ENS Mathématiques D MP MPI 2026Sujet
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Approximations probabilistes : opérateur de Chen-Stein, inégalités de concentration et applicationsAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le sujet développe des méthodes d'approximation par une loi de Poisson et des inégalités de concentration autour de la moyenne. Il construit d'abord l'opérateur de Chen-Stein pour mesurer l'écart entre une somme de variables de Bernoulli et une loi de Poisson, puis établit des inégalités de concentration à partir de l'espérance conditionnelle, avant de les appliquer à des sommes de variables indépendantes, aux permutations aléatoires et au modèle de Curie-Weiss en physique statistique.
- 1Partie préliminaire : lois de Poisson, inégalitésOn établit des inégalités de type Chernoff pour une variable aléatoire suivant une loi de Poisson.
- 2Partie 1 : opérateur de Chen-Stein et approximation poissonienneOn construit l'opérateur de Chen-Stein sur les fonctions bornées puis on l'utilise pour majorer l'écart entre la loi d'une somme de variables de Bernoulli, indépendantes ou dépendantes, et une loi de Poisson.
- 3Partie 2 : inégalités de concentrationOn rappelle les propriétés de l'espérance conditionnelle puis on établit, pour un couple de variables échangeables, une inégalité de concentration générale à partir d'une fonction exponentielle génératrice.
- 4Partie 3 : applicationsOn applique l'inégalité de concentration à une somme de variables indépendantes bornées, au nombre de points fixes d'une permutation aléatoire uniforme, puis à la magnétisation dans le modèle de Curie-Weiss.
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08h00-14h00
FILIERE MP - Epreuve n° 7
MATHEMATIQUES D
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Approximations probabilistes
Notations et rappels
- -La partie 1 est indépendante du reste du sujet.
- -La partie 2.2 utilise des résultats de la partie 2.1.
- -Les parties 3.1, 3.2 et 3.3 sont indépendantes entre elles, mais utilisent des notations et résultats de la partie 2.
Partie préliminaire : lois de Poisson, inégalités
Soit
- (1)Calculer la fonction génératrice de
Z_λ . - (2)(2a) Montrer que pour tous
u, r > 0 on aℙ(Z_λ ≥ r) ≤ e^(− ur)𝔼[e^(uZ_λ)] .- (2b) Montrer pour tout
r ≥ λ on aℙ(Z_λ ≥ r) ≤ exp(− rln(r) + rln(λ) + r − λ) . - (2c) Montrer que pour tout
r ∈ ]0, λ] on aℙ(Z_λ ≤ r) ≤ exp(− rln(r) + rln(λ) + r − λ) .
- (2b) Montrer pour tout
- (3)Montrer que pour tout entier
k ≥ 1 on aln(k!) ≤ (k + 1)ln(k) − k + 1 .
1. Opérateur de Chen-Stein et approximation poissonienne
On note
On note
- (4)(4a) Montrer que
‖ ⋅ ‖_((λ)) définit bien une norme surG_λ .- (4b) Montrer que
ℒ_λ définit une application linéaire continue deF dansG_λ . - (4c) Montrer que si
f ∈ F et siX est une variable aléatoireL^1 à valeurs dansℕ , alorsℒ_λ f(X) ∈ L^1 .
- (4b) Montrer que
- (5)(5a) Soit
X une variable aléatoireL^1 à valeurs dansℕ . Montrer que X suit une loi de Poisson de paramètreλ si et seulement si𝔼[ℒ_λ f(X)] = 0 pour toutf ∈ F .- (5b) Soit
g ∈ F . Montrer que si𝔼[g(Z_λ)] ≠ 0 alors il n'existe pas de fonctionf ∈ F telle queℒ_λ f = g .
- (5b) Soit
- (6)Soit
g ∈ F . Démontrer qu'il existe une unique fonctionh_g : ℕ → ℝ vérifiant
h_g(0) = 0 et ℒ_λ h_g = g
et montrer que pour toutk ≥ 0 on a
h_g(k + 1) = 1/(λℙ(Z_λ = k))∑_(j = 0)^k ℙ(Z_λ = j)g(j).
- (7)Montrer que si
g ∈ F et𝔼[g(Z_λ)] = 0 alors‖h_g‖_∞ ≤ e‖g‖_∞ . Selon l'approche choisie, il est possible qu'il soit plus naturel d'identifier une autre borne explicite (possiblement meilleure), tout résultat numérique explicite sera valorisé. - (8)Soit
X une variable aléatoire à valeurs dansℕ . Montrer que
sup_(A ⊂ ℕ)|ℙ(X ∈ A) − ℙ(Z_λ ∈ A)| ≤ esup{𝔼[ℒ_λ f(X)] : f ∈ F, ‖f‖_∞ ≤ 1}.
1.2.1. Variables aléatoires indépendantes. - On suppose dans cette partie 1.2.1 que les variables aléatoires
- (9)(9a) Montrer que
𝔼[ℒ_λ f(W)] = ∑_(i = 1)^N p_i 𝔼[f(W + 1) − f(W_i + 1)]. - (9b) En déduire que
sup_(A ⊂ ℕ)|ℙ(W ∈ A) − ℙ(Z_λ ∈ A)| ≤ 2eB_1.
- (9b) En déduire que
- (10)Pour
n ≥ 2 , soitY_n une variable aléatoire de loi binomiale de paramètres(n, λ/n) . Montrer que pour toutn ≥ 1 et pour tout entierk ≥ 0 on a
|ℙ(Y_n = k) − (λ^k e^(− λ))/(k!)| ≤ (2eλ^2)/n. - 1.2.2.Variables aléatoires dépendantes. - On ne suppose plus que les variables aléatoires
(X_i)_(1 ≤ i ≤ N) sont indépendantes. Pour1 ≤ i ≤ N , on définit l'ensembleD_i comme suit :
D_i = {j ∈ {1, …, N} : j ≠ i, X_i et X_j ne sont pas indépendantes }.
On pose ensuite
T_i = ∑_(j ∈ D_i)X_j, S_i = W − T_i − X_i.
On pose également
p_(ij) = 𝔼[X_i X_j]
et
B_2 = ∑_(i = 1)^N∑_(j ∈ D_i)p_i p_j, B_3 = ∑_(i = 1)^N∑_(j ∈ D_i)p_(ij).
- (11)Montrer que
𝔼[ℒ_λ f(W)] = ∑_(i = 1)^N(p_i 𝔼[f(W + 1) − f(S_i + 1)] − 𝔼[X_i(f(S_i + T_i + 1) − f(S_i + 1))]). - (12)En déduire que
sup_(A ⊂ ℕ)|ℙ(W ∈ A) − ℙ(Z_λ ∈ A)| ≤ 2e(B_1 + B_2 + B_3).
2. Inégalités de concentration
- (13)(13a) Montrer que si
X ≥ 0 presque sûrement, alors𝔼[X|Y] ≥ 0 presque sûrement.- (13b) Justifier que
𝔼[X|Y] estL^1 , et que𝔼[𝔼[X|Y]] = 𝔼[X] . - (13c) Montrer que pour toute fonction
g : E → ℝ bornée on a𝔼[g(X)|X] = g(X) presque sûrement. - (13d) Montrer que pour toute fonction
h : F ⟶ ℝ bornée on a l'égalité𝔼[h(Y)X|Y] = h(Y)𝔼[X|Y] presque sûrement.
- (13b) Justifier que
- (14)Soit
Z une variable aléatoire à valeurs dans un sous-ensemble dénombrable bornéE^′ deℝ .- (14a) Montrer que si
X etY sont indépendantes, alors𝔼[X|Y] = 𝔼[X] presque sûrement. - (14b) Montrer que si
Z est indépendante de(X, Y) , alors𝔼[XZ|Y] = 𝔼[Z]𝔼[X|Y] presque sûrement. - (14c) Soit
λ ∈ ℝ . Montrer que𝔼[X + λZ|Y] = 𝔼[X|Y] + λ𝔼[Z|Y] presque sûrement.
SoientW etW^′ deux variables aléatoires à valeurs dans un ensemble dénombrableE . On dit que le couple (W, W^′ ) est échangeable si (W, W^′ ) et (W^′, W ) ont la même loi.
Dans toute cette partie 2.2, on suppose que le couple(W, W^′) est échangeable et on considère une fonctionF : E^2 ⟶ ℝ bornée et qui vérifieF(x, y) = − F(y, x) pour tousx, y ∈ E . On note enfinφ la fonction telle que
𝔼[F(W, W^′)|W] = φ(W). - (14a) Montrer que si
- (15)Montrer que pour toute fonction
h : E ⟶ ℝ bornée on a
𝔼[h(W)φ(W)] = 𝔼[h(W)F(W, W^′)] = 1/2𝔼[(h(W) − h(W^′))F(W, W^′)]
et𝔼[φ(W)] = 0 .
3.
A_(pplications)
(18b) Montrer que presque sûrement
- (19)Montrer que pour tout
t ≥ 0 on a
ℙ(|S_N − 𝔼[S_N]| ≥ t) ≤ 2exp(− (t^2)/(∑_(i = 1)^N(c_i^2 + σ_i^2))).
Indication. On pourra considérer la fonctionF(x, y) = N(x − y) . - (20)On suppose dans cette question que
0 ≤ X_i ≤ 1 pour tout1 ≤ i ≤ N . Montrer que pour toutt ≥ 0
ℙ(|S_N − 𝔼[S_N]| ≥ t) ≤ 2exp(− (t^2)/(2𝔼[S_N] + t))
3.2. Permutations aléatoires
- (21)Montrer que
(π_N, π_N^′) est un couple échangeable. - (22)(22a) Soit
π ∈ 𝒮_N une permutation quelconque. Montrer que
∑_(i, j = 1)^N(a_(i, π(i)) + a_(j, π(j)) − a_(i, π(j)) − a_(j, π(i)))^2 ≤ 2∑_(i, j = 1)^N(a_(i, π(i)) + a_(j, π(j)) + a_(i, π(j)) + a_(j, π(i))). - (22b) Montrer que pour tout
t ≥ 0 on aℙ(|S_N − 𝔼[S_N]| ≥ t) ≤ 2exp(− (t^2)/(4𝔼[S_N] + 2t)) .
- (22b) Montrer que pour tout
- (23)Démontrer que pour tout
2 ≤ k ≤ N la probabilité queπ_N ait au moinsk points fixes vaut au plus2e^(− k/12) .
3.3. Magnétisation dans le modèle de Curie-Weiss
- (24)Soit
1 ≤ i_0 ≤ N . Montrer que presque sûrement𝔼[X_(i_0)|(X_j)_(1 ≤ j ≤ N, j ≠ i_0)] = tanh(βm_(i_0)(X) + βh) où on rappelle que tanh est la fonction tangente hyperbolique.
- -on considère un entier
I ∈ {1, …, N} choisi uniformément au hasard, indépendant deX , - -pour tout
j ≠ I , on poseX_j^′ = X_j , - -la loi de
X_I^′ est définie comme suit : pour1 ≤ i_0 ≤ N et(σ_1, …, σ_N) ∈ { − 1, 1}^N :ℙ(X_I^′ = 1|I = i_0, X_j = σ_j pour tout1 ≤ j ≤ n) = 1/Cexp(βh + β/N∑_(j = 1, j ≠ i_0)^N σ_j) et
- -on considère un entier
- (25)(25a) Calculer la valeur de
C .- (25b) Montrer que
(X, X^′) est un couple échangeable.
- (25b) Montrer que
- (26)On note
σ = (σ_1, …, σ_N), σ^′ = (σ_1^′, …, σ_N^′) et on poseF(σ, σ^′) = ∑_(i = 1)^N(σ_i − σ_i^′) . Donner une expression de la fonctionφ telle que𝔼[F(X, X^′)|X] = φ(X) . - (27)Montrer que
|1/N∑_(i = 1)^N tanh(βm_i(X) + βh) − tanh(βm(X) + βh)| ≤ β/N
et en déduire que pour toutt ≥ 0 on a
ℙ(|m(X) − tanh(βm(X) + βh)| ≥ β/N + t/(√N)) ≤ 2exp(− (t^2)/(4(1 + β))).
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet Mathématiques D MP 2026 des ENS ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet Mathématiques D MP 2026 des ENS ?
Il porte sur les probabilités discrètes, notamment la loi de Poisson, l'espérance conditionnelle et les inégalités de concentration, ainsi que sur les espaces vectoriels normés de fonctions bornées.
Les parties du sujet Maths D MP 2026 sont-elles indépendantes ?
La partie 1 est indépendante du reste du sujet. La partie 2.2 utilise des résultats de la partie 2.1, et les parties 3.1, 3.2 et 3.3 sont indépendantes entre elles mais utilisent les notations et résultats de la partie 2.
Ce sujet est-il purement probabiliste ou mobilise-t-il d'autres chapitres ?
Le sujet est essentiellement probabiliste, mais il s'appuie aussi sur des notions d'espaces vectoriels normés, de continuité d'applications linéaires et sur des inégalités de convexité classiques.
Le sujet fait-il intervenir des notions de physique ?
La dernière sous-partie applique les résultats probabilistes au modèle de Curie-Weiss, un modèle de physique statistique de la magnétisation, mais aucune connaissance de physique n'est nécessaire pour la traiter.
Pas de description pour le moment
