lundi 28 avril 2003 de 8 h 00 à 12 h 00
durée : 4 heures
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L'énoncé comporte 8 pages.
Les candidats sont invités à soigner la présentation de leur copie, à mettre en évidence les principaux résultats, à respecter les notations de l'énoncé, et à donner des démonstrations complètes (mais brèves) de leurs affirmations.
1. EXERCICE.
On considère la suite de nombres réels (u_n)_(n ∈ ℕ) définie par la relation de récurrence :
{u_(n + 1) = u_n + u_n^2; u_0 = a, a ∈ ℝ^(+ ∗)
1.1. Convergence de (u_n)_(n ∈ ℕ).
Montrer que cette suite est strictement positive et monotone.
Montrer que cette suite diverge vers l'infini.
1.2. Comportement asymptotique de (u_n)_(n ∈ ℕ).
On définit la suite (v_n)_(n ∈ ℕ) par :
v_n = 1/(2^n)lnu_n
Prouver que pour tout entier n de ℕ :
v_(n + 1) − v_n = 1/(2^(n + 1))ln(1 + 1/(u_n))
En déduire que quels que soient les entiers naturels p et n :
0 < v_(n + p + 1) − v_(n + p) ⩽ 1/(2^(n + p + 1))ln(1 + 1/(u_n))
En déduire que quels que soient les entiers naturels k et n :
0 < v_(n + k + 1) − v_n ⩽ 1/(2^n)ln(1 + 1/(u_n))
Démontrer que la suite (v_n)_(n ∈ ℕ) est majorée, puis qu'elle converge vers une limite notée α.
Montrer que :
∀n ∈ ℕ, u_n ⩽ exp(α2^n)
En passant à la limite pour n fixé dans l'encadrement 1.2 .2 , montrer que :
∀n ∈ ℕ, exp(α2^n) ⩽ u_n + 1
En déduire, lorsque n tend vers l'infini, l'équivalent suivant :
u_n ∼ _(n → + ∞)exp(α2^n)
On pose :
β_n = exp(α2^n) − u_n
Montrer que la suite (β_n)_(n ∈ ℕ) est bornée et qu'elle vérifie la relation suivante :
2β_n − 1 = (β_(n + 1) + β_n^2 − β_n)exp(− α2^n)
Prouver enfin que lorsque n tend vers l'infini :
u_n = _(n → + ∞) − 1/2 + exp(α2^n) + o(1)
2. EXERCICE.
Dans cet exercice, on adopte les notations suivantes : M_n(ℝ) : ensemble des matrices carrées d'ordre n, à coefficients réels ( n entier naturel non nul). S_n(ℝ) : le sous-espace vectoriel de M_n(ℝ) des matrices symétriques. A_n(ℝ) : le sous-espace vectoriel de M_n(ℝ) des matrices antisymétriques.
On rappelle qu'une matrice A de M_n(ℝ) est antisymétrique si :
^t A = − A
^t A étant la matrice transposée de A.
On définit les applications Tr et φ par :
Pour toute matrice A = (a_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ n) et B de M_n(ℝ), Tr(A) = ∑_(i = 1)^n a_(ii), φ(A, B) = Tr(^t AB)
Montrer que Tr est une application linéaire de M_n(ℝ) dans ℝ qui vérifie :
∀A ∈ M_n(ℝ), ∀B ∈ M_n(ℝ) Tr(AB) = Tr(BA)
Prouver que Tr est surjective. Donner la dimension du noyau de Tr.
Prouver que φ définit un produit scalaire dont la norme associée, ||||, vérifie :
Démontrer que S_n(ℝ) et A_n(ℝ) sont deux sous-espaces supplémentaires orthogonaux de M_n(ℝ) pour φ.
Soit M = (m_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ n). En déduire que pour toute matrice A = (a_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ n) de M_n(ℝ),
Min_(M ∈ S_n(ℝ))∑_(i = 1)^n∑_(j = 1)^n(a_(ij) − m_(ij))^2 existe et vaut 1/4∑_(i = 1)^n∑_(j = 1)^n(a_(ij) − a_(ji))^2
3. PROBLEME.
On rappelle que :
La fonction Γ est la fonction définie pour x > 0 par :
Γ(x) = ∫_0^(+ ∞)t^(x − 1)exp(− t)dt
Si X suit une loi normale et si α est un réel non nul alors αX suit également une loi normale.
On admettra que Γ(1/2) = √π.
3.1.
On considère la variable aléatoire Y_π = ∑_(k = 1)^n X_i^2, où X_1, X_2, ……, X_n sont n variables aléatoires indépendantes, suivant toutes une loi normale centrée réduite.
Déterminer la fonction de répartition F_(Y_1) de Y_1 = X_1^2.
En déduire que Y_1 est une variable aléatoire qui suit une loi gamma dont on précisera les paramètres.
Justifier que Y_n suit une loi gamma de paramètres (2, n/2).
Donner les valeurs de l'espérance E(Y_n) et de la variance V(Y_n) de Y_n.
On dit alors que Y_n suit une loi du Chi - deux à n degrés de liberté, notée χ^2(n). Soient G_n la fonction de répartition de Y_n et β un réel dans l'intervalle ]0, 1[.
Montrer qu'il existe un réel unique t tel que G_n(t) = β. Ce réel est alors noté χ_β^2(n)
Dans la suite du problème on considère (X_i)_(i ⩾ 1) une suite de variables aléatoires mutuellement indépendantes suivant une même loi normale N(m, σ). L'objet des questions suivantes est de déterminer une estimation ponctuelle (3.2) puis une estimation par intervalle de confiance (3.3 et 3.4) de la variance σ^2.
Si g est une fonction de n variables réelles, et que Z_n = g(X_1, …, X_n), on rappelle que :
g est un estimateur de θ(Z_n est un estimateur de θ) lorsque :
lim_(n → + ∞)E(Z_n) = θ
L'estimateur Z_n est dit sans biais lorsque pour tout n entier naturel non nul :
En déduire que la probabilité de l'événement [(nT_n)/(χ_(1 − α/2)^2(n)) ⩽ σ^2 ⩽ (nT_n)/(χ_(α/2)^2(n))] est 1 − α.
3.4. Estimation par intervalle de confiance de σ^2, m étant inconnue.
M_(n, 1)(ℝ) désigne l'ensemble des matrices à n lignes et 1 colonne à coefficients réels et Id_(ℝ^n) l'identité de ℝ^n.
Pour n entier supérieur à 2 , on pose :
Soit φ l'endomorphisme de ℝ^n dont la matrice dans la base canonique est A définie par :
A = (a_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ n) avec {a_(ii) = n − 1; a_(ij) = − 1 si i ≠ j
et B la matrice de M_(n, 1)(ℝ) dont tous les éléments sont égaux à 1 .
a. Justifier que A est une matrice diagonalisable.
b. Calculer le produit AB, en déduire une valeur propre de A et un vecteur propre de A associé à cette valeur propre.
c. Montrer que :
dimIm(φ − nId_(ℝ^n)) = 1
d. En déduire la dimension de Ker(φ − nId_(ℝ^n)), les valeurs propres et les sousespaces propres de la matrice A.
e. Soit W = (w_1; w_2; ⋮; w_n) la matrice des coordonnées d'un vecteur propre associé à la valeur propre n. Prouver que : ∑_(i = 1)^n w_i = 0.
f. Justifier l'existence d'une matrice P inversible dont la dernière colonne est proportionnelle à B et d'une matrice diagonale D que l'on déterminera, telle que :
P^(− 1)AP = D avec ^t P = P^(− 1)
(On ne demande pas la matrice P ).
g. On note (p_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ n) les coefficients de la matrice ^t P, montrer que :
∀i ∈ {1, …, n − 1}, ∑_(j = 1)^n p_(ij) = 0
puis que :
∀i ∈ {1, …, n}, ∑_(j = 1)^n p_(ij)^2 = 1
Soit q l'application de M_(n, 1)(ℝ) dans ℝ définie par :
ù∀X = (x_1; ⋮; x_n) ∈ M_(n, 1)(ℝ), q(X) = ^t XMX où M = 1/nA
a. On pose Y = ^t PX, montrer que:
q(X) = 1/n^t YDY
puis que :
q(X) = ∑_(i = 1)^n(x_i − 1/n∑_(j = 1)^n x_j)^2
b. En utilisant l'écriture q(X) = 1/n^t YDY, montrer que:
q(X) = ∑_(i = 1)^(n − 1)(∑_(j = 1)^n p_(ij)x_j)^2
Pour tout i de l'ensemble {1, …, n − 1} on pose:
Y_i = ∑_(j = 1)^n p_(ij)X_j
a. Justifier que Y_i suit une loi normale puis montrer que E(Y_i) = 0 et V(Y_i) = σ^2.
b. En utilisant les résultats de la question 3.4.2, montrer que :
U_n = 1/(σ^2)∑_(i = 1)^(n − 1)Y_i^2
c. En admettant que les (Y_i)_(1 ⩽ i ⩽ n − 1) sont mutuellement indépendantes, justifier que U_n suit une loi du Chi − deux à n − 1 degrés de liberté.
d. Montrer que les événements :