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Centrale Mathématiques 2 TSI 2007Sujet et corrigé

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MATHÉMATIQUES II

Définitions et notations

Dans tout le problème n désigne un entier naturel non nul et E l'espace vectoriel euclidien ℝ^n rapporté à sa base canonique et muni du produit scalaire usuel. On utilisera l'isomorphisme, relativement à la base canonique, entre ℝ^n et l'espace des matrices colonnes réelles d'ordre n; ainsi à tout élément x de E on associera la matrice colonne notée X. On identifiera les matrices carrées d'ordre 1 et ℝ et on pourra ainsi écrire le produit scalaire entre deux vecteurs de E sous la forme: ⟨x, y⟩ = ^t XY.
  • On désigne par 𝒪_n l'ensemble des matrices orthogonales carrées d'ordre n et par I_n la matrice unité d'ordre n.
  • On notera 𝒮_n l'espace vectoriel des matrices carrées réelles d'ordre n symétriques et 𝒮(E) l'espace des endomorphismes de E admettant dans la base canonique une matrice symétrique réelle. Ils seront dits symétriques. On notera 𝒮(E)^+(respectivement 𝒮(E)^(+ +)) l'ensemble des endomorphismes dont les valeurs propres sont positives (respectivement strictement positives). 𝒮_n^+et 𝒮_n^(+ +)seront les espaces des matrices associées dans la base canonique.
  • Pour tout n-uplet (λ_1, …, λ_n), on notera diag(λ_1, …, λ_n) la matrice diagonale dont les termes diagonaux sont, dans cet ordre, λ_1, …, λ_n.
    Toutes les questions précédées de la mention «Application» peuvent être traitées en admettant éventuellement les résultats qui les précèdent.

Partie I - Décomposition d'un isomorphisme de E

I.A - Racine positive d'une matrice symétrique réelle positive

Dans cette section on se propose d'étudier l'existence et l'unicité de solutions dans 𝒮_n^+à l'équation matricielle ( ℛ ) : A = M^2 où A désigne une matrice symétrique réelle positive fixée. On notera u l'unique endomorphisme de E de matrice A relativement à la base canonique.

Filière TSI

I.A.1)

a) Montrer l'existence d'une famille (λ_i)_(1 ≤ i ≤ n) de réels positifs et d'une matrice P dans 𝒪_n tels que : A = Pdiag(λ_1, …, λ_n)^t P.
b) On pose : B = Pdiag(√(λ_1), …, √(λ_n))^t P. Montrer que B est une solution de ( ℛ ). I.A.2) On considère M une solution de ( ℛ ) et v l'unique endomorphisme de E de matrice M dans la base canonique.
a) Justifier la relation u = v ∘ v.
b) Montrer que tout vecteur propre de v est un vecteur propre de u et préciser la relation entre les valeurs propres associées.
c) En déduire que, pour toute valeur propre λ de u, il existe un unique réel positif μ tel que l'espace propre de u associé à λ soit égal à celui de v associé à μ. Montrer aussi qu'il existe une base de E formée de vecteurs propres communs à u et v.
d) Déduire de ce qui précède que ( ℛ ) admet une solution unique qui sera appelée racine positive de A.
I.A.3) Application : on considère
A = (2, − 1; − 1, 2).
Montrer que c'est un élément de 𝒮_n^+et calculer sa racine positive.

I.B - Endomorphisme exponentiel d'un endomorphisme symétrique réel

Dans toute cette section, u est un endomorphisme symétrique, U est sa matrice dans la base canonique et ℬ = {ε_1, …, ε_n} désigne une base orthonormale de vecteurs propres pour u.
I.B.1)
a) Montrer qu'il existe une famille (λ_i)_(1 ≤ i ≤ n) de réels tels que la matrice de u dans ℬ soit D = diag(λ_1, …, λ_n).
b) On note alors exp(u) l'unique endomorphisme de E dont la matrice dans ℬ est diag(exp(λ_1), …, exp(λ_n)). Montrer que u et exp(u) ont les mêmes espaces pro-
pres et qu'on définit bien ainsi un unique endomorphisme symétrique strictement positif, indépendamment du choix de ℬ.
c) Déterminer exp(u) lorsque u est l'endomorphisme nul et lorsque u est l'identité sur E.
d) Montrer que exp(u) est inversible d'inverse exp(− u).
e) Vérifier la relation exp(2u) = exp(u) ∘ exp(u).
On notera désormais Φ l'application de 𝒮(E) dans 𝒮(E)^(+ +)qui, à un endomorphisme symétrique, associe son endomorphisme exponentiel.
I.B.2) Application. Dans cette unique question on pose
U = (0, 0, 1; 0, 0, 0; 1, 0, 0)
Déterminer la matrice de exp(u) dans la base canonique en fonction de ch(1) et sh(1).
I.B.3) Dans cette question a est un endomorphisme orthogonal de E et on note a(ℬ) = {a(ε_1), …, a(ε_n)}.
a) Vérifier que w = a ∘ u ∘ a^(− 1) est un endomorphisme symétrique.
b) Montrer que a(ℬ) est une base orthonormale de vecteurs propres pour w et exprimer la matrice de w dans cette base. En déduire la matrice de exp(w) dans a(ℬ).
c) Exprimer la matrice de a ∘ exp(u) ∘ a^(− 1) dans a(ℬ). Conclure.
d) Montrer que Φ est surjective.
e) En considérant les espaces propres respectifs de u et de exp(u), montrer que Φ est injective.

I.C - Décomposition d'un isomorphisme réel

Dans cette section f est un isomorphisme de E et M désigne sa matrice dans la base canonique.
I.C.1)
a) Montrer que ^t MM est un élément de 𝒮_n^(+ +).
b) Montrer qu'il existe un unique élément B de 𝒮_n^(+ +)tel que ^t MM = B^2.
c) On pose V = MB^(− 1). Montrer que V ainsi définie est élément de 𝒪_n.
d) Déduire de ce qui précède l'existence et l'unicité d'un couple ( V, B ) de matrices ( B élément de 𝒮_n^(+ +)et V élément de 𝒪_n ) tel que M = VB.
I.C.2) Application. Déterminer les matrices V et B, puis identifier géométriquement l'endomorphisme associé à V dans la base canonique, dans les deux cas suivants :
a) M = 1/5(− 3, 8; 4, 6)
b) M = (− 2, − 1, 2; 2, − 2, 1; 1, 2, 2)
I.C.3) Montrer qu'il existe un unique couple ( v, u ), avec v endomorphisme orthogonal de E et u élément de 𝒮(E) tel que f = v o exp(u).
Vérifier de plus que ^t MM est la matrice, dans la base canonique, de exp(2u).

Partie II - Endomorphismes invariants d'une forme quadratique

II.A - Forme quadratique associée à une matrice symétrique

II.A.1)
a) Montrer que, pour toute matrice symétrique réelle A, on définit une forme bilinéaire symétrique en posant ∀(x, y) ∈ E, φ(x, y) = ^t XAY. On notera Q la forme quadratique associée.
b) Montrer qu'on définit ainsi une application injective de 𝒮_n dans l'ensemble des formes quadratiques sur E. On admettra que cette application est aussi surjective.
II.A.2) Dans toute la suite de cette partie, A est un élément de 𝒮_n fixé, a est l'endomorphisme associé dans la base canonique et Q désigne la forme quadratique associée. De plus f désigne un endomorphisme de E de matrice M relativement à la base canonique. On dira que Q est invariant par f si ∀x ∈ E, Q(f(x)) = Q(x).
On note ℋ(E) l'ensemble des endomorphismes laissant Q invariant et ℋ_n l'ensemble de leurs matrices dans la base canonique.
a) Montrer que x → Q(f(x)) définit une forme quadratique sur E.
b) En utilisant ce qui précède, en déduire la caractérisation
(M ∈ ℋ_n) ⇔ (^t MAM = A).

II.B - Structure des invariants des formes quadratiques associées à des matrices involutives

Dans toute la fin du problème, A est une matrice symétrique réelle qui vérifie A^2 = I.
II.B.1) Montrer que tout élément de ℋ(E) est inversible et que son inverse appartient à ℋ(E).
II.B.2) Montrer que, si M est élément de ℋ_n, il en est de même pour sa transposée.
II.B.3) Montrer que ℋ_n est un sous-groupe du groupe linéaire d'ordre n et donc que ℋ(E) est un sous-groupe du groupe linéaire de E.

II.C - Caractérisation des endomorphismes orthogonaux dans ℋ_n

II.C.1) Soit M un élément de 𝒪_n, f l'endomorphisme associé dans la base canonique. Montrer que M est un élément de ℋ_n si et seulement si M commute avec A.
II.C.2) Application. Déterminer les conditions nécessaires et suffisantes sur ( a, b, c, d ) pour que A et M commutent, avec
M = (a, b; c, d) et A = (0, 1; 1, 0).
En déduire, lorsque A est ainsi fixée, les matrices orthogonales dans ℋ_2.
II.C.3) On note F = ker(A − I) et G = ker(A + I).
a) Rappeler pourquoi F et G sont des sous-espaces vectoriels de E (éventuellement réduits à {0} ), orthogonaux et supplémentaires.
b) Montrer que f, endomorphisme orthogonal, est élément de ℋ(E) si et seulement si f(F) = F et f(G) = G.
II.C.4) Application. Déterminer les matrices orthogonales de ℋ_n lorsque
n = 2 et A = 1/5(3, 4; 4, − 3).
On pourra commencer par déterminer F, G ainsi qu'une base de chaque sousespace, puis la forme de la matrice associée à f dans une base adaptée à la décomposition E = F ⊕ G.

II.D - Caractérisation des endomorphismes symétriques strictement positifs dans ℋ(E)

II.D.1) Montrer que f, élément de 𝒮(E)^+, est dans ℋ(E) si et seulement si f ∘ a ∘ f = a.
II.D.2) Application. Dans cette question, a est l'endomorphisme associé à
A = (0, 1; 1, 0).
Déterminer toutes les matrices M symétriques réelles d'ordre 2 telles que MAM = A. En déduire dans ce cas tous les endomorphismes de 𝒮(E)^+qui sont dans ℋ(E).
II.D.3) Soit f ∈ 𝒮(E)^(+ +). On note u l'unique élément de 𝒮(E) tel que f = exp(u). Montrer que f est élément de ℋ(E) si et seulement si a ∘ u ∘ a = − u.
II.D.4) Application. Dans cette question a est l'endomorphisme associé à
A = (0, 1; 1, 0).
Déterminer toutes les matrices U symétriques réelles d'ordre 2 qui vérifient UA = − AU. Retrouver alors les résultats de II.D.2.
II.D.5) Soit f ∈ 𝒮(E)^(+ +). Montrer que f est dans ℋ(E) si et seulement si u(F) ⊂ G et u(G) ⊂ F.
II.D.6) Application. Déterminer les endomorphismes symétriques strictement positifs de ℋ(E) dans le cas où a est l'endomorphisme associé dans la base canonique à
A = 1/5(3, 4; 4, − 3).

II.E - Caractérisation de ℋ(E)

II.E.1) Soit v un endomorphisme orthogonal et u un endomorphisme symétrique tels que v(F) = F, v(G) = G et u(F) ⊂ G, v(G) ⊂ F. Montrer que f = v o exp(u) est dans ℋ(E).
II.E.2) Réciproquement, on considère f un élément de ℋ(E).
a) Justifier rapidement l'existence d'un endomorphisme v orthogonal et d'un endomorphisme u symétrique tels que f = v ∘ exp(u).
b) En utilisant les différents résultats trouvés et en particulier la question I.C.3, montrer que nécessairement exp(2u) est dans ℋ(E). En déduire que exp(u) puis v sont dans ℋ(E).
II.E.3) Déduire de ce qui précède une caractérisation de ℋ(E).

Partie III - Applications géométriques

III.A - Transformations affines laissant invariante une conique

Le plan affine est rapporté à une origine O et à une base orthonormale {i, j}. On pourra utiliser l'isomorphisme entre l'espace euclidien de dimension 2 sousjacent et ℝ^2 muni du produit scalaire usuel et rapporté à sa base canonique. On considère la conique 𝒞 définie par l'équation xy + 3x + 5y − 4 = 0.
III.A.1)
a) À l'aide d'un changement d'origine, montrer que cette conique admet un centre de symétrie Ω que l'on déterminera.
b) Écrire une équation de 𝒞 dans le repère ( Ω, {i, j} ).
c) Quelle est la nature de la conique ? En donner une représentation graphique.
III.A.2) On se propose de déterminer toutes les transformations affines qui fixent Ω et laissent globalement invariante la conique 𝒞.
a) Montrer que le problème équivaut à déterminer ℋ_2 lorsque
A = (0, 1; 1, 0)
b) En utilisant ce qui a été fait précédemment achever la détermination des transformations affines laissant globalement invariante 𝒞.

III.B - Transformations affines laissant invariante une quadrique

L'espace affine est rapporté à une origine O et à une base orthonormale ℬ. On pourra utiliser l'isomorphisme entre l'espace euclidien de dimension 3 sousjacent et ℝ^3 muni du produit scalaire usuel et rapporté à sa base canonique.
On se propose d'étudier les transformations affines qui fixent O et laissent globalement invariante l'une des deux quadriques 𝒮_1 ou 𝒮_2 définies par les équations :
(𝒮_1)x^2 + y^2 + z^2 = 1 et (𝒮_2)x^2 + y^2 − z^2 = 1.
III.B.1)
a) Préciser la nature de 𝒮_1.
b) Déterminer dans les deux cas la matrice de symétrie A associée à la forme quadratique, ainsi que les sous-espaces vectoriels F et G. Montrer que les transformations affines cherchées sont entièrement déterminées par ℋ(E).
III.B.2) Déterminer entièrement ces transformations dans le cas de 𝒮_1.

III.B.3) Cas de 𝒮_2.

a) Montrer que les matrices orthogonales de ℋ_3 sont les matrices de la forme
(cos(θ), − αsin(θ), 0; sin(θ), αcos(θ), 0; 0, 0, β)
où θ est élément de [0, 2π[ et (α, β) un couple d'éléments de { − 1, 1}.
b) Étudier pour θ fixé les quatre transformations associées lorsque α et β prennent les valeurs 1 et -1 . On étudiera précisément le cas particulier θ = 0.
III.B.4) Recherche des endomorphismes symétriques de la forme exp(u).
a) Montrer que l'ensemble des endomorphismes u tels que exp(u) soit dans ℋ(E) est un espace vectoriel de dimension 2 et donner la forme générale de U, matrice de u dans la base canonique.
b) Déterminer une base de vecteurs propres commune à u et exp(u) ainsi que la matrice de exp(u) dans une telle base.

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