BCE Maths approfondies ESSEC ECS 2003, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2003
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Annale de maths approfondies BCE ESSEC pour la filiere ECS, session 2003.
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ESSEC
M B A
CONCOURS D'ADMISSION
Option scientifique
MATHEMATIQUES II
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve un candidat repère ce qui lui semble une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document; l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve un candidat repère ce qui lui semble une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Le problème étudie les rudiments de la théorie de la communication introduite en 1948 par Claude Shannon.
Dans tout le problème, (
Ω, A, P ) désigne un espace probabilisé.
Partie I Introduction informatique
On rappelle que les entiers compris entre 0 et 31 s'écrivent avec au plus 5 chiffres en binaire, on a donc : Pour tout
n ∈ [0, 31] ∩ ℕ , il existe une liste (
a_0, a_1, a_2, a_3, a_4 ) d'éléments de
{0, 1} telle que
n = a_0 + a_1 ⋅ 2 + a_2 ⋅ 2^2 + a_3 ⋅ 2^3 + a_4 ⋅ 2^4 = a_4 a_3 a_2 a_1 a_0^–^(deux) .
Cette écriture den est unique et on appellera bin
(n) la liste
(a_4, a_3, a_2, a_1, a_0) .
I.1) Déterminer l'écriture binaire de 6 puis bin(6) et déterminer bin(21) (on justifiera les résultats).
I.2) On souhaite écrire une procédure PaSCAL pour obtenir bin(n ). Compléter la procédure suivante de sorte qu'à l'issue de l'exécution de
bin(n) on ait un tableau L tel que
L[1] contienne
a_4, L[2] contienne
a_3 etc :
Cette écriture de
I.1) Déterminer l'écriture binaire de 6 puis bin(6) et déterminer bin(21) (on justifiera les résultats).
I.2) On souhaite écrire une procédure PaSCAL pour obtenir bin(
Type ecriture = array[1..5] of integer
Procedure bin(n : integer ; var L : ecriture)
var i, : integer (*à compléter éventuellement*)
begin
for \(\mathrm{i}:=1\) to 5 do \(\mathrm{L}[\mathrm{i}]:=0\);
(* à compléter*)
\(\mathrm{L}=1\) end ;
I.3) On souhaite numéroter les cartes d'un jeu standard de 32 cartes. On propose ci-après la procédure carte (qui utilise la procédure bin précédente).
Remarque : string désigne les chaînes de caractères (entre deux apostrophes, on met une suite de caractères quelconques).
Remarque : string désigne les chaînes de caractères (entre deux apostrophes, on met une suite de caractères quelconques).
Procedure carte(n :integer)
var
fam : array[1..4] of string ;
val : array[1..8] of string;
famille,valeur : string;
L : array[1..5] of integer ;
begin
fam[1] :='trèfle'; fam[2]:= 'carreau'; fam[3]:='coeur', fam[4]:='pique';
val[1]:='sept'; val[2]:='huit'; val[3]:='neuf'; val[4]:='dix';
val[5]:='valet'; val[6]:='dame'; val[7]:='roi',val[8]:='as';
L:=bin(n);
famille:=fam[2*L[1]+L[2]+1];
valeur: = val[4*L[3]+2*L[4]+L[5]+1];
writeln (valeur,' de ',famille,' est la carte numéro ',n);
end ;
Quelle est la carte numéro 6 ? Qui est le numéro 1 ? Quel est le numéro de la dame de cœur ?
Partie II Position du problème et recherche des fonctions solutions
On cherche à définir une mesure de l'incertitude d'un événement, c'est-à-dire, définir, pour un événement
A de probabilité non nulle, un nombre réel
i(A) , appelé l'incertitude de
A ou entropie de
A , en respectant le modèle suivant :
(i) Pour l'événement certainΩ , l'incertitude est nulle :
i(Ω) = 0 .
(ii) SiA et l'événement contraire
A¯ sont équiprobables, alors
i(A) = 1 .
(iii) SiA et
B sont indépendants pour la probabilité
P et si
P(A ∩ B) ≠ 0 alors
i(A ∩ B) = i(A) + i(B) .
(iv) SiP(A) = P(B) ≠ 0 alors
i(A) = i(B) .
(i) Pour l'événement certain
(ii) Si
(iii) Si
(iv) Si
Le dernier axiome (iv) signifie que
i(A) ne dépend que du réel
p = P(A) .
II.1) Soitφ une fonction définie sur
]0, 1] à valeurs dans
ℝ . Pour un événement
A de probabilité non nulle, on pose
i_φ(A) = φ(P(A)) .
Montrer que siφ vérifie les conditions :
II.1) Soit
Montrer que si
alors
i_φ vérifie (i),(ii),(iii) et (iv).
II.2) Existe-t-il des réelsα et
β pour lesquels
φ_(α, β) : x ↦ αln(x) + β vérifie (1) et (2)?
II.3) Soitφ : ]0, 1] → ℝ une fonction continue sur ]0, 1] et vérifiant (1) et (2).
a) Montrer, à l'aide d'un changement de variable affine, que pour toutp ∈ ]0, 1 ] :
II.2) Existe-t-il des réels
II.3) Soit
a) Montrer, à l'aide d'un changement de variable affine, que pour tout
b) En déduire que
φ est dérivable sur
]0, 1] et, en dérivant
p ↦ pφ(p) , démontrer que :
c) En déduire qu'il existe alors (
α, β ) tel que
φ = φ_(α, β) (on pourra considérer l'expression de
φ^′(p) en fonction de
p ).
II.4) Que peut-on conclure de cette étude?
II.4) Que peut-on conclure de cette étude?
Partie III Incertitude des événements
Dans toute la suite du problème, on noteraφ la fonction définie sur
]0, 1] par
x ↦ φ(x) = − (ln(x))/(ln(2)) .
Pour un événementA de probabilité non nulle, on pose
i(A) = φ(P(A)) .
III.1) On choisit une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes.
Dans toute la suite du problème, on notera
Pour un événement
III.1) On choisit une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes.
Soit
A l'événement « la carte tirée est la dame de cœur ». Que valent
P(A) et
i(A) ?
III.2) Soitn ∈ ℕ^× et
E l'ensemble des entiers s'écrivant avec au plus
n chiffres en binaire. On choisit un élément de
E au hasard et
A est l'événement « le nombre obtenu est 0 » .
Quel est le cardinal deE ? Que valent
P(A) et
i(A) ?
III.3) SoitA et
B deux événements tels que
A ⊂ B et
P(A) ≠ 0 . Comparer
i(A) et
i(B) .
III.4) Que vautlim_(x → 0^+)φ(x) et quelle interprétation peut-on donner de ce résultat?
III.2) Soit
Quel est le cardinal de
III.3) Soit
III.4) Que vaut
Partie IV Incertitude d'une variable aléatoire discrète
Dans toute la suite du problème, on considère la fonctionh définie sur [ 0,1 ] par
Dans toute la suite du problème, on considère la fonction
Pour une variable aléatoire réelle
X discrète définie sur (
Ω, A, P ), on pose sous réserve d'existence :
Si
IV.1) Soit
n ∈ ℕ^× . Si
U_n suit la loi uniforme sur
{1, 2, …, n} , que vaut
H(U_n) ?
IV.2) Si on supposeP(Y = 1) = 1/4, P(Y = 2) = 1/4 et
P(Y = 3) = 1/2 , que vaut
H(Y) ?
IV.2) Si on suppose
Classer par ordre croissant
H(U_2), H(U_3) et
H(Y) .
IV.3) Vérifier queh est continue et positive sur [ 0,1 ].
IV.3) Vérifier que
Est-elle dérivable en 0 ? Étudier
h et dessiner sa courbe représentative .
IV.4) SoitX une variable aléatoire à valeurs dans un ensemble fini.
IV.4) Soit
Montrer que
H(X) ⩾ 0 avec égalité si, et seulement si,
X est quasi-certaine.
IV.5) Pourx ∈ [0, 1] , on pose
h_2(x) = h(x) + h(1 − x) .
a) Pourx ∈ [0, 1] , on a clairement
h_2(x) = h_2(1 − x) . Que signifie ce résultat quant à la courbe de
h_2 dans un repère orthonormé?
b) Étudierh_2 et donner son graphe.
c) SoitX une variable aléatoire suivant une loi de Bernoulli de paramètre
p ∈ ]0, 1[ .
IV.5) Pour
a) Pour
b) Étudier
c) Soit
Montrer que
H(X) ⩽ 1 avec égalité si, et seulement si,
p = 1/2 .
IV.6) SoitX_1 et
X_2 deux variables de Bernoulli indépendantes de paramètres respectifs
p_1 et
p_2 .
IV.6) Soit
Soit
Z la variable de Bernoulli telle que
P(Z = 1) = P(≪X_1 + X_2 est impair » ).
Donner la loi et l'espérance deZ . En notant
p = P(Z = 1) , contrôler
(1 − 2p) = (1 − 2p_1)(1 − 2p_2) .
IV.7) Soitn ∈ ℕ^×, p ∈ ]0, 1[ et
X une variable aléatoire suivant une loi binomiale de paramètres
n et
p .
Donner la loi et l'espérance de
IV.7) Soit
Soit
Z_n la variable de Bernoulli telle que
P(Z_n = 1) = P( «
X est impair » ).
Montrer que1 − 2P(Z_n = 1) = (1 − 2p)^n (on pourra raisonner par récurrence).
Montrer queH(Z_n) ⩽ 1 . Dans quel(s) cas a-t-on égalité?
Montrer que
Montrer que
Partie V Maximalité de l'entropie
V.1) Soit
n ∈ ℕ∖{0, 1} .
a) SoitO l'ensemble des
(p_1, p_2, …, p_(n − 1)) ∈ ]0, 1[^(n − 1) vérifiant
1 − p_1 − p_2 − … − p_(n − 1) > 0 . On admettra que
O est un ouvert.
Pour(p_1, p_2, …, p_(n − 1)) ∈ O , on pose
h_n(p_1, p_2, …, p_(n − 1)) = ∑_(k = 1)^(n − 1)h(p_k) + h(1 − p_1 − p_2 − … − p_(n − 1)) .
Montrer queh_n admet au plus un extremum sur
O .
b) On rappelle que si une fonctionf est convexe sur un intervalle
I , alors on a :
a) Soit
Pour
Montrer que
b) On rappelle que si une fonction
Vérifier que
− h est convexe sur
]0, 1 ] et en déduire :
si(p_1, p_2, …, p_n) ∈ ]0, 1]^n et
p_1 + p_2 + … + p_n = 1 alors
∑_(k = 1)^n h(p_k) ⩽ (ln(n))/(ln(2)) .
c) SoitX une variable aléatoire telle que
X(Ω) = {x_1, x_2, …, x_n} . Montrer que:
H(X) ⩽ ln(n)/ln(2) avec égalité si, et seulement si,
X suit la loi uniforme sur
{x_1, x_2, …, x_n}
V.2) Soitp ∈ ]0, 1[ et
G une variable aléatoire suivant une loi géométrique de paramètre
p .
si
c) Soit
V.2) Soit
On pose
m = E(G) et pour
k ∈ ℕ^×, p_k = P(G = k) .
a) Rappeler la valeur dem , montrer que
H(G) existe et la calculer.
b) SoitX une variable aléatoire telle que
X(Ω) = ℕ^×, E(X) = m et
H(X) existe.
a) Rappeler la valeur de
b) Soit
Pour
k ∈ ℕ^× , on pose
q_k = P(X = k) et on supposera
q_k > 0 .
En justifiant rapidement que pour toutx > 0, ln(x) ⩽ x − 1
vérifier que pour toutk ∈ ℕ^× , on a
: ln(p_k) − ln(q_k) ⩽ (p_k)/(q_k) − 1
et établir :H(X) ⩽ H(G) avec égalité si, et seulement si,
X suit la même loi que
G .
En justifiant rapidement que pour tout
vérifier que pour tout
et établir :
Partie VI Incertitude d'une variable aléatoire continue
Pour une variable aléatoire
X admettant une densité
f continue sur
ℝ éventuellement privé d'un nombre fini de points, on dit que
X admet une incertitude quand l'intégrale
∫_(− ∞)^(+ ∞)h(f(x))dx converge. Dans ce cas, la valeur de l'intégrale
H(X) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)h(f(x))dx est appelée incertitude de
X .
VI.1) Cas des lois normales
a) SoitY_0 une variable aléatoire suivant une loi normale centrée réduite.
VI.1) Cas des lois normales
a) Soit
Montrer que
H(Y_0) existe et calculer
H(Y_0) .
b) SoitY une variable aléatoire suivant une loi normale de moyenne
m et d'écart type
σ > 0 .
b) Soit
Montrer que
H(Y) existe et calculer
H(Y) .
VI.2) Soitλ > 0 et
X_0 une variable aléatoire suivant une loi exponentielle de paramètre
λ . On désignera par
f_0 la densité de
X_0 .
a) Montrer queH(X_0) existe et calculer
H(X_0) en fonction de
λ .
b) SoitX une variable aléatoire à valeurs dans
ℝ_+^× , admettant une densité
f . On suppose que
H(X) existe et que
X admet une espérance égale à
1/λ .
Montrer que :
VI.2) Soit
a) Montrer que
b) Soit
Montrer que :
En utilisant (3) montrer que
H(X) ⩽ H(X_0) .
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