Centrale Mathématiques 1 MP 2016Sujet, corrigé et rapport du jury
Téléchargements
Présentation du sujet
DifficileMatrices positives primitives et irréductibles : chemins, rayon spectral et coefficient d'imprimitivitéAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe problème étudie les matrices à coefficients positifs à l'aide de la notion de chemin dans une matrice, issue de la théorie des graphes. Il établit l'indice de primitivité maximal d'une matrice primitive (partie III) puis relie le coefficient d'imprimitivité au pgcd des longueurs des circuits (partie VI). Les parties I et IV traitent de la limite des puissances d'une matrice en lien avec son rayon spectral, le théorème de Perron-Frobenius étant admis en partie IV.
- 1Partie I : si ρ(A) < 1, alors A^m tend vers 0Construction de normes sous-multiplicatives sur M_n(K) puis preuve que les puissances d'une matrice de rayon spectral strictement inférieur à 1 tendent vers 0.
- 2Partie II : chemins dans les matrices positivesRéduction d'un chemin à un chemin élémentaire, caractérisation de l'existence d'un chemin et lien avec les coefficients des puissances de A.
- 3Partie III : matrices primitives et indice de primitivitéPropriétés des puissances d'une matrice primitive, étude de la matrice de Weilandt et majoration de l'indice de primitivité.
- 4Partie IV : puissances d'une matrice primitiveAvec le théorème de Perron-Frobenius admis, étude d'une projection de rang 1 et preuve que les puissances de A/r convergent, r étant le rayon spectral.
- 5Partie V : matrices positives irréductiblesPremières propriétés, caractérisations de l'irréductibilité et conditions suffisantes de primitivité.
- 6Partie VI : le coefficient d'imprimitivitéDiagonales des puissances d'une matrice imprimitive, matrice de Weilandt modifiée, lien avec le polynôme caractéristique puis avec les longueurs des circuits.
Difficile. Le jury qualifie le sujet de très long et note une sélectivité assez forte, presque aucune question n'ayant été entièrement réussie par plus de la moitié des candidats.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesNorme et convergence confondues · Équivalence démontrée par récurrence · Positivité des éléments propresAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe sujet, long et inhabituel, comportait six parties indépendantes mais chacune exigeait de s'approprier des notations spécifiques, ce qui limitait le grappillage. Les questions étant surtout fermées, la qualité de la rédaction a beaucoup pesé dans la notation. Le jury déplore un nombre important de copies à la limite de la lisibilité et constate de nombreuses notes très basses.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Norme et convergence confonduesI.B
La moitié des candidats invoque la continuité de la norme pour passer de la convergence de la norme de A^m vers 0 à celle de A^m vers 0, ce qui ne convient pas. Peu de copies construisent un δ convenable.
« le jury a été surpris de voir que la moitié des candidats invoque la continuité de la norme »
- 2Équivalence démontrée par récurrenceII.B
Prouver par récurrence que deux propriétés sont équivalentes a posé des problèmes de logique à environ la moitié des copies.
- 3Positivité des éléments propresIII.B.5
Une erreur fréquente consiste à croire qu'une valeur propre ou un vecteur propre d'une matrice positive est forcément positif.
- 4Calcul de déterminant maquilléIII.C.1
Le résultat étant donné, le jury attendait l'explication du développement (lignes et colonnes utilisées). Les calculs faux menant au bon résultat ont été lourdement sanctionnés, et l'argument de la matrice compagnon, hors programme, n'a rapporté aucun point.
« le jury a rencontré de nombreux procédés malhonnêtes, notamment des calculs faux aboutissant au résultat exact »
- 5Confusions en algèbre linéaire et euclidiennePartie IV
La partie IV concentre le plus d'erreurs : supplémentaire confondu avec supplémentaire orthogonal, théorème du rang mal appliqué, confusion entre R^n et M_n(R), produits de matrices de tailles incompatibles.
« confusion entre supplémentaire et supplémentaire orthogonal »
- 6Quantificateurs et exemples non justifiésV.A.2, V.A.3, V.A.4
La dépendance de m vis-à-vis de (i, j) est souvent mal comprise. Les exemples demandés sont donnés sans expliquer pourquoi la matrice est, ou n'est pas, irréductible ou primitive.
Ce qui a été bien réussi
- Les deux tiers des candidats connaissent les propriétés caractéristiques d'une norme (partie I.A).
- Le calcul des coefficients de Δ⁻¹TΔ en I.B a été plutôt bien réalisé.
- La partie III, probablement la plus facile, a été la mieux réussie dans ses sous-parties III.A, III.B et III.C.
- La notation de la transposée conforme au programme est plutôt bien assimilée.
Conseils du jury
- Soigner la lisibilité et produire des phrases grammaticalement correctes, en mettant en valeur les arguments principaux.
- Éviter les abréviations abusives et ne pas utiliser les quantificateurs comme des mots à l'intérieur d'une phrase.
- Détailler les calculs dont le résultat est donné, par exemple en précisant la ligne ou la colonne de développement d'un déterminant.
- Justifier précisément chaque exemple fourni au lieu de se contenter de donner une matrice.
- Ne s'appuyer que sur des notions du programme.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Ces sujets peuvent vous intéresser
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
Lecture du sujet en ligne
Matrices positives (im)primitives
Généralités
- Dans tout le problème
n désigne un entier supérieur ou égal à 2 .
- On note
M_n(𝕂) l'ensemble des matrices carrées d'ordren à coefficients dans𝕂 (avec𝕂 = ℝ ouℂ ).
On note
On note
Si
- Soit
A dansM_n(𝕂) . On noteSp(A) (spectre deA ) l'ensemble des valeurs propres complexes deA .
On dit qu'une valeur propre
- On identifie une matrice
A deM_n(𝕂) avec l'endomorphisme de𝕂^n qui lui est canoniquement associé. Cela permet de légitimer les notationsIm(A) etKer(A) . - On note
A^⊤ la transposée d'une matriceA . - On identifie un élément
x = (x_i) de𝕂^n avec la matrice-colonne associée, ce qui légitime la notationAx pour toutA dansM_n(𝕂) . Dans ces conditionsx^⊤ désigne la matrice-ligne associée au vecteurx . - Dans la partie IV, on munit
ℝ^n de son produit scalaire canonique, défini par(x|y) = ∑_(i = 1)^n x_i y_i = x^⊤y .
Matrices positives
- On dit que
A = (a_(i, j)) ∈ M_n(ℝ) est positive et on noteA ⩾ 0 , si:∀(i, j), a_(i, j) ⩾ 0 .
Ces définitions s'appliquent aux vecteurs
On prendra bien garde au fait que l'implication (
- Il est clair (et on ne demande pas de le démontrer) que les puissances
A^k (aveck ⩾ 1 ) d'une matrice carrée positive (respectivement strictement positive) sont positives (respectivement strictement positives).
Chemins dans une matrice positive
- Soit
A = (a_(i, j)) une matrice positive deM_n(ℝ) .
- On dit que
C a pour longueurm et qu'il va dei_0 (son origine) ài_m (son extrémité) en passant par lesi_k . - On dit que
C est un chemin élémentaire sii_0, …, i_m sont distincts deux à deux. - On dit que
C est un circuit sii_m = i_0 et un circuit élémentaire si de plusi_0, …, i_(m − 1) sont distincts. Dans un circuit, la notion d'origine et d'extrémité perd de son intérêt. On pourra donc dire d'un circuit qu'il passe par un indicei (sans se préoccuper de la position dei dans ce circuit).
I Si
ρ(A) < 1 , alors
lim_(m → + ∞)A^m = 0
On dit qu'une norme
I.A - Deux exemples de normes sous-multiplicatives
I.A.1) Montrer que l'application
I.A.2) Soit
I.B - Une conséquence de l'inégalité
I.B.1) Soit
Montrer que
I.B.2) Avec ce choix de
II Chemins dans les matrices positives
Une bonne compréhension des résultats démontrés ici est importante dans la perspective des parties III et IV. Dans cette partie,
II.A - Réduction d'un chemin à un chemin élémentaire
II.B - Une caractérisation de l'existence d'un chemin de i à
j
- il existe dans
A un chemin d'originei , d'extrémitéj , de longueurm ; - le coefficient d'indice
i, j deA^m (notéa_(i, j)^((m)) ) est strictement positif.
II.C - Chemins dans une puissance de
A
- il existe dans
A^m un chemin d'originei , d'extrémitéj , de longueurℓ ; - il existe dans
A un chemin d'originei , d'extrémitéj , de longueurmℓ .
III Matrices primitives et indice de primitivité
Avec cette définition, il est clair que toute matrice carrée strictement positive est primitive.
Dans toute la suite, matrice primitive signifie matrice carrée positive primitive.
Si
III.A - Chemins élémentaires dans une matrice primitive
Montrer que pour tous
III.B - Puissances d'une matrice primitive
III.B.2) Soit
III.B.3) Soit
III.B.4) Prouver que si
III.B.5) Montrer que le rayon spectral d'une matrice primitive est strictement positif.
III.C - La matrice de Weilandt
Par exemple, pour
III.C.1) Montrer que le polynôme caractéristique de
III.C.2) Préciser le plus court circuit passant par l'indice 1 dans la matrice
III.C.3) Montrer que pour tous
En déduire que la matrice
III.D - Indice de primitivité maximum
Dans toute cette sous-partie,
On peut donc appliquer à la matrice
En particulier, on note
III.D.1) Par l'absurde, on suppose
En déduire que les matrices
III.D.2) D'après ce qui précède, il existe dans
Nous allons montrer que
Pour cela, on se donne
a) Montrer que dans
b) Dire pour quelle raison les
Montrer alors qu'il existe un chemin de longueur
c) En déduire finalement
IV Étude des puissances d'une matrice primitive
Pour toute matrice primitive
Le rayon spectral
Dans toute cette partie, on se donne une matrice primitive
Pour simplifier les notations, on note
Il est clair que
On peut donc noter
Quitte à multiplier
On note
IV.A - Puissances de la matrice
IV.A.1) Montrer que
IV.A.2) Prouver que
IV.A.3) Vérifier que
IV.A.4) Montrer que
IV.B - La matrice
Soit
IV.B.1) Montrer que
IV.B.2) Par l'absurde, on suppose
IV.B.3) Déduire de ce qui précède (et de la sous-partie IV.A) que
IV.C - Le rayon spectral de
A est une valeur propre simple
Soit
En examinant la diagonale de
V Matrices carrées positives irréductibles
Avec cette définition, il est clair que toute matrice primitive est irréductible.
Dans toute la suite, matrice irréductible signifie matrice carrée positive irréductible.
Dans toute cette partie,
V.A - Premières propriétés des matrices irréductibles
V.A.2) Montrer que si
V.A.3) Donner un exemple simple d'une matrice carrée irréductible mais non primitive.
V.A.4) Montrer que si
V.A.5) Montrer que le rayon spectral d'une matrice irréductible est strictement positif.
V.
B - Deux caractérisations de l'irréductibilité et une condition nécessaire
- la matrice
A est irréductible ; - la matrice
B = I_n + A + A^2 + ⋯ + A^(n − 1) est strictement positive ; - la matrice
C = (I_n + A)^(n − 1) est strictement positive.
V.B.2) SoitA irréductible. Montrer qu'aucune ligne (et aucune colonne) deA n'est identiquement nulle.
V.
C - Deux conditions suffisantes de primitivité
V.C.1) On suppose que
V.C.2) On suppose que:
VI Le coefficient d'imprimitivité
On dit que
Pour toute matrice
Les valeurs propresλ de A telles que|λ| = ρ(A) sont simples. Ce sont les solutions de l'équationλ^p = ρ(A)^p pour un certain entierp ⩾ 2 . En particulierρ(A) est valeur propre simple deA . Plus généralement, la totalité du spectre deA est invariante dans la multiplication parω = exp(2iπ/p) . Par ailleurs, et pour la valeur propreρ(A) , la matriceA possède un vecteur proprex > 0 .
Remarque : si on rapproche ce qui précède et le résultat admis au début de la partie IV, on peut fort bien dire qu'une matrice primitive a pour coefficient d'imprimitivité
VI.A - Diagonales des puissances d'une matrice imprimitive
Pour tout entier
On pourra s'intéresser à la trace de
En déduire que le résultat de la question IV.B. 3 ne tient plus si
VI.B - Une matrice de Weilandt «modifiée»
Par exemple, pour
Le but de cette question est de prouver que
VI.B.1) Montrer que la matrice
VI.B.2) Montrer que le polynôme caractéristique de
VI.B.3) Montrer que
VI.C - Coefficient d'imprimitivité et polynôme caractéristique
Soit
Soit
On va montrer la propriété suivante : l'entier
VI.C.1) On rappelle que le spectre de
Penser aux fonctions symétriques élémentaires des
VI.C.2) Réciproquement, on suppose par l'absurde que les
VI.D - Coefficient d'imprimitivité et longueur des circuits
Soit
VI.D.1) Soit
Par symétrie, il en résulte évidemment que tous les
VI.D.2) Montrer que si
VI.D.3) Dans la suite de cette question, on suppose
VI.D.4) On va montrer que
Soit
On sait que
On fixe une permutation
On note
a) Montrer que
b) La restriction à
Soit
Montrer que
En déduire que
c) Montrer finalement que
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte le sujet Centrale Maths 1 MP 2016 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte le sujet Centrale Maths 1 MP 2016 ?
Il porte sur les matrices positives primitives et irréductibles, étudiées à l'aide de chemins et de circuits. Il mobilise la réduction des matrices, les normes sous-multiplicatives, le rayon spectral et l'algèbre euclidienne.
Le sujet Centrale Maths 1 MP 2016 était-il long ?
Oui, le jury le qualifie de très long. La dernière partie, qui débutait par des questions assez difficiles, n'a été sérieusement abordée que dans très peu de copies.
Quelles erreurs le jury de Centrale Maths 1 MP 2016 a-t-il relevées ?
Une mauvaise utilisation de la continuité de la norme, des erreurs de logique dans les récurrences, des confusions d'algèbre linéaire et euclidienne en partie IV et des calculs de déterminant truqués pour retrouver le résultat donné.
Quelle partie du sujet Centrale Maths 1 MP 2016 était la plus abordable ?
Selon le jury, la partie III sur les matrices primitives était probablement la plus facile et la mieux réussie dans ses premières sous-parties.
Pas de description pour le moment
