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Centrale Mathématiques 1 TSI 2022Sujet, corrigé et rapport du jury

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L'épreuve en chiffres

Moyenne 8,93 / 20 · écart-type 4,23 · 1 046 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
8,93/ 20
Écart-type
4,23
Présents
1 046
Coefficient
12
Durée
4 h
1er quartile
6
Médiane
8,5
3e quartile
12
moyenne 8,9305101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 3 mai 2022. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Notations

M_n(ℝ) désigne l'ensemble des matrices carrées d'ordre n à coefficients réels, I_n la matrice identité d'ordre n à coefficients réels et 0_n la matrice nulle d'ordre n .
Id_(ℝ^n) désigne l'application identité sur ℝ^n .
Si A est une matrice de M_2(ℝ) ,on définit la suite (A^n)_(n ∈ ℕ) des puissances de A par
{A^0 = I_2,; ∀n ∈ ℕ, A^(n + 1) = AA^n.
Si (A_n)_(n ∈ ℕ) est une suite de matrices de M_2(ℝ) ,avec A_n = (a_n, b_n; c_n, d_n) ,on dit que la suite (A_n)_(n ∈ ℕ) converge si chacune des suites (a_n)_(n ∈ ℕ), (b_n)_(n ∈ ℕ), (c_n)_(n ∈ ℕ) et (d_n)_(n ∈ ℕ) converge.On note alors
lim_(n → + ∞)A_n = (lim_(n → + ∞)a_n, lim_(n → + ∞)b_n; lim_(n → + ∞)c_n, lim_(n → + ∞)d_n).
On note | ℝ, →, ℝ; x, ↦, e^x la fonction exponentielle réelle.

Objectif

L'objectif de ce problème est d'étudier des extensions de cette fonction à différents ensembles et d'en traiter quelques applications.
Il est demandé aux candidats de mentionner clairement les résultats qu'ils utilisent pour répondre aux différentes questions du problème.

I L'exponentielle réelle

I.A-Une équation fonctionnelle

On se propose de déterminer l'ensemble des fonctions f de classe C^1 sur ℝ ,à valeurs dans ℝ vérifiant les deux conditions suivantes :
{f(1) = e,; ∀(s, t) ∈ ℝ^2, f(s + t) = f(s)f(t).
Q 1.Justifier que la fonction x ↦ e^x est solution de(I.1).
On se propose de démontrer que c'est la seule solution.
Pour cela,on suppose que f est une fonction de classe C^1 sur ℝ vérifiant les conditions(I.1).
Q 2.Pour tout nombre réel x ,calculer f(x)f(1 − x) .
Q 3.En déduire que f ne s'annule pas sur ℝ ,puis que f est strictement positive sur ℝ .
Q 4.Démontrer que f(0) = 1 .
Q 5.Justifier que
∀(s, t) ∈ ℝ^2, f^′(s + t) = f^′(s)f(t).
Q 6.En donnant à s une valeur bien choisie,démontrer qu'il existe une constante k réelle telle que
∀t ∈ ℝ, f(t) = ke^(f^′(0)t).
Q 7.Déterminer les valeurs de k et de f^′(0) et justifier que f est solution du problème de Cauchy
{y(0) = 1,; ∀t ∈ ℝ, y^′(t) = y(t).
Q 8. En déduire que le problème (I.1) a une solution unique que l'on donnera.
Q 9. Donner le développement en série entière en 0 de cette solution et préciser le rayon de convergence de la série entière.
I.B - Un problème de probabilité faisant intervenir l'exponentielle réelle
Q 10. Étudier les variations de la fonction définie sur ℝ par h(x) = e^(− x) − 1 + x et en déduire que
∀x ∈ ℝ^∗, e^(− x) > 1 − x
Dans cette sous-partie, θ et α sont deux nombres réels strictement positifs et on pose
p = (1 − e^(− αθ))/(αθ)
Q 11. Justifier que p ∈ ]0, 1[.
On pose q = 1 − p.
Un service d'urgences médicales de capacité supposée illimitée reçoit des patients entre l'instant 0 et l'instant θ inclus. On modélise le nombre de patients arrivés dans le service au cours de l'intervalle de temps [ 0, θ ] par une variable aléatoire N_θ suivant la loi de Poisson de paramètre θ.
On rappelle que, ∀k ∈ ℕ, ℙ(N_θ = k) = (θ^k)/(k!)e^(− θ).
On suppose par ailleurs qu'un patient arrivé dans le service entre les instants 0 et θ a la probabilité p d'être toujours présent dans le service au-delà de l'instant θ. On fait l'hypothèse que les instants aléatoires de sortie des urgences sont mutuellement indépendants. On note R_θ le nombre de patients arrivés entre les instants 0 et θ qui sont encore présents dans le service au-delà de l'instant θ.
Q 12. Pour (s, k) ∈ ℕ^2, calculer ℙ((R_θ = k)|(N_θ = s)), probabilité conditionnelle de (R_θ = k) sachant ( N_θ = s ). On distinguera les cas k ⩽ s et k > s.
Q 13. Pour tous entiers s et k tels que k ⩽ s, démontrer que
ℙ(R_θ = k) ∩ (N_θ = s)) = (e^(− θ)(pθ)^k(qθ)^(s − k))/(k!(s − k)!).
Q 14. En utilisant la formule des probabilités totales, calculer, pour tout entier naturel k, la probabilité ℙ(R_θ = k) en fonction de k, p et θ.
Q 15. Reconnaitre la loi de probabilité de R_θ et donner la valeur de son espérance 𝔼(R_θ).

II Forme exponentielle des fonctions trigonométriques

On rappelle que l'exponentielle est définie sur l'ensemble des nombre imaginaires purs par l'égalité
∀t ∈ ℝ, e^(it) = cos(t) + isin(t)
Dans le plan complexe, on considère la courbe paramétrée Γ formée par l'ensemble des points M(t) d'affixe
z(t) = 1/3(2e^(it) + e^(− 2it))
où t décrit l'ensemble ℝ. Le point M(t_0) est dit stationnaire si z^′(t_0) = 0.
Q 16. Pour tout nombre réel t, exprimer en fonction de z(t) les nombres z(t + 2π) et z(− t).
Q 17. En déduire un intervalle de la forme [0, γ] (avec 0 < γ < 2π ) et une transformation géométrique simple permettant d'obtenir la courbe Γ toute entière à partir de sa restriction à l'intervalle [0, γ].
Q 18. Déterminer trois nombres réels t_1 < t_2 < t_3 appartenant à l'intervalle [ − π, π ] tels que les points M(t_1), M(t_2) et M(t_3) sont des points stationnaires de Γ.
Q 19. Préciser la nature du triangle formé par ces trois points.
Q 20. Pour tout nombre réel t, exprimer z(t + (2π)/3) en fonction de z(t).
Q 21. En déduire une transformation géométrique laissant globalement invariante la courbe Γ.
Q 22. Dresser le tableau des variations conjointes des fonctions x = Re(z) et y = Im(z) sur un intervalle bien choisi. On admet que la tangente au point stationnaire M(t_2) est l'axe des abscisses. En déduire les tangentes aux points M(t_1) et M(t_3), puis tracer la courbe Γ.
Q 23. Calculer la longueur de la courbe Γ.

III Exponentielles de deux matrices de M_2(ℝ)

Dans cette partie, l'espace ℝ^2 est muni de son produit scalaire canonique et est orienté par la base canonique B = (e_1, e_2).
III. A - On note f l'endomorphisme de ℝ^2 dont la matrice dans B est
A = (4, − 6; 1, − 1).
Q 24. Démontrer que F_1 = ker(f − Id_(ℝ^2)) et F_2 = ker(f − 2Id_(ℝ^2)) sont deux droites vectorielles supplémentaires. Préciser un vecteur directeur u_1 de F_1 et un vecteur directeur u_2 de F_2.
On note q_1 le projecteur sur la droite F_1 parallèlement à la droite F_2 et q_2 le projecteur sur la droite F_2 parallèlement à la droite F_1.
Q 25. Déterminer la matrice Q_1 de l'endomorphisme q_1 dans la base B et la matrice Q_2 de l'endomorphisme q_2 dans cette même base.
Q 26. Justifier les égalités
Q_1^2 = Q_1, Q_2^2 = Q_2, Q_1 Q_2 = Q_2 Q_1 = 0_2, Q_1 + Q_2 = I_2 et A = Q_1 + 2Q_2.
Q 27. Démontrer que, pour tout entier naturel k, A^k = Q_1 + 2^k Q_2.
Q 28. Donner les développements en série entière au voisinage de zéro des fonction cosinus et sinus.
Pour tout entier naturel n et tout nombre réel t, on note E_n(t) la matrice E_n(t) = ∑_(k = 0)^n(t^k)/(k!)A^k.
Q 29. Pour tout nombre réel t, justifier que la suite (E_n(t))_(n ∈ ℕ) converge vers la matrice E(t) = e^t Q_1 + e^(2t)Q_2.
Q 30. En déduire que
{E(0) = I_2,; ∀(s, t) ∈ ℝ^2,, E(t + s) = E(t)E(s),; ∀t ∈ ℝ,, E^′(t) = AE(t).
Q 31. Justifier la notation E(t) = e^(tA), valable pour tout nombre réel t.
III.B - On note g l'endomorphisme de ℝ^2 dont la matrice dans B est
B = (0, − 1; 1, 0).
Q 32. Identifier géométriquement l'endomorphisme g.
Q 33. Pour tout entier n ∈ ℕ, exprimer B^(2n) et B^(2n + 1) en fonction de n, I_2 et B.
Pour tout entier naturel n et tout nombre réel t, on note R_n(t) la matrice R_n(t) = ∑_(k = 0)^n(t^k)/(k!)B^k et on l'écrit sous la forme
R_n(t) = (α_n(t), β_n(t); γ_n(t), δ_n(t)).
Q 34. Démontrer que les quatre suites (α_n(t))_(n ∈ ℕ), (β_n(t))_(n ∈ ℕ), (γ_n(t))_(n ∈ ℕ) et (δ_n(t))_(n ∈ ℕ) convergent.
On pourra considérer les suites extraites (R_(2n))_(n ∈ ℕ) et (R_(2n + 1))_(n ∈ ℕ).
On note alors R(t) = lim_(n → + ∞)R_n(t).
Q 35. Identifier géométriquement la matrice R(t) et donner ses éléments caractéristiques.

IV Un système différentiel

Dans cette partie, on identifie tout élément u de ℝ^3 avec la matrice colonne associée.
On considère la matrice
A = (0, − 1, 0; − 1, 0, 0; 1, 1, 1)
Q 36. Déterminer le rang de la matrice A − I_3 et démontrer que les deux vecteurs
v_1 = (− 1; 1; 0) et v_2 = (0; 0; 1)
forment une base de ker(A − I_3).
Q 37. Déterminer le rang de la matrice A + I_3 et démontrer que le vecteur
v_3 = (1; 1; − 1)
est un vecteur directeur de ker(A + I_3).
Q 38. Justifier que (v_1, v_2, v_3) est une base de ℝ^3.
Q 39. Déterminer une matrice D diagonale et une matrice P inversible telles que A = PDP^(− 1).
Q 40. Résoudre le système différentiel linéaire
X^′(t) = AX(t)
où la variable t est réelle et X(t) = (x_1(t); x_2(t); x_3(t)).
On pourra poser X(t) = PY(t) où Y(t) = (y_1(t); y_2(t); y_3(t)).
On rappelle que, pour tout (a, b, c) ∈ ℝ^3, il existe une unique solution X de (IV.1) vérifiant
X(0) = (a; b; c)
Q 41. Déterminer une fonction
| ℝ, →, M_3(ℝ); t, →, M(t)
telle que
∀t ∈ ℝ, X(t) = M(t)(a; b; c).
On pourrait démontrer, ce qui n'est pas demandé dans le cadre de ce problème, que, pour tout nombre réel t, M(t) = e^(tA).

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