Centrale Mathématiques 2 PSI 2000Sujet, corrigé et rapport du jury
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MATHÉMATIQUES II
Le but du problème est d'établir certains résultats sur les polytopes de
ℝ^n (voir définition plus loin) notamment lorsque
n = 2 .
- Dans le problème on considère à la fois la structure vectorielle et la structure affine de
ℝ^n ; ainsi les éléments deℝ^n pourront être considérés soit comme des vecteurs, soit comme des points, ce qui permettra d'utiliser les notations classiques résultant de ce double point de vue :
- L'espace
ℝ^n est muni de sa structure euclidienne canonique. Il est orienté (si nécessaire) par la base canonique, considérée comme base orthonormale directe. Ainsi, le produit scalaire s'écrit :
La norme de
U est notée
la longueur du segment [
A, B ] est, par définition, la distance euclidienne entre
A et
B , c'est-à-dire
‖AB^(→−)‖ .
- On rappelle qu'une application affine de
ℝ^n dans lui-même est une applicationf , telle qu'il existeA ∈ ℝ^n etφ ∈ L(ℝ^n) pour lesquels,
Dans ce cas,
φ est appelée la partie linéaire de
f .
Définitions
- Combinaison affine, combinaison convexe : soient
M_1, …, M_p p points deℝ^n, λ_1, …, λ_p p réels de somme égale à1 , on appelle combinaison affine
Filière PSI
des points
M_i(λ_i) le point
M = λ_1 M_1 + … + λ_p M_p barycentre des points
M_i affectés des coefficients
λ_i , ce qui se traduit vectoriellement par la relation
Lorsque les
λ_i sont tous positifs (
∀i, λ_i ≥ 0 ), on parle de combinaison convexe.
- Ensemble convexe : soit
C un sous-ensemble non vide de points deℝ^n . On dit queC est convexe s'il est stable par combinaison convexe. Cela signifie que pour toutp deℕ^∗ , pour toutp -uplet (M_1, …, M_p ) de points deC et pour toutp -uplet (λ_1, …, λ_p ) de réels positifs, de somme égale à 1 on a
- Polytope : on appelle polytope l'ensemble des combinaisons convexes d'une partie finie
{M_1, …, M_p} deℝ^n (p entierp ≥ 1 ). Cet ensemble, notéconv(M_1, …, M_p) , est défini par
Par exemple
conv(M_1, M_2) est le segment [
M_1, M_2 ].
- en dimension 2, on parle de polygone convexe,
- en dimension 3 , on parle de polyèdre convexe.
- Point extrémal : soit
C un sous-ensemble convexe deℝ^n , on dit qu'un pointA ∈ C est extrémal siC∖{A} est encore convexe.
Partie I - Quelques propriétés des polytopes
I.A -
I.A.1) Montrer que tout segment de
ℝ est convexe.
I.A.2) Montrer que tout demi-plan fermé ou ouvertF de
ℝ^2 est convexe. On rappelle qu'un demi-plan fermé, respectivement ouvert, de
ℝ^2 peut être défini de la façon suivante :
I.A.2) Montrer que tout demi-plan fermé ou ouvert
respectivement
I.A.3) Montrer que, si
A est un ensemble non vide d'indices et
(C_α)_(α ∈ A) une famille de convexes de
ℝ^n d'intersection non vide, alors
I.B - Soit
C un sous-ensemble non vide de
ℝ^n , on suppose que
Montrer par récurrence sur
p que toute combinaison convexe de
p éléments de
C appartient à
C c'est-à-dire que
En déduire une caractérisation d'un ensemble convexe.
I.C - Dansℝ^2 , on appelle triangle tout polygone convexe
conv(M_1, M_2, M_3) où
M_1, M_2, M_3 sont trois points non alignés. On note
F_1 le demi-plan fermé contenant le point
M_1 et de frontière la droite
M_2 M_3 . On définit de même, par permutation circulaire, les demi-plans
F_2 et
F_3 .
I.C.1) Montrer queconv(M_1, M_2, M_3) = F_1 ∩ F_2 ∩ F_3 (on pourra commencer par prouver que, si
M = λ_1 M_1 + λ_2 M_2 + λ_3 M_3 , avec
λ_1 + λ_2 + λ_3 = 1 , alors
(M ∈ F_1 ⇔ λ_1 ≥ 0) ).
I.C.2) Montrer queM_1 est un point extrémal de
conv(M_1, M_2, M_3) .
I.D - Montrer que l'image d'un polytope par une bijection affine deℝ^n dans luimême est un polytope.
I.E - SoitT = {λ_1, …, λ_p ∈ [0, 1]^p|λ_1 + … + λ_p = 1} .
I.E.1) Montrer queT est un compact de
ℝ^p .
I.E.2) SoitM_1, …, M_p p points de
ℝ^n , on définit l'application
I.C - Dans
I.C.1) Montrer que
I.C.2) Montrer que
I.D - Montrer que l'image d'un polytope par une bijection affine de
I.E - Soit
I.E.1) Montrer que
I.E.2) Soit
Dire rapidement pourquoi
f est continue.
I.E.3) Montrer que tout polytope est compact.
I.E.4) En déduire que, dansℝ^2 , si une droite
Δ coupe un polygone convexe
P alors l'intersection est un segment, éventuellement réduit à un point.
I.E.3) Montrer que tout polytope est compact.
I.E.4) En déduire que, dans
I.F -
I.F.1) Soient
P un polytope de
ℝ^n et
F un demi-espace fermé contenant
P défini par
F = {M ∈ ℝ^n|(OM^(→−)|U) ≤ α}
oùU est un vecteur non nul de
ℝ^n et
α un réel. On suppose que
M_1 est le seul point de
P réalisant l'égalité
(OM_1^(→−)|U) = α . Montrer que, si
P n'est pas réduit à
{M_1} , alors
M_1 est un point extrémal de
P .
où
On admet que la réciproque est vraie, autrement dit que cette propriété est caractéristique des points extrémaux des polytopes.
I.F.2) Montrer que l'ensemble des points extrémaux du polytope, ensemble des combinaisons convexes des points
M_1, …, M_p , est un sous-ensemble de l'ensemble
{M_1, …, M_p} .
I.F.3) On appelle courbe des moments dansℝ^n la courbe définie par
I.F.3) On appelle courbe des moments dans
- Préciser la courbe obtenue lorsque
n = 2 . - Soit
P le polytope, ensemble des combinaisons convexes des pointsM(t_1), …, M(t_p) , oùt_1, …, t_p sontp réels distincts. Montrer que les points extrémaux deP sont les pointsM(t_1), …, M(t_p) .
Indication : on pourra prendre pour chaque pointM(t_i) le vecteur
U_i = (2t_i, − 1, 0, …, 0) , et pour demi-espace ferméF_i = M ∈ ℝ^n|(OM^(→−)|U_i) ≤ t_i^2 .
Partie II - Représentation complexe des endomorphismes de
ℝ^2
On assimile le plan vectoriel euclidien
ℝ^2 au corps
ℂ des nombres complexes en identifiant tout couple
(x, y) ∈ ℝ^2 au nombre complexe
z = x + iy .
II.A -
II.A.1) Soit
f : z ↦ f(z) une application de
ℂ vers
ℂ . Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
-
f est R -linéaire, - il existe des complexes
α etβ tels que∀z ∈ ℂ, f(z) = αz + βz¯ .
II.A.2) On considère une applicationℝ - linéaire deℂ versℂ définie parf(z) = αz + βz¯ . Montrer quedetf = |α|^2 − |β|^2 et en déduire une condition nécessaire et suffisante pour quef soit un automorphisme.
II.A.3) Exemple : donner l'écriture complexe de la réflexion vectorielle (i.e. la symétrie vectorielle orthogonale)f deℝ^2 dansℝ^2 , d'axe la droite
vectorielleδ(θ) d'angle polaireθ ∈ [0, π[ , c'est-à-dire de vecteur directeurU⃗(θ) = (cosθ, sinθ) .
II.B -
II.B.1) Soit
p un entier
p ≥ 3 . Montrer que le sous-ensemble
de
ℂ^p est un hyperplan vectoriel.
II.B.2) Soitψ l'endomorphisme de
ℂ^p défini par
II.B.2) Soit
On pose, pour tout
k entier de
[0, p − 1], Ω_k = (1, ω^k, ω^(2k), …, ω^((p − 1)k)) , avec
- Calculer
ψ^p . En déduire queψ est un automorphisme diagonalisable. - Calculer
Ψ(Ω_k) . Que dire du résultat obtenu?
II.B.3) En déduire une base de l'hyperplanH .
II.C - On suppose, au cours de cette question, que le vecteur
appartient à l'hyperplan
H , autrement dit que
a_1 + … + a_p = 0 .
II.C.1) Justifier l'existence et l'unicité de(λ_1, …, λ_(p − 1)) ∈ ℂ^(p − 1) tel que
V = ∑_(k = 1)^(p − 1)λ_k Ω_k .
II.C.2)^(k = 1) Montrer que
λ_1 = 1/p∑_(r = 1)^p ω^(1 − r)a_r et que
λ_(p − 1) = 1/p∑_(r = 1)^p ω^(r − 1)a_r .
II.C.3) On suppose que,|λ_1| = |λ_(p − 1)| ce qui signifie que
II.C.1) Justifier l'existence et l'unicité de
II.C.2)
II.C.3) On suppose que,
On pose :
Montrer que :
Partie III - Étude des familles
π − rationnelles de droites vectorielles
Toutes les droites considérées dans cette partie sont des droites vectorielles de
ℝ^2
On rappelle que, pour tout élémentθ de
ℝ , on note
δ(θ) la droite vectorielle d'angle polaire
θ ∈ [0, π[ du plan vectoriel
ℝ^2 . Soit
p un entier
p ≥ 1 . Une famille
F = (d_1, …, d_p) de droites, est dite
π -rationnelle s'il existe un automorphisme
f de
ℝ^2 tel que
On rappelle que, pour tout élément
III.A - Exemples de familles de droites
π − rationnelles.
III.A.1) Montrer qu'une famille (d_1 ) réduite à une droite ainsi qu'une famille (
d_1, d_2 ) constituée de deux droites distinctes sont
π -rationnelles.
III.A.2) Montrer qu'une famille (d_1, d_2, d_3 ) constituée de trois droites deux à deux distinctes est elle aussi
π -rationnelle.
III.B - Existence de familles de droites nonπ − rationnelles.
III.A.1) Montrer qu'une famille (
III.A.2) Montrer qu'une famille (
III.B - Existence de familles de droites non
Soit
F = (d_1, d_2, d_3, d_4) une famille constituée de quatre droites deux à deux distinctes.
III.B.1) Pour toutj ∈ [1, 4] on note
U_j un vecteur directeur de la droite
d_j . Montrer que le rapport
III.B.1) Pour tout
ne dépend pas du choix des vecteurs directeurs
U_j . Il est recommandé, pour la suite du problème, de les choisir unitaires en les écrivant
U_j = (cosθ_j, sinθ_j) . Ce rapport sera noté
R (F).
III.B.2) Soitf un automorphisme de
ℝ^2 . On pose:
III.B.2) Soit
Montrer que
R(f(F^′)) = R(F^′) .
III.C -
III.C.1) Justifier l'existence, pour tout
k ∈ ℕ , d'un polynôme
T_k à coefficients dans
ℤ tel que
∀θ ∈ ℝ, cos(kθ) = T_k(cosθ) .
III.C.2) Soitp un entier,
p ≥ 4 . On considère une famille
D = (d_1, d_2, d_3, d_4) de quatre droites deux à deux distinctes extraites d'une famille
π - rationnelle
F de
p droites. Montrer l'existence d'une fraction rationnelle
G à coefficients dans
le corpsℚ des nombres rationnels, c'est-à-dire appartenant à
ℚ(X) , telle que l'on ait
III.C.2) Soit
le corps
III.C.3) On admet l'existence de nombres réels n'appartenant pas à l'ensemble
Montrer que, pour tout entier
p ≥ 4 , il existe des familles non
π − rationnelles de
p droites.
Partie IV - Identification par des rayons d'un polygone convexe.
Dans toute cette partie on se place dans
ℝ^2 .
Soient
P un polygone convexe de
ℝ^2 et
θ un réel de
[0, π[ . Pour tout réel
x , on note
Δ_(θ, x) la droite affine de vecteur directeur d'affixe
e^(iθ) passant par le point d'affixe
xie^(iθ) . On rappelle (cf. I.E.4. que l'intersection
Δ_(θ, x) ∩ P , lorsqu'elle est non vide, est un segment. On note
|(Δ_(θ, x) ∩ P) sa longueur, que l'on prend nulle lorsque cette intersection est vide. On définit ensuite l'application
On considère deux polygones convexes
P et
P ' de
ℝ^2 .
- Soit
δ(θ) une droite vectorielle fixée, oùθ ∈ [0, π[.P etP , sont ditsδ(θ) -identifiables si les applicationsL_(θ, p) etL_(θ, p) , sont égales. - Soit
F = (δ(θ_1), …, δ(θ_p)) une famille dep droites vectorielles, avecp ≥ 1 .P etP ' sont ditsF -identifiables si pour touti ∈ [1, p] les polygonesP etP ' sontδ(θ_i) -identifiables, c'est-à-dire si
L'objectif de la partie IV - est de montrer qu'une famille convenablement choisie de quatre droites vectorielles suffit pour savoir si deux polygones convexes sont distincts.
IV.A -
IV.A.1) Trouver l'équation polaire de la droite
Δ_(θ, x) .
IV.A.2) Illustrer par un dessin la définition de la fonctionL_(θ, p) .
IV.B - Le but de cette question est de montrer que siF est une famille de droites vectorielles permettant de savoir si deux polygones convexes
P et
P ' sont distincts alors
F n'est pas
π -rationnelle.
IV.B.1) Montrer que sif est une bijection affine de
ℝ^2 de partie linéaire
φ , et si
P et
P ; sont des polygones convexes
δ(θ) -identifiables, alors les polygones convexes
f(P^′) et
f(P^′) sont
φ(δ(θ)) -identifiables.
Dans toute la suite de cette question, soitp un entier,
p ≥ 3 . On pose
ω = e^(i(2π)/p) .
Le symbole[A] désignant l'affixe complexe du point
A de
ℝ^2 , on note
A_1, …, A_p et
B_1, …, B_p les points de
ℝ^2 tels que
IV.A.2) Illustrer par un dessin la définition de la fonction
IV.B - Le but de cette question est de montrer que si
IV.B.1) Montrer que si
Dans toute la suite de cette question, soit
Le symbole
et on considère les deux polygones convexes distincts
P = conv(A_1, …, A_p) et
P^′ = conv(B_1, …, B_p) .
IV.B.2) Prouver que pour toutq ∈ [1, p] la réflexion affine
σ_q d'axe la droite
Δ_q passant par
O et de direction
δ_q = δ(2q − 1)π/(2p) vérifie
σ_q(P^′) = P .
IV.B.3) Exhiber une familleF de
p droites vectorielles telle que les polygones convexes
P et
P ' soient
F - identifiables.
IV.B.4) En déduire que, pour toute familleπ − rationnelle
G = (d_1, …, d_m) de
m droites vectorielles, il existe au moins deux polygones convexes distincts
Q et
Q ' qui soient
G -identifiables.
IV.C - Réponse au problème de la reconnaissance de deux polygones convexes distinctsP et
P '.
SoitF une famille de
p droites vectorielles distinctes avec
p ≥ 4 . On admet que s'il existe deux polygones convexes distincts
F -identifiables, alors
F est nécessairement extraite d'une famille
π -rationnelle.
SoitD = (d_1, d_2, d_3, d_4) une famille de quatre droites vectorielles distinctes telle que
R(D) ∈ ℝ∖ε avec
IV.B.2) Prouver que pour tout
IV.B.3) Exhiber une famille
IV.B.4) En déduire que, pour toute famille
IV.C - Réponse au problème de la reconnaissance de deux polygones convexes distincts
Soit
Soit
ce qui est possible d'après la question III.C.3.
Montrer que siP et
P ' sont des polygones convexes
D -identifiables alors on a
P = P '.
Montrer que si
Pas de description pour le moment
