BCE Maths approfondies HEC/ESCP ECS 2016, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2016
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Annale de maths approfondies BCE HEC/ESCP pour la filiere ECS, session 2016.
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Conception : HEC Paris - ESCP Europe
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHÉMATIQUES II
Mercredi 4 mai 2016, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
La simulation de vecteurs aléatoires dont les composantes ne sont pas indépendantes intervient dans l'évaluation de risques cumulés dans des domaines tels que l'assurance, la finance, la médecine ou l'écologie.
On résume les liaisons entre les composantes à l'aide de fonctions de plusieurs variables appelées copules.
L'objet du problème consiste à présenter cette notion de copule dans le cadre de la simulation d'un vecteur aléatoire à deux composantes.
On suppose que toutes les variables aléatoires et tous les vecteurs aléatoires qui interviennent dans ce problème sont définis sur un même espace probabilisé (Ω, A, P ).
On rappelle que la loi d'un vecteur aléatoire (X, Y ) à valeurs dans
R^2 est caractérisée par la fonction
F_((X, Y)) définie sur
R^2 par:
∀(x, y) ∈ R^2, F_((X, Y))(x, y) = P([X ⩽ x] ∩ [Y ⩽ y]) . On dit que
F_((X, Y)) est la fonction de répartition conjointe de
X et
Y .
On résume les liaisons entre les composantes à l'aide de fonctions de plusieurs variables appelées copules.
L'objet du problème consiste à présenter cette notion de copule dans le cadre de la simulation d'un vecteur aléatoire à deux composantes.
On suppose que toutes les variables aléatoires et tous les vecteurs aléatoires qui interviennent dans ce problème sont définis sur un même espace probabilisé (
On rappelle que la loi d'un vecteur aléatoire (
Partie I. Simulation d'une variable aléatoire à densité.
1.a) Justifier la convergence de l'intégrale
∫_0^(+ ∞)(dx)/(√x(1 + x)) .
b) SoitV une variable aléatoire telle que
V(Ω) = [0, π/2 [ suivant la loi uniforme sur [
0, π/2 [.
b) Soit
On pose :
X = tan^2(V) . Montrer que
X est une variable aléatoire à densité.
c) En déduire que la fonctionf : x ⟼ {1/(π√x(1 + x)), si x > 0; 0, sinon est une densité de probabilité.
2.a) Compléter le code Scilab de la fonction simulX suivante de sorte que son application à l'entierN(N ⩾ 2) fournisse une matrice colonne contenant
N simulations indépendantes de la variable aléatoire
X .
c) En déduire que la fonction
2.a) Compléter le code Scilab de la fonction simulX suivante de sorte que son application à l'entier
function x=simulX(N)
u=rand(...,...);
x=ones(u); // matrice de même format que u.
for i=1:N
x(i,1)=.....
end ;
endfunction
b) Après avoir affecté une valeur entière supérieure ou égale à 2 à la variable
N , on exécute les commandes suivantes:
x=simulX(N);
y=0 ;
for i=1:N if x(i,1)>1 then y=y+1; end; end;
q=y/N;
Trouver la loi d'une variable aléatoire dont la valeur de
y est, en fin de boucle, une simulation.
De quel nombre peut-on s'attendre queq soit proche lorsque la valeur affectée à
N est grande et pourquoi?
3. SoitX une variable aléatoire à densité dont la fonction de répartition est notée
F_X .
De quel nombre peut-on s'attendre que
3. Soit
Soit
p un réel de
]0, 1[ . On pose :
K_p = {x ∈ R; F_X(x) = p} et
J_p = {x ∈ R; F_X(x) < p} .
a) Justifier que les deux ensemblesJ_p et
K_p ne sont pas vides et montrer que si
a ∈ J_p et
b ∈ K_p , on a nécessairement :
a < b .
b) On pose :G_X(p) = inf(K_p) . Justifier l'existence de
G_X(p) et établir l'égalité :
F_X(G_X(p)) = p .
c) En déduire pour toutx réel, l'équivalence :
x < G_X(p) ⟺ F_X(x) < p .
d) SoitU une variable aléatoire telle que
U(Ω) = ]0, 1 [ et qui suit la loi uniforme sur ] 0,1 [.
a) Justifier que les deux ensembles
b) On pose :
c) En déduire pour tout
d) Soit
Montrer que la variable aléatoire
G_X(U) suit la même loi que
X .
e) On suppose queX admet pour densité la fonction
f définie dans la question 1.c) et que
p n'est plus fixé. Déterminer la fonction
G_X : p ⟼ G_X(p) définie sur ]
0, 1[ .
e) On suppose que
Partie II. Fonction de répartition conjointe de deux variables aléatoires de lois uniformes.
- Soit (
X, Y ) un couple de variables aléatoires etF la fonction de répartition conjointe deX etY . Soitx ∈ R .
a) Montrer que la fonctiony ⟼ F(x, y) est croissante surR .
b) Établir l'égalité :[X ⩽ x] = ⋃_(n ∈ ℕ^∗)([X ⩽ x] ∩ [Y ⩽ n]) .
c) Montrer queF(x, y) tend versP([X ⩽ x]) lorsquey tend vers+ ∞ .
d) Quelle est la limite deF(x, y) lorsquey tend vers− ∞ ?
e) Soita, a^′, b, b^′ des réels vérifiant :a ⩽ a^′ etb ⩽ b^′ . On pose :A = [a < X ⩽ a^′] etB = [b < Y ⩽ b^′] .
(i) Exprimer la probabilitéP(A ∩ B) en fonction deP([X ⩽ a] ∩ B) etP([X ⩽ a^′] ∩ B) .
(ii) Établir l'égalité :P(A ∩ B) = F(a^′, b^′) − F(a^′, b) − F(a, b^′) + F(a, b) .
Dans les questions 5 et 6 , on note
U et
V deux variables aléatoires suivant chacune la loi uniforme sur
[0, 1] et
F_((U, V)) leur fonction de répartition conjointe.
On noteC la restriction de
F_((U, V)) à
[0, 1]^2 : ∀(u, v) ∈ [0, 1]^2, C(u, v) = P([U ⩽ u] ∩ [V ⩽ v]) .
Pour tout couple(u, v) ∈ [0, 1]^2 , on pose :
C_+(u, v) = min{u, v} et
C_−(u, v) = max{u + v − 1, 0} .
Pour(u, v) ∈ [0, 1]^2 , on note
[U > u] ∪ [V > v]^– l'événement contraire de l'événement
[U > u] ∪ [V > v] .
On rappelle que si deux vecteurs aléatoires(X_1, Y_1) et
(X_2, Y_2) ont même loi et si
g est une fonction continue sur
R^2 à valeurs dans
R , alors les variables aléatoires
g(X_1, Y_1) et
g(X_2, Y_2) ont même loi.
5.a) Comparer pour tout(u, v) ∈ [0, 1]^2 , les trois événements :
[U > u] ∪ [V > v]^–, [U ⩽ u] ∩ [V ⩽ v] et
[U ⩽ u] .
b) Justifier pour tout(u, v) ∈ [0, 1]^2 , la double inégalité :
u + v − 1 ⩽ C(u, v) ⩽ u .
c) En déduire l'encadrement suivant:∀(u, v) ∈ [0, 1]^2, C_−(u, v) ⩽ C(u, v) ⩽ C_+(u, v) .
6.a) CalculerF_((U, U))(x, y) selon les valeurs du couple
(x, y) de
R^2 .
b) Représenter dans le plan rapporté à un repère orthonormé une ligne de niveau pour la fonction de deux variablesF_((U, U)) , correspondant à une valeur de la fonction strictement comprise entre 0 et 1 .
Hachurer sur la même figure, l'ensemble des couples(x, y) ∈ R^2 pour lesquels
F_((U, U))(x, y) = x .
c) Montrer queC est égale à
C_+ si et seulement si les variables aléatoires
U et
V sont égales presque sûrement.
d) Calculer la fonction de répartition conjointeF_((U, 1 − U)) et donner une condition nécessaire et suffisante portant sur
U et
V pour que
C soit égale à
C_− .
On note
Pour tout couple
Pour
On rappelle que si deux vecteurs aléatoires
5.a) Comparer pour tout
b) Justifier pour tout
c) En déduire l'encadrement suivant:
6.a) Calculer
b) Représenter dans le plan rapporté à un repère orthonormé une ligne de niveau pour la fonction de deux variables
Hachurer sur la même figure, l'ensemble des couples
c) Montrer que
d) Calculer la fonction de répartition conjointe
Partie III. Copules.
On appelle copule toute fonction
Φ définie sur
[0, 1]^2 , à valeurs réelles, vérifiant les trois propriétés suivantes :
-
∀u ∈ [0, 1], Φ(u, 0) = Φ(0, u) = 0 ; -
∀u ∈ [0, 1], Φ(u, 1) = Φ(1, u) = u ; -
∀(u, u^′, v, v^′) ∈ [0, 1]^4, u ⩽ u^′ etv ⩽ v^′ ⟹ Φ(u^′, v^′) − Φ(u^′, v) − Φ(u, v^′) + Φ(u, v) ⩾ 0 .
On appelle copule à densité toute copule
Φ dont la restriction à l'ouvert
]0, 1[^2 est de classe
C^2 sur
]0, 1[^2 .
7. Exemples. On reprend le contexte et les notations du préambule des questions 5 et 6.
a) Vérifier queC est une copule. Dans la suite (Partie IV), on l'appelle la copule associée au couple (
U, V ).
b) En déduire queC_+, C_− ainsi que la fonction
Π définie sur
[0, 1]^2 par
Π(u, v) = uv sont des copules.
8. SoitΦ une copule à densité et
(a, b) ∈ ]0, 1[^2 .
7. Exemples. On reprend le contexte et les notations du préambule des questions 5 et 6.
a) Vérifier que
b) En déduire que
8. Soit
Pour tout couple
(h, k) de réels non nuls tels que
(a + h, b + k) ∈ ]0, 1[^2 , on pose :
a) Soit
h un réel non nul tel que
a + h ∈ ]0, 1[ .
Justifier que
G(h, k) admet une limite
H(h) lorsque
k tend vers 0 et exprimer
H(h) à l'aide de la dérivée partielle
∂_2(Φ) de
Φ par rapport à sa seconde variable.
b) On note∂_(1, 2)^2(Φ) la dérivée partielle seconde croisée de
Φ sur
]0, 1[^2 et on rappelle que
∂_(1, 2)^2(Φ) = ∂_(2, 1)^2(Φ) . Trouver la limite de
H(h) lorsque
h tend vers 0 et en déduire que
∂_(1, 2)^2(Φ)(a, b) ⩾ 0 .
9. Soitφ une fonction définie sur
[0, 1]^2 , à valeurs réelles, continue sur
[0, 1]^2 et de classe
C^2 sur
]0, 1[^2 .
b) On note
9. Soit
Pour tout
(u, u^′, v, v^′) ∈ [0, 1]^4 , on pose :
Ψ(u, u^′, v, v^′) = φ(u^′, v^′) − φ(u^′, v) − φ(u, v^′) + φ(u, v) .
a) Pour tout(u, u^′, v, v^′) ∈ ]0, 1[^4 , justifier l'égalité :
Ψ(u, u^′, v, v^′) = ∫_v^(v^′)(∫_u^(u^′)∂_(1, 2)^2(φ)(x, y)dx)dy .
b) Soitu et
u^′ des réels tels que :
0 ⩽ u ⩽ u^′ ⩽ 1 . Pour tout
n ∈ N^∗ , on pose :
{u_n = 1/(3n) + (1 − 1/n)u; u_n^′ = 2/(3n) + (1 − 1/n)u^′ Vérifier pour tout
n ∈ N^∗ , les inégalités strictes suivantes :
0 < u_n < u_n^′ < 1 .
c) On pose :{T_0 = {(u, u^′, v, v^′) ∈ R^4; 0 < u < u^′ < 1, 0 < v < v^′ < 1}; T = {(u, u^′, v, v^′) ∈ R^4; 0 ⩽ u ⩽ u^′ ⩽ 1, 0 ⩽ v ⩽ v^′ ⩽ 1} .
a) Pour tout
b) Soit
c) On pose :
On suppose que la fonction
Ψ est positive ou nulle sur
T_0 . Montrer que
Ψ est positive ou nulle sur
T .
d) En déduire que, pour que la fonctionφ soit une copule, il suffit qu'elle vérifie les trois propriétés suivantes :
d) En déduire que, pour que la fonction
-
∀u ∈ [0, 1], φ(u, 0) = φ(0, u) = 0 ; -
∀u ∈ [0, 1], φ(u, 1) = φ(1, u) = u ; -
∀(x, y) ∈ ]0, 1[^2, ∂_(1, 2)^2(φ)(x, y) ⩾ 0 .
Partie IV. Familles de copules et simulation.
- Soit
M la fonction définie sur[0, 1]^2 par:∀(u, v) ∈ [0, 1]^2, M(u, v) = uv(u + v − uv) .
a) Montrer que la fonctionS : (u, v) ⟼ u + v − 2uv admet sur[0, 1]^2 un minimum globalc et un maximum globald et les calculer.
b) Montrer queM est une copule à densité.
c) Soitθ ∈ R etM_θ la fonction définie sur[0, 1]^2 par:∀(u, v) ∈ [0, 1]^2, M_θ(u, v) = (1 − θ)uv + θM(u, v) . Pour quelles valeurs deθ la fonctionM_θ est-elle une copule? - Soit
N une variable aléatoire suivant la loi de Bernoulli de paramètrep ∈ ]0, 1[ etU_0, V_0, U_1, V_1 quatre variables aléatoires suivant chacune la loi uniforme sur[0, 1] .
On suppose que(U_0, V_0), (U_1, V_1) etN sont mutuellement indépendants, autrement dit, on suppose que pour tout(u_0, v_0, u_1, v_1, x) ∈ R^5 , on a :
a) Pour tout
ω ∈ Ω , on pose :
U_N(ω) = {U_0(ω), si N(ω) = 0; U_1(ω), si N(ω) = 1 et
V_N(ω) = {V_0(ω), si N(ω) = 0; V_1(ω), si N(ω) = 1 .
Montrer que
U_N et
V_N sont des variables aléatoires et suivent chacune la loi uniforme sur
[0, 1] .
b) Exprimer la copule associée au couple(U_N, V_N) à l'aide des copules associées aux deux couples
(U_0, V_0) et
(U_1, V_1) .
12. Soitp ∈ ]0, 1[ et
C_p la fonction définie sur
[0, 1]^2 par:
∀(u, v) ∈ [0, 1]^2, C_p(u, v) = puv + (1 − p)min{u, v} .
a) Montrer queC_p est une copule.
b) Proposer une méthode de simulation d'un couple aléatoire (U, V ) auquel est associée la copule
C_p et donner le code Scilab d'une fonction simulc réalisant cette simulation pour toute valeur donnée de
p . Cette fonction aura pour seul argument le paramètre
p et retournera le couple
(u, v) .
13. SoitX et
Y deux variables aléatoires à densité, de fonctions de répartition respectives
F_X et
F_Y .
b) Exprimer la copule associée au couple
12. Soit
a) Montrer que
b) Proposer une méthode de simulation d'un couple aléatoire (
13. Soit
Pour tout
p ∈ ]0, 1[ , on pose :
{G_X(p) = inf({x ∈ R; F_X(x) = p}); G_Y(p) = inf({x ∈ R; F_Y(x) = p}) .
SoitC la fonction définie sur
[0, 1]^2 par :
C(u, v) = {F_((X, Y))(G_X(u), G_Y(v)), si (u, v) ∈ ]0, 1[^2; 0, si uv = 0; u, si v = 1; v, si u = 1 .
Montrer queC est une copule. En déduire un procédé de simulation du couple (
X, Y ) à partir de la simulation (
u, v ) d'un couple (
U, V ) auquel la copule
C est associée.
Soit
Montrer que
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