Agrégation mathématiques interne 2024, épreuve 1Sujet et rapport du jury
Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2024
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Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2024.
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SESSION 2024
AGRÉGATION
Concours interne et CAER
Concours interne et CAER
Section
MATHÉMATIQUES
MATHÉMATIQUES
Première épreuve
Durée : 6 heures
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout matériel électronique (y compris la calculatrice) est rigoureusement interdit.
Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire.
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INFORMATION AUX CANDIDATS
Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie. Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.
AGRÉGATION INTERNE MATHÉMATIQUES
- Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public :
| Concours | Section/option | Epreuve | Matière |
| E|A|I | 1/3/0/0/A | 1|0|1 | 0|5|4|0 |
- Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :
| Concours | Section/option | Epreuve | Matière |
| E|A|H | 1/3/0/0/A | 1|0|1 | 0|5|4|0 |
Notations et rappels
On désigne respectivement par
ℕ, ℤ et
ℂ l'ensemble des entiers naturels, l'anneau des entiers relatifs et le corps des nombres complexes. On désigne par
ℂ[X] la
ℂ -algèbre des polynômes à une indéterminée et à coefficients dans
ℂ .
Pour
i, j ∈ ℕ avec
i ⩽ j , on désigne par
[ [i, j] ] l'ensemble des entiers naturels compris entre
i et
j .
SoitE un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie. On note
End(E) l'algèbre des endomorphismes linéaires de E et GL
(E) le groupe des automorphismes linéaires de E. Pour
f ∈ End(E) , la trace de
f est notée
Tr(f) .
Soit
Soit
G un groupe fini. Son ordre (c'est-à-dire son cardinal) esr noté
|G| .
Soient(G, ⋅) un groupe et
x un élément de
G . Le sous-groupe de
G engendré par
x est noté
⟨x⟩ .
Soient (G, ⋅ ) un groupe et
H un sous-groupe distingué de
G . Le groupe quotient de
G par
H est noté
G/H .
Pourn un entier naturel non nul, on désigne par
ℑ_n le
n -ième groupe symétrique, c'est-à-dire le groupe des permutations de l'ensemble
{1, …, n} .
Soient
Soient (
Pour
Dans tout le sujet, les éléments de
ℂ^n , pour
n entier naturel supérieur ou égal à 2, seront notés sous forme de vecteurs colonnes.
On rappelle le résultat suivant :
Lemme 1. (Lemme des noyaux). SoientE un
ℂ -espace vectoriel,
f ∈ End(E) et
P_1, …, P_k ∈ ℂ[X] des polynômes deux-à-deux premiers entre eux. On pose
Lemme 1. (Lemme des noyaux). Soient
Alors
Ce problème est découpé en six parties. La première partie est formée de trois exercices préliminaires. Les parties suivantes sont consacrées à l'étude des représentations des groupes finis et en particulier à l'établissement des théorèmes de Maschke et de Kronecker.
Première partie
Cette première partie contient trois exercices dont les résultats pourront être utilisés dans les parties suivantes.
Exercice 1
Dans tout cet exercice,
E désigne un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie.
- 1.Les assertions suivantes sont-elles vraies ou fausses? Les réponses devront être soigneusement justifiées.
- (a)Tout endomorphisme de
E est diagonalisable. - (b)Soient
f un endomorphisme deE etF un sous-espace vectoriel deE stable parf . Il existe un sous-espace vectorielF^′ deE stable parf tel queE = F ⊕ F^′ . - (c)Soit
f un endomorphisme deE diagonalisable. Alorsf^2 est diagonalisable. - (d)Soit
f un endomorphisme deE tel quef^2 est diagonalisable. Alorsf est diagonalisable. - (e)Soient
f etg deux endomorphismes deE . AlorsTr(f ∘ g) = Tr(g ∘ f) .
- (a)Tout endomorphisme de
Exercice 2
Dans tout cet exercice,
E désigne un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie et
f désigne un endomorphisme de E.
- 2.(Question de cours). Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
- (a)
f est diagonalisable. - (b)
f est annulé par un polynômeP dont les racines sont toutes de multiplicité 1. - (c)Les racines du polynôme minimal de
f sont toutes de multiplicité 1.
- (a)
- 3.Soit
F un sous-espace vectoriel deE stable parf . On considère l'endomorphismef_(|F) deF , défini par
f_(|F) : {F, ⟶, F; x, ⟼, f(x).
Montrer que sif est diagonalisable, alorsf_(|F) est diagonalisable. - 4.Soient
E unℂ -espace vectoriel de dimension finie etf_1, …, f_k des endomorphismes deE , oùk est un entier naturel non nul. On suppose que pour touti ∈ [ [1, k] ], f_i est diagonalisable et que pour tousi, j ∈ [ [1, k] ], f_i ∘ f_j = f_j ∘ f_i .- (a)On suppose dans cette question que
k ⩾ 2 . SoitF un sous-espace propre def_k . Montrer queF est stable parf_1, …, f_(k − 1) . - (b)On suppose dans cette question que
k ⩾ 2 . Montrer que pour touti ∈ [ [1, k − 1] ] , l'endomorphisme deF induit parf_i est diagonalisable. - (c)Montrer qu'il existe une base de
E formée de vecteurs propres communs àf_1, …, f_k .
- (a)On suppose dans cette question que
Exercice 3
Définition 2. Soit (
G, ⋅ ) un groupe abélien fini. L'exposant de
G est le plus petit multiple commun (PPCM) des ordres des éléments de
G . On le note
exp(G) .
Dans tout cet exercice,
(G, ⋅) désigne un groupe abélien fini. Le but de l'exercice est de montrer que
G possède un élément d'ordre
exp(G) .
- 5.Soit
g un élément deG , dont l'ordre est notén et soitd ∈ ℕ , divisantn . Déterminer l'ordre deg^d . - 6.Soit
g un élément deG , dont l'ordre est notén et soitd ∈ ℕ . Déterminer l'ordre deg^d . - 7.Soient
g eth deux éléments deG , d'ordre respectifk etl premiers entre eux.- (a)Montrer que
⟨g⟩ ∩ ⟨h⟩ est réduit à l'élément neutre deG . - (b)En déduire l'ordre de
g ⋅ h .
- (a)Montrer que
- 8.Soient
g_1, …, g_n des éléments deG , d'ordre respectifk_1, …, k_n deux-à-deux premiers entre eux. Montrer que l'ordre deg_1 ⋅ … ⋅ g_n estk_1…k_n . - 9.On décompose l'exposant de
G en produit de nombres premiers, sous la forme
exp(G) = p_1^(α_1)…p_n^(α_n)
avecp_1, …, p_n des nombres premiers deux-à-deux distincts etα_1, …, α_n des entiers supérieurs ou égaux à 1.- (a)Soit
i ∈ {1, …, n} . Montrer queG possède un élément d'ordre un multiple dep_i^(α_i) puis queG possède un élément d'ordrep_i^(α_i) . - (b)Montrer que
G a un élément d'ordreexp(G) .
- (a)Soit
Deuxième partie : définition et exemples
Définition 3. Soient
(G, ⋅) un groupe (non nécessairement fini) et
E un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie. Une représentation de
G d'espace
E est un homomorphisme de groupes
θ de
G dans
GL(E) .
On notera que les espaces des représentations que l'on considèrera par la suite sont toujours de dimension finie.
10. Quelques exemples.
10. Quelques exemples.
- (a)Soit
θ une représentation d'un groupe(G, ⋅) d'espaceE .- i.Déterminer
θ(e_G) , oùe_G est l'élément neutre du groupe(G, ⋅) . - ii.Pour
g ∈ G , déterminerθ(g^(− 1)) en fonction deθ(g) .
- i.Déterminer
- (b)Soient
E unℂ -espace vectoriel etf un automorphisme deE . Montrer que l'application suivante est une représentation du groupe(ℤ, +) d'espaceE :
θ_1 : {ℤ, ⟶ GL(E); k, ⟼ f^k. - (c)Soient
E unℂ -espace vectoriel,n un entier naturel supérieur ou égal à 2 etf un endomorphisme deE tel quef^n = Id_E . Montrer que l'application suivante est une représentation du groupe (ℤ/nℤ , +) d'espaceE :
θ_2 : {ℤ/nℤ, ⟶ GL(E); k¯, ⟼ f^k. - (d)Pour
λ ∈ ℂ , soitf_λ l'endomorphisme deℂ^2 défini par
∀(x/y) ∈ ℂ^2, f_λ(x/y) = ((x + λy)/y).
Montrer que l'application suivante est une représentation du groupe(ℂ, +) d'espaceℂ^2 :
θ_3 : {ℂ, ⟶ GL(ℂ^2); λ, ⟼ f_λ.
- (e)Soit
σ ∈ 𝔖_3 . On considère l'endomorphisme deℂ^3 défini par
∀(x_1; x_2; x_3) ∈ ℂ^3, g_σ(x_1; x_2; x_3) = (x_(σ^(− 1)(1)); x_(σ^(− 1)(2)); x_(σ^(− 1)(3))).
Montrer que l'application suivante est une représentation du groupe𝔖_3 d'espaceℂ^3 :
θ_4 : {𝔖_3, ⟶ GL(ℂ^3); σ, ⟼ g_σ.
Définition 4. Soient
E un
ℂ -espace vectoriel de dimension finie,
θ : G ⟶ GL(E) une représentation d'un groupe
(G, ⋅) et
F un sous-espace vectoriel de
E . On dit que
F est un sous-espace invariant de
θ si pour tout
g ∈ G ,
- 11.(a) Montrer que si
F est un sous-espace invariant deθ , alors pour toutg ∈ G, θ(g) induit une bijection deF dansF . Par abus de notation, cette bijection sera notéeθ(g)_(|F) . - (b)Montrer que si
F est un sous-espace invariant deθ , alors l'application suivante est une représentation deG :
θ_(|F) : {G, ⟶ GL(F); g, ⟼ θ(g)_(|F). - (c)Déterminer les sous-espaces invariants de la représentation
θ_3 du groupeℂ . Indication : on pourra considérer les espaces propres de l'endomorphismeθ_3(1) . - (d)On considère la représentation
θ_4 de𝔖_3 .- i.Soit
F = {(x, y, z) ∈ ℂ^3|x + y + z = 0} . Montrer queF est sous-espace invariant deθ . - ii.Déterminer une base de
F et déterminer les matrices deθ_(4|F)(σ) dans cette base pour toutσ ∈ 𝔖_3 . - iii.Déterminer un sous-espace
F^′ invariant deθ , supplémentaire deF dansE .
- i.Soit
Définition 5. Soient
θ : G ⟶ GL(E) et
θ^′ : G ⟶ GL(E^′) deux représentations d'un même groupe
G . Un homomorphisme de représentations de
θ vers
θ^′ est une application linéaire
f : E ⟶ E^′ telle que pour tout
g ∈ G, f ∘ θ(g) = θ^′(g) ∘ f . Si de plus
f est bijective, on dira que
f est un isomorphisme de représentations de
θ vers
θ^′ . Enfin, on dira que
θ et
θ^′ sont isomorphes s'il existe un isomorphisme de représentations de
θ vers
θ^′ .
- 12.Soient
θ : G ⟶ GL(E) etθ^′ : G ⟶ GL(E^′) deux représentations d'un même groupeG etf un homomorphisme de représentations deθ versθ^′ .- (a)Montrer que
Ker(f) est un sous-espace invariant deθ . - (b)Montrer que
Im(f) est un sous-espace invariant deθ^′ . - (c)On suppose que
E = E^′ et queθ = θ^′ . Montrer que les espaces propres def sont des sous-espaces invariants deθ .
- (a)Montrer que
Définition 6. Soit
θ : G ⟶ GL(E) une représentation d'un groupe fini
G . On dira que
θ est irréductible si
E est non nul et si les seuls espaces invariants de
θ sont
E et
{0_E} .
- 13.Soient
θ : G ⟶ GL(E) etθ^′ : G ⟶ GL(E^′) deux représentations irréductibles d'un même groupe finiG etf un homomorphisme de représentations deθ versθ^′ .- (a)(Lemme de Schur).
- i.Montrer que
f est soit nul, soit un isomorphisme. - ii.Dans le cas particulier où
θ = θ^′ , montrer qu'il existe un nombre complexeλ tel quef = λId_E .
- i.Montrer que
- (b)Soit
h : E ⟶ E^′ une application linéaire quelconque.- i.Montrer que l'application suivante est un homomorphisme de représentations de
θ versθ^′ :
f = 1/(|G|)∑_(g ∈ G)θ^′(g) ∘ h ∘ θ(g^(− 1)). - ii.Montrer que si
θ etθ^′ ne sont pas isomorphes, alorsf = 0 . - iii.Dans le cas particulier où
θ = θ^′ , montrer que
f = (Tr(h))/(dim(E))Id_E.
Indication : on pourra d'abord montrer quef est un multiple deId_E puis considérer sa trace.
- i.Montrer que l'application suivante est un homomorphisme de représentations de
- (a)(Lemme de Schur).
Troisième partie : théorème de Maschke
Le but de cette partie est de démontrer le théorème suivant :
Théorème 7. (Théorème de Maschke). Soitθ : G ⟶ GL(E) une représentation d'un groupe fini d'espace
E . Il existe des sous-espaces invariants
F_1, …, F_k de
θ tels que :
Théorème 7. (Théorème de Maschke). Soit
-
− E = F_1 ⊕ … ⊕ F_k . - -Pour tout
i ∈ [ [1, k] ] , la représentationθ_(|F_i) est irréductible. - 14.Soient
θ : G ⟶ GL(E) une représentation d'un groupe finiG etF un sous-espace invariant deθ .- (a)Justifier l'existence d'un supplémentaire
F^′ deF dansE . - (b)Soit
p la projection surF parallèlement àF^′ . On considère l'endomorphisme deE défini par
q = 1/(|G|)∑_(g ∈ G)θ(g) ∘ p ∘ θ(g^(− 1)). - (c)Montrer que pour tout
x ∈ F, q(x) = x . - (d)Montrer que
Im(q) = F puis queq est une projection surF . - (e)Montrer que
q est un homomorphisme de représentations deθ vers elle-même. - (f)Montrer que
Ker(q) est un sous-espace invariant deθ et queE = F ⊕ Ker(q) .
- (a)Justifier l'existence d'un supplémentaire
- 15.Soit
θ : G ⟶ GL(E) une représentation deG dont l'espaceE est de dimension 1. Montrer queθ est irréductible. - 16.Démontrer le théorème de Maschke. Indication : on pourra procéder par récurrence sur la dimension de
E .
Quatrième partie : le cas des groupes abéliens finis
Dans toute cette partie,
G désigne un groupe abélien fini. Son ordre est noté
N .
17. Soitθ : G ⟶ GL(E) une représentation irréductible de
G d'espace
E .
17. Soit
- (a)Montrer que pour tout
g ∈ G, θ(g)^N = Id_E . En déduire que pour toutg ∈ G, θ(g) est diagonalisable. - (b)Montrer que les endomorphismes
θ(g) deE , oùg parcourtG , ont un vecteur propre commun. - (c)En déduire que
E est de dimension 1 .
- Justifier que lorsque
E est de dimension 1 , alorsGL(E) est isomorphe au groupeℂ^∗ .
Définition 8. Soit
G un groupe abélien fini. L'ensemble des homomorphismes de
G dans
ℂ^∗ est noté
Gˆ . Les éléments de
Gˆ sont appelés les caractères de
G .
Ainsi, les représentations irréductibles de
G s'identifient aux caractères de
G .
19. Montrer que l'application suivante munitGˆ d'une loi de groupe abélien :
19. Montrer que l'application suivante munit
Ainsi,
(Gˆ, ⋅) est un groupe abélien, appelé groupe des caractères de
G .
20. On suppose dans cette question queG est le groupe
ℤ/nℤ .
20. On suppose dans cette question que
- (a)Montrer que l'application suivante est un élément de
Gˆ :
α_1 : {G, ⟶, ℂ^∗; k¯, ⟼, e^((2iπk)/n). - (b)Montrer que
Gˆ est un groupe cyclique d'ordren , engendré parα_1 . Indication : siα ∈ Gˆ , on pourra considérerα(1^–) .
- Déterminer
Gˆ lorsqueG est le groupeℤ/2ℤ × ℤ/2ℤ .
Cinquième partie : prolongement des caractères et théorème de Kronecker
Dans toute cette partie, G désigne un groupe abélien fini.
22. SoitH un sous-groupe de
G et soit
α ∈ Hˆ . Le but de cette question est de montrer qu'il existe
α^′ ∈ Gˆ tel que
α_(|H)^′ = α .
22. Soit
- (a)On supppose
H est différent deG . Soit alorsx un élement deG n'appartenant pas àH . On considère le sous-groupeK deG engendré par les éléments deH et parx . Montrer que
K = {hx^p|h ∈ H, p ∈ ℤ}
et en déduire queK/H est un groupe cyclique non nul.
L'ordre deK/H sera notér . - (b)Montrer que tout élément
g deK s'écrit de façon uniqueg = hx^p , avech ∈ H etp ∈ [ [0, r − 1] ] .
- (c)Justifier que
x^r ∈ H .
On pose alorsz = α(x^r) . - (d)Soit
ω ∈ ℂ^∗ tel queω^r = z . Pourh ∈ H etp ∈ [ [0, r − 1] ] , on poseα~(hx^p) = α(h)ω^p . Montrer que cela définit un caractèreα~ ∈ Kˆ prolongeantα deH àK . - (e)Conclure. Indication : on pourra raisonner par récurrence sur
[G : H] = (|G|)/(|H|) .
- Le but de cette question est de démontrer que
|G| = |Gˆ| .
- (a)Conclure lorsque
G est cyclique. - (b)On suppose
G non cyclique. Soitx un élément deG différent de l'élément neutre et soitH = ⟨x⟩ . Montrer que l'application suivante est un homomorphisme surjectif de groupes :
θ : {Gˆ, ⟶, H^; α, ⟼, α_(|H). - (c)Soit
α ∈ Ker(θ) . On pose
α¯ : {G/H, ⟶ ℂ^∗; g¯, ⟼ α(g).
Montrer queα¯ est une application bien définie et qu'il s'agit d'un élément deG/Hˆ . - (d)Montrer que
Ker(θ) est isomorphe àG/Hˆ . - (e)Conclure.
Le but de la question 24 est de démontrer le théorème suivant :
Théorème 9. (Théorème de Kronecker). Si G est un groupe abélien fini non réduit à son élément neutre, alors il existe des entiers naturelsN_1, …, N_k ⩾ 2 , avec
N_k divisant
N_(k − 1), …, N_2 divisant
N_1 , tels que G est isomorphe au groupe
Théorème 9. (Théorème de Kronecker). Si G est un groupe abélien fini non réduit à son élément neutre, alors il existe des entiers naturels
Une telle écriture (dont on peut montrer qu'elle est unique) s'appelle décomposition de Kronecker de G.
24. On considère dans cette question un groupe abélienG fini. Son exposant (voir la première partie) est noté N. D'après la première partie, G possède un élément
x d'ordre N. On pose
H = ⟨x⟩ .
24. On considère dans cette question un groupe abélien
- (a)Justifier que
H possède un caractèreα ∈ Hˆ injectif. - (b)Justifier qu'il existe
β ∈ Gˆ tel queβ_(|H) = α . - (c)Monter que
β(G) = α(H) = {z ∈ ℂ|z^N = 1} . - (d)Justifier que l'exposant de
Ker(β) diviseN . - (e)Montrer
G est isomorphe àH × Ker(β) . - (f)Conclure.
- Donner une décomposition de Kronecker du groupe abélien
ℤ/6ℤ × ℤ/15ℤ .
Sixième partie : applications centrales
Définition 10. Soit
(G, ⋅) un groupe fini. Une application
λ de
G dans
ℂ est dite centrale si pour tous
g, h ∈ G, λ(g ⋅ h) = λ(h ⋅ g) . L'ensemble des applications centrales de
G est noté
C(G) .
Dans toute cette partie, on considère un groupe fini
(G, ⋅) .
- 26.(a) Montrer que
C(G) est un sous-espace vectoriel de l'espace vectoriel des applications deG dansℂ .- (b)Soit
λ : G ⟶ ℂ une application. Montrer queλ est centrale si, et seulement si, elle est constante sur chaque classe de conjugaison deG . - (c)Soit
C une classe de conjugaison deG . On considère l'application
ι_C : {G, ⟶, ℂ; g, ⟼, {1 si g ∈ C; 0 sinon
Montrer que ces applications forment une base deC(G) . En déduire la dimension deC(G) .
- (b)Soit
- 27.Soit
θ : G ⟶ GL(E) une représentation deG .- (a)Montrer que l'application suivante est centrale :
χ_θ : {G, ⟶ ℂ; g, ⟼ Tr(θ(g)). - (b)Montrer que pour tout
g ∈ G, θ(g) est diagonalisable et que ses valeurs propres sont des racines de l'unité. - (c)En déduire que pour tout
g ∈ G, χ_θ(g^(− 1)) = χ_θ(g)^– .
- (a)Montrer que l'application suivante est centrale :
- 28.Pour tous
λ, μ ∈ C(G) , on pose
⟨λ, μ⟩ = 1/(|G|)∑_(g ∈ G)λ(g)^–μ(g).
Montrer que cela définit une forme hermitienne définie positive surC(G) . - 29.Soient
θ : G ⟶ GL(E) etθ^′ : G ⟶ GL(E^′) deux représentations irréductibles d'un même groupeG . La dimension deE est notéen et la dimension deE^′ est notéen^′ . On fixe des basesB etB^′ deE etE^′ . Pour toutg ∈ G , la matrice deθ(g) dans la baseB est notéeM_B(θ(g)) , la matrice deθ^′(g) dans la baseB^′ est notéeM_(B^′)(θ^′(g)) et on pose
M_B(θ(g)) = (a_(i, j)(g))_(1 ⩽ i, j ⩽ n), M_(B^′)(θ^′(g)) = (a_(k, l)^′(g))_(1 ⩽ k, l ⩽ n^′). - (a)Exprimer
⟨χ_(θ^′), χ_θ⟩ en fonction des coefficientsa_(i, j)(g) eta_(k, l)^′(g) des matricesM_B(θ(g)) etM_(B^′)(θ^′(g)) . - (b)Soit
X = (x_(i, j))_(1 ⩽ i ⩽ n^′, 1 ⩽ j ⩽ n) ∈ M_(n^′, n)(ℂ) une matrice eth : E ⟶ E^′ l'application linéaire dont la matrice dans les basesB etB^′ estX . On pose
f = 1/(|G|)∑_(g ∈ G)θ^′(g) ∘ h ∘ θ(g^(− 1)).
Exprimer les coefficients de la matriceY = (y_(i, l))_(1 ⩽ i ⩽ n^′, 1 ⩽ l ⩽ n) de la matrice def dans les basesB etB^′ . - (c)On suppose que
θ etθ^′ ne sont pas isomorphes. Montrer que pour tousi, j ∈ [ [1, n^′] ] , pour tousk, l ∈ [ [1, n] ] ,
1/(|G|)∑_(g ∈ G)a_(i, j)^′(g)a_(k, l)(g^(− 1)) = 0.
En déduire que⟨χ_θ, χ_(θ^′)⟩ = 0 . Indication : on pourra utiliser le lemme de Schur.
- (a)Exprimer
- (d)On suppose que
E = E^′ et queθ = θ^′ . Dans ce cas, on prendB = B^′ .- i.Montrer que pour
i, j, k, l ∈ [ [1, n] ] ,
1/(|G|)∑_(g ∈ G)a_(i, j)^′(g)a_(k, l)(g^(− 1)) = {1/n si i = l et j = k; 0 sinon.
Indication : on pourra utiliser le lemme de Schur. - ii.En déduire que
⟨χ_θ, χ_(θ^′)⟩ = 1 .
- i.Montrer que pour
- (e)Soient
θ_1, …, θ_k des représentations irréductibles deG , deux-à-deux non isomorphes. Montrer que(χ_(θ_i))_(1 ⩽ i ⩽ k) est une famille libre deC(G) et en déduire une majoration dek .
Ainsi, le nombre de représentations irréductibles de G à isomorphisme près est fini.
30. Montrer que siG est abélien, le nombre de représentations irréductibles à isomorphisme près de
G est égal à
|G| .
31. Montrer que siθ et
θ^′ sont isomorphes, alors
⟨χ_θ, χ_(θ^′)⟩ = 1 .
32. Soientθ : G ⟶ GL(E) une représentation d'un groupe fini
G et soit
E = F_1 ⊕ … ⊕ F_k une décomposition de
E en sous-espaces invariants irréductibles, obtenue avec le théorème de Maschke.
30. Montrer que si
31. Montrer que si
32. Soient
- (a)Exprimer
χ_θ en fonction desχ_(θ_(|F_i)) . - (b)Soit
θ^′ : G ⟶ GL(E^′) une représentation irréductible deG . Montrer que le nombre deF_i tels queθ^′ etθ_(|F_i) sont isomorphes est égal à⟨χ_(θ^′), χ_θ⟩ .
- Soient
θ etθ^′ deux représentations deG . Montrer queθ etθ^′ sont isomorphes si et seulement siχ_θ = χ_(θ^′) .
Pas de description pour le moment