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Centrale Mathématiques 2 TSI 2006Sujet et corrigé

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Dans tout le problème, l'espace est rapporté à un repère orthonormal
ℛ = (o, i⃗, j⃗, k⃗)
Les autres repères qu'on utilise ne sont pas nécessairement orthonormaux. Ils ont tous la même origine o. Les points sont désignés par des lettres minuscules. On note, avec une majuscule, M (ou M^′ ), la matrice colonne des coordonnées du point m dans le repère ℛ (ou ℛ^′ ).
On note I la matrice identité de M_3(ℝ) et ^t P la transposée de la matrice P. Si P est carrée, son déterminant est noté det(P). Si P ne comporte qu'un seul élément, cet unique élément est noté {P}.
Si S est une matrice symétrique appartenant à M_3(ℝ), on appelle surface associée à S dans le repère ℛ l'ensemble des points m tels que ^t MSM soit la matrice nulle.

Partie I - Quelques préliminaires

I.A - Exemple.

La matrice S est diagonale. Ses termes diagonaux sont 1,1 et -1 .
On note x, y, z les coordonnées du point m dans ℛ.
I.A.1) Calculer le produit matriciel ^t MSM.
I.A.2) En déduire que x^2 + y^2 − z^2 = 0 est une équation cartésienne de la surface 𝒮 associée à S dans le repère ℛ.
I.A.3) Quelle est la nature de 𝒮 ? Représenter la partie de 𝒮 comprise entre les plans d'équations z = 0 et z = 1.

I.B - Changement de repère

On revient au cas général. Soit 𝒮 la surface associée à la matrice symétrique S dans le repère ℛ.
I.B.1) En posant S = [a, b, c; b, d, e; c, e, f], donner une équation cartésienne de 𝒮 dans le repère ℛ.
I.B.2) Soit P ∈ M_3(ℝ), P inversible, et soit ℛ^′ le repère tel que P soit la matrice de passage de la base de ℛ à la base de ℛ^′. Soit M^′ la matrice des coordonnées du point m dans ℛ^′. Exprimer M en fonction de P et de M^′.
I.B.3) On pose S^′ = ^t PSP; montrer que la matrice S^′ est symétrique.
Montrer que S^′ est inversible si et seulement si S est inversible.
I.B.4) Montrer que 𝒮 est l'ensemble des points m qui vérifient {^t M^′ S^′ M^′} = 0.

I.C - Nature de 𝒮

I.C.1)
a) Justifier que les racines λ_1, λ_2, λ_3 du polynôme caractéristique de S sont réelles et qu'on peut choisir la matrice P précédente orthogonale de sorte que S^′ soit diagonale. On énoncera avec précision le théorème utilisé.
b) Écrire une équation de 𝒮 dans ℛ^′.
I.C.2) On suppose S inversible.
a) Montrer que λ_i ≠ 0(i = 1, 2, 3).
b) On suppose que λ_1, λ_2, λ_3 ne sont pas tous de même signe. Montrer qu'on peut trouver un repère orthormal ℛ^′ dans lequel 𝒮 admette une équation de la forme (x^(′2))/(a^2) + (y^(′2))/(b^2) = z^(′2). Montrer que 𝒮 est un cône de sommet o.
c) Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) λ_1, λ_2, λ_3 sont de même signe.
(ii) La surface 𝒮 est réduite au point o.

I.D - Inverse d'une matrice

On considère une matrice réelle ou complexe M, carrée de taille 3 .
On appelle comatrice de M la matrice où figure, à la i-ème ligne, j-ème colonne, le déterminant, multiplié par (− 1)^(i + j), de la sous-matrice de M obtenue en barrant la i-ème ligne et la j-ème colonne. On note M^′ la transposée de la comatrice de M.
I.D.1) Montrer que MM^′ = (det(M))I. On se bornera à calculer un terme diagonal et un terme non diagonal du produit MM^′.
I.D.2) En supposant que M est inversible, exprimer M^(− 1) en fonction de det(M) et de M^′.

I.E - Calcul matriciel

Soient M_1 et M_2 deux matrices colonnes à trois éléments et S ∈ M_3(ℝ) une matrice symétrique.
I.E.1) Montrer que {^t M_1 SM_2} = {^t M_2 SM_1}.
I.E.2) Posons Q = ^t M_1 SM_2 et q = {Q}. Si M_0 est une matrice colonne à trois éléments, vérifier que M_0 Q = qM_0.

Partie II - Tangentes à une conique

Dans cette partie, S est une matrice symétrique, appartenant à M_3(ℝ), inversible et dont les valeurs propres ne sont pas toutes de même signe; 𝒮 est la surface associée à S dans le repère ℛ.
Soit 𝒮_1 l'intersection de 𝒮 et du plan d'équation z = 1 et soit m_0 un point de ce plan, n'appartenant pas à 𝒮_1.
On admet que 𝒮_1 est une conique (ellipse, hyperbole ou parabole).

II.A -

Soit m un point non aligné avec o et m_0. Soit μ un réel et p le point dont la matrice des coordonnées dans ℛ est P = μM_o + M.
II.A.1) Montrer que, quel que soit μ, le point p est distinct de o et appartient au plan passant par o, m_0 et m.
II.A.2) Montrer que p appartient à 𝒮 si et seulement si μ vérifie une certaine équation du second degré dont le discriminant est
Δ(M) = {^t MSM_0}^2 − {^t M_0 SM_0}{^t MSM}.
On admet, dans toute la suite du problème, que, si le point m est dans le plan z = 1 et m est distinct de m_0, alors la droite ( m_0 m ) est tangente à la conique 𝒮_1 si et seulement si Δ(M) = 0.
II.B - On pose T = SM_0^t M_0 S − {^t M_0 SM_0}S.
II.B.1) Montrer que Δ(M) est l'unique terme de ^t MTM.
II.B.2) Montrer que la matrice T est symétrique. On note 𝒯 la surface qui lui est associée dans le repère ℛ.
II.B.3) Montrer que la droite om_0 est contenue dans 𝒯.
II.C - Soit N une matrice unicolonne à 3 éléments.
II.C.1) Montrer que TN = S. ( {^t M_0 SN}M_0 − {^t M_0 SM_0}N ).
II.C.2) En déduire que 0 est valeur propre de T et que le sous-espace propre associé est la droite dirigée par M_0.
II.C.3) En déduire que T est de rang 2.

II.D -

II.D.1) En utilisant I.C.1), montrer qu'il existe un repère ℛ^′ dans lequel 𝒯 a une équation de la forme λ_1 x^′^2 + λ_2 y^′^2 = 0, où les réels λ_1 et λ_2 sont non nuls.
II.D.2) En déduire que, suivant les signes de λ_1 et λ_2, 𝒯 est formée de deux plans se coupant suivant la droite om_0 ou réduite à cette droite om_0.
II.D.3) En déduire que le nombre de tangentes à 𝒮_1 qui passent par m_0 est égal à 0 ou à 2 .

Partie III - Utilisation de deux surfaces

Dans cette partie, on considère deux matrices A et B appartenant à M_3(ℝ). Ces matrices sont symétriques et inversibles; elles ont chacune trois valeurs propres non de même signe.
Soient 𝒜 et ℬ les surfaces associées à A et B dans le repère ℛ.
On note 𝒜_1 et ℬ_1 les intersections de 𝒜 et ℬ et du plan z = 1. Les courbes 𝒜_1 et ℬ_1 sont donc des coniques. On suppose qu'on peut mener par tout point m_0 de ℬ_1 deux tangentes à 𝒜_1 et que ces tangentes recoupent ℬ_1 en deux points m_1 et m_2 distincts de m_0. On dira que m_0 a la propriété 𝒫 si et seulement si la droite m_1 m_2 est tangente à 𝒜_1.
On fixe le point m_0 sur ℬ_1.
III.A - Représenter, sur un même dessin, ℬ_1, 𝒜_1 et le triangle m_0 m_1 m_2. Pour simplifier le dessin, on supposera que ℬ_1 et 𝒜_1 sont deux ellipses, 𝒜_1 étant en entier à l'intérieur de ℬ_1.
III.B - On utilise maintenant le repère ℛ^′ dont la base est ( om_0^(→−), om_1^(→−), om_2^(→−) ). Comme dans I.B.4), 𝒜 et ℬ sont associées dans le repère ℛ^′ à deux matrices A^′ et B^′.
III.B.1) Écrire les matrices M_0^′, M_1^′ et M_2^′ des coordonnées de m_0, m_1 et m_2 dans le repère ℛ^′.
III.B.2) Montrer que B^′ est de la forme B^′ = [0, a, b; a, 0, c; b, c, 0], avec a, b, c non nuls.
III.B.3) Montrer que A^′ est inversible. On pose A^′ = [x, y, z; y, t, u; z, u, v].
Déduire de I.D.2) le troisième terme diagonal de A^(′ − 1).
Calculer aussi {^t M_1^′ A^′ M_0^′}^2 − {^t M_0^′ A^′ M_0^′}{^t M_1^′ A^′ M_1^′}.
III.B.4) Montrer, en utilisant II.A.2), que xt − y^2 = 0.
III.B.5) Justifier que A^(′ − 1) est de la forme [α, β, γ; β, 0, δ; γ, δ, 0] et que m_0 a la propriété 𝒫 si et seulement si α = 0.
Montrer que δ ≠ 0.
III.C - Soit M ∈ M_3(ℝ).
On l'écrit sous la forme M = [d, e, f; g, h, i; j, k, l] et on lui associe le polynôme
P(x) = det(xI − M); on note σ_1 et σ_2 les coefficients respectifs de x^2 et x dans P(x).
Exprimer, en développant P(x), σ_1 et σ_2 en fonction des termes de M.
III.D - Dorénavant, on prend M = A^(′ − 1)B^′.
III.D.1) Calculer M.
III.D.2)
a) Écrire dans un langage de calcul formel une fonction qui prend en argument les scalaires a, b, c, α, β, γ, δ et qui retourne la valeur de (σ_1^2)/4 − σ_2.
b) On a (σ_1^2)/4 − σ_2 = 2αδab. En déduire que α = 0 si et seulement si σ_1^2 = 4σ_2.

III.E -

III.E.1) Montrer que les matrices A^(− 1)B et A^(′ − 1)B^′ sont semblables.
III.E.2) En déduire que σ_1^2 − 4σ_2 ne dépend pas du choix de m_0 sur ℬ_1.
III.E.3) En déduire que s'il existe un point de ℬ_1 ayant la propriété 𝒫, alors tous les points de ℬ_1 ont la propriété 𝒫.
III.F - On pose Q(x) = det(xA − B).
III.F.1) Calculer Q(x) en fonction de det(A) et de P(x).
III.F.2) On note s et q les coefficients de x^2 et x dans Q(x). Montrer que les points de ℬ_1 ont la propriété 𝒫 si et seulement si s^2 = 4qdet(A).

Partie IV - Exemple d'application aux coniques

Dans un plan Π rapporté à un repère orthonormal, on considère deux courbes 𝒜_1 et ℬ_1 d'équations respectives x^2 − 4x + 3 + y^2 = 0 et y^2 − 2px = 0, où p est un réel fixé positif.
IV.A - Préciser la nature de 𝒜_1 et ℬ_1.
Représenter 𝒜_1 et ℬ_1 sur un même dessin, d'abord dans le cas p = 1/2, puis dans le cas p = 1/6.
Dans ce dernier cas, donner, par ses coordonnées, un exemple de point qui appartienne à ℬ_1 tout en étant à l'intérieur de 𝒜_1.
IV.B - On plonge Π dans l'espace, de sorte que le point de coordonnées ( x, y ) de Π ait pour coordonnées ( x, y, 1 ) dans ℛ.
IV.B.1) Soient 𝒜 et ℬ deux surfaces associées dans ℛ à deux matrices symétriques A et B.
Comment choisir ces deux matrices pour que ces surfaces coupent le plan z = 1 suivant les courbes 𝒜_1 et ℬ_1 (utiliser I.B.1))?
IV.B.2) Montrer que A et B sont inversibles puis, en utilisant I.C.2)c), que ni A ni B n'a trois valeurs propres de même signe.

IV.C -

IV.C.1)
Donner les coefficients s et q de x^2 et x dans le polynôme Q(x) = det(xA − B).
IV.C.2) Montrer que 1/2 est la seule valeur de p telle que, par tout point m_0 de ℬ_1, on puisse mener deux tangentes à 𝒜_1 recoupant 𝒜_1 en m_1 et m_2 tels que la droite m_1 m_2 soit tangente à 𝒜_1.
IV.C.3) Avec cette valeur de p, représenter 𝒜_1, ℬ_1 et une position quelconque du triangle m_0 m_1 m_2.

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