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Centrale Mathématiques 1 PSI 2016Sujet, corrigé et rapport du jury

matrices à coefficients dans [0,1]

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Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Matrices à coefficients dans {0,1} : propriétés algébriques et topologiques, matrices de permutation et matrices aléatoires
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Le problème étudie les matrices dont les coefficients valent 0 ou 1, à travers quatre parties indépendantes. Après des généralités et deux problèmes d'optimisation (distance à un ensemble de matrices, maximum du déterminant), il traite les matrices de permutation puis deux procédés de génération aléatoire de matrices, avec une partie de programmation en Python.

  1. 1Partie I : généralitésCardinal, convexité et compacité d'ensembles de matrices, majoration du déterminant et des valeurs propres, étude des matrices inversibles d'ordre 2 à coefficients dans {0,1}.
  2. 2Partie II : deux problèmes d'optimisationProjection sur une partie convexe pour le produit scalaire tr(tM N), puis existence et étude du maximum du déterminant sur les deux ensembles de matrices.
  3. 3Partie III : matrices de permutationsLien avec les matrices orthogonales, diagonalisabilité sur C, sous-espaces stables communs et caractérisation des matrices de permutation parmi les matrices à coefficients entiers.
  4. 4Partie IV : matrices aléatoiresMatrice construite à partir d'une colonne de variables de Bernoulli, puis remplissage aléatoire par vagues, avec simulation en Python et calcul d'une espérance.

Difficulté moyenne. Le jury juge la longueur et la difficulté raisonnables : toutes les questions sauf IV.B.6b ont été correctement traitées par au moins un candidat, mais la partie II a été très mal réussie.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Diagonalisation mal maîtrisée · Ensembles finis et cardinal · Existence d'un maximum ou d'un minimum
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Le sujet parcourt une grande partie du programme de PSI, y compris les probabilités et l'informatique. Les candidats maîtrisent la programmation Python et les probabilités de base, ce qui rendait la partie IV rentable. En revanche, la topologie, la cardinalité, la convexité, les projections, la recherche d'extremums et la diagonalisation posent problème.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Diagonalisation mal maîtrisée

    Les erreurs portent sur des cas pourtant simples : matrice déjà diagonale, matrice triangulaire à valeur diagonale unique, matrice symétrique réelle. Le calcul d'un polynôme caractéristique 2 × 2 pose même problème.

    « La diagonalisation est très mal maitrisée »
  2. 2
    Ensembles finis et cardinal

    Beaucoup de candidats confondent cardinal et dimension. Rares sont ceux qui utilisent l'absence d'injection d'un ensemble infini dans un ensemble fini.

    « une confusion entre cardinal et dimension »
  3. 3
    Existence d'un maximum ou d'un minimum

    Justifier qu'un extremum est atteint pose souvent problème, d'autant que les notions de max et de sup, de min et d'inf sont confondues.

  4. 4
    Projection orthogonale et matrices orthogonales

    De nombreux candidats pensent qu'une projection orthogonale a une matrice orthogonale, ou se trompent sur le lien entre matrices orthogonales et symétriques.

    « Beaucoup de candidats croient qu'une projection orthogonale a une matrice orthogonale »
  5. 5
    Lecture de l'énoncé

    Il ne faut pas confondre valeurs propres communes et vecteurs propres communs.

  6. 6
    Majorations et inégalité triangulaire

    L'inégalité triangulaire et les majorations de valeurs absolues sont jugées très mal maîtrisées.

Ce qui a été bien réussi

  • La syntaxe Python et l'informatique sont bien, voire très bien, maîtrisées.
  • Les probabilités sont en général bien traitées : écriture des événements avec intersections et réunions, recours justifié à l'incompatibilité ou à l'indépendance, lois usuelles.
  • Il était assez facile d'obtenir des points dans la partie IV.

Conseils du jury

  • Soigner la présentation de la copie pour éviter toute mauvaise compréhension par le correcteur.
  • Préférer une démonstration sobre à une rédaction inutilement compliquée.
  • Lire attentivement chaque question avant d'y répondre.
  • Avoir en tête quelques exemples et contre-exemples simples sur les notions essentielles du programme.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Dans tout ce problème, n est un entier supérieur ou égal à 2 et l'on note :
  • M_n(ℝ) l'ensemble des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels;
  • GL_n(ℝ) l'ensemble des éléments inversibles de M_n(ℝ);
  • O_n(ℝ) l'ensemble des matrices orthogonales d'ordre n;
  • X_n l'ensemble des éléments de M_n(ℝ) dont tous les coefficients sont dans {0, 1};
  • y_n l'ensemble des éléments de M_n(ℝ) dont tous les coefficients sont dans [0,1];
  • P_n l'ensemble des éléments de M_n(ℝ) dont tous les coefficients sont dans {0, 1} et ne contenant qu'un seul coefficient non nul par ligne et par colonne ;
  • ^t M la transposée d'une matrice M, mais la notation M^T est également utilisable.
Par exemple :
(0, 1, 1; 1, 0, 1; 1, 1, 0) ∈ X_3 (1/(√2), 0; exp(− 1), 3/4) ∈ Y_2 (0, 1, 0; 1, 0, 0; 0, 0, 1) ∈ P_3
Ce problème aborde l'étude de matrices à coefficients dans {0, 1} à travers plusieurs thématiques indépendantes les unes des autres. Les deux premières parties étudient quelques propriétés algébriques et topologiques des ensembles X_n et y_n définis ci-dessus. La partie III étudie le cas particulier des matrices de permutation. La partie IV étudie deux modalités de génération aléatoire de matrices à coefficients dans {0, 1}.

I Généralités

I.A - Propriétés élémentaires

I.A.1) Justifier que X_n est un ensemble fini et déterminer son cardinal.
I.A.2) Démontrer que pour tout M ∈ y_n, det(M) ⩽ n ! et qu'il n'y a pas égalité.
I.A.3) Démontrer que y_n est une partie convexe et compacte de M_n(ℝ).
I.A.4) Soit M ∈ y_n et λ une valeur propre complexe de M. Démontrer que |λ| ⩽ n et donner un exemple explicite où l'on a l'égalité.

I.B - Étude de X_n^′ = X_n ∩ GL_n(ℝ)

I.B.1) Faire la liste des éléments de X_2^′. Préciser (en justifiant) ceux qui sont diagonalisables sur ℝ.
I.B.2) Démontrer que X_2^′ engendre l'espace vectoriel M_2. Est-ce que, pour n ⩾ 2, X_n^′ engendre l'espace vectoriel M_n(ℝ) ?

II Deux problèmes d'optimisation

II.A - Étude de la distance à y_n

Pour tout (M, N) ∈ (M_n(ℝ))^2, on note
(M|N) = tr(^t MN)
II.A.1) Démontrer que l'on définit ainsi un produit scalaire sur M_n(ℝ). Expliciter ( M|N ) en fonction des coefficients de M et N.
On notera ‖M‖ la norme euclidienne associée.
II.A.2) On fixe A ∈ M_n(ℝ), prouver qu'il existe une matrice M ∈ y_n telle que:
∀N ∈ y_n ‖A − M‖ ⩽ ‖A − N‖
II.A.3) Justifier l'unicité de la matrice M ci-dessus et expliciter ses coefficients en fonction de ceux de A.
II.B - Maximisation du déterminant sur X_n et y_n
II.B.1) Justifier que le déterminant possède un maximum sur X_n (noté x_n ) et un maximum sur y_n (noté y_n ).
II.B.2) Démontrer que la suite (y_k)_(k ⩾ 2) est croissante.
II.B.3) Soit J ∈ X_n la matrice dont tous les coefficients valent 1 . On pose M = J − I_n.
Calculer det(M) et en déduire que lim_(k → + ∞)y_k = + ∞.
II.B.4) Soient N = (n_(i, j))_(i, j) ∈ y_n. Fixons 1 ⩽ i, j ⩽ n et supposons que n_(i, j) ∈ ]0, 1[.
Démontrer qu'en remplaçant n_(i, j) soit par 0 , soit par 1 , on peut obtenir une matrice N^′ de y_n telle que det(N) ⩽ det(N^′).
En déduire que x_n = y_n.

III Matrices de permutations

On munit ℝ^n de sa structure euclidienne canonique et on note ( e_1, …, e_n ) sa base canonique.
On note S_n l'ensemble des bijections de l'ensemble {1, …, n} dans lui-même (appelées permutations).
Pour tout σ ∈ S_n, on note P_σ la matrice de P_n dont le coefficient ligne i, colonne j vaut 1 si i = σ(j) et 0 sinon. On dit que P_σ est la matrice de permutation associée à σ.
On note u_σ l'endomorphisme de ℝ^n canoniquement associé à P_σ.
III.A - Description de P_n
III.A.1) Donner deux définitions d'une isométrie vectorielle de ℝ^n et démontrer leur équivalence.
III.A.2) Démontrer que si M ∈ O_n(ℝ), alors son déterminant vaut 1 ou -1 . Que penser de la réciproque ?
III.A.3) Démontrer que P_n = X_n ∩ O_n(ℝ) et déterminer son cardinal.
III.B - Quelques propriétés des éléments de P_n
III.B.1) Soient σ et σ^′ deux éléments de S_n.
Démontrer que P_σ P_(σ^′) = P_(σ ∘ σ^′).
Justifier que l'application {ℤ → S_n; k ↦ σ^k n'est pas injective.
En déduire qu'il existe un entier N ⩾ 1 tel que σ^N = Id_({1, …, n}), où Id_({1, …, n}) désigne l'application identité sur l'ensemble {1, …, n}.
III.B.2) Démontrer que tous les éléments de P_n sont diagonalisables sur ℂ.
III.B.3) Déterminer les vecteurs propres communs à tous les éléments de P_n dans les cas n = 2 et n = 3.
III.B.4) On se propose de démontrer que les seuls sous-espaces vectoriels de ℝ^n stables par tous les u_σ, σ ∈ S_n sont {0_(ℝ^n)}, ℝ^n, la droite D engendrée par e_1 + e_2 + ⋯ + e_n et l'hyperplan H orthogonal à D.
a) Vérifier que ces quatre sous-espaces vectoriels sont stables par tous les u_σ.
b) Soit V un sous-espace vectoriel de ℝ^n, non contenu dans D et stable par tous les u_σ. Démontrer qu'il existe un couple (i, j) ∈ {1, …, n}^2 avec i ≠ j tel que e_i − e_j ∈ V, puis que les n − 1 vecteurs e_k − e_j(k ∈ {1, …, n}, k ≠ j) appartiennent à V.
c) Conclure.

III.C - Une caractérisation des éléments de P_n

On se donne une matrice M de GL_n(ℝ) dont tous les coefficients sont des entiers naturels et telle que l'ensemble formé par tous les coefficients de toutes les puissances successives de M est fini.
Démontrer que M^(− 1) est à coefficients dans ℕ et en déduire que M est une matrice de permutation. Que dire de la réciproque?

IV Matrices aléatoires de x_n

IV.A - Génération par une colonne aléatoire

Soit p ∈ ]0, 1[. Soient X_1, …, X_n des variables aléatoires mutuellement indépendantes, définies sur un espace probabilisé ( Ω, A, P ) et suivant une même loi de Bernoulli de paramètre p.
IV.A.1) Calculer la probabilité que X_1, …, X_n soient égales.
IV.A.2) Quelle est la loi de S = X_1 + … + X_n ? On attend une démonstration du résultat annoncé.
IV.A.3) Soient i et j dans {1, …, n}. Donner la loi de la variable aléatoire X_(i, j) = X_i × X_j
IV.A.4) Si ω ∈ Ω, on introduit la matrice colonne
U(ω) = (X_1(ω); ⋮; X_n(ω))
et la matrice M(ω) = U(ω)^t(U(ω)). L'application M : {Ω → M_n(ℝ); ω ↦ M(ω) est ainsi une variable aléatoire.
a) Si ω ∈ Ω, justifier que M(ω) ∈ X_n.
b) Si ω ∈ Ω, justifier que tr(M(ω)) ∈ {0, …, n}, que M(ω) est diagonalisable sur ℝ et que rg(M(ω)) ⩽ 1.
c) Si ω ∈ Ω, justifier que M(ω) est une matrice de projection orthogonale si et seulement si S(ω) ∈ {0, 1}.
IV.A.5) Donner la loi, l'espérance et la variance des variables aléatoires tr(M) et rg(M).
IV.A.6) Exprimer M^k en fonction de S et M.
Quelle est la probabilité pour que la suite de matrices (M^k)_(k ∈ ℕ) soit convergente ?
Montrer que, dans ce cas, la limite est une matrice de projection.
IV.A.7) Quelle est la probabilité que M admette deux valeurs propres distinctes?

IV.B - Génération par remplissage aléatoire

Soit p ∈ ]0, 1[. On part de la matrice nulle de M_n(ℝ), notée M_0. Pour tout k ∈ ℕ, on construit la matrice M_(k + 1) à partir de la matrice M_k de la manière suivante
  • on parcourt en une vague la matrice et chaque coefficient nul est changé en 1 avec la probabilité p;
  • chaque action sur un coefficient est indépendante de ce qui se passe sur les autres et des vagues précédentes.
Les M_k sont donc des variables aléatoires à valeurs dans X_n et l'on considère qu'elles sont définies sur un espace probabilisé commun ( Ω, A, P ). Voici un exemple de réalisation de cette évolution pour n = 2
M_0 = (0, 0; 0, 0) → M_1 = (1, 0; 1, 0) → M_2 = (1, 0; 1, 0) → M_3 = (1, 1; 1, 0) → M_4 = (1, 1; 1, 1) → M_5 = (1, 1; 1, 1)
Pour k ⩾ 1, le nombre de modifications réalisées lors de la k-ième vague est noté N_k. Dans l'exemple ci-dessus : N_1 = 2, N_2 = 0, N_3 = 1, N_4 = 1, N_5 = 0.
On s'intéresse au plus petit indice k pour lequel la matrice M_k ne comporte que des 1 ; on dit alors qu'elle est totalement remplie. Dans l'exemple précédent, ce premier indice vaut 4.
On note q = 1 − p et m = n^2.
IV.B.1) Dans toute cette question on utilise le langage Python. M désigne une matrice carrée d'ordre n. Ses lignes et ses colonnes sont numérotées de 0 à n − 1. L'expression M[i, j] permet d'accéder à l'élément situé à l'intersection de la ligne i et de la colonne j et len( M ) donne l'ordre de la matrice M .
a) Écrire une fonction Somme(M) qui renvoie la somme des coefficients de la matrice M.
b) Écrire une fonction Bernoulli(p) qui renvoie 1 avec la probabilité p et 0 avec la probabilité 1 − p. On pourra utiliser l'expression random() qui renvoie un réel de l'intervalle [ 0,1 [ selon la loi uniforme.
c) À l'aide de la fonction Bernoulli(p), écrire une fonction Modifie(M,p) qui modifie aléatoirement la matrice M suivant le principe décrit au IV.B ci-dessus.
d) Écrire une fonction Simulation(n,p) qui renvoie le plus petit entier k tel que M_k est totalement remplie à partir d'un remplissage aléatoire de la matrice nulle d'ordre n (qui peut être obtenue par zeros((n, n)) ). Il n'est pas demandé de mémoriser les M_k.
IV.B.2) Donner la loi de N_1, puis la loi conditionnelle de N_2 sachant ( N_1 = i ) pour i dans un ensemble à préciser. N_1 et N_2 sont-elles indépendantes?
IV.B.3) Soient i et j dans {1, …, n}. Le plus petit entier k ⩾ 1 tel que le coefficient ligne i, colonne j de M_k vaut 1 est noté T_(i, j) (dans l'exemple ci-dessus : T_(1, 1) = 1 et T_(1, 2) = 3 ). Donner la loi de T_(i, j).
IV.B.4) Pour un entier k ⩾ 1, donner la valeur de P(T_(i, j) ⩾ k)
IV.B.5) Soient r ⩾ 1 un entier et S_r = N_1 + ⋯ + N_r. Que représente S_r ? Donner sa loi (on pourra utiliser la question précédente).
IV.B.6) On note N le plus petit indice k pour lequel la matrice M_k est totalement remplie.
a) Proposer une démarche pour approcher l'espérance de N à l'aide d'une simulation informatique utilisant les fonctions précédentes.
b) Donner une expression de la valeur exacte de cette espérance faisant intervenir q et m.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet Centrale Maths 1 PSI 2016 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet Centrale Maths 1 PSI 2016 ?

Il mobilise l'algèbre linéaire (diagonalisation, matrices orthogonales, projections), la topologie des espaces normés, les probabilités discrètes et la programmation Python, autour des matrices à coefficients dans {0,1}.

La question de compacité du sujet Centrale Maths 1 PSI 2016 était-elle au programme ?

Non. Le jury indique que la compacité demandée en I.A.3 est hors programme. Le barème en a tenu compte et les points ont été reportés sur la partie II, où l'hypothèse de fermé borné servait.

Quelles erreurs le jury de Centrale Maths 1 PSI 2016 a-t-il relevées ?

Surtout une diagonalisation mal maîtrisée, la confusion entre cardinal et dimension, des erreurs sur les projections orthogonales et les matrices orthogonales, et des majorations mal conduites.

Quelle partie du sujet Centrale Maths 1 PSI 2016 rapportait le plus facilement des points ?

La partie IV, sur les matrices aléatoires et la programmation Python, selon le jury. La partie II a été la plus mal traitée.

Pas de description pour le moment