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E3A Mathématiques MP 2022Sujet, corrigé et rapport du jury

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ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE MP

MATHÉMATIQUES

Durée : 4 heures

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES

  • Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d'autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence des résultats.
  • Ne pas utiliser de correcteur.
  • Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.

Les calculatrices sont interdites.

Le sujet est composé de quatre exercices indépendants.

EXERCICE 1

  1. Pour tout réel x, on pose, lorsque cela est possible, Γ(x) = ∫_0^(+ ∞)t^(x − 1)e^(− t) dt.
    1.1. Déterminer l'ensemble de définition Δ de Γ.
    1.2. Démontrer que pour tout réel x de Δ, Γ(x + 1) = xΓ(x).
    1.3. On admet que Γ(1/2) = √π.
Calculer Γ(n + 1/2) pour tout entier naturel n. On exprimera le résultat à l'aide de factorielles.
2. Pour tout entier naturel n, on pose I_n = ∫_0^(+ ∞)t^(2n)exp(− t^2)dt.
2.1. Justifier l'existence de I_n.
2.2. En utilisant la question 1. calculer I_n.
3. Pour tout réel x, on pose, lorsque cela est possible, H(x) = ∫_0^(+ ∞)cos(xt)exp(− t^2)dt.
3.1. Donner le développement en série entière de la fonction cos au voisinage de 0 et préciser son domaine de validité.
3.2. Justifier que H est définie sur ℝ et l'exprimer à l'aide de fonctions usuelles. On citera les théorèmes utilisés en s'assurant que toutes leurs hypothèses sont bien vérifiées.
4. On se propose de retrouver le résultat établi à la question 3.2. par une autre méthode.
4.1. Démontrer que H est de classe C^1 sur ℝ.
4.2. Montrer que H est solution d'une équation différentielle linéaire du premier ordre.
4.3. Retrouver l'expression de H obtenue à la question 3.2.

EXERCICE 2

1. Questions de cours

1.1. Soit f une fonction continue sur le segment [a, b].
Donner, sans démonstration, la limite quand n tend vers l'infini de l'expression :
(b − a)/n∑_(k = 0)^(n − 1)f(a + k(b − a)/n)
1.2. Soit m ∈ ℕ. Déterminer en fonction de m la valeur de lim_(n → + ∞)1/n∑_(j = 0)^(n − 1)(j/n)^m.
1.3. Soit n un entier non nul. Donner, sans démonstration, l'espérance d'une variable aléatoire qui suit la loi uniforme sur [ [1, n] ].
Soient k et n deux éléments de ℕ^∗. On dispose de k urnes contenant chacune n boules numérotées de 1 à n.
On tire une boule au hasard de chaque urne et on désigne par X_n la variable aléatoire égale au plus grand des numéros obtenus. On suppose que les tirages sont indépendants les uns des autres.
2. Donner l'ensemble J des valeurs prises par X_n.
3. Soit j ∈ J. Évaluer ℙ(X_n ⩽ j) et prouver que l'on a : ℙ(X_n = j) = (j^k − (j − 1)^k)/(n^k).
4. Démontrer que l'espérance 𝔼(X_n) de la variable aléatoire X_n peut s'écrire :
𝔼(X_n) = ∑_(j = 0)^(n − 1)ℙ(X_n > j).
  1. Calculer 𝔼(X_n) et en donner un équivalent lorsque n tend vers l'infini.
  2. Lorsque k = 1, reconnaître la loi de X_n et vérifier la cohérence du résultat obtenu à la question précédente.

EXERCICE 3

Soit E un espace euclidien muni d'un produit scalaire ( | ) dont la norme est notée ‖‖.

1. Questions de cours

1.1. Soient x et y deux vecteurs de E. Démontrer l'inégalité de Cauchy-Schwarz : |(x|y)| ⩽ ‖x‖‖y‖. On pourra utiliser la fonction t ↦ ‖x + ty‖^2.
1.2. Démontrer qu'on a l'égalité |(x|y)| = ‖x‖‖y‖ si, et seulement si, les vecteurs x et y sont colinéaires.
1.3. On considère E = ℳ_(n, 1)(ℝ) muni de sa base canonique et du produit scalaire canonique (X|Y) = X^T Y.
Écrire cette inégalité pour X = (1; 1; ⋮; 1) et Y = (y_1; y_2; ⋮; y_n).
Pour toute la suite de l'exercice, on identifie ℝ^n et ℳ_(n, 1)(ℝ)

Partie 1

Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2 .
On note B = {X ∈ ℝ^n, ‖X‖ ⩽ 1}.
On considère l'application F de ℝ^n vers ℝ définie par :
∀X = (x_1; ⋮; x_n) ∈ ℝ^n, F(X) = ∑_(1 ⩽ i, j ⩽ n; i ≠ j)x_i x_j
Par exemple, pour n = 3, on a F(X) = x_1 x_2 + x_1 x_3 + x_2 x_1 + x_2 x_3 + x_3 x_1 + x_3 x_2 = 2(x_1 x_2 + x_1 x_3 + x_2 x_3).
2. Exprimer alors F(X) à l'aide de S_1(n) = ∑_(i = 1)^n x_i et de S_2(n) = ∑_(i = 1)^n x_i^2.
3. Montrer que F possède un maximum sur B que l'on notera M.
4. Montrer en utilisant la question 1. que M = n − 1.
5. Déterminer tous les X ∈ ℝ^n tels que F(X) = M.

Partie 2

On note ℬ = (e_1, …, e_n) la base canonique orthonormale pour le produit scalaire (X|Y) = X^T Y de ℝ^n.
Pour tout couple de vecteurs (X, Y) de ℝ^n décomposés dans la base ℬ : X = (x_1; x_2; ⋮; x_n) et Y = (y_1; y_2; ⋮; y_n), on pose :
φ(X, Y) = 1/2∑_(1 ⩽ i, j ⩽ n; i ≠ j)(x_i y_j + x_j y_i)
Par exemple, pour n = 3, on a φ(X, Y) = x_1 y_2 + x_1 y_3 + x_2 y_1 + x_2 y_3 + x_3 y_1 + x_3 y_2.
6. Pour tout X ∈ ℝ^n exprimer F(X) à l'aide de φ.
7. Écrire la matrice A = (a_(ij)) ∈ ℳ_n(ℝ) définie pour tout (i, j) ∈ [ [1, n] ]^2 par a_(ij) = φ(e_i, e_j).
8. Justifier l'existence d'une base orthonormale U = (u_1, u_2, …, u_n) constituée de vecteurs propres de la matrice A.
9. Vérifier que pour tout couple de vecteurs (X, Y) de (ℝ^n)^2, on a φ(X, Y) = Y^T AX = X^T AY.
10. Soit J la matrice de ℳ_n(ℝ) dont tous les éléments sont égaux à 1 .
10.1. Déterminer les valeurs propres de la matrice J.
10.2. En déduire une matrice diagonale Δ semblable à la matrice A.
11. Donner l'expression de φ(X, Y) en fonction des coordonnées de X et Y dans la base U.
12. Retrouver alors le résultat établi à la question 4.

EXERCICE 4

Questions préliminaires

Pour tout entier n ⩾ 2, on note : ω = exp((2iπ)/n) où i est un nombre complexe tel que i^2 = − 1.
  1. Soit z ∈ ℂ^∗. Démontrer que |z| = 1 si, et seulement si, z¯ = 1/z.
  2. Soit k ∈ [ [0, n − 1] ]. Déterminer r ∈ [ [0, n − 1] ] tel que ω^k^– = ω^r.
  3. Calculer S_n = ∑_(k = 0)^(n − 1)ω^k et P_n = ∏_(k = 0)^(n − 1)ω^k.
  4. On considère le polynôme P = ∑_(k = 1)^n kX^(k − 1).
    4.1. Montrer que pour tout réel x différent de 1 : P(x) = (nx^(n + 1) − (n + 1)x^n + 1)/((x − 1)^2).
    4.2. Montrer que : ∀k ∈ [ [1, n − 1] ], P(ω^k) = n/(ω^k − 1).
    4.3. En factorisant X^n − 1 dans ℂ[X], montrer que : ∏_(k = 1)^(n − 1)(1 − ω^k) = n.
Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 4 .
On note F et A les matrices de ℳ_n(ℂ) définies par :
F = (0, 1, 0, ⋯, ⋯, 0; 0, 0, 1, 0, ⋮; ⋮, 0, ⋱, ⋱, ⋮; ⋮, ⋱, ⋱, 0; 0, ⋯, ⋯, 0, 1; 1, 0, 0, ⋯, ⋯, 0) et A = P(F)
où P est le polynôme défini à la question 4 .

5. Réduction de la matrice F

5.1. Donner, sans démonstration, la matrice F^k pour k ∈ [ [2, n − 2] ], F^(n − 1) puis F^n.
On pourra étudier le cas n = 4 et/ou l'endomorphisme f canoniquement associé à F pour conjecturer les résultats.
5.2. On note G_F le sous-espace vectoriel de ℳ_n(ℂ) engendré par la famille (F^k)_(k ∈ ℕ). Montrer que G_F est de dimension n. En donner une base.
5.3. Démontrer que X^n − 1 est le polynôme minimal de F.
5.4. Justifier que F est diagonalisable dans ℳ_n(ℂ) et donner une matrice diagonale D semblable à F.

6. Réduction de la matrice A

6.1. Expliciter la matrice A.
6.2. Déterminer une matrice Δ diagonale semblable à la matrice A.
6.3. Déterminer le degré du polynôme minimal de A.
En déduire que (I_n, A, …, A^(n − 1)) est une famille libre de ℳ_n(ℂ).
7. Calculer le déterminant de A. Justifier que la matrice A est inversible.
8. Soit G_A le sous-espace vectoriel de ℳ_n(ℂ) engendré par la famille (A^k)_(k ∈ ℕ). Vérifier que A^(− 1) ∈ G_A.
9. Montrer que G_A = G_F.
10. Vérifier que l'on a l'égalité : A(F − I_n)^2 = n(F − I_n).
11. Déterminer enfin une expression de A^(− 1) à l'aide des puissances de la matrice F.

FIN

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