Centrale Mathématiques 2 PSI 2015Sujet, corrigé et rapport du jury
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Le problème de Dirichlet est un problème aux limites bien connu en théorie du potentiel, en particulier lorsqu'on est en présence d'une symétrie de révolution.
Dans le planℝ^2 , étant donnée une succession continue de valeurs sur un contour fermé (en particulier sur le cercle trigonométrique), il s'agit de déterminer une fonction (par exemple un potentiel en physique) harmonique à l'intérieur du domaine délimité par ce contour et coïncidant avec les valeurs données sur le contour. Dans le cas particulier où l'on a des valeurs polynomiales sur le contour fermé, on obtient comme solution un polynôme harmonique.
Les applications physiques liées à ce type de problème aux limites sont nombreuses, par exemple en géophysique, en physique quantique et en cristallographie.
Dans le plan
Les applications physiques liées à ce type de problème aux limites sont nombreuses, par exemple en géophysique, en physique quantique et en cristallographie.
Rappels et notations
- L'espace vectoriel
ℝ^2 est muni de sa structure euclidienne canonique et de la norme associée‖ ⋅ ‖_2 définie par∀(x, y) ∈ ℝ^2, ‖(x, y)‖_2 = √(x^2 + y^2) . - Si
(x, y) ∈ ℝ^2 etr > 0 , la notationD((x, y), r) (respectivementD¯((x, y), r) ) désigne le disque ouvert de centre (x, y ) et de rayonr (respectivement le disque fermé de centre (x, y ) et de rayonr ). En particulier la notationD(0, 1) (respectivementD¯(0, 1) etC(0, 1) ) désigne le disque ouvert de centreO de rayon 1 (respectivement le disque fermé de centreO de rayon 1 et le cercle de centreO et de rayon 1).
On noteΩ un ouvert deℝ^2 . - Si
f est une fonction de classeC^1 deΩ dansℝ, f : | Ω, →, ℝ; (x, y), ↦, f(x, y) ,∂_1 f ou(∂f)/(∂x) (respectivement∂_2 f ou(∂f)/(∂y) ) est la dérivée partielle du premier ordre par rapport à la première variable (respectivement par rapport à la seconde variable) dans la base canonique.
Sif est de classeC^2, ∂_(11)f ou(∂^2 f)/(∂x^2) (respectivement∂_(22)f ou(∂^2 f)/(∂y^2) ) est la dérivée partielle d'ordre 2 def par rapport à la première variable (respectivement par rapport à la seconde variable) dans la base canonique. - Si
u : Ω → ℝ est une application de classeC^2 sur l'ouvertΩ , on rappelle que le laplacien deu est l'applicationΔu définie parΔu : | Ω, →, ℝ; (x, y), ↦, ∂_(11)u(x, y) + ∂_(22)u(x, y) - Soit
Ω un ouvert deℝ^2 . Une applicationv : Ω → ℝ est dite harmonique (surΩ ) siv est de classeC^2 surΩ et siΔv(x, y) = 0 pour tout(x, y) ∈ Ω . - On appelle fonction polynomiale des deux variables
x ety surℝ^2 (ou plus simplement polynôme de deux variables, ou encore polynôme quand il n'y a pas de confusion possible) toute application de la forme
où
n est un entier naturel fixé et les
(α_(kl))_(0 ⩽ k, l ⩽ n) sont des coefficients réels.
Le polynôme nul est celui dont tous les coefficients sont nuls ; son degré est par convention− ∞ .
De plus, pour tout polynômeP non nul, le degré de
P est l'entier naturel
d(P) défini par
d(P) = max{k + l/α_(kl) ≠ 0} .
On noteP l'ensemble des polynômes à deux variables et pour tout
m ∈ ℕ, P_m l'ensemble des polynômes à deux variables de degré inférieur ou égal à
m . On admettra dans tout le problème que
P est un
ℝ -espace vectoriel pour les lois usuelles et que
P_m(m ∈ ℕ) en est un sous-espace vectoriel.
Enfin, un polynôme est dit harmonique s'il définit en plus une application harmonique surℝ^2 .
Le polynôme nul est celui dont tous les coefficients sont nuls ; son degré est par convention
De plus, pour tout polynôme
On note
Enfin, un polynôme est dit harmonique s'il définit en plus une application harmonique sur
Objectifs
Dans la partie I, on donne quelques propriétés simples des polynômes et des polynômes harmoniques.
La partie II étudie certaines applications harmoniques ; les résultats obtenus seront utilisés dans la partie III.
La partie III s'intéresse au problème de Dirichlet sur le disque unité, puis la partie IV se focalise sur le problème de Dirichlet dans le cas où la condition au bord est polynomiale. On détermine pour finir la dimension de sous-espaces vectoriels de polynômes harmoniques.
La partie II étudie certaines applications harmoniques ; les résultats obtenus seront utilisés dans la partie III.
La partie III s'intéresse au problème de Dirichlet sur le disque unité, puis la partie IV se focalise sur le problème de Dirichlet dans le cas où la condition au bord est polynomiale. On détermine pour finir la dimension de sous-espaces vectoriels de polynômes harmoniques.
I Résultats préliminaires
I.A.1)
a) Montrer que pour tout
L'utilisation d'un dessin sera appréciée ; ce dessin ne constituera cependant pas une preuve.
b) En déduire queP est le polynôme nul.
b) En déduire que
On pourra se ramener à étudier des fonctions polynomiales d'une variable.
I.A.2) Ce résultat subsiste-t-il si l'ensembleΩ admet une infinité d'éléments mais n'est pas supposé ouvert ?
I.B -
I.B.1) Soitm ∈ ℕ . Justifier que l'espace vectoriel
P_m est de dimension finie et déterminer sa dimension.
I.B.2) Déterminer un polynôme harmonique de degré 1, puis de degré 2.
I.B.3)
a) Montrer que l'ensemble des polynômes harmoniques est un sous-espace vectoriel deP .
b) Pour toutm ⩾ 2 , on note
Δ_m la restriction de
Δ à
P_m . Montrer que
dim(kerΔ_m) ⩾ 2m + 1 .
c) Que peut-on déduire pour la dimension de l'espace vectoriel des polynômes harmoniques?
I.C - Déterminer, dans chacun des cas suivants, un polynôme harmonique
H qui vérifie
H(x, y) = f(x, y) pour tout
(x, y) ∈ C(0, 1) :
I.C.1)f(x, y) = xy ;
I.C.2)f(x, y) = x^4 − y^4 .
I.A.2) Ce résultat subsiste-t-il si l'ensemble
I.B -
I.B.1) Soit
I.B.2) Déterminer un polynôme harmonique de degré 1, puis de degré 2.
I.B.3)
a) Montrer que l'ensemble des polynômes harmoniques est un sous-espace vectoriel de
b) Pour tout
c) Que peut-on déduire pour la dimension de l'espace vectoriel des polynômes harmoniques?
I.
I.C.1)
I.C.2)
II Quelques exemples d'applications harmoniques
Soit
Ω un sous-ensemble ouvert inclus dans
ℝ^2 . On définit, pour tout
λ ∈ ℝ^∗ et tout couple
(x_0, y_0) ∈ ℝ^2 :
II.
A - On prend pour
Ω (uniquement dans cette question) l'intérieur du triangle équilatéral de sommets
(1, 0), (− 1/2, √3/2) et
(− 1/2, − √3/2) . Faire un dessin sur lequel apparaissent
Ω et
Ω_(2, 1, 1/2) .
II.B - Soientλ ∈ ℝ^∗ et
(x_0, y_0) ∈ ℝ^2 fixés.
II.B.1) Soitf : Ω → ℝ une application harmonique de classe
C^2 telle que
∂_1 f et
∂_2 f sont de classe
C^2 sur
Ω . Montrer que les applications
∂_1 f et
∂_2 f sont également harmoniques sur
Ω .
II.B.2) Par quelle(s) transformation(s) géométrique(s) l'ensembleΩ_(x_0, y_0, λ) est-il l'image de
Ω ? Justifier que
Ω_(x_0, y_0, λ) est un ouvert de
ℝ^2 .
II.B.3) Soitg : Ω_(x_0, y_0, λ) → ℝ une application harmonique.
II.B - Soient
II.B.1) Soit
II.B.2) Par quelle(s) transformation(s) géométrique(s) l'ensemble
II.B.3) Soit
Montrer que l'application
(x, y) ↦ g(λ(x, y) + (x_0, y_0)) est harmonique sur
Ω .
II.C -
II.C.1) Montrer que les applications
II.C -
II.C.1) Montrer que les applications
sont harmoniques.
II.C.2) En déduire que, pour toutt ∈ ℝ , l'application
(x, y) ↦ (1 − ((x + cost)^2 + (y + sint)^2))/(x^2 + y^2) est harmonique
surℝ^2∖{(0, 0)} .
II.C.2) En déduire que, pour tout
II.D - Un exemple fondamental
Pour
(x, y) ∈ D(0, 1) fixé, on définit le nombre complexe
z = x + iy et on pose pour
t réel (quand l'expression a un sens) :
II.D.1) Montrer que, pour tout
t ∈ ℝ , l'application
est harmonique.
On pourra utiliser la question II.B.3.
II.D.2) Dans la suite de cette partie, le couple (x, y ) est fixé dans
D(0, 1) .
On pourra utiliser la question II.B.3.
II.D.2) Dans la suite de cette partie, le couple (
Montrer que
t ↦ N(x, y, t) est définie et continue sur
[0, 2π] .
II.D.3) Soitt ∈ [0, 2π] fixé. Déterminer deux nombres complexes
α et
β , indépendants de
t et de
z , tels que
II.D.3) Soit
II.D.4) En déduire que
1/(2π)∫_0^(2π) N(x, y, t)dt = 1 .
On pourra écrire
1/(1 − ze^(− it)) sous la forme de la somme d'une série de fonctions.
III Problème de Dirichlet sur le disque unité de
ℝ^2
Soit
f : C(0, 1) → ℝ une application continue. On appelle
D_f l'ensemble des applications définies et continues sur
D¯(0, 1) , harmoniques sur
D(0, 1) et qui coïncident avec l'application
f sur
C(0, 1) .
Le problème de Dirichlet sur le disque unité deℝ^2 associé à
f , consiste à rechercher les éléments de l'ensemble
D_f .
On définit en outre, en reprenant les notations de la partie II, l'application
Le problème de Dirichlet sur le disque unité de
On définit en outre, en reprenant les notations de la partie II, l'application
sur
D(0, 1) et l'application
sur
D¯(0, 1) .
III.A - Étude de l'application
N_f
III.A.1)
a) Montrer que
N_f admet une dérivée partielle
∂_(11) N_f d'ordre 2 par rapport à
x .
De même on peut montrer que
N_f admet des dérivées partielles d'ordre 2 par rapport à toutes ses variables, continues sur
D(0, 1) . Ce résultat est admis pour la suite.
Exprimer, pour tout(x, y) ∈ D(0, 1) , pour tout
(i, j) ∈ {1, 2}^2, ∂_(ij) N_f(x, y) en fonction de
∂_(ij) N(x, y, t) .
b) En déduire queu est harmonique sur
D(0, 1) .
III.A.2) Dans cette question, on fixet_0 ∈ [0, 2π], (x, y) ∈ D(0, 1) et
ε > 0 . De plus, on note, pour tout réel
δ > 0 :
Exprimer, pour tout
b) En déduire que
III.A.2) Dans cette question, on fixe
a) Montrer que
I_0^δ est un intervalle ou bien la réunion de deux intervalles disjoints.
L'utilisation d'un dessin sera appréciée ; ce dessin ne constituera cependant pas une preuve.
b) Montrer, en utilisant l'applicationf , l'existence d'un réel
δ > 0 tel que
b) Montrer, en utilisant l'application
c) Soit
δ > 0 quelconque. Montrer que, si
t ∈ [0, 2π]∖I_0^δ et
‖(x, y) − (cost_0, sint_0)‖_2 ⩽ δ/2 , alors
d) Déduire de la question précédente que, pour
δ > 0 fixé, il existe
η > 0 tel que, si
‖(x, y) − (cost_0, sint_0)‖_2 ⩽ η , alors
III.A.3) Prouver que
u est une application continue en tout point de
C(0, 1) . Qu'en conclut-on pour l'application
u ?
III. B - Dans cette sous-partie, on suppose quef est l'application nulle sur
C(0, 1) et que
u est un élément de
D_f . Pour tout
n ∈ ℕ , on définit l'application
III. B - Dans cette sous-partie, on suppose que
III.B.1) Supposons que
u_n admette un maximum local en
(x~, y~) ∈ D(0, 1) .
a) En s'intéressant au comportement de la fonctionx ↦ u_n(x, y~) montrer que, dans ce cas,
∂_(11)u_n(x~, y~) ⩽ 0 . De même, on peut montrer que
∂_(22)u_n(x~, y~) ⩽ 0 . Ainsi
Δu_n(x~, y~) ⩽ 0 . Ce résultat est admis pour la suite.
b) En déduire queu_n n'admet pas de maximum local sur
D(0, 1) .
III.B.2) En déduire que, pour tout(x, y) ∈ D(0, 1), u_n(x, y) ⩽ 1/n .
III.B.3) Montrer queu est identiquement nulle sur
D¯(0, 1) .
III.C - Prouver que, pour toute application continue
f : C(0, 1) → ℝ , l'ensemble
D_f admet exactement un élément.
a) En s'intéressant au comportement de la fonction
b) En déduire que
III.B.2) En déduire que, pour tout
III.B.3) Montrer que
III.
IV Retour sur les polynômes harmoniques
IV.A.1) Montrer que l'application
est linéaire et injective et que
Imφ_(m − 2) ⊂ P_(m − 2) .
IV.A.2) En déduire qu'il existe un polynômeT ∈ P_(m − 2) tel que
P + (1 − x^2 − y^2)T soit un polynôme harmonique.
IV.A.3) Montrer que l'unique élément de l'ensembleD_(P_C) est la restriction à
D¯(0, 1) d'un polynôme de degré inférieur ou égal à
m .
IV.A.4) Expliciter l'ensembleD_(P_C) quand le polynôme
P est défini par
P(x, y) = x^3 .
IV.B -
IV.B.1) SoitP ∈ P . Montrer que
P se décompose de manière unique sous la forme :
IV.A.2) En déduire qu'il existe un polynôme
IV.A.3) Montrer que l'unique élément de l'ensemble
IV.A.4) Expliciter l'ensemble
IV.B -
IV.B.1) Soit
où
H est un polynôme harmonique et
Q ∈ P .
IV.B.2) Soitm ∈ ℕ . On note
H_m le sous-espace vectoriel des polynômes harmoniques de degré inférieur ou égal à
m . Déterminer la dimension de
H_m .
IV.B.3) Déterminer explicitement une base deH_3 .
IV.C - Dans cette dernière sous-partie, on se place surℝ^n pour un entier naturel
n ⩾ 3 et on reprend les notations précédentes, en adaptant les outils au contexte de
ℝ^n ; en particulier on considère maintenant les applications polynomiales à
n variables. On admet que le problème de Dirichlet sur la boule unité de
ℝ^n , associé à une fonction continue et définie sur la sphère unité (notée
S_n(0, 1) )
f : S_n(0, 1) → ℝ , admet encore une unique solution.
Soitm ∈ ℕ^∗ .
IV.C.1) Montrer que l'ensemble
IV.B.2) Soit
IV.B.3) Déterminer explicitement une base de
IV.C - Dans cette dernière sous-partie, on se place sur
Soit
IV.C.1) Montrer que l'ensemble
a pour cardinal
((n + m − 1)/m) . En déduire la dimension de
P_m .
IV.C.2) Déterminer la dimension deH_m en fonction de
m et de
n .
IV.C.2) Déterminer la dimension de
Pas de description pour le moment
