ENS Mathématiques D MP MPI 2023Sujet et rapport du jury
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DifficileRang en algèbre : propriétés de finitude des groupes abéliens et anneaux commutatifs, déterminants sur un anneau quelconque, et matrices de petit rangAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe sujet étudie la notion de rang en algèbre à travers deux propriétés de finitude : (F) pour les groupes abéliens et (TF) pour les anneaux commutatifs, qui généralisent la dimension finie des espaces vectoriels. Il utilise (TF) pour étendre aux anneaux commutatifs quelconques des propriétés classiques du déterminant, valables sur un corps, puis pour définir une notion d'équivalence de matrices sur Z plus fine que sur Q. Une dernière partie, indépendante des autres, détermine la dimension maximale d'un sous-espace de matrices de rang borné.
- 1Partie I : exemples et contre-exemples pour les propriétés (F) et (TF)Premières propriétés des anneaux (F) et (TF), avec exemples et contre-exemples.
- 2Partie II : comportement de (F) et (TF) vis-à-vis des morphismesCaractérisation de (F) et (TF) par l'existence d'un morphisme surjectif, et stabilité de (F) par passage à un sous-groupe.
- 3Partie III : déterminants sur un anneau commutatifExtension aux anneaux commutatifs quelconques des formules classiques liant déterminant et comatrice, puis caractérisation matricielle des applications linéaires surjectives.
- 4Partie IV : équivalence de matrices sur Z et sur CDéfinition d'une équivalence de matrices sur Z plus fine que sur Q, et condition nécessaire et suffisante portant sur le pgcd des mineurs.
- 5Partie V : sous-espaces de matrices de petit rangMajoration de la dimension d'un sous-espace de matrices dont tous les éléments sont de rang au plus r.
Difficile. Sur 1351 candidats, la moyenne est de 6,7/20 (médiane 5,3/20) et plus d'un tiers des copies obtiennent moins de 4/20, alors même que l'énoncé avait été conçu pour être très guidé et sans question bloquante.
L'épreuve en chiffres
Moyenne 6,7 / 20 · écart-type 4,76 · 1 351 présents · où vous situez-vous ?Afficher ou masquer la section
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Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : document officiel du concours. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
5 erreurs relevéesPremière question vraiment discriminante · Confusion entre groupe abélien et espace vectoriel · Question la plus difficile du sujet quasiment jamais résolueAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
5 erreurs relevéesLe jury avait délibérément choisi un énoncé très guidé et sans question bloquante, ce qui a pu faire apparaître le sujet comme plus facile qu'à l'accoutumée et a permis à une plus grande partie des copies de traiter l'ensemble du problème. La correction a surtout récompensé les rédactions précises et complètes plutôt que les arguments juste esquissés, et n'a attribué de points qu'aux questions entièrement traitées.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Première question vraiment discriminanteQ5 (partie I)
La question 5 de la partie I n'a pas été réussie par une majorité de copies : le raisonnement par l'absurde a souvent été entamé mais non mené à terme, ou rédigé de façon insuffisamment concise et précise.
- 2Confusion entre groupe abélien et espace vectorielQ3c (partie II)
De nombreuses confusions sont apparues entre les structures de groupe abélien Zr et d'espace vectoriel sur Qr, notion pourtant définie au programme de CPGE uniquement dans le cadre des espaces vectoriels.
- 3Question la plus difficile du sujet quasiment jamais résolueQ2 (partie IV)
La question sur le pgcd des mineurs de matrices équivalentes a révélé que la notion de mineurs n'est pas maîtrisée : elle n'a été parfaitement traitée que dans une seule copie sur 1351.
« Cette question est sans aucun doute la plus difficile du problème. »
- 4Passage au corps des fractions non envisagéQ2a (partie III)
Une proportion trop faible de copies pense à passer au corps des fractions pour généraliser les formules du déterminant, alors que ce plongement est rappelé dans le préambule ; les preuves alternatives, qui nécessitent souvent une division par 2, ne sont pas valables en caractéristique 2.
- 5Erreurs conceptuelles sur la structure des groupes et anneaux
Certaines affirmations ont surpris les correcteurs, comme l'idée que tout groupe abélien serait de la forme Zn ou que tout anneau intègre serait un corps.
« On a notamment pu lire que tout groupe abélien était de la forme Zn, que tout groupe abélien fini était de la forme Z/nZ. »
Ce qui a été bien réussi
- La partie I ne présentait pas de difficulté majeure, à part la question 5.
- La question 1 de la partie I a souvent été bien traitée lorsque la définition de sous-groupe engendré par une partie était connue.
- La question 3.a) de la partie III, assez classique, a été réussie par une majorité des copies qui l'ont abordée.
- Traiter entièrement entre trois et quatre parties permettait d'être dans les cent meilleures copies.
Conseils du jury
- Soigner la rédaction précise plutôt que de se contenter d'arguments juste esquissés : c'est ce que récompense la correction.
- Rester concis sans sacrifier la précision : éviter les développements inutiles ou de redémontrer des résultats déjà au programme.
- Ne pas confondre déduction et implication, et éviter d'abréger « donc » par le symbole « ⇒ ».
- Persévérer sur les questions d'une partie plutôt que de grappiller uniquement les questions les plus faciles de chaque partie, stratégie qui ne permet jamais d'obtenir une bonne note.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
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CONCOURS D'ADMISSION 2023
MATHEMATIQUES D (U)
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Le sujet comprend 6 pages, numérotées de 1 à 6 .
Début de l'épreuve.
Notations et conventions :
pas de le vérifier). On dit qu'un anneau commutatif
Partic I : Exemples et contre-exemples pour les propriétés (F) et (TF)
- Soit
A un anneau commutatif. Montrer que siA a la propriété (F), alors il a la proprićté (TF). - Soit
A un anneau commutatif. SoientS_1 etS_2 deux parties deA telles queS_1 ⊂ A(S_2) . Montrer queA(S_1) ⊂ A(S_2) . - Montrer que tout groupe abélien fini et le groupe additif
Z^r pourr ∈ N^∗ ont la propriété (F). - Montrer que si
n est un entier strictement positif, l'anneauZ[X_1, …, X_n] a la propriété (TF), mais pas la propriété (F). - Montrer que l'anneau
Q des nombres rationnels n'a pas la propriété (TF).
Partie II : Comportement des propriétés (F) et (TF) vis à vis des morphismes
- Soit
f : A → B un morphisme d'anneaux commutatifs. SoitF un élément deZ[X_1, …, X_n] . Montrer qu'on af(F(a_1, …, a_n)) = F(f(a_1), …, f(a_n)) pour tousa_1, …, a_n ∈ A . - Soit
B un anneau commutatif. Soientn un entier strictement positif etb_1, …, b_n des éléments deB .
a) Montrer qu'il existe un unique morphisme d'anneauxf deZ[X_1, …, X_n] dansB tel quef(X_i) = b_i pour touti ∈ {1, …, n} .
b) En déduire queB a la propriété (TF) si et seuloment s'il existe un entiern ≥ 1 et un morphisme surjectif d'anneauxZ[X_1, …, X_n] → B .
c) Montrer qu'un groupe abélienM a la propriété (F) si et seulement s'il existe un entierr ≥ 1 et un morphisme surjectif de groupesZ^r → M .
d) SoientA etB des anneaux commutatifs tels qu'il existe un morphisme surjectif d'anneaux deA versB . Montrer que siA a la propriété (TF), alors il en va de même deB . Énoncer et démontrer un énoncé analogue pour la propriété (F). - Soit
M un sous-groupe additif deZ^n avecn ∈ N (on convient queZ^0 est le groupe trivial). On se propose de démontrer par récurrence surn le résultat suivant :
(^∗) Il exister ∈ N tel que le groupe abélienM soit isomorphe àZ^r .
a) Vérifier les casn = 0 etn = 1 . On suppose maintenant le résultat vrai pourn − 1 . Soitp : Z^n → Z la projection sur la première coordonnée, on noteN le noyau dep etN_1 = M ∩ N , puis on posep(M) = aZ aveca ∈ Z . On choisite_1 ∈ M tel quep(e_1) = a . Montrer que sia ≠ 0 , alors l'application
b) En déduire (*).
c) Montrer que l'entier
4. Montrer que si un groupe abélien
5. On considère l'anneau
a) Montrer qu'il existe
b) Montrer qu'il existe un entier
c) En déduire que l'anneau
Partie III : Déterminants sur un anneau commutatif
- Soit
E un sous-ensemble fini deM_n(A) . Montrer qu'il existe un sousanneauB deA tel que :B a la propriété (TF) et pour toute matriceM ∈ E , tous les coefficients deM appartiennent àB . - Soit
M une matrice deM_n(A) . Le but de cette question est de généraliser à l'anneau commutatif quelconqueA les deux formules rappelées dans l'introduction quandA est un corps.
a) Montrer que si l'anneauA est intègre, alorsMM˜ = M˜M = (detM)I_n .
b) On ne suppose plusA intègre. Montrer que le résultat de a) est encore vrai s'il existe un morphisme surjectif d'anneauxB → A avecB intègre.
c) En déduire que le résultat de a) vaut encore pour tout anneau commutatifA .
d) Démontrer que siM etN sont dansM_n(A) , alors on a
- Soient
r ets des entiers strictement positifs. SoitM ∈ M_(s, r)(A) . On considère l'applicationu : A^r → A^s définie paru(X) = MX , où on identifie les éléments deA^r etA^s à des vecteurs-colonne. On suppose queu est surjective et que l'anneauA n'est pas réduit à{0} . Le but de cette question est de démontrer qu'on a alorsr ≥ s . Pour cela, on raisonne par l'absurde en supposantr < s .
a) Montrer qu'il existe une matriceN ∈ M_(r, s)(A) telle queMN = I_s .
b) On définit des matrices deM_s(A) par blocs :
c) Aboutir à une contradiction et conclure.
d) On suppose que
i) L'application
ii) Le déterminant
iii) Il existe
iv) L'application
Partie IV : Équivalence de matrices de
M_n(Z) et
M_n(C)
- a) Montrer que la multiplication des matrices induit une structure de groupe sur
GL_r(A) .
b) On définit une relation surM_(s, r)(A) parM ∼ N si et seulement s'il existeU ∈ GL_s(A) etV ∈ GL_r(A) telles queN = UMV . Montrer que c'est une relation d'équivalence.
2. Soient
3. On concidère deux matrices de
Partie V : Sous-espaces de
M_n(C) constitués de matrices de petit rang
- Montrer qu'on peut supposer que
V contient la matrice-bloc:
2. a) Soit
b) Soient
3. On note
a) On écrit toute matrice
b) En déduire que
4. a) Soient
b) Donner un exemple de sous-espace
Fin du sujet.
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de mathématiques D de la banque MP Inter-ENS 2023 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte l'épreuve de mathématiques D de la banque MP Inter-ENS 2023 ?
Elle porte sur la notion de rang en algèbre : propriétés de finitude des groupes abéliens et anneaux commutatifs, extension du déterminant aux anneaux commutatifs quelconques, équivalence de matrices sur Z, et matrices de petit rang.
L'épreuve de maths D Inter-ENS 2023 est-elle difficile ?
Oui : sur 1351 candidats, la moyenne est de 6,7/20 (médiane 5,3/20) et plus d'un tiers des copies obtiennent moins de 4/20, malgré un énoncé conçu pour être très guidé.
Quelle est la question la plus difficile du sujet de maths D Inter-ENS 2023 ?
La question 2 de la partie IV, sur le pgcd des mineurs de matrices équivalentes, n'a été parfaitement résolue que dans une seule copie sur 1351.
Faut-il traiter toutes les parties du sujet de maths D Inter-ENS 2023 pour bien réussir ?
Non : traiter parfaitement les deux premières parties suffisait pour obtenir une note autour de 10/20, et traiter entièrement trois à quatre parties permettait d'être dans les cent meilleures copies.
Pas de description pour le moment
