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BCE Maths approfondies HEC ECS 2003Sujet et corrigé

Epreuve de maths approfondies - ECS 2003

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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2003.

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HEC 2003. Math1 option scientifique.

NUAGES DE POINTS ET APPROXIMATION D'UN NUAGE

Dans tout le problème n et p désignent des entiers naturels supérieurs ou égaux à 2 et on pose E_p = M_(p, 1)(ℝ).
L'espace E_p est muni de sa structure euclidienne canonique ; la norme euclidienne d'un vecteur x de E_p est notée ‖x‖; le produit scalaire de deux vecteurs x et y de E_p est noté ⟨x, y⟩.
Si u est un vecteur non nul appartenant à E_p, D_u désigne la droite vectorielle engendrée par u et si x est un vecteur de E_p, P_(D_u)(x) est le projeté orthogonal de x sur la droite D_u.
Si F est un sous-espace vectoriel de E_p, le supplémentaire orthogonal de F dans E_p est noté F^⊥. Pour toute matrice A appartenant à M_(m, ℓ)(ℝ) on note Φ_A l'application linéaire de M_(ℓ, 1)(ℝ) dans M_(m, 1)(ℝ) définie par : ∀X ∈ M_(ℓ, 1)(ℝ), Φ_A(X) = AX.
Pour tout r appartenant à ℕ^∗ et toute famille (u_i)_(1 ⩽ i ⩽ r) de vecteurs de E_p, Vect(u_1, …, u_r) est le sous-espace vectoriel de E_p engendré par les vecteurs u_1, …, u_r.
Si g est une fonction définie sur un sous-espace vectoriel F de E_p et à valeurs dans ℝ, on désigne par max_(x ∈ F; ‖x‖ = 1)g(x) ou max{g(x); x ∈ F et ‖x‖ = 1} le maximum, lorsqu'il existe, de la fonction g sur l'ensemble des vecteurs x de F dont la norme est égale à 1 .

Partie I: Étude d'un exemple

Dans cette partie et uniquement dans celle-ci, on suppose que p = 2. On note ( u_1, u_2 ) la base canonique de E_2.
  1. On considère les vecteurs v_1, v_2 et v_3 appartenant à E_2 et dont les coordonnées dans la base ( u_1, u_2 ) sont respectivement (1, 2), (− 3, − 1), (2, − 1).
    On considère un réel m et on note, pour tout i appartenant à {1, 2, 3}, v_i^′ le projeté orthogonal de v_i sur la droite vectorielle engendrée par u_1 + mu_2.
    a) Calculer en fonction de m la quantité : ‖v_1^′‖^2 + ‖v_2^′‖^2 + ‖v_3^′‖^2.
    b) Déterminer la valeur m_0 de m pour laquelle cette quantité atteint son maximum; ce maximum est noté λ_1.
  2. Soit X la matrice (1, − 3, 2; 2, − 1, − 1).
    a) Vérifier que λ_1 est une valeur propre de Φ_X^t X; u_1 + m_0 u_2 étant un vecteur propre associé à λ_1.
    b) Déterminer l'autre valeur propre de Φ_(X^t X) et la comparer à λ_1.

Partie II: Les axes principaux d'inertie d'un nuage

Les notations introduites dans cette partie seront utilisées dans toute la suite du problème.
On définit la matrice X = (x_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ p; 1 ⩽ j ⩽ n) appartenant à M_(p, n)(ℝ) appelée nuage; ses colonnes c_1, …, c_n sont appelées points du nuage; X est donc un nuage de n points dans un espace de dimension p.
On définit la matrice V = X^t X.
On appelle F le sous-espace vectoriel de E_p engendré par les vecteurs colonnes c_1, …, c_n et on suppose que dimF = r et p > r ⩾ 1.
Pour tout vecteur v non nul de E_p, on pose I(v) = ∑_(j = 1)^n‖P_(D_v)(c_j)‖^2; cette quantité s'appelle l'inertie du nuage X sur la droite D_v.
Pour tout couple de vecteurs (v, w) appartenant à E_p^2, on pose: J(v, w) = ∑_(j = 1)^n⟨v, c_j⟩⟨w, c_j⟩.
1)a) Montrer que la matrice V est diagonalisable et que ses valeurs propres sont des réels positifs ou nuls.
On note λ_1, …, λ_p les valeurs propres de V et on suppose que λ_1 ⩾ … ⩾ λ_p Justifier l'existence d'une base orthonormale (e_1, …, e_p) de E_p telle que:
∀i ∈ [ [1, p] ], Ve_i = λ_i e_i
b) - Montrer que le noyau de Φ_V est égal à celui de Φ_(^t X).
  • En déduire que le rang de V est égal à r.
  • Montrer que: λ_(r + 1) = … = λ_p = 0.
  • Que peut-on dire de λ_1, …, λ_r ?
  • Montrer que (e_1, …, e_r) est une base de F.
    2)a) Montrer, pour tout vecteur v de norme 1 appartenant à E_p, l'égalité: I(v) = ^t vVv.
    b) Déterminer, pour tout i appartenant à [ [1, p] ], I(e_i) à l'aide des nombres λ_1, …, λ_p
    c) On définit les sous-espaces vectoriels F_1, …, F_r de E_p par :
F_1 = F, F_2 = F_1 ∩ (D_(e_1)^⊥), …, F_r = F_(r − 1) ∩ (D_(e_(r − 1))^⊥)
  • Montrer que : ∀i ∈ [ [1, r] ], F_i = Vect(e_i, …, e_r).
  • Montrer que : I(e_1) = max{I(v); v ∈ E_p et ‖v‖ = 1} = max{I(v); v ∈ F_1 et ‖v‖ = 1}.
  • Montrer que : ∀i ∈ [ [1, r] ], I(e_i) = max{I(v); v ∈ F_i et ‖v‖ = 1}.
  1. Soit w un vecteur unitaire de E_p tel que I(w) = max{I(v); v ∈ E_p et ‖v‖ = 1}. Montrer que w appartient à F.
  2. On suppose dans cette question que ε_1, …, ε_r sont r vecteurs de norme 1 appartenant à E_p et que G_1, …, G_r sont r sous-espaces vectoriels de E_p tels que
    (S){G_1 = F; ε_1 ∈ G_1 et I(ε_1) = max{I(v); v ∈ G_1 et ‖v‖ = 1}; ε_2 ∈ G_2 = G_1 ∩ (D_(ε_1)^⊥), et I(ε_2) = max{I(v); v ∈ G_2 et ‖v‖ = 1}; ⋮; ε_(r − 1) ∈ G_(r − 1) = G_(r − 2) ∩ (D_(ε_(r − 2))^⊥), et I(ε_(r − 1)) = max{I(v); v ∈ G_(r − 1) et ‖v‖ = 1}; ε_r ∈ G_r = G_(r − 1) ∩ (D_(ε_(r − 1))^⊥), et I(ε_r) = max{I(v); v ∈ G_r et ‖v‖ = 1}
    Les droites vectorielles D_(ε_1), …, D_(ε_r) sont appelées axes principaux d'inertie du nuage.
    a) Vérifier que (ε_1, …, ε_r) est une base orthonormale de F et que (ε_1, …, ε_r, e_(r + 1), …, e_p) est une base orthonormale de E_p.
    b) Montrer que pour tout couple de vecteurs ( v, w ) appartenant à E_p :
J(v, w) = ^t vVw = ⟨v, Φ_V(w)⟩
c) On se donne deux vecteurs v_1 et v_2, unitaires, orthogonaux et appartenant à F.
Pour tout réel t, on pose φ(t) = I(costv_1 + sintv_2).
  • Exprimer φ(t) à l'aide de I(v_1), I(v_2), J(v_1, v_2) et t.
  • Montrer que φ est majorée sur ℝ et qu'elle admet un maximum.
  • On suppose que le maximum de φ est atteint en 0 . Montrer que J(v_1, v_2) = 0.
    d) - Montrer que pour tout (i, j) appartenant à [ [1, r] ]^2, J(ε_i, ε_j) = 0 dès que i ≠ j.
  • Déterminer la forme de la matrice de Φ_V dans la base (ε_1, …, ε_r, e_(r + 1), …, e_p).
  • En déduire que pour tout i ∈ [ [1, r] ], ε_i est un vecteur propre de V associé à λ_i.
  1. Dans le langage des statisticiens les colonnes c_j de X représentent des individus d'une population statistique où p variables statistiques x_i, (1 ⩽ i ⩽ p) ont respectivement pris les valeurs x_(i1), x_(i2), …, x_(in)(1 ⩽ i ⩽ p), valeurs fixées de telle sorte que leur moyennes sont nulles, c'est à dire : ∑_(j = 1)^n x_(ij) = 0, 1 ⩽ i ⩽ p.
    Calculer la covariance Cov(x_k, x_ℓ) des variables x_k et x_ℓ lorsque k et ℓ appartiennent à [ [1, p] ] puis comparer la matrice V et la matrice (Cov(x_k, x_ℓ))_(1 ⩽ k ⩽ p; 1 ⩽ ℓ ⩽ p)

Partie III: Une décomposition de la matrice X

Pour tout i ∈ [ [1, p] ] on note Π_i la matrice dans la base canonique de E_p, de la projection orthogonale de E_p sur D_(e_i); les vecteurs e_1, …, e_p ont été définis au II.1.a.
  1. Montrer que : ∑_(i = 1)^p Π_i = I_p, (où I_p est la matrice appartenant à M_p(ℝ) dont tous les éléments sont nuls excepté les éléments diagonaux qui valent 1).
  2. Déterminer Π_i Π_j pour tout (i, j) ∈ [ [1, p] ]^2 tel que i ≠ j.
  3. Calculer pour tout i ∈ [ [r + 1, p] ], Π_i X et en déduire que : X = ∑_(i = 1)^r Π_i X.
  4. Pour tout s ∈ [ [1, r] ], on pose X_s = ∑_(i = 1)^s Π_i X.
    a) Montrer que : ImΦ_(X_s) ⊂ Vect(e_1, …, e_s).
    b) Calculer X_s^t Xe_j pour tout j ∈ [ [1, p] ] et déterminer le rang de X_s.

Partie IV: Une norme euclidienne de matrices carrées

Pour tout entier naturel q non nul et toute matrice, carrée A = (a_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ q; 1 ⩽ j ⩽ q) appartenant à M_q(ℝ), on pose tr(A) = ∑_(i = 1)^q a_(ii).
On sait que tr définit une application linéaire de M_q(ℝ) dans ℝ et que si A et B appartiennent respectivement à M_(n, p)(ℝ) et M_(p, n)(ℝ) alors tr(AB) = tr(BA). On sait également que si deux matrices A et B sont semblables alors tr(A) = tr(B).
Pour tout M et N appartenant à M_(p, n)(ℝ) on pose : Θ(M, N) = tr(M^t N).
  1. Montrer que (M, N) ↦ Θ(M, N) est un produit scalaire sur M_(p, n)(ℝ).
Pour toute matrice M appartenant à M_(p, n)(ℝ), on note ‖M‖ = √(tr(M^t M)), appelé ici norme euclidienne de M.
2) Calculer pour tout (i, j) ∈ [ [1, p] ]^2, Θ(Π_i X, Π_j X). On distinguera les cas i = j et i ≠ j, et on exprimera les résultats en fonction des nombres λ_1, …, λ_p.
3) Calculer ‖X − X_s‖^2 en fonction de λ_1, …, λ_r, pour tout s appartenant à [ [1, r] ].

Partie V: La meilleure approximation du nuage

On rappelle que si H_1 et H_2 sont deux sous-espaces vectoriels de E_p, alors :
dim(H_1 + H_2) = dimH_1 + dimH_2 − dim(H_1 ∩ H_2)
On considère un entier naturel s appartenant à [ [1, r − 1] ] et une matrice N appartenant à M_(p, n)(ℝ) telle que rg(N) ⩽ s.
  1. Justifier rapidement l'existence d'une base orthonormale ( a_1, …, a_p ) de E_p formée de vecteurs propres de (X − N)^t(X − N). On note γ_1, …, γ_p les valeurs propres de (X − N)^t(X − N) associées respectivement aux vecteurs a_1, …, a_p et on suppose que γ_1 ⩾ … ⩾ γ_p.
  2. Soit i un entier appartenant à [ [1, r − s] ] et G un sous-espace de E_p de dimension supérieure ou égale à i.
    a) Montrer que: dim(G ∩ Vect(a_i, …, a_p)) ⩾ 1.
    b) En déduire qu'il existe un vecteur unitaire u appartenant à G tel que ‖^t(X − N)u‖^2 ⩽ γ_i.
    c) On considère l'espace vectoriel H = (KerΦ_(t_N)) ∩ Vect(e_1, …, e_(s + i)).
  • Montrer que : dimH ⩾ i.
  • En déduire : λ_(s + i) ⩽ γ_i.
    3)a) Montrer que : ‖X − N‖^2 = ∑_(i = 1)^p γ_i.
    b) En déduire que : ‖X − N|‖^2 ⩾ ∑_(i = s + 1)^r λ_i.
    c) En déduire que X_s réalise la meilleure approximation de X par des matrices de rang inférieur ou égal à s au sens de la norme euclidienne définie plus haut sur M_(p, n)(ℝ).
  1. Soit G un sous-espace vectoriel de E_p. On note P_G la projection orthogonale de E_p sur G, Π_G sa matrice dans la base canonique de E_p et K(G) = ∑_(j = 1)^n‖P_G(c_j)‖^2.
    La quantité K(G) s'appelle l'inertie du nuage X sur le sous-espace G, et dans le cas où G = E_p, K(G) est l'inertie totale du nuage X.
    a) Montrer que : K(G) = ‖Π_G X‖‖^2.
    b) Montrer que : K(G) = ‖X‖‖^2 − ‖X − Π_G X‖^2.
    c) On suppose toujours que s est un entier appartenant à [ [1, r − 1] ] et dimG ⩽ s.
  • Montrer que : K(G) ⩽ ∑_(i = 1)^s λ_i.
  • Montrer que K(Vect(e_1, …, e_s)) est le maximum des nombres K(G), lorsque G parcourt l'ensemble des sous-espaces vectoriels de E_p dont la dimension est inférieure ou égale à s.
    d) On suppose dans cette question que s appartient à [ [1, p] ], on ne suppose donc plus que s ⩽ r − 1.
    Montrer que K(Vect(e_1, …, e_s)) est le maximum des nombres K(G), lorsque G parcourt l'ensemble des sous-espaces vectoriels de E_p dont la dimension est inférieure ou égale à s.

Partie VI: Non multa, sed multum

Dans cette partie, on propose une interprétation pratique des résultats théoriques précédents à propos d'une enquête de consommations.
On a étudié les « consommations » annuelles de 8 denrées alimentaires (ce sont les 8 variables statistiques x_i, ( 1 ⩽ i ⩽ 8 ) que l'on suppose centrées), par différentes catégories socioprofessionnelles, à savoir : celles des exploitants agricoles (AGRI) représentées par la colonne c_1, des salariés agricoles (SAAG( = c_2 )), des professions indépendantes (PRIN (= c_3) ), les cadres supérieurs (CSUP(= c_4)), des cadres moyens (CMOY(= c_5)), des employés (EMP(= c_6)), des ouvriers ( OUV(= c_7) ), des inactifs ( INAC(= c_8) ). Dans notre exemple un individu est donc une catégorie socio-professionnelle.
On a consigné les résultats de l'enquête dans une matrice X = (x_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ 8; 1 ⩽ j ⩽ 8). Par exemple x_(12) représente la consommation moyenne de la denrée 1 par la catégorie SAAG.
Les valeurs propres de la matrice V = X^t X sont approximativement 70, 20, 5, 3, 2, 0, 0 et 0 associées respectivement à e_1, …, e_8.
  1. Quelle part de l'inertie totale est contenue dans l'inertie du nuage de points sur le sous-espace de base ( e_1, e_2 ).
On a représenté dans le dessin ci-contre les projetés orthogonaux dans le plan de base (e_1, e_2) des 8 individus (c_j)_(1 ⩽ j ⩽ 8), c'est-à-dire des 8 colonnes représentant les consommations moyennes de chaque catégorie socio-professionnelle.
2) Que représente le nuage de points du
dessin pour le nuage X de l'enquête?

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