Centrale Mathématiques 1 PSI 2015Sujet, corrigé et rapport du jury
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Dans ce problème, nous étudions le processus de Galton-Watson qui permet entre autres de modéliser le développement d'une population. Ce processus est par exemple utilisé en biologie ou en physique nucléaire.
Dans tout le problème, on se place dans un espace probabilisé (Ω, A, P ).
SiX est une variable aléatoire entière et positive sur cet espace, on notera
G_X , série entière de rayon de convergence au moins 1, la fonction génératrice de
X . On rappelle que la fonction génératrice de
X est la somme de la série entière :
Dans tout le problème, on se place dans un espace probabilisé (
Si
La fonction génératrice d'une variable aléatoire caractérise sa loi. Plus précisément, si
X est une variable aléatoire à valeurs dans
ℕ et si
(a_n) est une suite de réels positifs tels que, pour tout
t ∈ [0, 1[, G_X(t) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n t^n , alors, pour tout
n ∈ ℕ, a_n = P(X = n) .
On admettra le théorème suivant (lemme de Cesaro) : si(a_n)_(n ∈ ℕ) est une suite de nombres réels convergente vers
l et si on pose, pour
n ∈ ℕ^∗, b_n = 1/n(a_1 + ⋯ + a_n) , alors la suite
(b_n)_(n ⩾ 1) converge vers
l .
On admettra le théorème suivant (lemme de Cesaro) : si
I Étude d'une suite récurrente
On considère une fonction
f de classe
C^2 sur
[0, 1] à valeurs dans
[0, 1] telles que
f^′ et
f^(′′) soient à valeurs positives. On suppose
f(1) = 1, f^′(0) < 1 et
f^(′′)(1) > 0 .
On considère de plus la suite récurrente(u_n)_(n ∈ ℕ) définie par
u_0 = 0 et, pour tout
n ∈ ℕ, u_(n + 1) = f(u_n) .
On posem = f^′(1) .
On considère de plus la suite récurrente
On pose
I.A -
I.A.1) Montrer que la suite
(u_n)_(n ∈ ℕ) est croissante, puis qu'elle est convergente. On note
l sa limite.
I.A.2) Montrer que l'équationf(x) = x admet une plus petite solution. Dans toute la suite, on la notera
x_f .
I.A.3) Montrer quel = x_f .
I.B - On suppose
m > 1 . Montrer que
x_f ∈ [0, 1[ .
I.C − On suppose maintenant
m ⩽ 1 . Montrer que
x_f = 1 et que pour tout
n ∈ ℕ, u_n ≠ 1 .
I.D - Dans cette question, on suppose
m = 1 .
I.D.1) On pose, pourn ∈ ℕ, ε_n = 1 − u_n . Montrer que
lim_(n → + ∞)(1/(ε_(n + 1)) − 1/(ε_n)) = (f^(′′)(1))/2 .
I.D.2) En déduire que, quandn tend vers l'infini,
1 − u_n ∼ 2/(f^(′′)(1)n) .
I.A.2) Montrer que l'équation
I.A.3) Montrer que
I.D.1) On pose, pour
I.D.2) En déduire que, quand
On pourra utiliser le lemme de Cesaro admis en préambule.
I.E − On suppose maintenant
m < 1 et on pose encore, pour
n ∈ ℕ, ε_n = 1 − u_n .
I.E.1) Montrer que la série de terme généralε_n est absolument convergente et en déduire la convergence de celle de terme général
ln((m^(− (n + 1))ε_(n + 1))/(m^(− n)ε_n)) .
I.E.2) En déduire qu'il existec > 0 tel que, quand
n tend vers l'infini,
1 − u_n ∼ cm^n .
I.E.1) Montrer que la série de terme général
I.E.2) En déduire qu'il existe
II Formule de Wald
Soient
(X_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires, mutuellement indépendantes, de même loi à valeurs dans
ℕ , et
T une variable aléatoire à valeurs dans
ℕ indépendante des précédentes.
(T, X_n)_(n ∈ ℕ^∗) est une famille de variables aléatoires mutuellement indépendantes.
On noteG_X la fonction génératrice commune à toutes les
X_n .
Pourn ∈ ℕ et
ω ∈ Ω , on pose
S_n(ω) = ∑_(k = 1)^n X_k(ω) et
S_0(ω) = 0 , puis,
S(ω) = S_(T(ω))(ω) .
II.A - On souhaite démontrer l'égalité
G_S = G_T ∘ G_X .
II.A.1) Montrer que, siX et
Y sont deux variables aléatoires à valeur dans
ℕ indépendantes, alors
G_(X + Y) = G_X G_Y .
II.A.2) En admettant que, pour toutk ∈ ℕ, S_k est indépendante de
X_(k + 1) , prouver que, pour tout
k ∈ ℕ ,
G_(S_k) = (G_X)^k .
II.A.3) En admettant que, pour toutn ∈ ℕ, T et
S_n sont indépendantes, montrer que
On note
Pour
II.A.1) Montrer que, si
II.A.2) En admettant que, pour tout
II.A.3) En admettant que, pour tout
II.A.4) Pour
K ∈ ℕ et
t ∈ [0, 1[ , on pose
R_K = ∑_(n = 0)^∞(∑_(k = K + 1)^∞P(T = k)P(S_k = n)t^n) .
Montrer que
0 ⩽ R_K ⩽ 1/(1 − t)∑_(k = K + 1)^∞P(T = k) .
II.A.5) Conclure.
II.B - En déduire que, si
T et les
X_n sont d'espérance finie, alors
S aussi et
E(S) = E(T)E(X_1) .
II.C - Lors d'une ponte, un insecte pond un nombre aléatoire d'œufs suivant la loi de Poisson de paramètre
λ > 0 . Ensuite, la probabilité qu'un œuf donné devienne un nouvel insecte est
α ∈ ]0, 1[ .
II.C.1) Rappeler la fonction génératrice d'une variable aléatoire suivant la loi de Poisson de paramètreλ .
II.C.2) En utilisant la relation de composition ci-dessus, déterminer la loi du nombre d'insectes issus de la ponte.
II.A.5) Conclure.
II.
II.
II.C.1) Rappeler la fonction génératrice d'une variable aléatoire suivant la loi de Poisson de paramètre
II.C.2) En utilisant la relation de composition ci-dessus, déterminer la loi du nombre d'insectes issus de la ponte.
III Processus de Galton-Watson
Soit
μ une loi de probabilité caractérisée par la suite
(p_k)_(k ∈ ℕ) de nombre réels entre 0 et 1 telle que
∑_(k = 0)^(+ ∞)p_k = 1 .
Dire qu'une variable aléatoireX sur (
Ω, A, P ) suit la loi
μ signifie que
X(Ω) ⊂ ℕ et, pour tout
k ∈ ℕ ,
P(X = k) = p_k .
On suppose quep_0 + p_1 < 1 (ce qui signifie qu'il existe au moins un entier
k supérieur ou égal à 2 tel que
p_k ≠ 0 ).
On étudie un individu qui a un certain nombre de fils. Ces fils ont également chacun (indépendamment les uns des autres) un certain nombre de fils et ainsi de suite. Afin de modéliser la situation, on se donne des variables aléatoires(X_(n, i))_((n, i) ∈ ℕ × ℕ^∗) indépendantes qui suivent toutes la loi
μ , on pose
Y_0 la variable certaine égale à 1 et, pour
n ∈ ℕ et
ω ∈ Ω ,
Dire qu'une variable aléatoire
On suppose que
On étudie un individu qui a un certain nombre de fils. Ces fils ont également chacun (indépendamment les uns des autres) un certain nombre de fils et ainsi de suite. Afin de modéliser la situation, on se donne des variables aléatoires
S'il n'y a pas d'individu à la génération
On dit qu'il y a extinction lorsqu'il existe un entier
On note
On a donc en particulier, pour
On suppose que toute variable aléatoire suivant la loi
III.A - Probabilité d'extinction
III.A.1) Montrer que, pour tout
n ∈ ℕ, φ_(n + 1) = φ_n ∘ f .
III.A.2) Exprimer, pourn ∈ ℕ , l'espérance de
Y_n en fonction de
m et de
n .
III.A.3)
a) Vérifier que la probabilité d'extinction est égale à la limite de la suite(φ_n(0))_(n ⩾ 0) .
b) Vérifier qu'on peut appliquer les résultats de la partie I à la suite(φ_n(0))_(n ⩾ 0) .
III.A.4) Sim ⩽ 1 , montrer que la probabilité d'extinction est égale à 1 .
III.A.2) Exprimer, pour
III.A.3)
a) Vérifier que la probabilité d'extinction est égale à la limite de la suite
b) Vérifier qu'on peut appliquer les résultats de la partie I à la suite
III.A.4) Si
On définit alors le temps
T d'extinction par :
On admettra que
T est une variable aléatoire.
III.B - Cas sous-critique
m < 1
On suppose dans cette question que
m < 1 .
III.B.1) Vérifier queT admet une espérance.
III.B.1) Vérifier que
III.B.2)
a) Montrer que, pour tout entier
n, P(Y_n ⩾ 1) ⩽ m^n .
b) Montrer queE(T) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)P(T > n) .
c) En déduire une majoration deE(T) .
b) Montrer que
c) En déduire une majoration de
III.C - Étude de la lignée
Dans cette question, on suppose
m ⩽ 1 .
On note, pourn ∈ ℕ^∗, Z_n = 1 + ∑_(i = 1)^n Y_i et
Z = 1 + ∑_(n = 1)^(+ ∞)Y_n .
On admettra queZ est une variable aléatoire définie sur
⋃_(k ∈ ℕ){Y_k = 0} .
III.C.1) Montrer queZ est définie sur un ensemble de probabilité 1 .
On note, pour
On admettra que
III.C.1) Montrer que
III.C.2)
a) Montrer que, pour tout
k ∈ ℕ, (P(Z_n ⩽ k))_(n ∈ ℕ^∗) est une suite convergente. Déterminer sa limite.
b) En déduire que, pour toutk ∈ ℕ, (P(Z_n = k))_(n ∈ ℕ^∗) converge vers
P(Z = k) .
c) Montrer que, pour touts ∈ [0, 1[ , tout
n ∈ ℕ^∗ et
K ∈ ℕ ,
b) En déduire que, pour tout
c) Montrer que, pour tout
d) En déduire que la suite de fonctions
(G_(Z_n)) converge simplement vers
G_Z sur
[0, 1] .
III.C.3)
a) Exprimer
G_(Z_1) en fonction de
f .
b) On admet que, pour toutn entier naturel supérieur ou égal à 2 et pour tout
s ∈ [0, 1], G_(Z_n)(s) = sf(G_(Z_(n − 1))(s)) .
b) On admet que, pour tout
En déduire que, pour tout
s ∈ [0, 1[, G_Z(s) = sf(G_Z(s)) .
c) Montrer queZ est d'espérance finie si et seulement si
m < 1 . Calculer l'espérance lorsque c'est le cas.
c) Montrer que
IV Un exemple
On suppose dans cette partie que, pour tout
k ∈ ℕ, p_k = 1/(2^(k + 1)) .
IV.A - Exprimer, pour
t ∈ [0, 1], f(t) et calculer
m .
IV.B - Vérifier que, pour toutt ∈ [0, 1[, φ_n(t) ≠ 1 .
IV.
IV.B - Vérifier que, pour tout
On peut donc poser,
a_n(t) = 1/(φ_n(t) − 1) .
IV.C - Montrer que, pourt ∈ [0, 1[ , la suite
(a_n(t))_(n ∈ ℕ) est arithmétique.
IV.D - En déduire que, pour
t ∈ [0, 1[ et
n ∈ ℕ, φ_n(t) = (n + (1 − n)t)/(1 + n − nt) .
IV.E - Exprimer, pour(n, k) ∈ ℕ^2, P(Y_n = k) en fonction de
n et
k .
IV.F - Exprimer, en fonction de
n ∈ ℕ^∗ , la probabilité de l'événement
T > n .
IV.C - Montrer que, pour
IV.E - Exprimer, pour
IV.
La variable
T admet-elle une espérance?
IV.G - Exprimer, pours ∈ [0, 1[, G_Z(s) en fonction de
s .
IV.G - Exprimer, pour
En déduire la loi de
Z .
V Cas surcritique
On suppose dans cette partie
m > 1 .
On étudie un problème légèrement différent :k étant un entier strictement positif fixé, on suppose qu'il y a
k individus à la génération 0 ; ensuite tout se passe comme précédemment.
On noteW_n le nombre d'individus à la
n ième génération et on définit
u_n la probabilité que la suite
(W_n)_(n ∈ ℕ^∗) prenne la valeur
k pour la première fois au rang
n :
On étudie un problème légèrement différent :
On note
Pour
n et
r entiers naturels non nuls, on définit de même
u_n^((r)) comme la probabilité pour que la suite
(W_n)_(n ∈ ℕ^∗) prenne la valeur
k pour la rième fois au rang
n .
V.A − Vérifier que les séries
∑_(n ⩾ 1)u_n s^n et
∑_(n ⩾ 1)u_n^((r))s^n convergent quand
s ∈ [ − 1, 1] .
On peut donc définir, pours ∈ [ − 1, 1], U(s) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)u_n s^n et
U_r(s) = ∑_(n = 1)^(+ ∞)u_n^((r))s^n .
V.B −
V.B.1) Montrer queP(W_1 > k) > 0 .
V.B.2) Montrer que la probabilité que la suite(W_n)_(n ∈ ℕ^∗) ne prenne pas la valeur
k est non nulle ; on note
u cette probabilité.
On peut donc définir, pour
V.B.1) Montrer que
V.B.2) Montrer que la probabilité que la suite
On pourra étudier séparément les cas
p_0 = 0 et
p_0 > 0 .
V.C −
V.C.1) Soitn ∈ ℕ^∗ et
r un entier naturel supérieur ou égal à 2. Montrer la relation
V.C.1) Soit
V.C.2) En déduire que, pour tout entier
r strictement positif,
U_r = U^r (
U^r désigne
U × U × ⋯ × Ur fois).
V.D −
V.D.1) Montrer que la probabilité que la suite(W_n)_(n ∈ ℕ^∗) prenne la valeur
k une infinité de fois est nulle.
V.D.2) Montrer qu'il en est de même pour la suite(Y_n)_(n ∈ ℕ^∗) .
V.E - Soit
(A_n)_(n ∈ ℕ) une suite d'évènements tous de probabilité 1.
Montrer queP(⋃_(n ∈ ℕ)A_n^–) = 0 . Qu'en déduit-on pour
P(⋂_(n ∈ ℕ)A_n) ?
V.F - Soit
α la probabilité qu'il y ait extinction et
β la probabilité que la suite (
Y_n ) diverge vers l'infini. Montrer que
α + β = 1 .
V.D.1) Montrer que la probabilité que la suite
V.D.2) Montrer qu'il en est de même pour la suite
Montrer que
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