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Agrégation mathématiques interne 2025, épreuve 1Sujet et rapport du jury

Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2025

Pas encore noté
  • Polynôme minimal et polynôme caractéristique
  • Racines de l'unité et polynômes cyclotomiques
  • Réduction des endomorphismes, diagonalisation
  • Décomposition de Frobenius, endomorphismes cycliques
  • Groupes finis, action de groupe, théorème de Lagrange
  • Groupes cycliques et groupes diédraux

Téléchargements

  • Corrigé : pas encore disponible

Présentation du sujet

Difficile
Matrices d'ordre fini dans GL_k(K) pour K = C, R, Q : polynômes cyclotomiques, décomposition de Frobenius, groupes diédraux et matrices sur Z/pZ
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Le problème étudie les matrices d'ordre fini dans GL_k(K) pour K égal à C, R puis Q, avant de déterminer les sous-groupes finis de GL_2(Q) et d'étudier un exemple dans GL_2(Z/pZ). Après deux exercices préliminaires sur le polynôme minimal et la fonction indicatrice d'Euler, le sujet établit la décomposition de X^n moins 1 en polynômes cyclotomiques, un lemme sur les matrices d'ordre fini, la décomposition de Frobenius des endomorphismes cycliques, puis classifie les matrices complexes, réelles et rationnelles d'ordre fini et les sous-groupes finis de GL_2(R) et GL_2(Q).

  1. 1Exercices préliminaires 1 et 2Polynôme minimal d'un endomorphisme et fonction indicatrice d'Euler.
  2. 2Première partie : décomposition de X^n - 1 en produit d'irréductiblesRacines de l'unité, polynômes cyclotomiques et leur appartenance à Z[X].
  3. 3Deuxième partie : un lemme sur les matrices d'ordre finiDiagonalisabilité sur C d'une matrice d'ordre fini et forme de son polynôme minimal.
  4. 4Troisième partie : endomorphismes cycliques et décomposition de FrobeniusMatrices compagnons, caractérisation des endomorphismes cycliques et décomposition de Frobenius.
  5. 5Quatrième partie : matrices complexes ou réelles d'ordre finiClassification des matrices d'ordre fini dans GL_k(C) et GL_k(R), sous-groupes finis de GL_2(R), groupes cycliques et diédraux.
  6. 6Cinquième partie : matrices rationnelles d'ordre finiForme du polynôme minimal d'une matrice d'ordre fini dans GL_k(Q) et classification des sous-groupes finis de GL_2(Q).
  7. 7Sixième partie : matrices d'ordre fini dans GL_2(Z/pZ)Dénombrement des matrices d'un ordre donné dans GL_2(Z/3Z) via l'action par conjugaison.

Difficile. Le rapport indique une moyenne de 37,75 sur 100 avec un écart-type de 17,8, et relève de nombreuses confusions sur des notions de base (polynôme annulateur, minimal, caractéristique) jusque tard dans le sujet, notamment à la question 12.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 37,75 / 20 · écart-type 17,8 · où vous situez-vous ?
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Moyenne
37,75/ 20
Écart-type
17,8
Médiane
38
1er quartile
25
3e quartile
50
moyenne 37,7505101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Confusion entre polynôme annulateur, minimal et caractéristique · Réciproque non vérifiée sur les matrices semblables · Confusion entre l'indéterminée X et une variable
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Le rapport relève des confusions récurrentes de vocabulaire et de notations dès les exercices préliminaires, ainsi qu'un manque de rigueur dans les justifications, en particulier l'oubli des réciproques et des hypothèses des théorèmes cités. Certaines questions, comme la 4, la 11(c) ou la 15(c), ont permis aux meilleurs candidats de se démarquer nettement.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Confusion entre polynôme annulateur, minimal et caractéristiqueQ12

    Trop de candidats affirment que X^r moins 1 est le polynôme caractéristique ou minimal de A sans justification, alors que ce n'est pas vrai en général.

  2. 2
    Réciproque non vérifiée sur les matrices semblablesQ21

    Deux matrices ayant même polynôme caractéristique, ou même polynôme minimal, ne sont pas forcément semblables ; c'est la réciproque qui est vraie.

  3. 3
    Confusion entre l'indéterminée X et une variableQ8

    Dans certaines copies, les candidats confondent l'indéterminée X avec une variable, et ne pensent pas toujours à montrer que les racines de X^n moins 1 sont deux à deux distinctes.

  4. 4
    Question de cours pourtant peu réussieQ7

    La question 7 a été souvent traitée par les candidats mais peu réussie dans l'ensemble.

    « Cette question a été souvent traitée, mais a été peu réussie. »
  5. 5
    Caractère irréductible oublié dans une factorisationQ42(a)

    La factorisation de X^8 moins 1 est souvent bien démontrée, mais le caractère irréductible des facteurs est en revanche souvent oublié.

  6. 6
    Confusion entre premiers entre eux et divisibilitéQ10(a)

    Certaines copies confondent l'affirmation m et n premiers entre eux avec l'affirmation m divise n ou n divise m.

Ce qui a été bien réussi

  • La question 4 a mis en valeur certains candidats, notamment ceux qui ont pensé à invoquer l'isomorphisme entre K[X]/mu_u et K[u].
  • La question 11(c) a mis en valeur les très bons candidats capables de mener une récurrence forte correctement quantifiée.
  • La question 15(c) a été traitée par les excellentes copies qui montrent un certain recul en algèbre linéaire.
  • La question 14 a mis en valeur les candidats solides sur la gestion des quantificateurs et des signes.

Conseils du jury

  • Soigner le vocabulaire et les notations, en particulier ne pas confondre un élément u avec l'indéterminée X d'un polynôme.
  • Toujours vérifier les hypothèses d'un théorème avant de l'appliquer, notamment pour le lemme des noyaux.
  • Ne pas se contenter d'une implication quand une équivalence est nécessaire, et toujours traiter la réciproque.
  • Annoncer clairement le résultat visé et le quantifier correctement avant d'entamer une récurrence.
  • Éviter les affirmations hâtives comme confondre diagonalisable et inversible, ou polynôme annulateur et polynôme minimal.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Description

Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2025.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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SESSION 2025
AGRÉGATION
Concours interne et CAER
Section
MATHÉMATIQUES
Première épreuve
Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire.

INFORMATION AUX CANDIDATS

Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie. Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.

AGRÉGATION INTERNE MATHÉMATIQUES

  • -
    Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public:
    Concours E A I
    Section/option
    1 3 0 0 A
    Epreuve
    1 0 1
    Matière
    0 5 4
  • -
    Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :
    Concours
    Section/option
    1 3 0 0 A
    Epreuve
    1 0 1
    Matière
    0 5 4 0

Notations et rappels

On désigne par ℕ l'ensemble des entiers naturels et par ℕ^∗ l'ensemble des entiers naturels non nuls. On désigne par ℤ l'anneau des entiers relatifs. On désigne respectivement par ℚ, ℝ et ℂ les corps des nombres rationnels, des nombres réels, et des nombres complexes. Pour k et n dans ℤ avec k ⩽ n, on désigne par [ [k, n] ] l'ensemble des entiers relatifs ℓ tels que k ⩽ ℓ ⩽ n.
Pour n ∈ ℕ^∗, on note note 𝕌_n = {z ∈ ℂ, z^n = 1} le groupe multiplicatif des racines n-ièmes de l'unité dans ℂ. On rappelle qu'il s'agit d'un groupe cyclique d'ordre n. On dit que z ∈ 𝕌_n est une racine primitive n-ième de l'unité si z engendre le groupe 𝕌_n.
Pour un corps 𝕂 et un entier naturel non nul k, on note GL_k(𝕂) le groupe des matrices inversibles de taille k × k et à coefficients dans 𝕂. On désigne par I_k la matrice identité de taille k de GL_k(𝕂).
On note O_2(ℝ) le groupe des matrices orthogonales de taille 2 , c'est l'ensemble des matrices M ∈ M_2(ℝ) telles que M^T M = I_2, où M^T est la transposée de la matrice M.
Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps 𝕂 de caractéristique différente de 2. Pour u endomorphisme de E, le polynôme caractéristique de u est noté χ_u(X) = det(XId_E − u) où Id_E est l'endomorphisme identité de E.
Définition 1. Soit 𝕂 un corps et k un entier naturel non nul. Soit A ∈ GL_k(𝕂). On dira que A est d'ordre fini s'il existe n ∈ ℕ^∗ tel que A^n = I_k, son ordre est alors le plus petit entier naturel non nul r tel que A^r = I_k.
Ce sujet est formé de deux exercices préliminaires et de six parties. Son but est d'étudier les matrices d'ordre fini dans GL_k(𝕂) pour les corps 𝕂 = ℂ, ℝ et ℚ, de déterminer les sous-groupes finis de GL_2(ℚ) et d'étudier un exemple dans GL_2(ℤ/pℤ) où p est un nombre premier.

Exercice préliminaire 1

Soit 𝕂 un corps et E un 𝕂-espace vectoriel de dimension finie. On considère un endomorphisme u de E. On désigne par 𝕂[X] la 𝕂-algèbre des polynômes à une indéterminée et à coefficients dans 𝕂 et par End(E) la 𝕂-algèbre des endomorphismes de E.
  • 1.Montrer qu'il existe un unique morphisme de 𝕂-algèbres θ_u : 𝕂[X] ⟶ End(E) envoyant X sur u.
Pour tout polynôme P ∈ 𝕂[X], on note P(u) = θ_u(P). L'image de θ_u est notée 𝕂[u].
  • 2.Montrer que le morphisme θ_u n'est pas injectif.
  • 3.En déduire l'existence d'un unique polynôme unitaire μ_u ∈ 𝕂[X] tel que pour tout polynôme P ∈ 𝕂[X], θ_u(P) est l'endomorphisme nul de E si et seulement si μ_u divise P.
Définition 2. Ce polynôme μ_u est appelé le polynôme minimal de u.
  • 4.Soit d le degré de μ_u. Montrer que (Id_E, u, …, u^(d − 1)) est une base de 𝕂[u].
On rappelle le théorème de Cayley-Hamilton :
Théorème 3. Soit u un endomorphisme d'un 𝕂-espace vectoriel E de dimension finie, alors μ_u divise χ_u.

Exercice préliminaire 2

Définition 4. L'application φ : ℕ^∗ → ℕ^∗ qui à tout entier naturel non nul n associe le cardinal des entiers k ∈ [ [1, n] ] premiers avec n est appelée fonction indicatrice d'Euler.
  • 5.Soit n un entier naturel non nul. Montrer que la valeur de φ(n) est égale au nombre d'éléments inversibles de l'anneau ℤ/nℤ.
  • 6.Montrer que si p est un nombre premier et α ∈ ℕ^∗, alors on a la relation φ(p^α) = p^α − p^(α − 1).
  • 7.Dans ℕ^∗, résoudre l'inéquation φ(n) ⩽ 2.
    Indication : on pourra décomposer n en produit de nombres premiers; on rappelle que si m et n sont deux entiers naturels non nuls premiers entre eux, alors on a l'égalité φ(mn) = φ(m)φ(n).

Première partie : décomposition de X^n − 1 en produit d'irréductibles

Dans toute cette partie, n désigne un entier naturel non nul. On note ω_n = e^((2iπ)/n).
  • 8.Dans ℂ[X], exprimer à l'aide de ω_n la décomposition du polynôme X^n − 1 en facteurs irréductibles. En déduire que X^n − 1 est à racines simples dans ℂ.
  • 9.(a) Quelles sont, en fonction de n, les racines n-ièmes de l'unité appartenant à ℝ ?
    • (b)Soit θ un nombre réel non nul qui n'est pas de la forme mπ avec m un entier relatif. Justifier que le polynôme de ℂ[X] de degré 2 donné par P_θ = (X − e^(iθ))(X − e^(− iθ)) est un polynôme de ℝ[X] qui est irréductible dont on donnera les coefficients.
    • (c)En fonction de n, donner la décomposition en facteurs irréductibles du polynôme X^n − 1 dans ℝ[X].
  • 10.(a) Soit m ∈ ℕ^∗. Démontrer que ω_n^m est une racine primitive n-ième de l'unité si et seulement si m et n sont premiers entre eux.
    • (b)Montrer que le nombre de racines primitives n-ièmes de l'unité est φ(n).
Définition 5. Pour n entier naturel non nul, on note
Φ_n = ∏_(1 ⩽ m ⩽ n; m ∧ n = 1)(X − ω_n^m).
Ce polynôme est appelé le n-ième polynôme cyclotomique.
  • 11.(a) Justifier que 𝕌_n = ⋃_(d|n)𝔸_d, où 𝔸_d désigne l'ensemble des racines primitives d-ièmes de l'unité. Montrer que cette union est disjointe. En déduire que
    X^n − 1 = ∏_(d|n)Φ_d.
    • (b)Déterminer Φ_n pour 1 ⩽ n ⩽ 6.
    • (c)Soit B ∈ ℤ[X] un polynôme unitaire et A ∈ ℤ[X]. Montrer qu'il existe Q, R ∈ ℤ[X] tels que A = BQ + R avec degR < degB ou R = 0.
      Indication : on pourra faire une preuve par récurrence sur le degré de A.
    • (d)En déduire que pour tout n ∈ ℕ^∗, Φ_n ∈ ℤ[X].
Dans la suite du sujet, on admet que pour tout n ∈ ℕ^∗, le polynôme Φ_n est un polynôme irréductible de ℚ[X]. La décomposition de X^n − 1 en facteurs irréductibles dans Q[X] est donc donnée par
X^n − 1 = ∏_(d|n)Φ_d.

Deuxième partie : un lemme sur les matrices d'ordre fini

Dans cette partie, 𝕂 = ℚ, ℝ ou ℂ. On considère une matrice A ∈ GL_k(𝕂) d'ordre fini; son ordre est noté r.
  • 12.Montrer que A est diagonalisable sur ℂ et que ses valeurs propres sont des racines de l'unité.
  • 13.Montrer que le polynôme minimal μ_A de A s'écrit sous la forme μ_A = P_1⋯P_q, où les P_j sont des polynômes irréductibles unitaires de 𝕂[X] deux à deux distincts.

Troisième partie : endomorphismes cycliques et décomposition de Frobenius

Dans cette partie, on fixe un corps 𝕂, un 𝕂-espace vectoriel E de dimension finie k ⩾ 1 et u un endomorphisme de E. On note
μ_u = P_1^(m_1)⋯P_q^(m_q)
la décomposition en facteurs irréductibles du polynôme minimal de u dans 𝕂[X]; les P_i sont des polynômes irréductibles unitaires de 𝕂[X] deux-à-deux distincts et les m_i sont des entiers naturels non nuls.
Définition 6. On associe à tout polynôme unitaire P, de degré n et noté P = X^n + a_(n − 1)X^(n − 1) + ⋯ + a_0 de 𝕂[X], sa matrice compagnon définie par
C_P = (0, 0, ⋯, 0, − a_0; 1, 0, ⋯, 0, − a_1; 0, 1, ⋱, ⋮, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0, − a_(n − 2); 0, ⋯, 0, 1, − a_(n − 1)).
  • 14.Soit P un polynôme unitaire de 𝕂[X]. Démontrer que le polynôme caractéristique de C_P est égal à P.
    Indication : on pourra procéder par récurrence sur l'entier n ⩾ 1.
  • 15.Soit x ∈ E. On note
    I_x = {P ∈ 𝕂[X]|P(u)(x) = 0}.
    • (a)Justifier qu'il existe un unique polynôme unitaire μ_x de 𝕂[X] tel que I_x = μ_x 𝕂[X] et que l'on a μ_x|μ_u.
    • (b)Justifier que E = ⨁_(i = 1)^q Ker(P_i^(m_i)(u)) et que les sous-espaces N_i = Ker(P_i^(m_i)(u)) sont stables par u.
    • (c)Pour tout i ∈ [ [1, q] ], on note u_i l'endomorphisme induit par u sur N_i. Montrer que μ_(u_i) = P_i^(m_i). En déduire qu'il existe x_i ∈ E tel que μ_(x_i) = μ_(u_i), puis qu'il existe x ∈ E tel que μ_x = μ_u.
Définition 7. Soit u un endomorphisme de E. On dit que u est cyclique s'il existe un vecteur x_0 ∈ E tel que la famille (x_0, u(x_0), …, u^(k − 1)(x_0)) soit une base de E.
16. Soit u un endomorphisme de E. Montrer que les énoncés suivants sont équivalents :
  • i)L'endomorphisme u est cyclique.
  • ii)Il existe une base B de E telle que Mat_B(u) soit la matrice compagnon d'un certain polynôme.
  • iii) χ_u = μ_u.
  1. Soit u un endomorphisme cyclique de E. On note Com(u) = {v ∈ End(E)|v ∘ u = u ∘ v} l'ensemble des endomorphismes qui commutent avec u. Justifier que Com(u) = 𝕂[u].
  2. Dans cette question, on suppose que μ_u est irréductible sur 𝕂. Pour x ∈ E, on note
E_x = {P(u)(x)|P ∈ 𝕂[X]}.
  • (a)Montrer que E_x est stable par u pour tout x dans E. Montrer que si x est non nul, l'endomorphisme v induit par u sur E_x est cyclique, de polynôme minimal égal à μ_u. En déduire la dimension de E_x.
  • (b)Soit F un sous-espace de E stable par u et x ∈ E. Montrer que E_x ⊆ F ou E_x ∩ F = {0}.
  • (c)Montrer qu'il existe des vecteurs x_1, …, x_p de E tels que
    E = ⨁_(i = 1)^p E_(x_i).
  1. Dans cette question, on suppose que μ_u est sans facteurs carrés, c'est-à-dire que sa décomposition en produit de polynômes irréductibles unitaires est de la forme μ_u = P_1⋯P_q où les P_i sont 2 à 2 distincts.
  • (a)Déduire de la question précédente qu'il existe des vecteurs x_1, …, x_p de E tels que
    E = ⨁_(i = 1)^p E_(x_i),
    puis qu'il existe une base B de E telle que la matrice de u dans B est diagonale par blocs de la forme
    Diag(C_(P_1), …, C_(P_1), …, C_(P_q), …, C_(P_q))
    où chaque bloc C_(P_j) est présent un certain nombre de fois, noté ℓ_j.
  • (b)Montrer que χ_u = P_1^(ℓ_1)⋯P_q^(ℓ_q).

Quatrième partie : matrices complexes ou réelles d'ordre fini

  1. Dans cette question, on prend 𝕂 = ℂ et A ∈ GL_k(ℂ) est une matrice d'ordre fini. Par conséquent, il existe un entier n de ℕ^∗ tel que A^n = I_k.
  • (a)Justifier que A est diagonalisable et que ses valeurs propres sont des racines n-ièmes de l'unité.
  • (b)On note λ_1, …, λ_k les valeurs propres de A et pour j ∈ [ [1, k] ], on note n_j l'ordre de λ_j dans le groupe 𝕌_n des racines n-ièmes de l'unité. Exprimer l'ordre de A dans le groupe GL_k(𝕂) en fonction des n_j.
  • (c)Montrer que pour tout r ∈ ℕ^∗, il existe une matrice A_r ∈ GL_k(ℂ) d'ordre exactement r.
Définition 8. Pour θ ∈ ℝ, on note R_θ = (cosθ, − sinθ; sinθ, cosθ) ∈ GL_2(ℝ) la matrice de la rotation plane d'angle θ.
  • 21.Dans le cas où θ n'est pas congru à 0 modulo π, déterminer le polynôme minimal de R_θ et en déduire que R_θ est semblable à (0, − 1; 1, 2cosθ).
  • 22.Soit A ∈ GL_k(ℝ) une matrice d'ordre fini. Justifier que le polynôme minimal μ_A de A est de la forme
    μ_A = (X − 1)^(ε_1)(X + 1)^(ε_2)P_(θ_1)⋯P_(θ_q)
    où ε_1 et ε_2 sont des éléments de {0, 1}, P_(θ_j) = X^2 − 2cos(θ_j)X + 1 et les θ_j sont des éléments de 2πℚ∖πℤ qui sont deux-à-deux distincts.
  • 23.Soit A ∈ GL_k(ℝ). Montrer que A est d'ordre fini si et seulement si A est semblable à une matrice diagonale par blocs de la forme
    Diag(I_(k_1), − I_(k_2), R_(θ_1), …, R_(θ_1), …, R_(θ_q), …, R_(θ_q)),
    où chaque bloc R_(θ_j) apparaît ℓ_j fois, avec k = k_1 + k_2 + 2(ℓ_1 + ⋯ + ℓ_q) et les θ_j sont des éléments de 2πℚ∖πℤ qui sont deux-à-deux distincts. Certains blocs peuvent ne pas apparaître dans cette écriture.
  • 24.Soit A ∈ GL_k(ℝ) une matrice d'ordre fini. En gardant les notations de la question précédentes, et en écrivant θ_j = 2π(a_j)/(b_j) où a_j et b_j sont premiers entre eux, exprimer l'ordre de A en fonction des b_j.
    Indication : on pourra distinguer les cas k_2 > 0 et k_2 = 0.
  • 25.On considère le cas k = 2. Montrer que A est d'ordre fini si et seulement si A est semblable à (1, 0; 0, − 1) ou à une matrice R_θ avec θ ∈ 2πℚ.
  • 26.Montrer que pour tout r ∈ ℕ^∗, il existe une matrice de GL_2(ℝ) d'ordre exactement r.
  • 27.Soit G un sous-groupe fini de GL_2(ℝ).
    • (a)Pour u et v des éléments de ℝ^2, on pose
      (u, v)_G = 1/(|G|)∑_(A ∈ G)⟨Au, Av⟩,
      où ⟨ −, − ⟩ désigne le produit scalaire canonique de ℝ^2. Montrer que (−, −)_G est un produit scalaire sur ℝ^2 et que pour tout u et v de ℝ^2 et pour tout A de G, on a (u, v)_G = (Au, Av)_G.
    • (b)On note S l'élément de M_2(ℝ) qui est la matrice du produit scalaire (−, −)_G dans la base canonique de ℝ^2. Justifier qu'il existe P ∈ GL_2(ℝ) telle que S = P^T P, puis montrer que pour tout A ∈ G, on a PAP^(− 1) ∈ O_2(ℝ).
Ainsi, le sous-groupe G est conjugué - en conséquence isomorphe - à un sous-groupe de O_2(ℝ).
  • 28.On note SO_2(ℝ) le sous-groupe de O_2(ℝ) constitué des matrices de déterminant 1 , qui sont les matrices de rotation plane. Montrer que si G est un sous-groupe fini d'ordre n de SO_2(ℝ), alors G est un groupe cyclique, engendré par la matrice R_((2π)/n).
  • 29.Soit n un entier naturel non nul. On considère le sous-groupe D_n de O_2(ℝ) engendré par les matrices
    A = R_((2π)/n) = (cos((2π)/n), − sin((2π)/n); sin((2π)/n), cos((2π)/n)), B = (1, 0; 0, − 1).
    Montrer que l'on a
    D_n = {I_2, A, …, A^(n − 1), B, BA, …, BA^(n − 1)}.
    Indication : on pourra d'abord montrer que AB = BA^(− 1).
Définition 9. Ce groupe D_n est appelé n-ième groupe diédral.
30. Dans cette question, G est un sous-groupe fini de O_2(ℝ) non inclus dans SO_2(ℝ).
  • (a)Montrer que G ∩ SO_2(ℝ) est un sous-groupe d'indice 2 de G.
  • (b)Montrer que G contient une matrice de la forme
    S_θ = (cos(θ), sin(θ); sin(θ), − cos(θ)),
    où θ est un nombre réel.
  • (c)Montrer qu'il existe P ∈ SO_2(ℝ) tel que P^(− 1)S_θ P = (1, 0; 0, − 1).
  • (d)En déduire qu'il existe un entier n tel que G est conjugué dans SO_2(ℝ) au groupe diédral D_n.
Ainsi, tout sous-groupe fini de GL_2(ℝ) est isomorphe, soit à un groupe cyclique ℤ/nℤ, soit à un groupe diédral D_n.

Cinquième partie : matrices rationnelles d'ordre fini

  1. Soit A ∈ GL_k(ℚ) une matrice d'ordre fini. Par conséquent, il existe un entier n de ℕ^∗ tel que A^n = I_k. Justifier que le polynôme minimal μ_A de A est de la forme
μ_A = Φ_(d_1)⋯Φ_(d_q)
où q ⩾ 1 et les d_i sont des entiers 2 à 2 distincts qui divisent n.
32. Justifier que A est semblable à une matrice diagonale par blocs de la forme
Diag(C_(Φ_(d_1)), …, C_(Φ_(d_1)), …, C_(Φ_(d_q)), …, C_(Φ_(d_q))),
où chaque bloc C_(Φ_(d_j)) est présent ℓ_j fois, avec ℓ_j la multiplicité de Φ_(d_j) dans le polynôme caractéristique de A.
33. (a) Justifier que pour tout entier naturel non nul d, l'ordre de la matrice C_(Φ_d) dans le groupe multiplicatif GL_k(ℚ) est d.
  • (b)En déduire que A ∈ GL_k(ℚ) est d'ordre fini si et seulement si A est semblable à une matrice de la forme
    Diag(C_(Φ_(d_1)), …, C_(Φ_(d_1)), …, C_(Φ_(d_q)), …, C_(Φ_(d_q))),
    où chaque bloc C_(Φ_(d_j)) est présent ℓ_j fois et ℓ_1 φ(d_1) + ⋯ + ℓ_q φ(d_q) = k.
  • (c)Lorsque A ∈ GL_k(ℚ) est d'ordre fini, exprimer son ordre en fonction des entiers d_j.
  • (d)On prend k = 4. Exhiber une matrice A ∈ GL_4(ℚ) d'ordre 12.
  • (e)Montrer que l'ordre maximal d'une matrice A de GL_k(ℚ) est inférieur ou égal à
    ppcm{m, φ(m) ⩽ k}.
  1. Dans cette question, on fixe k = 2.
  • (a)Montrer que A ∈ GL_2(ℚ) est d'ordre fini si et seulement si A est semblable à l'une des 6 matrices
    (1, 0; 0, 1), (− 1, 0; 0, − 1), (1, 0; 0, − 1), (0, − 1; 1, − 1), (0, − 1; 1, 0), (0, − 1; 1, 1).
    On précisera l'ordre de chacune de ces matrices.
  • (b)Soit G un sous-groupe fini de GL_2(ℚ). En s'appuyant sur les résultats de la quatrième partie, montrer que G est isomorphe à l'un des groupes suivants :
    {I_2}, ℤ/2ℤ, ℤ/3ℤ, ℤ/4ℤ, ℤ/6ℤ, D_2, D_3, D_4, D_6.

Sixième partie : matrices d'ordre fini dans GL_2(ℤ/pℤ)

Dans cette partie, on fixe un nombre premier p et on considère le groupe GL_2(ℤ/pℤ). On rappelle que l'on peut faire agir le groupe GL_2(ℤ/pℤ) sur lui-même par conjugaison en posant P ⋅ M = PMP^(− 1); ainsi, l'orbite O_M de M est alors sa classe de similitude et son stabilisateur est
Stab(M) = {P ∈ GL_2(ℤ/pℤ)|PMP^(− 1) = M}.
On a alors l'égalité de cardinaux
(|GL_2(ℤ/pℤ)|)/(|Stab(M)|) = |O_M|.
  • 35.Déterminer le cardinal de GL_2(ℤ/pℤ).
  • 36.Soit M ∈ GL_2(ℤ/pℤ). Justifier que l'algèbre ( ℤ/pℤ )[ M ] des polynômes en M à coefficients dans ℤ/pℤ est de cardinal 1, p ou p^2.
  • 37.En déduire que l'ordre de toute matrice de GL_2(ℤ/pℤ) est majoré par p^2 − 1.
  • 38.Soit M ∈ GL_2(ℤ/pℤ). On suppose dans cette question que le polynôme minimal de M est de degré 2.
    • (a)Justifier que Stab(M) = ℤ/pℤ[M] ∩ GL_2(ℤ/pℤ).
    • (b)Montrer que si M ∈ GL_2(ℤ/pℤ) n'admet pas de valeur propre dans ℤ/pℤ, alors on a l'égalité |Stab(M)| = p^2 − 1.
    • (c)Montrer que si M admet une unique valeur propre dans ℤ/pℤ, alors on a |Stab(M)| = p^2 − p.
À partir de maintenant et jusqu'à la fin du sujet, on prend p = 3 et on détermine les ordres des éléments de GL_2(ℤ/3ℤ), ainsi que le nombre de matrices ayant un ordre donné.
  • 39.Justifier que les ordres possibles pour une matrice de GL_2(ℤ/3ℤ) sont 1,2,3,4,6 et 8.
  • 40.Éléments d'ordre 6.
    • (a)Justifier que le polynôme X^6 − 1 est scindé dans ℤ/3ℤ.
    • (b)En déduire que M ∈ GL_2(ℤ/3ℤ) est d'ordre 6 si et seulement si M est semblable à (− 1, 1; 0, − 1).
    • (c)Dénombrer les matrices d'ordre 6.
  • 41.Éléments d'ordre 3. Adapter la méthode de la question précédente.
  • 42.Éléments d'ordre 8.
    • (a)Montrer que la décomposition en facteurs irréductibles de X^8 − 1 dans ℤ/3ℤ[X] est
      X^8 − 1 = (X − 1)(X + 1)(X^2 + 1)(X^2 + X + 2)(X^2 + 2X + 2).
    • (b)En déduire une condition nécessaire et suffisante sur le polynôme minimal d'une matrice de GL_2(ℤ/3ℤ) pour qu'elle soit d'ordre 8.
    • (c)Exhiber alors une matrice M ∈ GL_2(ℤ/3ℤ) d'ordre 8.
    • (d)Dénombrer les matrices d'ordre 8.
  1. Éléments d'ordre 4. Adapter la méthode de la question précédente.
  2. Éléments d'ordre 2.
  • (a)Justifier qu'une matrice d'ordre 2 autre que − I_2 est semblable à M = (1, 0; 0, − 1).
  • (b)Déterminer |Stab(M)| et en déduire le nombre d'éléments d'ordre 2 dans GL_2(ℤ/3ℤ).

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte la première épreuve écrite de l'agrégation interne de mathématiques 2025 ?
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Sur quels chapitres porte la première épreuve écrite de l'agrégation interne de mathématiques 2025 ?

Le sujet porte sur les matrices d'ordre fini : polynôme minimal, polynômes cyclotomiques, décomposition de Frobenius, groupes cycliques et diédraux, et matrices sur Z/pZ.

La première épreuve de l'agrégation interne de maths 2025 est-elle difficile ?

Oui, le rapport indique une moyenne de seulement 37,75 sur 100 avec un écart-type de 17,8, et relève des confusions persistantes sur des notions de base jusqu'à des questions avancées du sujet.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur cette épreuve d'agrégation interne de maths ?

Le jury relève des confusions entre polynôme annulateur, minimal et caractéristique, des réciproques non vérifiées sur les matrices semblables, et un manque de rigueur dans le vocabulaire et les notations.

Le sujet d'agrégation interne maths 2025 sur les matrices d'ordre fini couvre-t-il la théorie des groupes ?

Oui, la quatrième et la cinquième partie classifient les sous-groupes finis de GL_2(R) et GL_2(Q) en groupes cycliques et diédraux, en s'appuyant sur des notions de théorie des groupes comme le théorème de Lagrange.

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