CCINP Mathématiques 1 MP 2009Sujet, corrigé et rapport du jury
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP
MATHEMATIQUES 1
Durée : 4 heures
Les calculatrices sont autorisées.
NB: Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Le sujet est composé de deux exercices et d'un problème indépendants.
Exercice 1
On considère l'équation différentielle :
- Résoudre (
E ) sur chacun des intervalles] − 1; 0[ et]0; 1[ . - En déduire que
(E) admet une unique solution sur] − 1; 1[ .
Exercice 2
- Justifier que la fonction
t ↦ e^(− t^2) est intégrable surℝ^+ .
Dans la suite de cet exercice, on se propose de calculer :
- Soit
f etg les fonctions définies surℝ^+ par :
(a) Démontrer que les fonctions
f et
g sont de classe
C^1 sur
ℝ^+ et déterminer leur dérivée.
(b) Prouver que pour toutx réel positif on a :
f(x) = ∫_0^1 xe^(− x^2 t^2) dt .
(b) Prouver que pour tout
En déduire que la fonction
φ = g + f^2 est constante de valeur
π/4 .
(c) Démontrer que pour toutx ⩾ 0 réel on a :
0 ⩽ g(x) ⩽ e^(− x^2) .
(d) En déduire la valeur deI .
(c) Démontrer que pour tout
(d) En déduire la valeur de
Problème : Théorème du point fixe et applications
Le but de ce problème est de démontrer le théorème du point fixe de PICARD, ce qui fait l'objet de la partie I, et d'en voir plusieurs applications élémentaires dans les parties suivantes. Les parties II, III et IV sont indépendantes entre elles.
Soit
(E, ‖‖) un espace vectoriel normé.
Une définition. Soitk ∈ [0; 1[ . On dira qu'une application
f : E → E est une contraction stricte de rapport
k lorsque pour tout
(x, y) ∈ E^2 , on a :
Une définition. Soit
Une notation. Pour
n entier naturel et
f : E → E , on notera
f^n : E → E l'application définie par:
Partie I : Le théorème du point fixe de Picard
Dans cette partie
(E, ‖‖) est un espace de Banach et
f : E → E est une contraction stricte de rapport
k .
Poura ∈ E on considère la suite
(x_n) définie par
x_0 = a et
x_(n + 1) = f(x_n) pour tout
n entier naturel.
Pour
- Pour tout
n entier naturel, on poseu_n = x_(n + 1) − x_n .
(a) Démontrer que pour toutn entier naturel, on a‖u_(n + 1)‖ ⩽ k‖u_n‖ puis que
En déduire que la série
∑u_n converge.
(b) Démontrer alors que la suite(x_n) converge vers un vecteur
ℓ de
E .
(c) Prouver queℓ est un point fixe de
f c'est-à-dire que
f(ℓ) = ℓ .
(d) Démontrer quef admet en fait un unique point fixe.
(b) Démontrer alors que la suite
(c) Prouver que
(d) Démontrer que
On vient donc de démontrer le résultat suivant :
THÉORÈME DU POINT FIXE DE PICARD : Dans un espace de Banach(E, ‖‖) , une application
f : E → E qui est une contraction stricte admet un unique point fixe et pour tout
a dans
E la suite des itérés
(f^n(a))_(n ∈ ℕ) converge vers ce point fixe.
THÉORÈME DU POINT FIXE DE PICARD : Dans un espace de Banach
Partie II : Exemples et contre-exemples
- Sur la nécessité d'avoir une contraction stricte
On considère ici la fonction
g : ℝ → ℝ définie par :
(a) Démontrer que pour tout
t réel, on a
|g^′(t)| < 1 . En déduire que l'on a pour
x et
y réels :
(b) La fonction
g admet-elle un point fixe? Est-elle une contraction stricte?
3. Un exemple
Soit
f : ℝ → ℝ une fonction continue telle que, pour tout
x réel, on ait :
(a) On considère la suite
(u_n)_(n ∈ ℕ) définie par
u_0 ∈ ℝ et
u_(n + 1) = (u_n)/5 + 1 pour tout
n entier naturel. Démontrer en utilisant le théorème de PICARD que cette suite converge vers un réel
ℓ que l'on précisera.
(b) Démontrer que pour toutn entier naturel et tout
x réel, on a :
f(g^n(x)) = f(x) .
(c) En déduire quef est constante.
(b) Démontrer que pour tout
(c) En déduire que
4. Un système non linéaire dans
ℝ^2
On s'intéresse dans cette question au système :
On munit
ℝ^2 de la norme
‖‖_1 définie par :
‖(x, y)‖_1 = |x| + |y| et on considère l'application
ψ : ℝ^2 → ℝ^2 définie par:
(a) Pourquoi l'espace vectoriel normé (
ℝ^2, ‖‖_1 ) est-il complet?
(b) Démontrer que pour touta et
b réels, on a:
(b) Démontrer que pour tout
(c) Prouver que
ψ est une contraction stricte de
(ℝ^2, ‖‖_1) dans
(ℝ^2, ‖‖_1) .
(d) En déduire que le système(S) admet une unique solution dans
ℝ^2 .
(e) Iciℝ^2 est muni de la norme
‖‖_∞ définie par
‖(x, y)‖_∞ = max(|x|, |y|) qui en fait un espace de Banach.
Déterminer‖ψ(1/2, − 1/2) − ψ(0, 0)‖_∞ .
L'applicationψ est-elle encore une contraction stricte pour la norme
‖‖_∞ ?
Quel commentaire peut-on faire?
(d) En déduire que le système
(e) Ici
Déterminer
L'application
Quel commentaire peut-on faire?
Partie III : Une équation intégrale
- Soit
F l'espace vectoriel des applications bornées de[0; 1] dansℝ . Pourf dansF on pose :
On note aussi
E l'espace vectoriel des applications continues de
[0; 1] dans
ℝ .
(a) Démontrer soigneusement que‖‖_∞ est une norme sur
F . On admettra pour la suite que (
F, ‖‖_∞ ) est un espace de Banach.
(b) Vérifier queE ⊂ F .
(c) Démontrer le résultat suivant du cours :
si (G, ‖‖ ) est un espace vectoriel normé et si (
g_n ) est une suite d'applications continues de
G dans
G qui converge uniformément sur
G vers une application
g alors
g est continue.
(d) En déduire que (E, ‖‖_∞ ) est aussi un espace de Banach.
6. On considère une application continueK : [0; 1]^2 → ℝ ainsi que
g ∈ E . Pour
λ réel, on note
Φ l'application qui à une fonction
f de
E associe la fonction définie par :
(a) Démontrer soigneusement que
(b) Vérifier que
(c) Démontrer le résultat suivant du cours :
si (
(d) En déduire que (
6. On considère une application continue
(a) Justifier que l'application
|K| est bornée et atteint ses bornes.
On pose
M = max_((x, y) ∈ [0; 1]^2)|K(x, y)| .
(b) Démontrer queΦ(f) est un élément de
E .
(c) On suppose que|λ| < M^(− 1) . Vérifier que
Φ est une contraction stricte de (
E, ‖‖_∞ ) et en déduire qu'il existe une unique application
f dans
E telle que :
(b) Démontrer que
(c) On suppose que
Partie IV : Une application géométrique
- Dans le plan rapporté à un repère orthonormal on considère un vrai triangle
ABC avecB etC sur l'axe des abscisses.
SoitM un point de l'axe des abscisses. On note :
-
P_M le projeté orthogonal deM sur(CA) ; -
Q_M le projeté orthogonal deP_M sur(AB) ; -
R_M le projeté orthogonal deQ_M sur(BC) .
On obtient donc une application
φ : ℝ → ℝ qui à l'abscisse de
M associe l'abscisse de
R_M . On appelle
a, b et
c les mesures respectives des angles
BACˆ, ABCˆ et
BCAˆ .
(a) PourM et
M^′ points distincts de (
BC ), justifier l'égalité (lorsque
M ≠ C ) :
(a) Pour
(b) Démontrer que
φ est une contraction stricte de
(ℝ, ||) . Que peut-on en déduire?
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