BCE Maths approfondies HEC ECS 2002Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2002
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Annale de maths approfondies BCE HEC pour la filiere ECS, session 2002.
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ECOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES
CONCOURS D'ADMISSION SUR CLASSES PREPARATOIRES
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHEMATIQUES I
Jeudi 16 Mai 2002, de 14 h. à 18 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document : l'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite.
Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Le sujet ci-dessous vise à faire comprendre comment deur concurrents aux intérêts antagonistes, ne parvenant pas à fixer conjointement les stratégies de l'un et l'autre. conviennent de les tirer au sort avec des probabilités bien déterminées.
Notations :
Dans tout le problème
n et
p désignent des entiers naturels non nuls fixés et on pose
E_n = 𝕄_(n, 1)(ℝ) , on définit de même
E_p .
On noteK_n l'ensemble
{X = (x_1; ⋮; x_n) ∈ E_n.x_1 ⩾ 0….x_n ⩾ 0.∑_(i = 1)^n x_i = 1}}}{{ ; on définit de même
K_p .
Les espacesE_n et
E_p sont munis de leur structure euclidienne canonique ; la norme euclidienne d'un vecteur
X de
E_n est notée
‖X‖ : le produit scalaire de deux vecteurs
X et
Y de
E_n est noté
⟨X, Y⟩ ; on adopte la même notation pour les vecteurs de
E_p .
Enfin, sik est un entier naturel non nul et si
(z_i)_(1 ⩽ i ⩽ k) est une famille finie de réels, on note
Max_(1 ⩽ i ⩽ n)z¯_i ou
Max_i z_i (respectivement
Min_(1 ⩽ i ⩽ n)z_i ou
Min_i z_i ) son plus grand (respectivement son plus petit) élément.
Plus généralement, sif est une fonction définie sur un ensemble
𝔸 , à valeurs dans
ℝ , admettant un maximum (respectivement un minimum) sur
E , on note
Max_(x ∈ 𝔸)f(x) , (respectivement
Min_(x ∈ 𝔸)f(x) ), ce maximum, (respectivement ce minimum).
On note
Les espaces
Enfin, si
Plus généralement, si
Partie I. Le plus petit des plus grands et le plus grand des plus petits
Soit
A = (a_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ p) une matrice appartenant à
𝕄_(n.p)(ℝ) .
On noteu(A) = Min_(1 ⩽ i ⩽ n)(Max_(1 ⩽ j ⩽ p)a_(ij)) et
v(A) = Max_(1 ⩽ j ⩽ p)(Min_(1 ⩽ i ⩽ n)a_(ij)) . Pour simplifier les notations, on pourra écrire ces expressions :
u(A) = Min_i Max_j a_(ij) et
v(A) = Max_j Min_i a_(ij) .
On note
- Calculer
u(A) etv(A) dans les deux cas suivants :A = (− 2, 3; 1, − 1); A = (− 1, 6, − 2; 0, 1, 0; − 2, 3, − 1) . - On revient au cas général où
A ∈ 𝕄_(n, p)(ℝ) . Pour toutj_0 ∈ {1, …, p} et touti_0 ∈ {1, …, n} , on poses_(j_0) = Min_i a_(ij_0) ett_(i_0) = Max_j a_(i_0 j) .
a) Montrer ques_(j_0) ⩽ t_(i_0) pour toutj_0 ∈ {1, …, p} et touti_0 ∈ {1, …, n} .
b) En déduire quev(A) ⩽ u(A) . - On suppose que dans le préambule d'un programme écrit en Turbo-Pascal on a défini :
- deux constantes entières: n et
p , - un type: matrice = array[1..n,1..p] of real;
a) Écrire le corps de la fonction function Max_ligne (A:matrice; i:integer): real; cette fonction doit retourner le plus grand élément de la ligne i de la matrice A, c'est-à-dire la valeurMax_j A[i, j] .
b) Écrire le corps de la fonction function MinMax(A:matrice): real; cette fonction doit retourner la valeuru(A) , définie plus haut; on pourra utiliser la fonction Max_ligne.
Partie II. Le minimum des maxima et le maximum des minima
- Dans cette question on étudie un exemple. On considère la matrice
A = (− 2, 3; 1, − 1) , et pour tout(x, y) ∈ [0, 1]^2 . on poseX = (x/(1 − x)) etY = (y/(1 − y)) puish(x, y) = ^t XAY .
a) Calculerh(x, y) en fonction dex ety .
b) Déterminer suivant les valeurs dex ∈ [0, 1] , le maximum de la fonctiony ⟼ h(x, y) sur[0, 1] ; ce maximum sera notéλ(x) .
c) Déterminer la valeur minimum deλ(x) lorsquex décrit[0, 1] . Cette valeur sera notéeα(A) , elle est donc égale àMin_(X ∈ K_2)(Max_(Y ∈ K_2)^t XAY) , qu'on note plus simplementMin_X Max_Y^t XAY , étant entendu queX etY décriventK_2 .
d) Par une méthode analogue montrer l'existence deβ(A) = Max_Y Min_X^t XAY et donner sa valeur.
Dans la suite de cette partie
A = (a_(ij))_(1 ⩽ i ⩽ n; 1 ⩽ j ⩽ p) désigne une matrice appartenant à
𝕄_(n, p)(ℝ) .
On définit la fonctionf sur
K_n × K_p par:
∀(X, Y) ∈ K_n × K_p, f(X, Y) = ^t XAY .
Pour toutj ∈ {1, …, p} et tout
X = (x_1; ⋮; x_n) ∈ K_n , on pose
φ_j(X) = ∑_(i = 1)^n a_(ij)x_i , puis
λ(X) = Max_(1 ⩽ j ⩽ p)φ_j(X) .
2) On considère des fonctionsg_1, …g_p définies et continues sur
K_n , à valeurs dans
ℝ .
a) On poseh = Max(g_1, g_2) . c'est-à-dire la fonction de
K_n dans
ℝ définie par
h(x) = Max(g_1(x), g_2(x)) .
On définit la fonction
Pour tout
2) On considère des fonctions
a) On pose
Vérifier que
h = (g_1 + g_2 + |g_1 − g_2|)/2 et en déduire que
h est continue sur
K_n .
b) Montrer que la fonctiong = Max(g_1, …g_p) est continue sur
K_n, g étant définie sur
K_n par:
∀x ∈ K_n.g(x) = Max(g_1(x)….g_p(x)) .
3) Dans cette question on considère un élémentX appartenant à
K_n .
a) Montrer que pour toutY ∈ K_p, f(X, Y) ⩽ λ(X) .
b) Montrer qu'il existeY_X ∈ K_p tel que
f(X, Y_X) = λ(X) .
c) En déduire quon peut poser:λ(X) = Max_(Y ∈ K_p)f(X, Y) .
4) a) Montrer queK_n est borné.
(On admet pour la suite du problème, queK_n est une partie fermée de
E_n )
b) Montrer queλ admet un minimum sur
K_n .
b) Montrer que la fonction
3) Dans cette question on considère un élément
a) Montrer que pour tout
b) Montrer qu'il existe
c) En déduire quon peut poser:
4) a) Montrer que
(On admet pour la suite du problème, que
b) Montrer que
Ce minimum est noté
α(A) et il est donc égal à
Min_(X ∈ K_n)(Max_(Y ∈ K_p)^t XAY) , qu'on note plus simplement
Min_X Max_Y^t XAY .
On montrerait de manière analogue que le nombreMax_(Y ∈ K_p)(Min_(X ∈ K_n)^t XAY) existe. Il est noté
β(A) et on l'écrit plus simplement
Max_Y Min_X^t XAY .
5) a) Soit (X^′, Y ) appartenant à
K_n × K_p . Montrer que
Min_(X ∈ K_n)f(X, Y) ⩽ λ(X^′) .
b) En déduire:β(A) ⩽ α(A) .
6) On dit qu une partie non vide𝒞 de
E_p est convexe lorsque:
∀(X, Y) ∈ 𝒞^2.∀m ∈ [0, 1], mY + (1 − m)X ∈ 𝒞 . On considère dans cette question une partie
𝒞 de
E_p convexe, fermée, bornée et non vide.
a) Montrer qu'il existeW ∈ 𝒞 , tel que:
∀Y ∈ 𝒞, ‖W‖ ⩽ ‖Y‖ .
b) SoitY appartenant à
𝒞 , on pose pour tout
m ∈ [0, 1] : Y_m = (1 − m)W + mY .
On montrerait de manière analogue que le nombre
5) a) Soit (
b) En déduire:
6) On dit qu une partie non vide
a) Montrer qu'il existe
b) Soit
- Montrer que:
∀m ∈ ]0, 1[, ⟨W, Y⟩ ⩾ (2 − m)/(2(1 − m))‖W‖^2 − m/(2(1 − m))‖Y‖^2 .
On rappelle que
⟨W, Y⟩(= ^t WY) désigne le produit scalaire de
W et
Y .
- En déduire que:
⟨W, Y⟩ ⩾ ‖W‖^2 .
- Dans cette question et jusqu'à la fin de cette partie on considère l'ensemble:
a) Montrer que
K_n est une partie convexe de
E_n .
b) Montrer que𝒞 est une partie convexe et bornée de
E_p .
b) Montrer que
On admet pour la suite que
𝒞 est une partie fermée de
E_p .
8) On suppose dans cette question que le vecteur nul appartient à𝒞 .
a) Montrer qu'il existeX_0 ∈ K_n.Y_0 ∈ K_p et un réel
μ ⩽ 0 tels que:
^t AX_0 = μY_0 .
b) Déterminer le signe de^t X_0 AY pour tout
Y ∈ K_p .
c) Déterminer le signe deα(A) .
9) Dans cette question on suppose que le vecteur nul n'appartient pas à𝒞 .
a) Montrer qu'il existe un élémentW ∈ 𝒞 tel que:
8) On suppose dans cette question que le vecteur nul appartient à
a) Montrer qu'il existe
b) Déterminer le signe de
c) Déterminer le signe de
9) Dans cette question on suppose que le vecteur nul n'appartient pas à
a) Montrer qu'il existe un élément
b) On note
w_1, …w_p les coordonnées de
W dans la base canonique de
E_p .
Montrer que
w_i > 0 pour tout
i ∈ {1, …pp} .
c) Montrer que:∀X ∈ K_n, ^t XAW > 0 .
d) Montrer qu'il existe un vecteurW^′ ∈ K_p tel que:
∀X ∈ K_n, ^t XAW^′ > 0 .
e) Montrer queβ(A) > 0 .
10) On définit la matriceB ∈ 𝕄_(n, p)(ℝ) par
B = A − β(A)J où
J est la matrice appartenant à
𝕄_(n, p)(ℝ) dont tous les éléments sont égaux à 1 .
a) Déterminer les valeursα(B) et
β(B) en fonction de
α(A) et
β(A) .
b) Déduire des questions précédentes queα(A) = β(A) .
c) Montrer que:
d) Montrer qu'il existe un vecteur
e) Montrer que
10) On définit la matrice
a) Déterminer les valeurs
b) Déduire des questions précédentes que
Partie III. Point-selle et point critique
Dans cette partie,
A désigne toujours une matrice de à
𝕄_(n.p)(ℝ) et on rappelle que pour tout (
X, Y ) appartenant à
K_n × K_p : f(X.Y) = ^t XAY .
On dit que le couple(X_0, Y_0) appartenant à
K_n × K_p est un poinl-selle pour
f , lorsque:
On dit que le couple
- Montrer quil existe un point-selle pour
f et que si (X_0, Y_0 ) en est un. alorsf(X_0, Y_0) = α(A) . - On considère la matrice réelle
A = (a, b; c, d) et on définit la fonctiong surℝ^2 par:
On appelle point critique de
g tout couple
(u, v) ∈ ℝ^2 tel que
(∂g)/(∂x)(u, v) = (∂g)/(∂y)(u, v) = 0 .
a) Montrer queg admet un unique point critique (
x_0.y_0 ) si et seulement si
a + d − b − c ≠ 0 . Déterminer dans ce cas
(x_0, y_0) .
b) On supposea − b et
d − c de mêne signe et non tous nuls et on suppose également que
a − c et
d − b sont de même signe et non tous nuls.
a) Montrer que
b) On suppose
- Montrer que dans ce cas
g admet un unique point critique(x_0, y_0) et que(x_0, y_0) ∈ [0, 1]^2 . - Montrer que:
∀(x, y) ∈ ℝ^2, g(x, y) = g(x_0.y_0) + (x − x_0)(y − y_0)(a + d − b − c) .
On pourra introduire les notations suivantes:
X = (x/(1 − x)), Y = (y/(1 − y)), X_0 = ((x_0)/(1 − x_0)) .
Y_0 = ((y_0)/(1 − y_0)) ⋅ U = X − X_0 ⋅ V = Y − Y_0 . et on exprimera
g(x, y) à l'aide de
U, V, A, X_0 et
Y_0 .
- En déduire que
(((x_0)/(1 − x_0)) ⋅ ((y_0)/(1 − y_0))) est un point-selle pour l'applicationf définie surK_2 × K_2 par:∀(X, Y) ∈ K_2 × K_2, f(X, Y) = ^t XAY . - Quelle est la valeur de
α(A) ?
Partie IV. Application à une étude de la concurrence
Deux entrepreneurs Primus et Secundus se partagent le marché d'un produit sur un territoire commun, de sorte qu'au cours d'un trimestre, si l'un voit sa part de marché varier de
Δ unités (nombre réel positif ou négatif) l'autre voit la sienne varier de
− Δ unités. Cette variation dépend à chaque trimestre des stratégies choisies par l'un et l'autre.
Primus a le choix entre deux stratégies notéesP_1 et
P_2 , Secundus a le choix entre deux stratégies
S_1 et
S_2 . Lorsque Primus et Secundus choisissent chacun l'une de leurs deux stratégies, leurs parts de marché sont modifićes et le tableau suivant donne les variations trimestrielles de la part de marché de Secundus, celles de Primus étant opposées.
Primus a le choix entre deux stratégies notées
| Variation trimestrielle de la part de marché de Secundus lorsque : | Secundus choisit
|
Secundus choisit
|
| Primus choisit
|
-2 | 3 |
| Primus choisit
|
1 | -1 |
Dans une négociation entre Primus et Secundus, si Secundus propose par exemple
S_2 , Primus propose alors
P_2 . mais dans ce cas Secundus préfêre
S_1 et Primus souhaite alors
P_1 , ce qui pousse Secundus à choisir de nouveau
S_2 ; finalement toute entente semble être impossible.
Primus et Secundus décident alors de s'en remettre au hasard de la manière suivante: les deux concurrents choisissent simultanément et aléatoirement l'une des deux stratégies dont chacun dispose: Primus choisit la stratégieP_1 avec la probabilité
x(x ∈ [0, 1]) et la stratégie
P_2 avec la probabilité
1 − x , Secundus, indépendamment du choix de Primus, choisit la stratégie
S_1 avec la probabilité
y, (y ∈ [0, 1]) et la stratégie
S_2 avec la probabilité
1 − y . On note dans ces conditions,
V_(x, y) la variable aléatoire égale à la variation trimestrielle de la part de marché de Secundus.
Primus et Secundus décident alors de s'en remettre au hasard de la manière suivante: les deux concurrents choisissent simultanément et aléatoirement l'une des deux stratégies dont chacun dispose: Primus choisit la stratégie
- Déterminer l'espérance de
V_(x, y) . - Établir qu'il existe des probabilités
x_0 ety_0 telles que Primus (respectivement Secundus) ne trouve aucun avantage à prendrex différent dex_0 (respectivementy différent dey_0 ), lorsque Secundus (respectivement Primus) s'en tient ày_0 (respectivement àx_0 ).
Déterminer les valeurs dex_0 ety_0 .

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