j(n))/(j!) converge dans Q_p, puis qu'elle converge dans Z_p.
    On admet que si S(n) s'annule pour une infinité de valeurs de n, alors S(n) est nulle sur tout entier n dans N.
  • 55.Soient un entier k et une matrice B de M_d(Z) tels que l'on ait A^k = I_d + pB. Montrer que, si u est une suite appartenant à R_a et r est un entier compris entre 0 et k − 1, alors l'ensemble
    Z_r(u) = {n ∈ N/u_(kn + r) = 0}
    est soit fini, soit égal à N.

IV : Exponentielle p-adique et application

IV.A. Définition de l'exponentielle

  • 56.Soit x un élément de Q_p. Montrer que, si v_p(x) > 1/(p − 1), alors la série ∑_(n ⩾ 0)(x^n)/(n!) converge. On note alors e_p(x) = ∑_(n ⩾ 0)(x^n)/(n!) sa somme qui est appelée exponentielle p-adique de x.
  • 57.Montrer que, si x et y sont deux éléments de Q_p tels que v_p(x) > 1/(p − 1) et v_p(y) > 1/(p − 1), alors e_p(x + y) est défini et vérifie la relation e_p(x + y) = e_p(x)e_p(y).
  • 58.Soit t un élément de Q_p tel que |t|_p < 1. Montrer que la série ∑_(n ⩾ 1)(− 1)^(n + 1)(t^n)/n converge. On note l_p(1 + t) sa somme.
    On admet que, pour (u, v) ∈ Q_p^2 tel que |u|_p < 1 et |v|_p < 1, on a l_p((1 + u)(1 + v)) = l_p(1 + u) + l_p(1 + v). On admet également que lorsque ces quantités sont définies, on a e_p(l_p(1 + u)) = 1 + u et l_p(e_p(x)) = x.

IV.B. Inversibles de Z_(/p^n Z)

Dans la suite, le nombre premier p sera impair et n sera un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Pour x ∈ Z, on notera x¯ sa classe modulo p^n et x~ sa classe modulo p. Soit H l'ensemble
H = 1^– + pZ/p^n Z = {1^– + pu/u ∈ Z/p^n Z}.
  • 59.Déterminer le cardinal de (Z/_(p^n)Z)^∗.
  • 60.Si • désigne le produit dans Z/_p^n Z^′ montrer que (H, ⋅) est un sous-groupe de ((Z/p^n Z)^∗, ⋅).
  • 61.Soit π le morphisme surjectif de groupes de ((Z_(/p^n Z))^∗, ⋅) dans ((Z_(/pZ))^∗, ⋅) qui à x¯ associe π(x¯) = x~.
    • (a)Montrer qu'il existe un entier relatif a tel que a~ engendre le groupe ((Z_(/pZ))^∗, ⋅) et tel que l'élément a¯ soit d'ordre p − 1 dans ((Z_(/p^n)Z^∗, ⋅).
    • (b)En déduire qu'il existe un morphisme φ de groupes de ((Z/pZ)^∗, ⋅) vers ((Z/p^n Z)^∗, ⋅) tel que π ∘ φ soit l'identité de (Z_(/p^n)Z^∗.
    • (c)Montrer que ((Z_(/p^n)Z)^∗, ⋅) est isomorphe au groupe produit (1^– + pZ/p^n Z) × (Z_(/pZ))^∗ que l'on munit de la loi produit.
  • 62.Montrer que si x est un élément de pZ_p alors e_p(x) est un élément de Z_p.
  • 63.Soit π_n le morphisme d'anneaux de (Z_p, +, ⋅) dans (Z_(/p^n)Z^(, +), ⋅) suivant
    π_n :, Z_p, →, Z_(/p^n)Z; ∑_(k = 0)^(+ ∞)u_k p^k, ↦, ∑_(k = 0)^(n − 1)u_k p^k^–
    Où x¯ désigne la classe d'un entier x dans Z_(/p^n Z).
    Soit X ∈ pZ_(/p^n Z) qui est la classe de x ∈ pN (donc x ∈ pZ_p ). Montrer que π_n(e_p(x)) ne dépend pas du représentant x choisi. On pose alors E_p(X) = π_n(e_p(x)).
  • 64.Montrer que (pZ_(/p^n Z^′)) est isomorphe à (1^– + pZ_(/p^n Z^′)).
  • 65.Application: Utiliser ce qui précède pour déterminer un générateur de (1^– + 5Z_(/125Z^′) ⋅).
  • 66.Montrer que ((Z/p^n Z)^∗, ⋅) est cyclique.

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