Agrégation mathématiques interne 2021, épreuve 2Sujet et rapport du jury
Agrégation interne section mathématiques - Sujet de la deuxième épreuve écrite de la session 2021
- Suites et séries de fonctions (convergence uniforme)
- Espaces vectoriels normés
- Séries de Fourier
- Intégration sur un segment
- Nombres complexes et trigonométrie
- Équations différentielles linéaires
- Réduction des endomorphismes
Téléchargements
- Corrigé : pas encore disponible
Présentation du sujet
DifficileFonctions presque-périodiques au sens de Bohr, coefficients de Fourier-Bohr et solutions bornées d'équations différentiellesAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLa seconde épreuve écrite de l'agrégation interne de mathématiques 2021 étudie les fonctions presque-périodiques, définies comme limites uniformes de polynômes trigonométriques généralisés. Après des préliminaires et le cas périodique (noyau de Fejér), le sujet définit la moyenne et les coefficients de Fourier-Bohr, établit une relation de Parseval, puis montre que les solutions bornées d'un système différentiel autonome sont exactement ses solutions presque-périodiques.
- 1Partie I : préliminairesFonctions exponentielles dans l'espace des fonctions continues bornées, convergence uniforme et liberté de familles d'exponentielles (questions 1 à 5).
- 2Partie II : propriétés des fonctions périodiquesIntégrale sur une période, somme de fonctions périodiques, uniforme continuité et approximation uniforme par le noyau de Fejér (questions 6 à 13).
- 3Partie III : étude de l'ensemble des fonctions presque-périodiquesStructure de l'ensemble des fonctions presque-périodiques et de ses éléments (questions 14 à 16).
- 4Partie IV : moyennes et coefficients de Fourier-BohrDéfinition de la moyenne, des coefficients de Fourier-Bohr et relation de Parseval ; exemple d'une fonction presque-périodique de moyenne nulle dont les primitives ne le sont pas (question 32).
- 5Partie V : solutions bornées d'équations différentiellesSolutions bornées des systèmes autonomes Y' = AY, puis existence et unicité d'une solution presque-périodique pour des équations exponentiellement stables.
Difficile. Le jury décrit un sujet d'une longueur certaine dont les parties III à V ont été très peu abordées, et plusieurs questions du début (3, 11) ont rarement été menées à terme ; la moyenne est de 7,25 sur 20.
L'épreuve en chiffres
Moyenne 7,25 / 20 · écart-type 3,09 · où vous situez-vous ?Afficher ou masquer la section
L'épreuve en chiffres
- Moyenne
- 7,25/ 20
- Écart-type
- 3,09
- 1er quartile
- 5,4
- Médiane
- 7,4
- 3e quartile
- 9,4
Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesBases de trigonométrie et de nombres complexes · Confusion entre suite bornée et fonction bornée · Quantificateurs absentsAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe coeur du sujet se situe dans les parties III et IV, mais la plupart des copies se sont concentrées sur les parties I et II. Le jury relève des faiblesses sur des notions élémentaires (trigonométrie, nombres complexes, suites) et un manque de quantificateurs. Il rappelle qu'il n'est pas nécessaire de traiter une grande partie du problème pour obtenir une très bonne note.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Bases de trigonométrie et de nombres complexesQuestions 1 et 11
Des candidats ignorent que exp(iβ) est de module 1 pour β réel, écrivent des inégalités entre complexes ou laissent sin(jπ) non simplifié, voire faux.
« Le jury est surpris de voir des difficultés sur des notions qui ont longtemps figuré dans les programmes du secondaire ou qui y figurent encore. »
- 2Confusion entre suite bornée et fonction bornéeQuestions 2 et 3
Dire que la suite de fonctions est bornée ne revient pas à borner chaque fonction ; cette confusion a fait échouer la majoration uniforme demandée.
- 3Quantificateurs absents
Écrire f(x + T) = f(x) sans quantifier x ne traduit pas la périodicité ; le jury juge trop de démonstrations dépourvues de quantificateurs.
- 4Passage à la limite non justifiéQuestion 11(g)
Plusieurs candidats manipulent une limite avant d'en avoir établi l'existence, notamment pour la convergence uniforme via le noyau de Fejér.
« Il convient de s’ assurer de l’existence d’une limite avant de manipuler son symbole. »
- 5Hypothèses mal lues sur la périodicitéQuestion 6
La fonction h est T-périodique et non t-périodique ; une lecture trop rapide conduit à un changement de variable qui n'aboutit pas.
- 6Équations différentielles résolues sans rigueurQuestions 33 et 35
Diviser par x(t) sans vérifier que la solution ne s'annule pas, oublier les constantes ou multiplier des inégalités sans contrôler les signes.
Ce qui a été bien réussi
- La question 4(a) a en général été bien traitée.
- La question 5 est souvent réussie par les candidats qui se ramènent à un système de Van der Monde.
- Le (a) de la question 12 est souvent correct chez ceux qui l'ont abordé.
- Pour la question 10, les candidats ont souvent pensé à se ramener à un compact et au théorème de Heine.
Conseils du jury
- Lire les rapports des années précédentes, dont le contenu reste d'actualité.
- Soigner la présentation et éviter les encres claires.
- Réviser les notions du secondaire (trigonométrie, nombres complexes, suites) même si elles semblent élémentaires.
- Ne pas utiliser la même lettre pour la variable muette et la borne d'une intégrale.
- Employer le mot « composition » dans son sens mathématique précis.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Description
Sujet officiel Agrégation interne en mathématiques, session 2021.
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- -Concours interne de l'Agrégation de l'enseignement public

- -Concours interne du CAER / Agrégation de l'enseignement privé :

L'objectif du problème est d'étudier quelques propriétés d'une classe de fonctions étendant les fonctions périodiques, qui apparaissent naturellement dans les recherches de solutions bornées d'équations différentielles. Nous étudierons ensuite certains types d'équations différentielles.
La partie I introduit quelques préliminaires, la partie II certaines propriétés des fonctions continues périodiques, la partie III étudie l'espace des fonctions nommées presque-périodiques ainsi que quelques propriétés de celles-ci. La partie IV étend la notion de moyenne et l'analyse de Fourier au cadre des fonctions presque-périodiques. Enfin, la partie V s'intéresse à des équations différentielles linéaires.
- -Dans tout l'énoncé,
ε désigne un nombre réel. - -Soit
A une partie de R. On noteA¯ l'adhérence deA . - -Soit
f une fonction définie sur R et à valeurs dans C et(f_n)_(n ⩾ 1) une suite de fonctions définies sur R et à valeurs dans C. On dit que la suite(f_n)_(n ⩾ 1) converge uniformément versf sur R, ou quef est la limite uniforme de(f_n)_(n ⩾ 1) surR , si à partir d'un certain rang les éléments de la suite(sup_(x ∈ R)|f(x) − f_n(x)|)_(n ⩾ 1) sont des nombres réels et que la suite(sup_(x ∈ R)|f(x) − f_n(x)|)_(n ⩾ 1) converge vers 0.
On rappelle qu'une limite uniforme d'une suite de fonctions continues (respectivement bornées) est continue (respectivement bornée). - □Soit
(a, b) ∈ R^2 aveca ⩽ b etf : [a, b] → C une fonction continue. On rappelle l'inégalité suivante :
|∫_a^b f(t)dt| ⩽ ∫_a^b|f(t)|dt - -Soit
(E, ‖.‖_E) un C-espace vectoriel normé etL : E → C une forme linéaire.
On rappelle queL est continue si et seulement si il existe une constanteK ⩾ 0 telle que :
∀x ∈ E, |L(x)| ⩽ K‖x‖_E.
SoitL : E → C une forme linéaire continue. On appelle norme deL et on note|||L||| le nombre‖|L|‖ = sup{|L(x)|; x ∈ E, ‖x‖_E = 1} .
- -Le C-espace vectoriel des fonctions continues de
R dansC est notéC^0(R, C) . - -On note
BC^0(R, C) leC -espace vectoriel des fonctions continues bornées deR dans C, qu'on munit de la norme suivante :
‖f‖_∞ = sup_(x ∈ R)|f(x)|.
- -Pour tout réel
T strictement positif,C_T^0(R, C) désigne l'ensemble des fonctionsf continues de R dans C,T -périodiques (dontT est une période), c'est-à-dire satisfaisant :
∀x ∈ R, f(x + T) = f(x).
Nous verrons dans la question 8a queC_T^0(R, C) est un sous-espace vectoriel fermé deBC^0(R, C) . Pourf ∈ C_T^0(R, C) etk ∈ Z , on notec_k(f) lek -ème coefficient de Fourier complexe def , d'expression :
c_k(f) = 1/T∫_0^T e^(− (2ikπ)/Tt)f(t)dt - -
Per(R, C) désigne l'ensemble des fonctions continues périodiques deR dans C, c'est-à-dire la réunion des ensemblesC_T^0(R, C) pourT réel strictement positif;Per(R, C) = ⋃_(T > 0)C_T^0(R, C) . On noteVectPer(R, C) le sous-espace vectoriel engendré parPer(R, C) dansC^0(R, C) . - ▷ Pour
λ ∈ C , on notee_λ : R → C la fonction définie pare_λ(x) = e^(iλx) . - -Soit
n un entier strictement positif,(λ_1, …, λ_n) ∈ R^n et(a_1, …, a_n) ∈ C^n . On appelle polynôme trigonométrique généralisé la fonctionf = ∑_(j = 1)^n a_j e_(λ_j) . L'ensemble des polynômes trigonométriques généralisés est un C-espace vectoriel que l'on noteraPTG(R, C) . Le produit de deux éléments dePTG(R, C) est un élément dePTG(R, C) . - -On note enfin
PP(R, C) l'ensemble des fonctions, dites presque périodiques, qui sont des limites uniformes de suites d'éléments deVectPer(R, C) . Nous verrons à la question 14a que les éléments dePP(R, C) sont également les limites uniformes de suites de polynômes trigonométriques généralisés.
I. Préliminaires.
- 1.Les fonctions
e_1 ete_(1 + i) sont-elles des éléments deBC^0(R, C) ? - 2.Soit
(f_n)_(n ⩾ 1) la suite de fonctions définies surR pour tout entiern ⩾ 1 parf_n(x) = x/(nx + i) . Démontrer que la suite(f_n)_(n ⩾ 1) est une suite d'éléments deBC^0(R, C) qui converge uniformément. Précisez sa limite uniforme. - 3.Soit
(f_n)_(n ⩾ 1) et(g_n)_(n ⩾ 1) deux suites d'éléments deBC^0(R, C) , convergeant uniformément respectivement versf etg . Démontrer que la suite(f_n g_n)_(n ⩾ 1) converge uniformément versfg . - 4.Soit
(f_n)_(n ⩾ 1) une suite de fonctions deBC^0(R, C) , convergeant uniformément versf . On suppose que pour tout entiern ⩾ 1, f_n est uniformément continue surR . On veut démontrer quef est uniformément continue surR .
Soitε > 0 . On considère un entiern ⩾ 1 tel que‖f − f_n‖_∞ ⩽ ε/3 .
- (a)Justifier qu'il existe un réel
η_ε > 0 tel que si(x_1, x_2) ∈ R^2 vérifie|x_1 − x_2| ⩽ η_ε , alors|f_n(x_2) − f_n(x_1)| ⩽ ε/3 . - (b)En déduire que si
(x_1, x_2) ∈ R^2 vérifie|x_1 − x_2| ⩽ η_ε , alors|f(x_2) − f(x_1)| ⩽ ε . Conclure.
- (a)Justifier qu'il existe un réel
- 5.Soit
n un entier strictement positif etλ_1, …, λ_n des nombres complexes distincts deux à deux. Démontrer que la famille{e_(λ_1), …, e_(λ_n)} est libre dans leC -espace vectorielC^0(R, C) . ( On pourra utiliser la dérivation).
II. Quelques propriétés concernant les fonctions périodiques.
- 6.Soit
T un réel strictement positif eth une fonction appartenant àC_T^0(R, C) . Démontrer que pour tout réelt ,
∫_t^(T + t)h(s)ds = ∫_0^T h(s)ds - 7.Soit
α un réel strictement positif. On introduit la fonctiong_α : R → R d'expression
g_α(x) = cos(x) + cos(αx). - (a)On suppose que
α ∈ Q . Démontrer queg_α est périodique, et donner une période deg_α . On pourra écrireα = p/q avecp, q ∈ N^∗ premiers entre eux. - (b)On suppose que
α ∉ Q . Résoudreg_α(x) = 2 . La fonctiong_α est-elle périodique? - (c)L'ensemble
Per(R, C) des fonctions continues périodiques deR dans C est-il un sous-espace vectoriel deC^0(R, C) ?
- (a)On suppose que
- 8.Soit
T est un réel strictement positif. L'objectif de cette question est de démontrer queC_T^0(R, C) est un sous-espace vectoriel complet de(BC^0(R, C), ‖.‖_∞) .- (a)Démontrer que
C_T^0(R, C) est un sous-espace vectoriel deBC^0(R, C) . - (b)Démontrer que
C_T^0(R, C) est fermé dansBC^0(R, C) . En déduire queC_T^0(R, C) est complet.
- (a)Démontrer que
- 9.Soit
T un réel strictement positif,f ∈ C_T^0(R, C) etF une primitive quelconque def . Démontrer l'équivalence entre les assertions suivantes :
▷ (A1)F est périodique etT est une période deF ;
▷ (A2)F est bornée;
- (A3)∫_0^T f(t)dt = 0 . - 10.Soit
T un réel strictement positif etf ∈ C_T^0(R, C) . Démontrer quef est uniformément continue sur R. - 11.Soit
f ∈ C_(2π)^0(R, C) . On introduit pour tout entiern ⩾ 1 la fonctionK_n : R → C d'expression
K_n = 1/n∑_(k = 0)^(n − 1)(∑_(j = − k)^k e_j),
et pour tout entiern ⩾ 1 et toutx ∈ R , on pose :
f_n(x) = 1/(2π)∫_(− π)^π K_n(x − t)f(t)dt.
- (a)Démontrer que pour tout entier
n ⩾ 1 et toutx ∈ R , on a :
f_n(x) = 1/(2π)∫_(− π)^π K_n(t)f(x − t)dt. - (b)Soit
j ∈ Z . Calculer1/(2π)∫_(− π)^π e_j(t)dt . En déduire que1/(2π)∫_(− π)^π K_n(t)dt = 1 pour tout entiern ⩾ 1 . - (c)Démontrer que pour tout entier
n ⩾ 1 et toutx ∈ R∖(2πZ) , on a :
K_n(x) = (sin^2((nx)/2))/(nsin^2(x/2)). - (d)Démontrer que pour tout entier
n ⩾ 1 et toutx ∈ R :
f_n(x) − f(x) = 1/(2π)∫_(− π)^π(f(x − t) − f(x))K_n(t)dt - (e)Soit
ε > 0 . Justifier l'existence d'un réelη_ε ∈ ]0, π[ tel que, pour tout(x, x^′) ∈ R^2, si|x − x^′| ⩽ η_ε alors|f(x) − f(x^′)| ⩽ ε . Déduire des questions précédentes que pour tout entiern ⩾ 1 et toutx ∈ R :
|f_n(x) − f(x)| ⩽ ε + (2‖f‖_∞)/(nsin^2(η_ε/2)). - (f)Trouver l'expression des réels
β_(n, j) tels queK_n = ∑_(j = − (n − 1))^(n − 1)β_(n, j)e_j pour tout entiern ⩾ 1 . - (g)Démontrer que la suite de fonctions
(f_n)_(n ⩾ 1) est une suite de polynômes trigonométriques généralisés qui converge uniformément versf surR . - (h)Soit
T un réel strictement positif etg ∈ C_T^0(R, C) . À l'aide des questions précédentes, trouver une suite de polynômes trigonométriques généralisés(g_n)_(n ⩾ 1) convergeant uniformément versg sur R. On démontrera que la suite proposée répond à la question, et on donnera pour tout entiern ⩾ 1 l'expression deg_n en fonction des coefficients de Fourier complexes deg .
- Le but de cette question est de démontrer que si une somme finie de fonctions périodiques continues à valeurs dans C admet une limite dans C en
+ ∞ (ou en− ∞ ), alors elle est constante. On procèdera par récurrence sur le nombreN de fonctions périodiques continues dans la somme.
- (a)Montrer qu'une fonction périodique continue à valeurs dans C ayant une limite dans C en
+ ∞ est constante. - (b)Soit
N un entier strictement positif. On considère une fonctionf = f_1 + … + f_(N + 1) où, pour toutj ∈ {1, …, N + 1}, f_j : R → C est continue, périodique de périodeT_j . Montrer que la fonctiong : R → C définie parg : x ↦ f(x + T_(N + 1)) − f(x) peut s'écrire comme somme deN fonctions périodiques. - (c)En déduire que si une somme finie de fonctions périodiques continues à valeurs dans C admet une limite
ℓ ∈ C en+ ∞ alors elle est constante. - (d)Démontrer que si une somme finie de fonctions périodiques continues à valeurs dans C admet une limite
ℓ ∈ C en− ∞ , alors elle est constante.
- À chaque
μ ∈ C etP : R → C fonction polynomiale, on associe la fonction deR dansC :φ_(μ, P) : t ↦ e^(μt)P(t) .
SoitN un entier strictement positif. Soit(P_j)_(j ∈ {1, …, N}) une famille deN polynômes et(μ_j)_(j ∈ {1, …, N}) N nombres complexes deux à deux distincts.
On s'intéresse aux deux assertions suivantes :
- □(A4) : Pour tout
j ∈ {1, …, N} , soit le polynômeP_j est le polynôme nul, soitRe(μ_j) = 0 et le polynômeP_j est un polynôme constant. - ▷ (A5) :
∑_(j = 1)^N φ_(μ_j, P_j) est bornée sur R. - (a)Soit
μ un imaginaire pur etP un polynôme constant. Démontrer queφ_(μ, P) est bornée. - (b)Démontrer que l'assertion (A4) implique l'assertion (A5).
- (c)Dans la suite de cette question, on suppose que l'assertion (A5) est vraie. On suppose donc que
∑_(j = 1)^N φ_(μ_j, P_j) est bornée sur R et, quitte à enlever le(s) terme(s) nul(s), queP_j est non nul pour toutj ∈ {1, …, N} .
On pose enfinα_j = Re(μ_j) pour toutj ∈ {1, …, N} , et quitte à réordonner, on suppose que lesα_1 ⩾ α_2 ⩾ … ⩾ α_N .- i.Soit
Q un polynôme trigonométrique généralisé non nul. À l'aide de la question 12, établir qu'il existeε_0 > 0 et deux suites(t_n)_(n ⩾ 1) et(t_n^′)_(n ⩾ 1) de réels tendant respectivement vers+ ∞ et− ∞ tels que|Q(t_n)| > ε_0 et|Q(t_n^′)| > ε_0 pour tout entiern ⩾ 1 . On distinguera selon queQ est constant ou non. - ii.Démontrer qu'il existe un entier
N^′ , des polynômes trigonométriques généralisésQ_0, …, Q_(N^′) avecQ_(N^′) non nul, et une fonctionψ de limite nulle en+ ∞ tels que :
∀t ∈ R, ∑_(j = 1)^N φ_(μ_j, P_j)(t) = e^(α_1 t)(∑_(k = 0)^(N^′)t^k Q_k(t) + ψ(t)).
On distinguera deux cas, selon que lesα_j sont tous égaux ou qu'il existe un entierm ⩽ N − 1 tel queα_1 = … = α_m > α_(m + 1) . - iii.Démontrer que
α_1 ⩽ 0 et que, lorsqueα_1 = 0 on aN^′ = 0 . - iv.Démontrer de même que
α_N ⩾ 0 , puis en déduire que l'assertion (A4) est vraie.
- i.Soit
- □(A4) : Pour tout
III. Étude de
PP(R, C) et de ses éléments.
On rappelle également que
- 14.(a) Démontrer que
f ∈ PP(R, C) si et seulement sif est limite uniforme d'une suite d'éléments dePTG(R, C) .- (b)Démontrer que
PP(R, C) est un sous-espace vectoriel fermé de(BC^0(R, C), ‖.‖_∞) . En déduire quePP(R, C) muni de la norme‖.‖_∞ est un espace de Banach.
- (b)Démontrer que
- 15.Démontrer que si
f ∈ PP(R, C) etg ∈ PP(R, C) alors le produitf.g appartient àPP(R, C) . - 16.Le but de cette question est de démontrer que si
f : C → C est une fonction continue et sig ∈ PP(R, C) , alorsf ∘ g ∈ PP(R, C) .
- (a)Démontrer que si
f~ : C → C est polynomiale et sig~ ∈ PTG(R, C) , alorsf~ ∘ g~ ∈ PTG(R, C) . - (b)Soit
f : C → C une fonction continue etg~ ∈ PTG(R, C) . Démontrer queK = g~^–(R) est un compact de C, puis en déduire quef ∘ g~ ∈ PP(R, C) . Indication : on pourra utiliser le fait que toute fonction continue sur un compact de C est limite uniforme sur ce compact d'une suite de polynômes. - (c)En conclure que si
f : C → C est une fonction continue et sig ∈ PP(R, C) , alorsf ∘ g ∈ PP(R, C) .
IV. Moyennes et coefficients de Fourier-Bohr.
A) Moyennes.
17. Soit
- Démontrer que
M(f) existe pour toute fonctionf ∈ VectPer(R, C) , puis queM est une forme linéaire continue de(VectPer(R, C), ‖.‖_∞) et que sa norme est égale 1. - Soit
τ etτ^′ deux réels strictement positifs etf ∈ PP(R, C) . On considère(f_n)_(n ⩾ 1) une suite d'éléments deVectPer(R, C) convergeant uniformément versf ∈ PP(R, C) .
- (a)Démontrer que pour tout entier
n ⩾ 1 :
|M_τ(f) − M_(τ^′)(f)| ⩽ 2‖f − f_n‖_∞ + |M_τ(f_n) − M_(τ^′)(f_n)|. - (b)Démontrer que pour tout réel
ε > 0 , il existe un réelA_ε > 0 tel que siτ etτ^′ sont deux réels supérieurs àA_ε , alors :
|M_τ(f) − M_(τ^′)(f)| ⩽ ε. - (c)En déduire que
M(f) existe.
- Démontrer que
M est une forme linéaire continue de(PP(R, C), ‖.‖_∞) et que sa norme‖|M‖‖ est égale à 1.
B) Coefficients de Fourier-Bohr.
- Soit
λ ∈ R etf ∈ PP(R, C) . Justifier l'existence dea_λ(f) , puis démontrer quea_λ est une forme linéaire continue de(PP(R, C), ‖.‖_∞) . Donner un majorant de sa norme‖|a_λ|‖ . - Soit
N un entier strictement positif et(λ_1, …, λ_N) ∈ R^N tels que lesλ_j soient deux à deux distincts.
Soitf = ∑_(j = 1)^N α_j e_(λ_j) : R → C un polynôme trigonométrique généralisé.
- (a)Déterminer, pour tout
λ ∈ R, a_λ(f) . - (b)Démontrer que :
M(|f|^2) = ∑_(j = 1)^N|α_j|^2.
- Soit
T un réel strictement positif. On considère une fonctionf ∈ C_T^0(R, C) .
- (a)Démontrer que pour tout entier
N ⩾ 1 :
M_(NT)(e_(− λ)f) = (1/T∫_0^T e^(− iλx)f(x)dx)1/N∑_(j = 0)^(N − 1)e^(− iλjT) - (b)En déduire que :
Λ(f) ⊂ (2π)/TZ,
et reliera_λ(f) à un coefficient de Fourier def .
- Soit
T_1, T_2 deux réels strictement positifs,f_1 ∈ C_(T_1)^0(R, C) etf_2 ∈ C_(T_2)^0(R, C) deux fonctions non constantes.
- (a)Démontrer qu'il existe
λ_1 ∈ R^∗ etλ_2 ∈ R^∗ tels quea_(λ_1)(f_1) ≠ 0 eta_(λ_2)(f_2) ≠ 0 . - (b)En déduire une condition nécessaire et suffisante portant sur
T_1 etT_2 pour quef_1 + f_2 soit périodique.
- Soit
f ∈ PP(R, C) et(f_n)_(n ⩾ 1) une suite d'éléments dePTG(R, C) convergeant uniformément versf .
- (a)Démontrer que
a_λ(f_n) ⟶ _(n → + ∞)a_λ(f) . - (b)En déduire que
Λ(f) ⊂ ⋃_(n ⩾ 1)Λ(f_n) . - (c)Démontrer que
Λ(f) est au plus dénombrable.
- Soit
f ∈ PP(R, C) une fonction dérivable telle que sa dérivéef^′ soit un élément dePP(R, C) . Démontrer que pour toutλ ∈ R , on a :
- 27.Soit
(α_n)_(n ⩾ 0) une suite de complexes non nuls tels que la série∑α_n soit absolument convergente, et(β_n)_(n ⩾ 0) une suite de réels deux à deux distincts. Pourx ∈ R , on pose sous réserve d'existencef(x) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)α_n e^(iβ_n x) .- (a)Démontrer que
f est bien définie surR , puis quef est un élément dePP(R, C) . - (b)Déterminer
Λ(f) . Pourλ ∈ Λ(f) , on précisera la valeur dea_λ(f) .
- (a)Démontrer que
C) Relation de Parseval.
- 28.Démontrer la relation de Parseval lorsque
f : R → C est un polynôme trigonométrique généralisé. - 29.Soit
f ∈ PP(R, C) . L'objectif de cette question est d'établir l'inégalitéS(f) ⩽ M(|f|^2) . Soit(f_n)_(n ⩾ 1) une suite de polynômes trigonométriques généralisés convergeant uniformément versf , et soitJ une partie finie de R.- (a)Démontrer que
(S_J(f_n))_(n ⩾ 1) converge versS_J(f) . - (b)Démontrer que
(|f_n|^2)_(n ⩾ 1) converge uniformément vers|f|^2 . - (c)Soit
ε > 0 . Démontrer qu'il existe un entierN_ε tel que pour tout entiern ⩾ N_ε :
S_J(f_n) ⩽ M(|f|^2) + ε. - (d)Conclure.
- (a)Démontrer que
- 30.Soit
f ∈ PP(R, C) . Le but de cette question est d'établir l'inégalitéS(f) ⩾ M(|f|^2) . Soitε > 0 etP ∈ PTG(R, C) non nul tel que‖f − P‖_∞ ⩽ ε .
On poseP^∗ = ∑_(λ ∈ Λ(f) ∩ Λ(P))a_λ(f)e_λ .- (a)Démontrer que :
M(|f − P^∗|^2) = M(|f|^2) − ∑_(λ ∈ Λ(f) ∩ Λ(P))|a_λ(f)|^2. - (b)Soit
n un entier strictement positif etμ = (μ_1, …, μ_n) unn -uplet de réels deux à deux distincts. On considère la fonctionψ_μ : (z_1, …, z_n) ↦ M(|f − ∑_(k = 1)^n z_k e_(μ_k)|^2) définie surC^n . Démontrer que :
ψ_μ(z_1, …, z_n) = M(|f|^2) + ∑_(k = 1)^n|z_k − a_(μ_k)(f)|^2 − ∑_(k = 1)^n|a_(μ_k)(f)|^2,
puis en déduire la valeur minimale deψ_μ et l'élément deC^n réalisant le minimum.
- (a)Démontrer que :
- (c)Déduire des questions précédentes que
M(|f − P^∗|^2) ⩽ M(|f − P|^2) , puis conclure.
- (c)Déduire des questions précédentes que
- 31.Démontrer que pour toute fonction
f ∈ PP(R, C) , on aS(f) = M(|f|^2) . - 32.Donner un exemple de fonction
f ∈ PP(R, C) telle queM(f) = 0 , mais dont les primitives ne sont pas des éléments de PP(R, C). Indication : on pourra utiliser la relation de Parseval, ainsi que les questions 26 et 27.
V. Solutions bornées d'équations différentielles.
On dit que
Si
De la même façon, on dit que
On écrit alors que
D) Solutions bornées d'équations différentielles autonomes.
On note
On rappelle que les sous-espaces caractéristiques de
On utilisera les résultats de la question 13, et notamment la notation
- 33.Dans cette question, on suppose que
p = 1 et on s'intéresse donc aux solutionsx : R → C de l'équation(E) : x^′ = ax aveca ∈ C .- (a)On suppose que
Re(a) = 0 . Démontrer que toutes les solutions de(E) sont bornées.
- (a)On suppose que
- (b)On suppose
Re(a) ≠ 0 . Démontrer que parmi toutes les solutions de(E) , seule la solution nulle est bornée. - 34.(a) Soit
X une solution deX^′ = AX . En utilisant une base adaptée à la décompositionℳ_(p, 1)(C) = ⊕ _k C_k , démontrer que chaque composante deX est une somme deφ_(λ_j, P_j) pourj ∈ {1, …, r} , où chaqueP_j est un polynôme de degré au plusn_j − 1 . - (b)Trouver une condition nécessaire et suffisante sur
A pour que seule la solution nulle deX^′ = AX soit bornée. - (c)Démontrer que toute solution bornée de
X^′ = AX a pour composantes des polynômes trigonométriques généralisés.
E) Équations exponentiellement stables.
- 35.Dans cette question, on suppose que
p = 1 . On s'intéresse ainsi à l'équationx^′ = a(t)x + b(t) oùa etb sont des fonctions continues sur R et à valeurs dans C.- (a)Rappeler l'expression des solutions de l'équation
x^′ = a(t)x . - (b)Démontrer que, si
sup_R a < 0 , alors l'hypothèse (ES) est satisfaite. - (c)Démontrer que, si
a est périodique et siM(a) < 0 , alors l'hypothèse (ES) est satisfaite. Indication : on pourra commencer par constater que les primitives de a-M(a) sont bornées.
- (a)Rappeler l'expression des solutions de l'équation
- 36.Dans cette question, on suppose que
A est un élément deℳ^− et l'on s'intéresse à l'équationX^′ = AX + B(t) . Démontrer que l'hypothèse (ES) est satisfaite.
- 37.Soit
B ∈ BC^0(R, ℳ_(p, 1)(C)) . On s'intéresse à l'unicité des solutions bornées deX^′ = A(t)X + B(t) .- (a)Soit
X une solution non nulle deX^′ = A(t)X . Démontrer queX(t) ≠ 0 pour toutt ∈ R , puis déterminer les limites lorsquet → + ∞ et lorsquet → − ∞ de‖X(t)‖ . - (b)En déduire que l'équation
X^′ = A(t)X + B(t) admet au plus une solution bornée surR .
- (a)Soit
- 38.Soit
B ∈ BC^0(R, ℳ_(p, 1)(C)) . On s'intéresse à l'existence des solutions bornées deX^′ = A(t)X + B(t) .- (a)On suppose que
p ⩾ 1 et que la fonctiont ↦ A(t) est une constante, encore notéeA , et queA est un élément deℳ^− .
Démontrer que l'expression :
X_B(t) = ∫_(− ∞)^t exp((t − s)A)B(s)ds
a un sens et définit une solution bornéeX_B deX^′ = AX + B(t) .
- (a)On suppose que
- (b)On suppose que
p = 1 et quea est une fonction continue deR dans C, telle que(ES) est satisfaite.
Proposer une expression similaire pour la solution bornée dex^′ = a(t)x + B(t) , dont on démontrera qu'elle convient. - 39.Soit
T un réel strictement positif. On suppose que les fonctionsA etB sont périodiques, et queT est une période commune à ces deux fonctions. On suppose de plus queX^′ = A(t)X + B(t) admet une unique solution bornée. Démontrer que la solution bornée est périodique, et queT en est une période. - 40.Soit
B ∈ PP(R, ℳ_(p, 1)(C)) etA ∈ ℳ^− . On noteX_B l'unique solution bornée deX^′ = AX + B(t) . Démontrer queX_B ∈ PP(R, ℳ_(p, 1)(C)) .
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte l'épreuve 2 de l'agrégation interne de maths 2021 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte l'épreuve 2 de l'agrégation interne de maths 2021 ?
Sur les fonctions presque-périodiques au sens de Bohr : approximation par des polynômes trigonométriques généralisés, coefficients de Fourier-Bohr, relation de Parseval et solutions bornées d'équations différentielles.
Quelle est la moyenne de l'épreuve 2 de l'agrégation interne de maths 2021 ?
Le rapport indique une moyenne de 7,25 sur 20, un écart-type de 3,09 et une médiane de 7,4.
Quelles erreurs le jury de l'agrégation interne de maths 2021 a-t-il relevées à l'épreuve 2 ?
Des lacunes en trigonométrie et sur les nombres complexes, l'absence de quantificateurs, la confusion entre suite bornée et fonction bornée et des passages à la limite non justifiés.
Faut-il traiter tout le sujet de l'épreuve 2 de l'agrégation interne 2021 pour avoir une bonne note ?
Non. Le jury précise que le sujet est long et qu'une très bonne note ne demande pas d'en traiter une énorme partie.
Pas de description pour le moment