Agrégation mathématiques interne 2022, épreuve 1Sujet et rapport du jury
Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2022
- Réduction des endomorphismes
- Polynôme caractéristique et théorème de Cayley-Hamilton
- Matrices symétriques et théorème spectral
- Groupes de matrices SL2
- Morphismes d'anneaux et de corps
- Raisonnement par récurrence
Téléchargements
- Corrigé : pas encore disponible
Présentation du sujet
DifficileRecherche de solutions matricielles non nulles de l'équation de Fermat X^n + Y^n = Z^n, dans les matrices symétriques positives puis dans SL2(Z) et SL2(Q)Afficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe sujet commence par un questionnaire vrai ou faux et un exercice préliminaire sur le théorème de Cayley-Hamilton. Le problème étudie ensuite l'existence de solutions non nulles X, Y, Z de l'équation X^n + Y^n = Z^n sous forme de matrices : d'abord dans les matrices symétriques réelles positives, puis dans SL2(Z) selon les valeurs de n, enfin par un passage de solutions dans SL2(Q) à des solutions dans SL2(Z).
- 1Vrai ou fauxQuatre affirmations sur la trace, le polynôme caractéristique, la diagonalisabilité et les morphismes d'anneaux à justifier.
- 2Exercice préliminaireDémonstration du théorème de Cayley-Hamilton via la matrice compagnon d'un polynôme.
- 3Partie I : exemple dans les matrices symétriques positivesRésolution du problème dans l'ensemble des matrices symétriques réelles à valeurs propres positives.
- 4Parties II à VII : existence de solutions dans SL2(Z)Discussion de l'existence de solutions non nulles dans SL2(Z) suivant les valeurs de n.
- 5Parties VIII et IX : passage de SL2(Q) à SL2(Z)À partir d'une solution dans SL2(Q), construction d'une solution dont une puissance est dans SL2(Z).
Difficile. La moyenne de l'épreuve n'est que de 7,40 sur 20 selon l'histogramme des notes, et le rapport signale à de multiples reprises des questions très rarement ou très peu réussies, par exemple sur le contre-exemple de la question 1d ou l'abordage de la question 7.
L'épreuve en chiffres
Moyenne 7,4 / 20 · écart-type 3,53 · où vous situez-vous ?Afficher ou masquer la section
L'épreuve en chiffres
- Moyenne
- 7,4/ 20
- Écart-type
- 3,53
- Médiane
- 7,2
Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesThéorème spectral appliqué à tort sur C · Contre-exemple non trouvé · Confusion entre diagonalisable et diagonaleAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe jury observe que les copies sont rarement indigentes mais que la rédaction manque trop souvent de rigueur mathématique, avec des objets non définis et des structures fondamentales mal maîtrisées. Les démonstrations d'équivalences et les raisonnements par récurrence sont souvent mal rédigés, et l'utilisation des résultats de cours souffre d'un manque de vérification des hypothèses.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Théorème spectral appliqué à tort sur C1c
Le théorème spectral n'est pas valable sur le corps des complexes ; un contre-exemple était attendu et le fait qu'un polynôme caractéristique soit scindé ne suffit pas à conclure à la diagonalisabilité.
« Le théorème spectral n’est pas valable sur le corpsC. Un contre-exemple était attendu et »
- 2Contre-exemple non trouvé1d
Très peu de candidats ont su donner le contre-exemple attendu pour l'affirmation sur les morphismes d'anneaux.
« Très peu de candidats ont su donner un contre-exemple. »
- 3Confusion entre diagonalisable et diagonale5
Certains candidats confondent les notions d'être diagonalisable et d'être diagonale pour une matrice carrée.
- 4Question de cours classique peu abordée7
Bien que la question corresponde à un résultat classique, le jury s'étonne qu'elle n'ait que très rarement été traitée par les candidats.
« il est étonnant de constater qu’elle n’à que très rarement été abordée. »
- 5Notion de bijection mal maîtrisée10
Trop de candidats ne maîtrisent pas la notion de bijection lors de l'étude d'une application ensembliste non linéaire.
« Trop de candidats ne maîtrisent pas la notion de bijection. »
- 6Confusion entre même polynôme caractéristique et similitude24
Trop de candidats pensent à tort que deux matrices ayant le même polynôme caractéristique sont nécessairement semblables.
« Trop de candidats pensent que si les matrices ont le même polynôme caractéristique alors »
Conseils du jury
- Vérifier systématiquement les hypothèses avant d'appliquer un résultat de cours.
- Rédiger avec soin les raisonnements par récurrence, en formulant clairement l'hypothèse de récurrence et l'initialisation.
- Éviter de se lancer dans des calculs longs et inadaptés et privilégier la recherche d'une méthode adaptée, notamment en début de sujet où les calculs doivent être détaillés.
- Bien préciser dans quel espace vectoriel on se place lors de l'utilisation du théorème de la base incomplète.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Description
Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2022.
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AGRÉGATION CONCOURS INTERNE ET CAER
INFORMATION AUX CANDIDATS
- Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public :
- Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :
- Dans tout le problème, n désignera un entier naturel non nul et
L désignera le corps des nombres réelsR ou le corps des nombres complexes C. - Si p désigne un entier naturel non nul et
L un corps, on noteM_p(L) l'ensemble des matrices carrées de taillep × p à coefficients dansL ; on noteraTr(M) la trace d'une matrice carréeM . - On appelle
I_p la matrice identité deM_p(L) , qui est la matrice diagonale constituée uniquement de 1 sur la diagonale. - L'ensemble des matrices inversibles de
M_p(L) est notéGL_p(L) et l'ensemble des matrices deGL_p(L) de déterminant 1 est notéSL_p(L) . - Soit
A un sous-anneau deL . On noteM_p(A) (respectivementGL_p(A) etSL_p(A) ) l'ensemble des matrices deM_p(L) (respectivement deGL_p(L) etSL_p(L) ) à coefficients dans A. - Soit
M ∈ M_p(L) , on noteχ_M le polynôme caractéristique deM défini parχ_M(X) = det(XI_p − M) . - Soit
δ ∈ C∖Q tel queD = δ^2 ∈ Q . Dans tout le problème, on poseraK = Q[δ] = {a + bδ|a, b ∈ Q} . - Pour tout
a, b deQ , on posea + δb^– = a − δb . - Pour
x ∈ K , on poseN(x) = xx¯ . - Pour
M = [a_(i, j)]_(1 ⩽ i, j ⩽ p) une matrice deM_p(K) , on définit la matriceM¯ = [a_(i, j)^–]_(1 ⩽ i, j ⩽ p) . - On note
S_p(R) l'ensemble des matrices carrées symétriques réelles de taillep × p etS_p^+(R) l'ensemble des matrices carrées symétriques réelles de taillep × p ayant des valeurs propres positives ou nulles. - Soit
E un espace euclidien muni d'un produit scalaire⟨ ⋅, ⋅ ⟩ . Un endomorphismeu deE est dit symétrique si :∀x, y ∈ E, ⟨u(x), y⟩ = ⟨x, u(y)⟩ . - Pour
m, n ∈ Z , tel quem ⩽ n , on note[ [m, n] ] l'intervalle d'entiers relatifs constitué des éléments de l'ensemble{m, m + 1, …, n − 1, n} .
Après un questionnaire "vrai ou faux" et un exercice préliminaire, les parties du problème portent sur la recherche de solutions non nulles de l'équation matricielle
- La partie I traite de la résolution du problème dans
S_p^+(R) . - Les parties II à VII visent à discuter de l'existence de solutions dans
SL_2(Z) , suivant les valeurs den . - Dans les parties VIII et IX, à partir d'une solution
(X, Y, Z) dans(SL_2(Q))^3 , nous montrons comment construire une solution(X_1, Y_1, Z_1) dans(SL_2(Q))^3 telle que(X_1^n, Y_1^n, Z_1^n) soit dans(SL_2(Z))^3 .
Les parties I, II, III et VIII peuvent se traiter indépendamment des autres, tout comme la partie VII en dehors de la dernière question.
Vrai ou faux ?
- 1.Les affirmations suivantes sont-elles vraies ou fausses? On justifiera soigneusement les réponses.
- (a)Soit
n un entier strictement positif.
Affirmation : "Il existe des matricesM etN deM_n(C) telles queTr(MN) ≠ Tr(NM) ." - (b)Affirmation : "Deux matrices de
M_2(C) ont le même polynôme caractéristique si et seulement si elles ont la même trace et le même déterminant." - (c)Affirmation : "Les matrices carrées et symétriques à coefficients dans C sont diagonalisables."
- (d)Soit
φ : A → B un morphisme d'anneaux.
Affirmation : "Siφ(a) est inversible dansB , alorsa est inversible dansA ."
- (a)Soit
Exercice préliminaire.
- 2.Soit
d un entier strictement positif. SoitP(X) = X^d + a_(d − 1)X^(d − 1) + … + a_0 un polynôme deC[X] à coefficients complexes. On appelle matrice compagnon du polynômeP la matriceC_P deM_d(C) suivante
C_P = (0, …, …, 0, − a_0; 1, 0, ⋮, − a_1; 0, 1, ⋱, ⋮, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0, − a_(d − 2); 0, …, 0, 1, − a_(d − 1))
En développant le déterminantχ_(C_P)(X) = det(XI_d − C_P) par rapport à sa première ligne et à l'aide d'une récurrence, montrer queχ_(C_P)(X) = P(X) . - 3.Soit
p un entier strictement positif et soitM une matrice deM_p(C) .- (a)Étant donné un élément
x quelconque non nul deC^p on pose
μ = min{r ⩾ 1| la famille {x, Mx, …, M^r x} est liée dans C^p}. - i)Montrer qu'il existe un élément
(α_0, …, α_(μ − 1)) deC^μ et une matriceN deM_(p − μ)(C) tels que la matriceM soit semblable à une matriceM^′ de la forme suivante
M^′ = (0, …, …, 0, − α_0, ∗; 1, 0, ⋮, − α_1, ∗; 0, 1, ⋱, ⋮, ⋮, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0, − α_(μ − 2), ∗; 0, …, 0, 1, − α_(μ − 1), ∗; O, …, O, N)
où les * représentent des lignes d'éléments de C et lesO représentent des colonnes nulles. - ii)Montrer que
χ_M(M)x = 0 .
- i)Montrer qu'il existe un élément
- (b)Montrer que
χ_M est un polynôme annulateur deM .
- (a)Étant donné un élément
Problème.
I. Exemple dans
S_p^+(R) .
- 4.Soit
A une matrice deS_p(R) et soita l'endomorphisme deR^p dont la matrice relativement à la base canonique deR^p estA . Montrer quea est un endomorphisme symétrique deR^p . - 5.Soit
S ∈ S_p(R) . Démontrer queS est une matrice deS_p^+(R) si et seulement si
∀Y ∈ M_(p, 1)(R), ^t YSY ⩾ 0.
- 6.Démontrer que pour toutes les matrices
S etT deS_p^+(R) , la matriceS + T appartient àS_p^+(R) . - 7.Soit
S ∈ S_p^+(R) . Montrer qu'il existe une matriceR deS_p^+(R) telle queR^n = S . - 8.Soient
S ∈ S_p^+(R) etU ∈ S_p^+(R) telles queU^n = S . On notes etu les endomorphismes deR^p dont les matrices relativement à la base canonique deR^p sont respectivementS etU . Soit{λ_1, …, λ_q} le spectre des ; pouri élément de[ [1, q] ] , on noteE_(λ_i)(s) le sous-espace propre associé à la valeur propreλ_i .- (a)Soit
i ∈ [ [1, q] ] . Démontrer queu induit un endomorphisme symétrique surE_(λ_i)(s) . On notera cet endomorphismeu_i . - (b)Soit
i ∈ [ [1, q] ] . Démontrer quen√(λ_i) est la seule valeur propre possible deu_i . - (c)Démontrer que l'endomorphisme
u est unique.
- (a)Soit
- 9.Soit
S ∈ S_p^+(R) . Montrer qu'il existe une unique matriceR deS_p^+(R) telle queR^n = S . Étant donnée une matriceS deS_p^+(R) , on noteraR = n√S , l'unique matrice deS_p^+(R) telle queR^n = S . - 10.Démontrer que l'application
ψ : {(S_p^+(R))^2, →, {(X, Y, Z) ∈ (S_p^+(R))^3|X^n + Y^n = Z^n}; (U, V), ↦, (n√U, n√V, n√(U + V))
est une bijection.
II. Si
n ≡ 0[4] , l'équation
X^n + Y^n = Z^n n'admet pas de solutions dans
SL_2(Z) .
- 11.Soit
M ∈ SL_2(Z) . Démontrer queTr(M^4) = Tr(M)^4 − 4Tr(M)^2 + 2 . - 12.En déduire que l'on a
Tr(M^4) ≡ 2[8] ouTr(M^4) ≡ − 1[8] . - 13.Démontrer que l'équation
X^4 + Y^4 = Z^4 d'inconnuesX, Y etZ n'admet pas de solutions dansSL_2(Z) . - 14.En déduire que si 4 divise
n , alors l'équationX^n + Y^n = Z^n d'inconnuesX, Y etZ n'admet pas de solutions dansSL_2(Z) .
III. Le corps
K = Q[δ] .
- 15.Démontrer que K est un Q-espace vectoriel dont on précisera la dimension.
- 16.Démontrer que K est un sous-corps de C.
- 17.Démontrer que
φ est un isomorphisme de corps. - 18.(a) Démontrer que l'application
ψ : {Q, →, C; x, ↦, (x + δ)/(x − δ) est injective.- (b)Démontrer que
{θ/(θ¯), θ ∈ K∖{0}} est un ensemble infini.
- (b)Démontrer que
IV. Matrices de
M_p(K) conjuguées à une matrice de
M_p(Q) .
- 19.Démontrer que si
A etB sont des matrices quelconques deM_p(K) , alors on a la relationAB^– = A¯B¯ . - 20.Soit
F ∈ M_p(K) . Démontrer queF appartient àGL_p(K) si et seulement siF¯ appartient àGL_p(K) . Dans ce cas, démontrer que l'on a(F¯)^(− 1) = F^(− 1)^– . - 21.Soit
X ∈ GL_p(K) .- (a)On suppose qu'il existe une matrice
F deGL_p(K) tel queX = F(F¯)^(− 1) . Déterminer la matriceXX¯ . - (b)On suppose que
XX¯ = I_p .
Pour tout élémentθ deK , on poseF(θ) = θI_p + θ¯X .- i)Montrer qu'il existe un élément
θ_0 deK tel queF(θ_0) soit inversible. - ii)En déduire, pour ce
θ_0 , queX = F(θ_0)(F(θ_0)^–)^(− 1) .
- i)Montrer qu'il existe un élément
- (c)Soient
A, B ∈ M_p(K) . Démontrer que les deux propositions suivantes sont équivalentes :- i)Il existe une matrice
F deGL_p(K) telle que les matricesF^(− 1)AF etF^(− 1)BF appartiennent àM_p(Q) . - ii)Il existe une matrice
X deGL_p(K) tel que :{X^(− 1)AX = A¯; X^(− 1)BX = B¯; XX¯ = I_p
- i)Il existe une matrice
- (a)On suppose qu'il existe une matrice
- 22.Soient
A = (λ, 0; 0, λ) etB = (a, b; c, d) deux matrices à coefficients dans K. On suppose queλ n'est pas élément de Q.- (a)Soit
X ∈ GL_2(K) . Démontrer queX vérifie les relations{X^(− 1)AX = A¯; XX¯ = I_2 si et seulement s'il existe un élémentu deK∖{0} tel queX = (0, u; 1/(u¯), 0) . - (b)On suppose qu'il existe une matrice
F deGL_2(K) telle que les matricesF^(− 1)AF etF^(− 1)BF appartiennent àSL_2(Q) .
Montrer que l'on adet(A) = det(B) = 1 etd = a¯ et en déduire qu'il existe un élémentx de K tel que l'on aN(a) − 1 = N(x) (c'est-à-direaa¯ − 1 = xx¯ ).
- (a)Soit
V. Conditions pour qu'une somme de matrices de
SL_2(Q) soit dans
SL_2(Q) .
- 23.Soient
A_1 = (α + δ, 0; 0, α − δ) etB_1 = (a, b; c, d) deux matrice deM_2(K) , posonsm_1 = (Tr(B_1))/2 .
On suppose quedet(B_1) = det(A_1 + B_1) = 1 . Démontrer l'égalitéa − d = (2αm_1 + 1)/δ . - 24.On suppose qu'il existe deux matrices
A etB deSL_2(Q) telles queTr(A) = 2α etdet(A + B) = 1 . Posonsm = (Tr(B))/2 .
- (a)Démontrer que dans
M_2(K) , la matriceA est semblable à la matriceA_1 = (α + δ, 0; 0, α − δ) . - (b)En utilisant la question 23. et la question 22b., montrer qu'il existe un élément
x de K tel que l'on ait
((αm + 1/2)^2 − (α^2 − 1)(m^2 − 1))/(1 − α^2) = N(x) = xx¯. - (c)Démontrer que le résultat de la question précédente est équivalent à l'existence d'un élément
y de K tel que
(αm + 1/2)^2 − (α^2 − 1)(m^2 − 1) = N(y) = yy¯.
Dans la suite du problème, on admettra que ce résultat reste valable siδ appartient àQ . C'est-à-dire qu'étant donné un élémentα deQ et des matricesA etB deSL_2(Q) qui vérifientTr(A) = 2α etdet(A + B) = 1 , alors sim = (Tr(B))/2 il existe deux élémentsu etv deQ tels que
(αm + 1/2)^2 − (α^2 − 1)(m^2 − 1) = u^2 − (α^2 − 1)v^2.
VI. Si
n ≡ 0[3] , l'équation
X^n + Y^n = Z^n n'admet pas de solutions dans
SL_2(Z) .
- 25.(a) Soit
x ∈ Z . Déterminer les classes de congruence dex^3 − 3x modulo 9. Pour chaque classe, on explicitera un représentant.- (b)Soit
M une matrice deSL_2(Z) , démontrer que l'on aTr(M^3) = (Tr(M))^3 − 3Tr(M) . - (c)Soient
A, B etC trois matrices deSL_2(Z) qui vérifient la relationA^3 + B^3 = C^3 .
On suppose que parmi les nombresTr(A^3), Tr(B^3) etTr(C^3) , au moins l'un d'entre eux n'est pas divisible par 9.- i)Montrer qu'il existe trois matrices
A_1, B_1 etC_1 deSL_2(Z) telles queA_1^3 + B_1^3 = C_1^3 ,Tr(A_1^3) ≡ 0[9], Tr(B_1^3) ≡ 2[9] etTr(C_1^3) ≡ 2[9] .
Étant donnée une matriceM = [a_(i, j)]_(1 ⩽ 2, j ⩽ 2) deM_2(Z) , on noteM^∙ = [a^∙_(i, j)]_(1 ⩽ 2, j ⩽ 2) la matrice deM_2(Z/3Z) oùa˙_(i, j) est la classe dea_(i, j) dans Z/3Z. - ii)Dans Z/3Z[X], démontrer que les polynômes caractéristiques de
B^∙_1 et deC^∙_1 sont égaux à(X − 1)^2 . - iii)Dans
M_2(Z/3Z) , démontrer que chacune des matricesB˙_1 etC˙_1 est semblable à une matrice de la forme(1, k; 0, 1) , aveck un élément deZ/3Z . - iv)Montrer que
(Å_1)^3 est égale à 0 la matrice nulle deM_2(Z/3Z) , en déduire une contradiction.
- i)Montrer qu'il existe trois matrices
- (b)Soit
- 26.Soient
α etm deux éléments deQ tels que2α et2m appartiennent àZ et qui vérifient les relations2α ≡ 0[9] et2m ≡ 0[9] .
On suppose qu'il existe deux élémentsx ety de Q tels que
(αm + 1/2)^2 − (α^2 − 1)(m^2 − 1) = x^2 − (α^2 − 1)y^2
On note alorsd le plus petit entier naturel non nul tel quex = r/d ety = s/d , avecr ets des éléments deZ ; on admet alors que
d^2[(4αm + 2)^2 − ((2α)^2 − 4)((2m)^2 − 4)] = (4xd)^2 − ((2α)^2 − 4)(2yd)^2 (∗∗). - (a)Démontrer que l'on a
[(4αm + 2)^2 − ((2α)^2 − 4)((2m)^2 − 4)] ≡ 6[9]
et
(4xd)^2 + (2yd)^2 ≡ 0[3]. - (b)Montrer que l'on a
4xd ≡ 0[3] et2yd ≡ 0[3] . - (c)À l'aide de l'égalité (**) montrer que 3 divise
d . - (d)En déduire une contradiction sur la définition de
d .
- (a)Démontrer que l'on a
- 27.Soient
α etm deux éléments deQ tels que2α et2m appartiennent àZ et qui vérifient les relations2α ≡ 0[9] et2m ≡ 0[9] .
Montrer qu'il n'existe pas de matricesU etV deSL_2(Z) vérifiant
Tr(U) = 2α, Tr(V) = 2m et det(U + V) = 1. - 28.Montrer si 3 divise
n , alors l'équationX^n + Y^n = Z^n d'inconnuesX, Y etZ n'admet pas de solutions dansSL_2(Z) .
\section*{VII. Recherche de solutions deX^n + Y^n = Z^n dansSL_2(Z) sin n'est pas divisible par 3 ou 4.}
Soitk ∈ N^∗ et soitp ∈ N^∗ . On dit qu'une matriceM deM_p(R) estk -périodique siM^k = I_p . SoientA = (0, − 1; 1, − 1), B = (− 1, 1; − 1, 0) etC = − I_2 trois matrices deSL_2(Z) qui vérifient la relationA + B = C . - 29.Montrer qu'une matrice
k -périodique est diagonalisable dansM_p(C) . - 30.(a) Déterminer toutes les matrices
X deSL_2(Z) qui vérifientTr(X) = − 1 etX^2 = A . Montrer que ces matrices sont 12-périodiques,- (b)Déterminer une matrice
Y deSL_2(Z) qui est 12-périodique et qui vérifie la relationY^2 = B . - (c)En déduire au moins un triplet
(X, Y, Z) de matrices de(SL_2(Z))^3 , constitué de matrices 12-périodiques, tel queX^2 + Y^2 = Z^2 .
- (b)Déterminer une matrice
- 31.Soit
n ≡ 2[12] , montrer qu'il existe au moins un triplet(X, Y, Z) de matrices de(SL_2(Z))^3 tel queX^n + Y^n = Z^n . - 32.En déduire, lorsque
n ≡ − 2[12] , qu'il existe au moins un triplet (X, Y, Z ) de matrices de(SL_2(Z))^3 tel queX^n + Y^n = Z^n .
- 33.Lorsque
n ≡ 1[6] oun ≡ 5[6] , à l'aide des matricesA etB déterminer des matricesX, Y etZ deSL_2(Z) qui vérifient la relationX^n + Y^n = Z^n . - 34.Suivant les valeurs de l'entier strictement positif
n , discuter l'existence de matricesX, Y etZ deSL_2(Z) qui vérifient la relationX^n + Y^n = Z^n .
VIII. Réseaux de
Q^n .
- 35.Démontrer que
R est un sous-groupe additif de(Q^n, +) . - 36.Si
n = 1 , montrer qu'il existe un élémentr deQ tel que
R = rZ = {rk|k ∈ Z}.
Cer est-il unique? - 37.On suppose
n ⩾ 2 , posonsπ : {Q^n, →, Q; (x_1, …, x_n), ↦, x_n . Montrer qu'il existe un élémentw deR tel que
π(R) = π(w)Z = {π(w)k|k ∈ Z}.
Dans la suite de cette partie, siπ(R) = {0} , on prendraw = (0, …, 0) . - 38.Soit
x un élément deR etw un élément deR défini comme dans la question précédente.- (a)Montrer qu'il existe un couple
(q, x˜) deZ × (R ∩ (Q^(n − 1) × {0})) tel quex = qw + x˜ . - (b)Démontrer que
x˜ est unique. L'entierq est-il toujours unique?
- (a)Montrer qu'il existe un couple
- 39.Démontrer que l'on a
R ∩ (Q^(n − 1) × {0}) = Zv_1˜ + … + Zv_m˜ = {∑_(i = 1)^m k_i v_i˜|k_1, …, k_m ∈ Z}
où les élémentsv_1˜, …, v_m˜ deR sont définis comme dans la question précédente. - 40.Montrer par récurrence sur la dimension de
Q^n , qu'il existe des élémentsu_1, …, u_p deR tels que pour toutx deR il existe un uniquep -uplet(k_1, …, k_p) deZ^p vérifiantx = ∑_(i = 1)^p k_i u_i .
Une telle famille(u_1, …, u_p) deR est appeléeZ -base deR , on notera alorsR = ⨁_(i = 1)^p Zu_i . - 41.Supposons que
vect_Q(v_1, …, v_m) = Q^n . Si(u_1, …, u_p) est une Z-base deR démontrer que(u_1, …, u_p) est une base deQ^n et quep = n .
IX. Condition pour que certains sous-groupes de
SL_2(Q) soient semblables à un sous-groupe de
SL_2(Z) .
- 42.Soit
G un sous-groupe multiplicatif de(SL_p(Q) ,.) tel qu'il existe un entier strictement positifd vérifiant
∀M ∈ G, dM ∈ M_p(Z).
SoitH le sous-groupe additif de(Q^p, +) engendré par les élémentsMe_i , avecM une matrice deG eti un élément de[ [1, p] ] ; c'est le plus petit sous-groupe de(Q^p, +) contenant l'ensemble{Me_i|M ∈ G, i ∈ [ [1, p] ]} et il peut s'écrire sous la forme suivante
H = {y_1 + y_2 + … + y_q|q ∈ N^∗, y_1, y_2, …, y_q ∈ M}
où
M = {Me_i|M ∈ G, i ∈ [ [1, p] ]} ∪ { − Me_i|M ∈ G, i ∈ [ [1, p] ]} ∪ {0}. - (a)Démontrer que les vecteurs
e_1, …, e_p appartiennent àH . - (b)Démontrer que
H est stable parG , c'est-à-dire que l'on a
∀M ∈ G, ∀h ∈ H, Mh ∈ H. - (c)Soient
M ∈ G etj ∈ [ [1, p] ] . Montrer qu'il existe des élémentsr_1, …, r_p de[ [0, d − 1] ] et des élémentsq_1, …, q_p deZ tels que
Me_j = ∑_(i = 1)^p q_i e_i + 1/d∑_(i = 1)^p r_i e_i. - (d)Montrer qu'il existe une famille génératrice
(v_1, …, v_m) deQ^p telle que
H = Zv_1 + … + Zv_m = {∑_(i = 1)^m k_i v_i|k_1, …, k_m ∈ Z}. - (e)En déduire qu'il existe une base
(u_1, …, u_p) deQ^p telle que
∀M ∈ G, Mu_i ∈ Zu_1 + … + Zu_p = {∑_(i = 1)^p k_i u_i|k_1, …, k_p ∈ Z}. - (f)En déduire qu'il existe une matrice
F deGL_p(Q) telle que
∀M ∈ G, F^(− 1)MF ∈ SL_p(Z).
Jusqu'à la fin du problème, on se place dans le cas particulierp = 2 .
- (a)Démontrer que les vecteurs
- 43.Soient
A etB deux éléments deSL_2(Q) et soitG le sous-groupe (multiplicatif) de (SL_2(Q) ,.) engendré parA etB . C'est le plus petit sous-groupe de(SL_2(Q) ,.) contenantA etB , il peut s'écrire
G = {Q_1 Q_2…Q_p|p ∈ N^∗, Q_1, Q_2, …, Q_p ∈ {I_2, A, B, A^(− 1), B^(− 1)}}.
- (a)Démontrer que
A^(− 1) etB^(− 1) appartiennent àK . - (b)Démontrer que
G ⊂ K . - (c)En déduire qu'il existe un entier strictement positif
d tel que
∀M ∈ G, dM ∈ M_2(Z).
- Soient
A, B ∈ SL_2(Q) .
- (a)Montrer l'équivalence entre les deux propositions suivantes :
- i)Il existe une matrice
F deGL_2(Q) telle queF^(− 1)AF etF^(− 1)BF appartiennent àSL_2(Z) . - ii)
Tr(A), Tr(B) etdet(A + B) appartiennent à Z.
- i)Il existe une matrice
- (b)Soit
n un entier strictement positif. SoientX, Y etZ des matrices deSL_2(Q) telles queTr(X) etTr(Y) appartiennent àZ et qui satisfont la relationX^n + Y^n = Z^n .
Montrer qu'il existe une matriceF deGL_2(Q) telle queX_1 = F^(− 1)XF, Y_1 = F^(− 1)YF etZ_1 = F^(− 1)ZF , avecX_1^n, Y_1^n etZ_1^n qui appartiennent àSL_2(Z) etX_1^n + Y_1^n = Z_1^n .
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve écrite 1 de l'agrégation interne de mathématiques 2022 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve écrite 1 de l'agrégation interne de mathématiques 2022 ?
Le sujet porte sur la réduction des endomorphismes, le théorème de Cayley-Hamilton, les matrices symétriques et le théorème spectral, ainsi que sur le groupe SL2(Z) et SL2(Q), autour de l'équation matricielle X^n + Y^n = Z^n.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur l'épreuve 1 de l'agrégation interne de maths 2022 ?
Le jury relève un manque général de rigueur, des raisonnements par récurrence mal rédigés, des hypothèses de théorèmes non vérifiées, et plusieurs confusions précises comme diagonalisable et diagonale, ou même polynôme caractéristique et similitude.
L'épreuve 1 de l'agrégation interne de mathématiques 2022 est-elle difficile ?
Oui, la moyenne n'est que de 7,40 sur 20 et le rapport signale à plusieurs reprises des questions très peu ou très rarement réussies.
Quelle est la moyenne à l'épreuve 1 de l'agrégation interne de mathématiques 2022 ?
La moyenne est de 7,40 sur 20, avec un écart type de 3,53, d'après l'histogramme des notes du rapport de jury.
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